Muuby, Calai., ed. 2, p
15b PLANTES CULTIVÉES POUR LEURS FRUITS
l’ont reçue au commencement de notre ère, et que ces derniers 1 ont portée en Barbarie et en Espagne, où elle s’est naturalisée partiellement, d’une manière souvent douteuse, à la suite des cultures.
Jujubier Lotus. — Zizypkus Lotus , Desfontaines.
Le fruit de ce Jujubier ne mérite pas d’attirer l’attention, si ce n’est au point de vue historique. C’était, dit-on, la nourriture des Lotophages, peuple de la côte de Lybie, dont Homère et Hérodote 1 ont parlé avec plus ou moins d’exactitude. 11 fallait qu’on lût bien pauvre ou bien sobre dans cette contrée, car une baie de la grosseur d’une petite cerise, fade ou médiocrement sucrée, ne contenterait pas des hommes ordinaires.
Rien ne prouve que les Lotophages eussent l’habitude de cultiver ce petit arbre ou arbuste. Ils en recueillaient sans doute les fruits dans la campagne, car l’espèce est assez commune dans 1 Afrique septentrionale. Une édition de Théophraste porte cependant qu'il y avait des Lotos sans noyaux, ce qui suppose une culture 2 3 4 5. On les plantait dans les jardins, comme cela se fait encore de nos jours en Egypte s; mais il ne semble pas que l’usage en ait été fréquent, même chez les anciens.
Du reste, il a été émis des opinions très différentes sur le Lotos des Lotophages *, et il ne faut pas insister sur un point aussi obscur, où l'imagination d’un poète et l’ignorance populaire ont pu jouer un grand rôle.
Le Jujubier Lotus est sauvage maintenant, dans les localités arides, depuis l’Egypte jusqu’au Maroc, dans le midi de l’Espagne, àTerracine et autour de Palerme B. Dans ces localilés italiennes isolées, c’est le résultat probablement de cultures.
Jujubier de l’Inde 6. — Zizyphus Jujuba , Lamarck. — Ber , des Hindous et Anglo-Indiens. — Masson, à Elle Maurice.
Ce Jujubier est cultivé plus au midi que le commun, mais dans une étendue de pays non moins grande. Le fruit ressemble tantôt à une cerise . avant maturité, tantôt à une olive, comme on peut le voir dans la planche publie C par Bouton dans Ilooker, Journal of bolany, 1, pl. 140. Le nombre des variétés
1. Odyssée, 1. 1, v. 84; Hérodote, 1. 4, p. 177; traduits dans Lenz, Hotanik der Allen, p. 653.
2. Théophraste, llist., I. 4, c. 4, éd. de 1644. L’édition de 1613 ne contient pas les mots relatifs à ce détail.
3. Schweinfnrth et Aschersou, IJeitr., zur Flora Æthiapiens, p. 263.