MARTIN LEJEUNE ; ENAUD ; ST. CASTIN ET UN DE $ES HOMMES
Le recensement de 1671 n’est pas le seul qui fasse mention de mariages contractés entre les Acadiens et les Abénaquis. Dans celui de 1686 nous trouvons à la Hève un Martin Lejeune ; Enaud, Seigneur de Népissigny, et, vers le même temps, St. Castin et un de ses hommes à Pentagoët, mariés à des sauvagesses (1). Vu la population de l’Acadie à cette époque, ce chiffre de cinq mariages relevés dans deux recensements aussi rapprochés, est très-considérable. D’où vient que M. Rameau n'en fait pas la base de sa démonstration ? pourquoi ne s'est-il pas appuyé sur ces documents authentiques pour établir la preuve de la consanguinité des deux races,au lieu de placer à une époque antérieure —de 1606 à 1671,—la fusion de leur sang? Pour deux raisons importantes. La première est que ces cinq mariages mixtes n'ont pu altérer, dans les circonstances, le sang de la race acadienne : M. Rameau, en conséquence, s’en est servi, non pas comme d’une preuve directe, mais seulement pour s’autoriser à les multiplier de 1606 à 1671. La seconde, c’est que l'obscurité dont la période primitive de l'histoire de l’Acadie est remplie semblait justifier, ou plutôt mettre à couvert, toutes les suppositions qu’on pouvait faire sur les unions de ce genre. Pour ce qui concerne ce dernier point, nous avons, je crois, rétabli les faits selon la vérité historique, et fait
(1) Le recensement de 1686, conservé à la Bibliothèque du Parlement Canadien, ne fait mention que de Martin Lejeune et Enaud, mariés à des sauvagesses et dit
que St. Castin est établi à Pentagoët avec plusieurs domestiques. Pour ce qui
concerne le mariage de son compagnon avec une ‘‘ sguaw, ‘’ je m'en rapporte au témoignage de M.Ramoau,n'ayant trouvé aucune indication de ce mariage ailleurs.
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