NP RS ENCE DTS
GR RÉ RE Tri
HE Sn Fa
Te EE ER
et les autres de la colonie je dirais simard, et vous
ondrai, après amitié qui a est :—10. La rotéger contre uvre des mis-
dont Colomb imbition, leur avrit de sang rre,au Pérou, n et sa lâche sauvagés päileur attachèaire, l’Abéna- 8 les Français e; dont l'ambiimmortelle au s seigneurs, de , mais chez la n des sauvages es efforts qu’ils charité seuleacuu des'édits, “availler avant gouvernement l’établissement : religion et du neurs. Maison- ‘e, se faisaient ils étaient les , Jls devaient urs et les.misau milieu des les commenceuvage, le fils de nt, cette union, ane, soumission ; les c ux races
pr CE ST ur AR RSR An
à Dh ED ro A >
De CITE
on Es A RE ER de
de la domination étrangère, s’il eut été écrit qu'elles seraient sauvées.. La supériorité de l'homme, même de l’homme véritablement supérieur, est détestable et abhorrée si elle est manifestée par la présomption et le dédain; mais que le plus puissant et le plus éclairé condescende, sans morgue et sans arrière-pensée, à se faire le guide et le protecteur de celui qui l’est moins, il fera naître dans le cœur de celui-ci un attachement, une amitié, que ni le temps, ni les hommes, plus destructeurs que le temps, ne pourront jamais briser. Telle a été l'amitié des sauvages pour les Français de l’Acadie.
Déjà en 1607, au départ de Poutrincourt et de sa colonie, nous voyons Membertou et sa tribu pleurer amèrement sur l'éloignement des Français, et faire promettre au gouverneur qu'il reviendra avec des familles ‘ pour habiter totalement leurs terres ot ‘leur enseigner, des métiers pour les faire vivre comme. des ‘ Français.” (1).
Mais remarquons que cette amitié n'était pas le fruit d'une familiarité qui dégrade l’homme supérieur et le perd dans la considération de l'inférieur. C'était une familiarité bienveillante de la part des Français, et respectueuse du côté des sauvages. Un exemple éclaircira ma pensée.
Poutrincourt donnait quelquefois tabagie, c’est-à-dire festin aux aborigènes: Il y avait toujours, nous dit Lescarbot, vingt à trente sauvages à ces festins. ‘ Mais Membertou seul et les autres sagamos (2) étaient à table mangeant et buvant avec nous.” (8). ‘“ Aux autres,” nous dit le même auteur, ‘ nous distri. buions des vivres comme à des pauvres.” Voilà la nature des relations entre les Français et les sauvages. Les égards rendus aux sagamos étaient flatteurs pour eux et leur tribu; mais la distinction dans le choix des convives à table, montrait aux uns et aux autres que les Français n'étaient pas esclaves de leur amitié
L’Abbé Maurault, dans son Histoire des Abénaquis, attribue en outre l'amitié des sauvages pour les Acadiens, à l'admiration que leur causaient ceux-ci par leur courage et leur valeur.
à Ê L'habileté des Huropéens dans les arts et métiers, dit-il, n’excitait nullement l'émulation des Abénaquis. Mais lorsqu'ils en- ‘tendaient parler d’un européen qui se distinguait dans les vo-
ke à ; À yages et la chasse, qui pouvait conduire son canot dans les ra.
ES sas ‘ pides les plus dangereux, qui connaissait leurs ruses de guerre “ qui voyageait sans guid it coura-
s guide au travers la forêt, et supportait coura-
(1) Lescärbot, p. 578.
(2) C'est-à-dire CE {3) Lescarbot, p. 555.
“ geusement'la faim, la soif et'les fatigues, ces récits les intéres- ‘’ saient à un très-haut degré. Ils disaient ‘alors que cet homme’ «était presqu’aussi habile qu’nn sauvage.” ‘“ Et, ajoute-til, la vie « aventürière des Français causa tant d'admiration parmi eux, État ‘€ contribua pour béaucoup à attirer leur amitié.” ( 1)
Cette amitié, commencée avec De Monts, fortifiéé avec Poutrincourt et Lâtour, fut portée à l'enthousiasme quand St. Castin' vint révéler à ces sauvagés que les Français pouvaient non-seulement les égaler dans leurs prouesses guerrières les plus hardies, maïs les surpasser même. Aussi les Américains, qui n’entendaient rien à cette vie d'aventure, qui n’osaient jamais disputer aux Français la victoire qu'appuyés par le nombre, s’attiraient-ils le mépris des sauvages. Une seule des embuscades de St. Castin, un seul coup de main de Villebon, élevaient les Français bien plus haut dans leur espritque tous les massacres et les ruineuses victoires des Anglais.
2%,—Le besoin de vengeance et de protection contre les ennemis de leurs alliés et de la religion que leur prêchaient Jes robes noires, vint encore resserrer les liens qui les unissaient aux Acadiens. Les Abénaquis étaient naturellemeï.. simples et paisibles; mais quand on avait surexcité léur fureur, ces timides: agneaux devenaient des tigres et des panthères avides de sang, Les Américains eurent souvent à déplorer leur perfidie vis-d-vis de cette nation redoutable. Depuis le commencement:de leurs rela: tions ‘avec eux, ils n'avaient que le parjure;la trahison et le viol, à enrégistrer à côté des bons procédés des gouvernéurs français, et ÿ de la charité des-colons ; aussi ne parvinrent-ils jamais à détacher : des Acadiéns ces sauvages chez qui la vengeance était héréditaire, et qui alors'se délectaient plus dans l'enlèvement d'une chevelure que dansila possession de toutes les richesses du continent, Le cœur de l’homme est ainsi fait, Il ne peut’ être ‘en inimitié avec tout le mondé; plus la haine que nous inspire notre ennemi ést profonde, plus celui qui en la partägeant, semble la légitimer, nous est étroitement lié, est près de notre cœur. La haine‘ pour un sujet engendre souvent l’amitié pour un autre,et nulle amitié n’est. plus endurante que celle que le sang vient cimenter.
Les Anglais avaient compris-qu'une barrière: infranchissable les'séparäit à jamais dés Abénaquis. Ils'en voyaient la cause, et sé ‘l'avouaient mème quelquefois. ‘‘ Il faut remarquer,” dit Lincoln dans un de ses mémoires, ‘ que les Français, dans leurs rapports
PARC SIENRRE ES
«avec les sauvages, ont fait preuve d’une intégrité et d’une pureté j LL: & d'intention, surtout à l'égard de leurs intérêts religieux, bien au- ‘4 . «“ dessus de tout ce qu'on peut attribuer aux Anglais pour leurs
(1) Abbé Maurault, p. 17.
Were nn à GE ve AAA à am tr mg ot à
ts les intéres-
le cet homme’
oute-til, la'vie mi eu, qu’elle
avec Poutrin- St. Castin vint lon-seulement hardies, mais endaientrien aux Français le mépris des n seul coup dé aut dans leur > des Anglais.
e les ennemis ent Jes robes lissaient aux mples et pai- , ces timides:
de sang, Les e vis-A-vis de de leurs rela:
1 et le viol, à s français,:et Is à détacher : héréditaire, ne chevelure ntinent: Le nimitié avec e ennemi ést itimer, nous ne! pour un amitié n’est
ranchissablé L cause, et sé dit Lincoin drs" rapports ‘une pureté ux, bien aus pour leurs
LES Rouate-26 3 hd ere
ré pa à : ï 4 ne
« fins politiques oureligieuses.” (1). Et Dormer, constatant cét état de choses, écrivait dès l’année 1619: “Partout où les [ndiens sont de quelque. force, ils cherchent à nous trahir.” (2). Devait-il en être étonné après la cruauté et. la perfidie dont ces mêmes Indiens avaient été les victimes de la part de ses compatriotes? C'était simplement la loi du talion que l’enfant'de la forêt prenait dans ses mains : loi du bourreau qui ôte la vie à qui l’a ôtée, et que: l'Anglo-Américain aurait évitée en n'étant pas. déloyal envers son ennemi.
Au reste, les choses à cette époque en étaient rendues au point, entre les Anglais et les Français, que l'existence d’une colonie excluait celle de l’autre ; les deux ne pouvaient vivre ensemble sur le même continent devenu trop étroit pour leur ambition. Les Abénaquis, sur le territoire desquels tant de passions étaient soulevées, tant d'embuscades. dressées, tant de sang répandu, ne pouvaient demeurer témoins pacifiques de ce duel à mort. Des deux: cotés on briguait leur amitié—mais avec des procédés différents. Iis n’a-: vaient pas hésité, comme nous l'avons vu, à préndre parti pour les Français. Mais ce n'était déjà plus cés paisibles sauvages dont Lescarbot nous a décrit les mœurs. Cette lutte suprême de leurs amis contre les Anglais,devenue leur propre querelle; l’enivrement habituel du carnage, les avaient transformés au point qu'à l’époque où les Iroquois.alliés des Anglais, étaient devenus la terreur de toutes les autres tribus,les Abénaquis seuls ne voulurent pas leur offrir le calumet de la paix, ni enterret lx hache : à leur tour ils firent trembler ceux devant qui tous les sauvages dé l’Amérique treblaient. Cependant, aussitôt qu'ils étaient revenus dans leurs cabanes, leur bon naturel prenait lé dessus, et, jusqu’à ce qu'une nouvelle’ guerre fût déclarée, la voix de l'amitié faisait taire la voix du sang.
30.—De toutes les nations indigèries du continent, lés Abénaquis ‘ont été non-seulement les plus persévérants contre leurs ennemis et par contre les plus fidèles à leurs 'alliés, mais aussi ceux qui ont apporté le plus de dispositions à recevoir la lumière de la civilisation, Longtemps avant que: la parole dé Dieueût retenti aux, oreilles des ‘autres tribus, les” Abénaquis étaient déjà devenus chrétiens: ; longtemps. après qué de toutes) parts on eût brisé le tomahawk et enterré la dernière hache,ils combattaïent encore les enfigrhis de leürs ‘altiésr” “Et quand; écrasés par
cus, il eut fallut se choisis 0 où: ‘sé trsuver un. petit coin au soleil
(1) Meine Historical Society, p. 307.
(2) Maine Hist, Society, vol. V. p. 165.
nénnis entetemnmemnele rm
pour y dresser leurs cabanes, ils vinrent tous au Canada où il y avait encore des crâues anglais à briser, s’y fixèrent et s’y sont maintenus. en petit nombre jusqu'aujourd'hui. Est-il étonnant qu'une nation aussi franche et ingénue dans la paix, d'un dévouement aussi héroïque dans la guerre, se soit attachée comme elle l'a fait aux Acadiens? Ensemble ils avaient enduré là fatigue, la soif et la faim; sous la même tente ils avaient mangé le morceau de pain noir ; côte à côte ils avaient prié le Grand-Esprit. Eux pour qui l'ami, le ‘* nidoba,” était un être inséparable pendant la vie, et, selon leur croyance religieuse, mème après la mort, pouvaientils laisser les Acadiens chanter seuls l'hymne de la guerre ? Non, la querelle de l’un était la querelle de l'autre ; quand l'un déterrait la hache, tous deux la déterraient, tous deux allaient combattre, contents de tomber côte à côte s'ils ne pouvaient vaincre ensemble, 40.—[1 faut reconnaitre pourtant que la cause première de cette amitié, a été la religion. Aucune nation américaine n’a subi autant l'influence religieuse des Européens que les Abénaquis. Un auteur anglais nous dit qu’en arrivant en Amérique, les Anglais élevaient une taverne, les Espagnols un fort et les Français une croix. C'est ainsi qu’au lieu de recevoir des Européens la lumièreetlacivilisation,les fndiens recevaient le plussouvent l'empreinte de leurs vices et en gardaient le cachet. Dans les colonies espagaoles où ils ne virent que la soif de l'or, ils devinrent avaricieux, défiants et traîtres ; dans la Nouvelle-Angleterre,les Anglais, en ne leur montrant que l'égoïisme, et, pour favoriser leur commerce
en leur distribuant l'eau de feu, les rendirent ivrognes et féroces ;
en Acadie, là parole des missionnaires en fit une nation profondément catholique, et l'exemple des Français, une nation éminemment guerrière. Les sauvages comprenaient bien les efféts de
cette influence des blancs ; ils distinguaient également la différence
de leurs caractères et de leurs motifs. La réponse que fit un jour un chef abénaquis au gouverneur du Massachusetts, Hutchinson, je montre assez clairement: ‘“ Comment se fait-il que si la religion.est si importante, les Anglais, pendant vingt-six ans, ne nous en aient pas dit un mot?” Puis continuant: ‘ Ni toi, ni tes prédécesseurs, ni leurs domestiques ne. m'ont jamais parlé de la prière, ai du Grand-Esprit; les-Français au contraire......etc.” (1).
: (1) -Rapporté par le gouverneur Hutchinson lui-même. Maine Hist. Sociely, vol. 2: £ 168.—Ce chef abénaquis s'appelait Norridgewock. n autre Abénaquis répondit à un émissaire anglais dont le nom m'échappe :
4 Dans vos relations avec nous vous vous.informez d'abord de la quantité des pel-
leteries que nous avons. Les robes noires, au contraire, n'emportent jamais les présents que nous leur faisons, mais ils nous parlent du Grand Esprit.”
IA
anada où il y nt et s’y sont jst-il étonnant
d'un dévouese comme elle la fatigue, la ré le morceau prit. Eux pour ndant la vie, rt, pouvaientterre ? Non, la an déterrait la mbatire, cone ensemble.
mière de cette aine n’a subi Abénaquis.
rique, les Anles Français éens la lumièntl’empreinte olonies espant avaricieux, Anglais, en ne ur commerce es et féroces ; ion profondétion éminemles efféts de t la différence e fit un jour Hutchinson, ue si la relians, ne nous i, ni tes préde la prière,