‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 9 sur 240 · LIVRE 11, CHAPITRE VI. SSSR · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE VI. SSSR

Cette ame était une substance infiniment subtile et très-active, telle que le feu éther des stoïciens, qui, pur à la circonférence du monde et d’une mobilité incroyable, parce que rien d’étranger n’enchainait là son activité na-

turelle, perdait de sa pureté et de sa vitesse à mesure qu'il descendait vers le centre de la terre, et qu'il se mêlait à une matière d’autant plus grossière qu'elle était plus voisine de ce même centre. Semblable au rayon d'un cercle immense , dont une extrémité parcourt avec une extrême vitesse la circonférence tandis que l’autre semble presque immobile au centre , l'ame du monde, ou le feu éther qui gomposait sa substance, circulait avec une vitesse infinie dans le ciel, au-dessus duquel refluait ce fluide actif, et qu'il enveloppait d’une couronne de lumière, tandis qu'au centre de la terre il était presque sans mouvement , enchaîné dans la masse inerte de matière ténébreuse qui compose le globe terrestre. On peignit sa circulation rapide dans le premier mobile par un cercle ailé, et on donna également des aïles aux animaux du zodiaque , au hon, au bœuf, à l'homme etau vautour céleste qui partagent sa révolution en quatre parties égales. Telle fut l’origine des ailes données aux chérubins , et en général aux intelligences qui étaient censées résider dans les astres , sous quelque nom qu'on les ait désignées.

L'ame , qui dans les principes des platoniciens et des pythagoriciens n'était qu'un nombre essentiellement mouvant (a) et se mouvant par lui-même, était liée au centre du monde , comme à un point fixe, et elle était

(a) Le Battenx, Caus. prem., t. 5, p. 966.

libre à la circonférence. Donc, son mouvement devait être circulaire , nul au centre , et le plus grand à la circonférence, comme celui de la fronde. Le rayon qui partait du centre de la terre pour aller à la dernière couche supérieure des cieux , était gradué suivant certaines proportions harmoniques, qui décidaient des vitesses particulières que devaient avoir les® planètes placées, à différentes distances, sur ce rayon. La p10porüon ou progression eut trente-six termes, c’est-àdire autant que le zodiaque à de parties dans sa division par décans. Le premier terme fut trois cent quatre-vingt quatre, représentatif de l’unité céhtrale ; et la somme des termes cent quatorze mille six cent quatre-vingtquinze. Les nombres intermédiaires, donnant la progression harmonique des tons etdes demi-tons, formaient une échelle musicale , d’après laquelle s'était faite la distribution de l’ame universelle dans les différentes parties du monde dont elle entretenait l'harmonie. On trouvera. dans Timée de Locres et dans les remarques de M. Batteux (a), traducteur de ce Traité, le développement de cette savante théorie. Comme elle tient plus à la métaphysique qu'à la mythologie et aux allégories sacrées que nous nous proposons d'expliquer dans cet ouvrage, nous y renvoyons le lecteur. Nous ajouterons seulement qu'on y verra la distinction de la cause active et de la cause passive, et ensuite leur réunion devenue nécessaire pour organiser les corps sublunaires , réunion figurée par le mélange des deux essences , l’une indivisible et Pautre divisible, dont se compose Île rayon qui tient

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