JUJUBIER DE L’INDE
connues indique une très ancienne culture. Gcllc-ci s’étend aujourd’hui de la Chine méridionale, de 1 archipel indien et de Queensland en Australie, par l’Arabie et l’Egypte, jusqu au Maroc et même au Sénégal, en Guinée et dans i Angola Elle se voit également à l’île Maurice, mais il ne parait pas qu on l’ait introduite jusqu’à présent en Amérique, si ce n’est au Brésil, d’après un échantillon de mon herbier*. Le fruit est préférable à la jujube ordinaire, d’après ce que disent les auteurs.
Quelle était l’habitation de l’espèce avant toute culture? Ce n’est pas aisé à savoir, parce que les noyaux se sèment lâchement et naturalisent la plante hors des jardins 1 2 3.
Si nous nous laissons guider par la fréquence à l’état sauvage, il semble que le pays des Burmans et 1 Inde anglaise seraient la patrie ancienne. Je possède dans mon herbier plusieurs échantillons recueillis par Wallich dans le royaume burman, et Kurz l’a vue fréquemment dans les forêts sèches de ce pays, autour d’Ava et de Prome 4. Beddonc admet l’espèce comme spontanée dans les forêts de l’Inde anglaise, mais Brandis l’a trouvée seulement dans des localités de ce genre où il y avait eu des établissements d’indigènes 5. Avant ces auteurs, dans le xvii® siècle, Rheede 6 décrivait cet arbre comme spontané au Malabar, et les botanistes du xvie siècle l’avaient reçu du Bengale.
A l’appui de cette origine indienne, il faut mentionner l’existance de trois noms sanscrits et de onze autres noms dans les langues indiennes modernes 7.
L’introduction à Amboine, dans la partie orientale de l’Archipel, était récente lorsque Rumphius y séjournait 8, et il dit lui-même que l’espèce est indienne. Peut-être était-elle anciennement à Sumatra et dans d’autres îles rapprochées de la péninsule malaise. Les anciens auteurs chinois n’en ont pas parlé; du moins Bretschneider ne l’a pas connu. L’extension et les naturalisations au midi et à l’est du continent indien paraissent donc peu anciennes.
En Arabie et en Egypte, l’introduction doit être encore plus récente. Non seulement on ne connaît aucun nom ancien, mais Porskal, il y a cent ans, et Delile, au commencement du siècle actuel, n’ont pas vu l’espèce, dont Schweinfurth a parlé récemment comme cultivée. Elle doit s’être répandue d’Asie à Zan-
1 . Sir J. Hoofeer, Flora of brit. India, 1, p. 632 ; Brandis, Fore.it flora of India, l,p. 87; Bentham, Fl. austral., 1, p. 412; Boissier, Fl. orient., 2, p. 13; Oliver, Fl. of tropical Africa, 1, p. 370.