AVANT- PROPOS IX
La Mécanique des Lagrange , des Poinsot et des Le Verrier reste donc vraie pour les grandes masses de l'Univers, et c'est encore elle qui doit guider nos déductions et nos travaux dans l'ordre cosmogonique. J'ajouterai que. pour n'être point stérile, cette Mécanique classique doit s'appliquer à des objets que nous révèle l'observation , et c'est ce qui explique en partie la caducité des hypothèses de nos plus éniinenls devanciers.
Personne, en efïel, ne songerait à nier que l'Astronomie n'ait fait d'immenses progrès depuis l'époque où sir William Herschel, le plus grand observateur de tous les temps, étudiait les nébuleuses et se livrait au premier examen approfondi des espaces célestes. Nous ne pouvons donc sérieusement reprocher à Laplace une théorie qui ne tient pas compte des faits enregistrés à l'heure actuelle.
Même, lorsque Faye proposa, en 1884, une nouvelle hypothèse, aucun astronome ne soupçonnait toute la complexité du système solaire ; nos plaques photographiques n'avaient pas étudié à fond la structure des nébuleuses, et la loi de spiralité, que Faye avait soupçonnée dans sa. théorie des tourbillons, n'avait révélé ni l'aspect d'universalité que nous sommes contraints de lui attribuer, ni ses caractéristiques véritables, qui, malgré des apparences trompeuses, nous empêchent de la confondre avec celle qui régit les fluides.
Ceux qui désormais s'occuperont de Cosmogonie ne pourront invoquer les mêmes excuses. Sans doute, nous sommes loin d'avoir le dernier mot sur l'évolution de