ANNEES
EXCENTRICITÉ
SENS
pour imposer une idée de famille de comète. En particulier, la famille dite transneptunienne n'a jamais existé... si ce n'est peut-être dans l'esprit des astronomes qui l'ont imaginée.
LE MONDE COMÉTAIRF. 213
87. Les groupes de comètes. — Il en va tout autrement des groupes de comètes; ceux-ci sont bien réels et tous les ans nos acquisitions à ce sujet ne font que se compléter.
On a donné ce nom de groupe à des astres distincts (jui paraissent suivre des orbites identiques, quoique à des intervalles do temps fort variables. Tel fut le cas des comètes de 11)08, 1843 I, Décembre 1872, 1880 I, 1882 II, 1887 I et d'autres encore dont les orbites se coupent en un point si rapproché du Soleil, (|u"il touche presque la couronne solaire elle-même.
Lidentité de (|uelques-uns de ces astres fut soupçonnée dès 1800 par Iloek; dillerents auteurs, notamment Sould, Hind, Weiss, Klinkerfues, Rebeur-Paschwitz, soutinrent cette thèse lors de l'apparition de la comète de 1880 I, et depuis, Krentz* reprit les calculs et montra avec beaucoup de vraisemblance qu'un grand nombre de comètes se seraient divisées après avoir appartenu à un corps unique. De même on ne saurait douter aujourd'hui que la comète 188! III ne soit une sœur jumelle de celle de 1807, suivant sa devancière presque sur la même route-.
D'ailleurs, dès l'apparition de la belle comète de 1882 II, au début de Septembre, les observations montrèrent des éléments identiques à ceux des comètes de 1813 et de 1880. Les trois comètes faisaient donc bien partie d'un même essaim. Le 9 (Jctobre suivant, M. Schmidt , d'Athènes, fit alors une découverte qui vint corroborer l'hypothèse de dislocations possibles de ces astres singuliers : à 4 degrés au Sud-Ouest il aperçut une nébulosité faible, diffuse et très étendue qui, tout en suivant la comète dans sa marche, avait un mouvement un peu plus rapide ; c'était probablement un morceau qui s'était détaché de la masse principale, un ou deux jours auparavant. Le 13 Octobre, M. Barnard apercevait, au Sud, dans un raron de 0 degrés, six à huit objets nébuleux diffus ; puis ce fut au tour de Brooks de
1 V. Hev. Générale des Sciences. 1901, p. 779.
2 V. Afin. Bur. des Long., 1885, pp. 244 et 251.
découvrir, le 20 Octobre, à 8 degrés à l'Est de la comète, une autre masse cométaire d'une étendue de 2 degrés. Un mois plus tard enfin (16 Novembre), M. Lacaille signale une autre nébulosité qu'il peut suivre pendant plusieurs jours'. Ces nouveaux astres, d'après les calculs, seraient périodiques comme la comète -mère, quoique avec des temps de révolution un peu différents.
88. Il existerait donc des systèmes cométaires qui résulteraient de la segmentation de comètes primitives s'éparpillant de plus en plus le long de leurs orbites et finissant probablement par se désagréger complètement : c'est ce qui dut arriver pour la comète 1889 V, qui était, elle aussi, accompagnée de quatre astres secondaires. Ces derniers s'étaient sans doute détachés du noyau principal quand celui-ci, lors du passage de 1886, avait presque frôlé la surface de Jupiter. Mais, au retour de 1896, les compagnons avaient disparu.
On pourrait multiplier ces exemples ; les statistiques nous les offrent en effet de plus en plus nombreux, si bien que l'existence de groupes cométaires est maintenant un point définitivement acquis.
' V. Ann. Biir. des Long.. 1885, pp. 261 et suiv.