LIVRE 111, CHAPITRE I
du verseau ou à Junon, en Syrie (a), et on disait que c'était par là que l’eau du déluge s'était écoulée. Ces rapprochemens sont intéressans à faire.
L'arrivée d'Hercule en Élide, où il paraît monté sur le cheval Arion (b), confirme encore l’allusion faite à son passage sous le verseau, sur lequel sont placés la tête et les pieds du Pégase; car il est le même que le cheval Aérion ou Arion. Neptune était père du cheval Arion, comme il l'était de Pégase, ou plutôt parce qu'il l'était de Pégase, Or, ce sont deux noms de la même constellation (c), puisqu'Arion n’est que la contraction du mot Aérion, épithète du cheval céleste Pégase chez les poëtes astronomes. C’est à cette même époque du coucher du verseau que se couche le dragon du pôle. Dans la guerre des géans , ceux-ci, dit-on , lancèrent ce dragon contre Minerve, et cette Déesse le saisit et l’attacha au pôle (d). C'est également sous le titre de ce même chant , ou du septième travail, que Diodore place le secours qu'Hercule (e) porta aux Dieux, dans la guerre que leur faisaient les géans [4o | aux environs de Pallêne (f). Aïnsi le coucher du dragon du pôle, ce- Jui du vautour, le passage au méridien du taureau , ont fourni les principaux traits du tableau poétique du passage du soleil sous le septième signe, et celui des constellations qui présidaient au septième mois. Le
(a) Lucian de Dei Syr., p. 883. — (b) Paus. Arcadic., p. 237. — (e) Servius Georgiq. , 1. 1, v. 13. Hesych. in voce og. — (d) Hygin, 1. 2: — (e) Horac.,.1. 2:04, 9. 6: — (f) Nonnus Dionys, L. 48,
v: 35, etc.
Huitième division ou huitième travail.
Le soleil, arrivé au “huitième signe ou au signe des poissons , se trouve uni au cheval céleste [4r], connu sous le nom de Pégase, qui se dégage en partie de ses rayons durant tout le temps qu'Hercule ou le soleil parcourt ce signe ; c’est la constellation la plus apparente qui se lie par son aspect à la marche du temps et du solei. Elle a été remarquée par les pontifes de Rome (a), qui fixent en mars le fever héliaque de Pégase, le soleil étant vers le milieu des poissons. La sphère persique, imprimée dans les notes de Scaliger sur Manilius (b), marque au premier décan ou sous les dix premiers degrés des poissons : téte du cheval ailé, c’est-à-dire de Pégase. La sphère barbare marque aussi le lever d’un des deux chevaux. Car dans la suite on placa dans la sphère, à côté de Pégase, un second cheval appelé le petit cheval, par comparaison à Pégase ou au grand cheval. Hygin et Hipparque fixent aussi le lever de Pégase (c) avec le lever du signe du verseau et des poissons. Manilius fait pareïllement lever Pégase avec les poissons [42]. Nous avons donc pu projeter le grand et le petit cheval sous cette division , à laquelle répond le huitième travail d'Hercule, ou l'enlèvement qu'il fait des chevaux de Diomède. En effet Diodore et tous les mythologues qui ont écrit sur les travaux d'Hercule, disent que le huitième travail imposé à ce héros fut d’a: mener de Thrace des chevaux qui soufilaient des feux
(a) Ovid, Fast. 1. 3. — (b) Manil., p. 346. — (c) Hygin., 1 3.