‹ Origine des Acadiens [microforme]Chapitre 2 sur 28 · PAT NT · texte numérisé non relu

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deux passages cités, où je vois qu’il.soit question des mariages mixtes. Parlant des Pères Récollets et Jésuites : ‘Les sauvages “qu'ils avaient convertis,” dit-il, ‘étaient admis à la jouissance de # tous. les droits du sujet français : les mariages mixtes élaient nom- “ breux” (1). Voilà qui est clair et positif. Seulement il est ici question des Canadiens etdes Canadiens seuls. S'il en dit autant des Acadiens, M. Rameau et M. Sulte voudront bien m'en indiquer la page; pour moi je n'ai rien trouvé dans ce sens. 'Restent encore O’Callaghan et de La Fargue. Faut-il dire que le premier est de l'opinion de M. Rameau ? IL n’a pas un mot, concernant les mariages mixtes, qui puisse autoriser qui que ce soit à se prévaloir de son autorité. La Fargue garde le même silence. Tout ce que je trouve dans cet auteur concernant la question,c’est l'extrait que j'en vais faire, pour ne pas frustrer tout à fait l'attente de ceux qui invoquent son témoignage. ‘ Une des méthodes, dit-il, dont les Français ont fait usage, en établissant leurs premières colonies “ (au Canada) pour s'introduire dans la confiance des sauvages

< ([roquois), a été de donner en adoption leurs enfants aux chefs “les plus :2nommés. Ces adoptions élaient très-communes, et avaient

“ cet avantage, que l’enfant adopté n'était jamais inquiété en cas “ de guerre.” (2)

Il est malheureux de se tromper parfois sur les auteurs que l'on cite! Mentionner La Fargue, Hildreth, Dierreville ou l'abbé Maurault, quand on veut prouver que les Canadiens sont purs de tout mélange avec les sauvages, c’est, pendant la tempête, tendre

les bras au rocher sur lequel son vaisseau n'a qu’à toucher pour

se briser en éclats.

Pour ce qui concerne les Acadiens, on voit à quoi se trouve réduite cette formidable tradition de cinq ou six auteurs, qui devait

‘opérer entre eux et les Micmacs une fusion radicale : un mot de

Hildreth parlant des Anglais : ‘‘ les sauvages exigeaient les maria- ‘ges mixtes comme la seule preuve de sincère amitié ;”’ et une

phrase ambiguë de Halliburtos : ‘the assimilation of families.” Avec

cela on abénaquise toute une race de Français. IIL.POURQUOI :.:5 ABÉNAQUIS ÉTAIENT SI ATTACHÉS AUX ACADIENS.

Veut-on connaître à présent la véritable cause de l'amitié qui a existé autréfois entre les Acadiens et les Micmacs, Souriquois ou Abénaquis, comme on vouüra les appeler? Rien de plus facile à

(1). Hildreth, vol. IL. p. 85: « /nfermarriages became frequent." (2) ‘ The Geographical History of 'Nona-Scotia," p. 70. : C'est l'original: que La Fargue a traduit, L'ouvrage est connu sous le nom du traducteur,

sienne mme nana

expliquer que ce mystère. Si les Relations du P. Biard et les autres documents qui se rappôrtent à l’histoire primitive de la colonie acadienne, étaient entre les mains de tout le monde, je dirais simplement: ouvrez ces documents, puis lisez au ai et vous saurez tout.

Mais ces pièces sont très-rares ; c'est pourquoi je tépondrat, après les avoir lues et compulsées : la véritable cause de l'amitié qui a existé autrefois entre les Acadiens et les Abénaquis, c’est :—lu. La conduite des Français ; 20. Le besoin mutuel de se protéger contre

les Anglais ; 30. Les mœurs de ces sauvages ; ; 40. L'œuvre des mis-

sionnaires.

10. Les Européens,en venant s ‘établir sur le continent dont Colomb avait doté le monde, y apportaient chacun leur ambition, leur couvoitise, leur avarice ou leur charité. Cortez couvrit de sang les vallées du Mexique afin d'y recueillir de l'or; Pizarre,;au Pérou, rendit en exécration le nom espagnol par sa trahison et sa lâche cruauté ; l’égoïsme des Anglais les fit abhorrer des sauvagés paisibles, tandis que leurs promesses ét leur eau de feu leur attachèrent'les tribus avides de sang. En Acadie, au contraire, l’Abénaquis,ingénu et sensible aux bons procédés, ne vit dans les Français que des protecteurs, des amis déponillés d’arrogance, dont l’ambition la plus manifeste était de gagner leur âme immortelle au Grand-Esprit. Il y avait sans doute, chez certains seigneurs, de la politique cachée sous leur officieuse protection, mais chez la plupart des gouverneurs, le zèle pour la conversion des sauvages et l'amélioration de leur condition était sincère. Les efforts qu’ils faisaient dans ce but n'étaient pas inspirés par la charité seulement; il leurétait intimé en toutes lettres, dans chacun des'édits, mandements et chartes du roi et des ministres, de travailler avant tout à la conversion des sauvages. Nul autre gouvernement européen n’a montré le même zèle religieux dans l’établissement des colonies d'Amérique. Le soin des intérêts de la religion et du bien-être des sauvages présidait au choix des gouverneurs. Maïsonneuve à Montréal, Poutrincourt et Razilly en Acadie, se faisaient les apôtres de la religion dans les pays dont ils étaient les gouverneurs. Même soin dans le choix des colons. fls devaient être catholiques et concourir avec les gouverneurs et les.missionnaires à répandre la lumière de l'Evangile au milieu des aborigènes. Aussi c'est la Religion qui, dès les commencements de l'Acadie, a rapproché le Français du sauvage, le fils de la civilisation de l'enfant des bois, Ce rapprochement, cette union, basés sur la charité chrétienne-d'une part,et sur une, soumission affectueuse de l’autre, auraient certainement sauvé les € ux races

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