‹ Origine et progrès de la puissance des Sikhs dans le Penjab, et histoire duChapitre 5 sur 9 · II · texte numérisé non relu

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Dans le cours des années 179^, 1796 et 1797, le Penjab fat deux fois exposé aux invasions du shah Zanian, qui venait de remplacer le pacifique Timour sur le trône de Caboul. Les Sikhs n'osèrent pas lui résister en rase campagne, et ses expéditions occasionèrent une immense confusion , car elles forcèrent les serdars dont il traversa les possessions à les abandonner momentanément. En 1798, le shah se présenta encore une fois , et entra à Lahor sans rencontrer d'obstacles ; mais, après quelques mois de séjour, voyant qu'il lui était impossible de fonder un établissement durable dans le pays , ou de tirer quelque avantage de l'occupation du Penjab , il retourna dans ses possessions héréditaires à l'ouest de l'Indus, et les serdars sikhs rentrèrent chacun dans les terres

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qu'il avait évacuées à l'approche du shah.

Randjit Sing était un -de ceux qui s'étaient retirés devant le shah , car il fit comme tous les serdnrs qui se trouvèrent dans les mêmes circonstances que lui; il abandonna son misai; il employa le temps du séjour du shah à Lahor à faire une expédition au-delà du Satledj pour lever les tributs et réduire sous son autorité les villes ou villages dont il put s'emparer.

Après la retraite du shah, Randjit Sing songea aux moyens de s'assurer la possession de Lahor : il fut encouragé dans ce dessein par sa belle-mère Sada Kounwar, qui lui promit d'appuyer l'exécution de ses vues. Lahor était à celte époque possédée en commun par Tcheït Singh , Mohar Singh et Saheb Singh. Mais Randjit Singh, par un important service qu'il rendit à Zaman Shah, sut obtenir de ce prince la permission d'en prendre possession. Les Afghans avaient été obligés de quitter précipitamment le Penjab pour s'opposer aux desseins de la Perse sur Hérat, desseins qu'elle couvrait du prétexte de secourir Shah Mahmoud. En arrivant sur les bords du Djilam , l'armée af-

ghane trouva le fleuve débordé par les pluies * ce qui rendait impossible le passage de l'artillerie. Ne voulant pas être arrêté par cette circonstance , Shah Zaman jeta ses canons dans le fleuve , et écrivit à Randjit Sing de les retirer et de les lui envoyer, lui faisant espérer qu'il l'aiderait à réaliser ses vues ambitieuses sur Lahor en échange du service qu'il demandait. Le Sikh retira huit canons sur douze du lit de la rivière où ils avaient été ensevelis , et les renvoya au shah, dont il reçut en retour l'investiture qu'il désirait. Les quatre autres canons ne furent retirés du Djilam qu'en )8a3 ; ils sont maintenant déposés à l'arsenal de Lahor (i).

Armé de cette autorité influente sur la population musulmane de la ville, et appuyé par le crédit et les troupes de Sada Kounwar, Randjit Singh fît ses préparatifs pour s'emparer de Lahor. Les trois chefs sikhs qui l'occupaient étaient

(i) Le capitaine Murray ne dit pas que Randjit Singh obtint l'investiture du souverain afghan. Ce fait, avec les circonstances qui l'accompagnent, est raconté ici sur l'autorité du capitaine Wade. {Note de fauteur.) ■

Orne, et piioor. 7

dissolus , débauchés et insoucians des moyens qui pouvaient assurer leur sécurité. Us n'avaient que peu de troupes ou de vassaux, et leur administration était impopulaire au dernier degré. Pour préparer le succès de ses desseins , liand- ' jit envoya Kazi Abdour Rahman, natif de Rasoulnagar, pour nouer des intelligences avec les principaux habitaus musulmans. Mir Mphkatn, intendant de Tcheït Singh, Mohammed Ashik et Mir Shatli promirent d'appuyer le projet, et s'engagèrent à livrer l'une des portes de la ville à Randjit Singh. 11 s'avança donc, accompagné de sa belle-mère, et fut reçu dans la ville sans obstacle. Tcheït Singb et ses deux associés furent trop heureux d'accepter des djagirs. Randjit Sing établît ainsi son autorité dans la ville , et avisa aux moyens de conserver sa conquête. Cette heureuse tentative sur une ville si fameuse excita la jalousie des serdars, ses rivaux, qui réuniront leurs troupes à Basim dans l'intention de reconquérir Lahor. Goulab Singh Bhangi, Saheb Singh deGoudjrat,et JVadjamoud-din de Kasour, étaient à la tête de la confédération, et se distinguaient surtout par leur

animosité contre RandjilSiogh. Mais après quelques mois de débats et quelques escarmouches saus résultat, les, serdars, voyant Le jeune chef bien préparé à la résistance , abandonnèrent leur entreprise, et depuis lors la ville est toujours restée an pouvoir de Randjit Singh.

Les Musulmans de Kasour, ville considérable située à environ 25 kôs (1) S. E. de Lahor, avaient encouru le juste ressentiment de Kandjit Singh , autant à cause de la part que leur chef avait prise à la coalition que des déprédations commises par eux aux portes de Lahor.

Sa première expédition fut dirigée contre eux , et de 1801 à 1802 Nadjam-oud-din fut forcé de se soumettre à Randjit Singh ; il se reconnut pour son vassal, et s'engagea à lui fournir un contingent de troupes sous les ordres de son frère Koutab-oud-din. Dans la même année, le jeune chef étant venu «e baigner au réservoir sacré du gourou Ram Dos à Taran Turan, " y rencontra le serdar Fateh Singh , de Alou-

(1) Mesure itinéraire de l'Hindoustan évaluée par Rennrl à 2 milles anglais ou 1735 pas géométriques, et par M. Langlèa aux trois quarts d'usé lieue de France.

wala-rriisal, et contracta avec lui des liens d'amitié , scellés par un échange de turbans.

L'année 1802 fut marquée par la naissance de Kharak Singh (1), l'héritier présomptif du maha-radja Randjit Singh : il naquit de Radj Kounwar, fille de Khadjan Singh de Waki.

Dans la même année , le fort de Tcheniôt , occupé par Djasa Singh, fils de Karam Singh Doulou, chef des Bhangis, fut assiégé et pris, après une courte résistance, par Randjit Singh, qui n'assigna au chef vaincu pour sa subsistance qu'une rente insignifiante (2).

(1) Le capitaine Wadc place cet événement après la mort deDal Singhet lorsque Randjit se mettait en mesure d'occuper «on djagir et le fort d'Alipour, ce qui n'a dû arriver, suivant le capitaine Murray , qu'on 1804. L'année 1803 est cependant la date assignée par ces deux officiers à la naissance de Kharak Singh. (Noce de fauteur.)

(a) Djasa Sing de Tdiandauiot ou Tcheniôt se rendit , dit-on , à Randjit Singh sur la promesse qu'il serait réintégré dans ses possessions, promesse jurée sur les livres sacrés. Il n'en fut pas moins fait prisonnier et dépouillé. Randjit Singh, accusé de parjure, fit voiries livres sacrés sur lesquels il avait juré; lorsqu'on eut enlevé les enveloppes qui devaient les couvrir , on trouva des briques au lieu de livres. (Note de l'auteur.)

Au mois de décembre 1802, Uaiuljit Singh réunit ses' troupes à celles de Sada Kounwar et du chef Alouwala, et les forces des trois misais alliés vinrent attaquer la famille de Goulab Singh, le dernier serdar puissant du Bhangimisal, qui avait toujours été eu guerre avec Maha Singh , et s'était mis à la tête de la ligue formée dans le but de recouvrer Lahor. Goulab Singh était mort en 1800 , laissant sa veuve Rani Soukha pour tutrice de son jeune fils Gourdat Singh. Le moment était opportun pour renverser à jamais la puissance des Bhangis. Rani Soukha fut donc sommée de rendre le fort de Lohgarh à Amritsar, et le grand canon Banghi , enfin de se soumettre aux confédérés. Incapable de résister, la veuve abandonnée évacua Lohgarh , et s'enfuit avec son enfant et sa famille , qui depuis a toujours vécu dans l'indigence et l'obscurité (1).

(1 ) Goulab Singh mourut , dit-on , d'un excès de table. Lohgarh Tut pris d'assaut, lesassiégeans s'y étant in- ' troduils par une porte laissée ouverte pour servir d'embrasure à un énorme canon. La place fut prise pendant

Pendant ces événemens , une discorde de famille ensanglanta Kasour : Nadjam-oud-din lut assassiné , el remplacé dans son serdari par jon frère Koutab-oud-din. Les circonstances paraissant favorables, Randjit Singh, avec toutes les forces de ses alliés, envahit le territoire de Kasour; mais, après trois mois de pillage dans le pays ouvert , voyant qu'il nr pouvait rien contre les places fortes qui sont nombreuses dans ce district , il accepta un paiement en argent et se retira. Pendant cette année Sansar Tcband,' radja de Kôt Kangra, dans les montagnes, descendit dans les plaines et pilla quelques villages du territoire de Sada Kounwar, situés dans le Ghani-misal. Mais Sada Kounwar invoqua le secours de son gendre , qui arriva

un orage du mois de décembre. Gourdat et sa môi-es'étaut échappés, furent pendant toute une nuit exposés au froid et à la pluie. Ils trouvèrent asile auprès de Djodh Singh , chef duRanigarhia-misal, dont le fort de Ramgarh était peu éloigné. Randjit Singh Iroctv.i sa tante, la soeur de Maha Singh, dans le fort, mais il la renvoya dans un ralh , ou chariot couvert, dès le matin suivant, partager le* infortunes de Rani Soukha . [Noie de fauteur.)

immédiatement avec Fateh Singh Alouwala et eut bientôt chassé les* montagnards. Il saisit cette occasion pour assiéger Soudjanpour , oocupé par Boudh Singh Bhagat , qui fut obligé de payer une forte somme d'argent, de livrer-une grosse pièce d'artillerie et les trois districts de Bahrampour, Dharamkot etStmkhalgarh.

- Du Douab de Djalandhar , où ces événemeus l'avaient amené , Randjit Singh passa le Ravi et retourna àLaïior, en faisant un détour par Sialkot et Rasoulnagar et pillant tout ce qu'il rencontrait. La veuve de Tchour Mal fut , dans cette expédition , dépossédée de # Phagwara , abandonné à Fateh Singh Alouwala en récompense de ses services. Sansar Tchand osa encore, vers la fin de l'année (i8o4) redescendre dans la plaine et prendre quelques "villes dans le Djalandhar, mais il se retira à l'approche de Randjit Sîngh et de ses alliés. En février suivant, le radja des montagnes reparut encore et prit Hosheiarpour et Bidjwara , où il essaya de s'établir définitivement. Mais il 1 fut chassé de ces deux villes par les Sikhs , et Randjit Singh ,.

après celte expédition, fit une tournée financière , si Ton peut parler ainsi. Il se fit donner , à titre de présens on de tributs , des sommes considérables par les vieux chefs sikhs Tara Sîngh Gheïba, Dharam Singh d'Araritsar et Boudh Singh de Feizoullapour. Cette conduite excita la jalousie et les craintes de tous les serdars qui avaient joui jusque-là de leur indépendance et d'une possession non contestée. Ils voyaient bien que Randjit Singh voulait leur imposer sa suzeraineté; mais ils étaient si divisés , si envieux les uns des autres , si peu capa-, blés de se donner un-chef, qu'ils ne tentèrent rien et ne purent arrêter aucune mesure commune pour se délivrer de ses exactions arbitraires et le faire renoncer à ses habitudes d'amende et de confiscation à son profit, qui semblaient l'amener systématiquement à visiter les familles de tous les chefs qui mouraient. Ce fut pendant cette année que mourut aussi Da( Singh, beau-frère de Tchar.it Singh, ce qui rendit , par droit de seigneurie , Rapdjit Singh maître d'Akalgarh (i) et de Djaminabad ; ces

'(]) D'abord Alispoui', possession des MusulaiansTuhït-'

places étant teriues par Dal Singh comme une dépendance du Soukartchaki-inisal. DjI Singh était tombé en disgrâce peu de temps avant sa mort.

Les dissensions des quatre fils de Timour Shah, Hameïoun, Mahmoud, Shah Zaman et ShahShoudja, commencèrent alors à diviser l'empire afghan, à 7 avilir l'autorité royale. Cet état de choses encouragea Randjit Singh à diriger ses vues vers l'ouest , et après, avoir fêté le Dasrah (1), à Lahor , par desexcès encore plus

tas. Les Siklis changèrent le nom de cette ville lorsqu'ils la prirent en 1770. {Note de fauteur.)

(1) Sur cette fête, voy. leMèmoiredeSirJohaMalcoIui, dans les Bombay Transactions , vol. III, pages 73-89. D'après sir Jolin , dasrah vient de *dasmi dasrah , la dixième nuit; la fête tirerait ainsi son nom de sa durée; mais cette étymologie est sévèrement critiquée par te,rélUcteur du Qaarierty oriental Magazine (v. It, p. aa5, Calcutta, l8l4), qui donne pour étymologie de ce mot Daçahara, éptthèle de Ganga , qui signifie la déesse qui expie (ôte) les dix péchés. Cette fêle est célébrée , selon cet auteur, en commémoration de la descente i. cette déesse dans le mois djcïescnth (juin-juillet.) Mais comme la déesse Darga, épouse de Sîva, porte aussi ce nom , ce mot

violens qu'à son ordinaire, il résolut, dans Tannée 1804, de chercher à s'agrandir en s'emparant des provinces de cet empire situées à l'est de l'Indus. En conséquence, il passa le Ravi en octobre,. et ayant rallié les troupes des Alouwalas , il arriva à Ramnagar, sur le Tche~ nab , et de là à Djhàng, occupé par Ahmed Khan , chef puissant. Le khan fit sa soumission et paya une forte somme aux envahisseurs.

Sahiwal et Kot Maharadja, possessions de deux Musulmans béloutchis , furent ensuite visités. La reconnaissance de la suzeraineté de Randjit Sïngh , des chevaux et d'autres présens, les sauvèrent du pillage. La. saison avançait; on fit des préparatifs -pour visiter les environs du Moultan : maisjé gouverneur , Mozafiàr Khan , prévint les desseins des visiteurs et détourna le fléau de ses sujets par l'envoi de nombreux et riches présens. Des rapports furent établis avec tous les chefs musulmans et les familles établies sur les rives Tchenab ou du Djilam. Quoique

peut aussi signifier la file de celte déesse, fête autrefois

Dargapadjii (adoration de Darga. ) .

le total des trjbuls et présens reçus dans cette première expé^Éhm ne fût pas très considérable , le résultat des opérations de la saison fut cependant très avantageux pofir les vues ultérieures du Sikh ambiteux. En effet, tous les chefs jusqu'à l'Indus commencèrent à voir de quel côté ils devaient tourner leurs espérances et leurs pintes; la plupart d'entre eux se résignèrent à se soumettre au roj de Lahor. et s'abstinrent dès-lors de toute relation arec la cour de Caboul et ses .officiers.

Eu février i8o5 RaodjitSingh retourna dans sa capitale , établie depuis peu à Lahor , et y célébra les fêtes religieuses. Quelque temps après il se rendit avec un magnifique cortège à la fête annuelle des bords du Gange , à Hardwaf," pour y faire ses ablutions : s'élant ainsi acquitté des cérémonies de sa religion , il repartit au commencement de juin et employa la saison des pluies à affermer aux enchères les revenus des districts placés sous son administralion personnelle. Tel a toujours été son. seul mode d'administration : le fermier a plein pouroir, même de vie et de mort, sur ceux qui

sont confiés à sa merci; son ba^ n'est qu'une permission de voler. flP-''

Après leDasrafa de i8o5 , Randjit Singh conduisit pour la seconde fois son armée dans les pays mahométans situés entre le Tchenab et Tlndus, et le chef de Djhang fut sommé de parer' un tribut annuel : la demande s'élevait à 120,000 roupies. Mais avant la confusion de cette affaire Randj.it Singh fut rappelé par la nouvelle de l'approche de Djaswant Rao Holkar et Emir Khan, qui venaient de l'est, poursuivis par Tannée anglaise de lord Lake. Fate^ Singh Alouwala resta donc pour terminer les négociations avec les chefs de l'ouest, et Randjit s'élant transporté, en personne à Amritsar, y rencontra le Mahratle fugitif , avec qui il avait à jouer un rôle difficile. Djaswant Rao menaçait de continuer sa marche du côté de l'ouest jusque sur les terres du Caboul. Cependant lord Lake était arrivé jusque sur le Riah , ou Bias', et se préparait à avancer encore; et il ne pouvait qu'être très désavantageux de laisser opérer et agir son armée dans le Penjab. D'un autre côté Randjit Singh, quoiqu'il pût trouver un

auxiliaire utilfc ensuivant un autre parti , sentait bien qu'il lui était impossible de résister- Dans ces circonstances difficiles, les rapports qq'il entretint avec Djaswant Rao Holkar furent amicaux, mais non encourageans, et ce chef, déçu dans ses espérances de déterminer les Sikhs à des hostilités contre les Anglais, céda aux difficultés qui l'accablaient et conclut un traité avec lord Lake, le 24 décembre i8o5.

Des témoignages d'amitié furent échangés entre le général anglais et Kaudjii Singh; et dans le cours de janvier 1806» les deux armées qui ' avaient causé tant d'alarmes dans le Penjab rentrèrent dans l'Hindoustan , laissant les chefs sikhs célébrer le Houli en toute liberté, et avec , des réjouissances proportionnées aux craintes qu'ils avaient éprouvées. Les excès auxquels Randjit Singh se livra à cette fête lui causèrent une maladie qui le retint dans l'inactivité pendant quatre mois. Cependant à la fin de la saison des pluies, il reprit la campagne et exécuta quelques desseins qui ont eu une influence matérielle sur sa destinée' et sa fortune.

Les radjas de Patiala et de Naba étaient eh

contestation pour Quelques parcelles de territoire, situées entre le village de Doladdi'et la ville et le fort de Naba. Le chef Djhind, radja Bhag Singh , était allié au chef de IVaha ainsi que les chefs de Lad wa et de Keïlhal f mais leurs forces réunies ne pouvaient lutter avec celles de leur puissant voisin de Patiala. Dans cette extrémité Bhag Singh de Djhind , oncle maternel de Randjit Singh , fut député pour réclamer en faveur des plus faibles l'assistance* de son neveu. Le Dasrah n'était pas encore passé que Randjit Singh traversa le Sattledj pour prendre part à la querelle. Il effectua son passage à Loudiana , et s'étant emparé de la place , il la «remit au radja Bhag Singh , au préjudice de Ram Nouroun Nissa , mère de Rao Ilias, à qui elle appartenait; Saniwal fût aussi pris à une veuve sans défense (*), cette classe d'occupans étant regardée par Randjit Singh comme des usurpateurs. La place fut donnée en djagirà

(i) Mai Lakchmi, veuve de Sadha Singh . Elle demanda secoure à Randjit Singh contre son fils, qui la reteoaU en prison.

Mokham Tchand Dewan , mais rendue peu de temps après sur l'offre d'uu nazarana de 3o,oou roupies. Les troupes dePatiala ayant abandonné Doladdi , Randji t Singh s'approcha de IVJarisourpour où lemaha-radjaSahebSingh, successeur d'Amar Singh, avait pris position avec toutes ses forces. Le maha-radja, par une somme d'argent et le don d'un pièce d'artillerie, se concilia Randjit Singh , Djaswant Singh de Naba contribua aussi à satisfaire sa cupidité. Ce fut alors seulement qu'il ramena dans le Penjab son, armée mal organisée, vrai fléau qui ravageait tout sur son passage.* Doladdi, sur la demande ■ deBhagSingh, fut rendue auPatiala, etKandjit * Singh saisit l'occasion de traverser leDewali et de faire ses ablutions dans le réservoir sacré de Thanesar. II repassa le Satledj après s'être acquitté de ce devoir et se dirigea par Rahoun , résidence de Tara Singh Gheïba (1), sur les

(i)*Le capitaine Wade dit que Tara Singh monrut dans cette expédition. -Il évalue toutes les choses que s'appropria Kaudjit dans cette occasion en argent, bijoux, etc., à huit lakhs de roupies. C'est , assure-t-ou , la première prise de cette importance faite par le souverain de Lalior.

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feux sacrés de Djawala Moukhi. Là , il rencontra Sansar Tchand de Kangra qui implora son assistance contre Amar Singh de Gourkha, qui s'appropriait la succession de tous les chefs des montagnes depuis Gogra jusqu'au Satledj , «t qui faisait ravager Kangra par ses troupes. Le prix demandé par Raodjit Singh pour ses services ayant paru excessif, rien ne fut conclu dans l'entrevue des deux chefs ; mais plus tard la position du radja des montagnes étant de- •venue encore plus difficile , la négociation fut reprise (l).

L'année 1807 fut marquée par la perte et le recouvrement de Parsour et Tchamara , possessions de Nar Singh , vieux serdar sikh qui

Mais le capitaine Murraj place la mort de Tara Sing en 1 807-8 , pendant la seconde expédition de Randjit Siogh au-delà du Satledj. Le capitaine Wade paraît «voir confondu ces deux expéditions. (Note de Fauteur.)

(*]) Le résultat de l'expédition dé Randjit Singh dans, cette saison depuisson départ d'Amritsar jusqu'à son retour, lui rapporta, selon Khoushivakt Raï, sept élépbans, neuf pièces d'artillerie, cinquante chevaux et environ deux laVhsde roupies en argent. (Note de Fauteur.)

était mort. Un djagir fut donné à son fils pour pourvoir aux besoins de son existence. Handjit Singh prépara ensuite une expédition! formidable contre Kasour qiri lui doutant de grands sujet» d'inquiétude'. Il espérait qoe cette conquête, faite sur des Musulmans.,; rehausserait sa popularité et son crédit chez- les Sikhs. En février 1807! il attaqo» lé territoire de" Kasour avec des forces considérables $ et Kdù-i tab-oud-din fut réduit à se réfngier datas la ville fortifiée, IJes discordes civiles èï des séditions achevèrent la ruine delaJartiillé'Fathan, et au mois de mars r le chef fut ob&gé d* s* rendre à discrétion. On lui laissa quelques - villages au sud duSatledj , sous la condition de fournir un contingent ' de troupes lorsqu'il en serait requis. Kasour et tout le territoire occupé par cette famille dans le Penjab, fut repris et donné en djagir à Neïal Singh Atharawala. De Kasour Randjit Singh se dirigea au sud-ouest du côté "de Mouilan où il occupa et maintint quelques garnisons dans diverses dépendances de ce gouvernement. En avril, la ville de Moultan fut prise , mais le gouverneur

se retira dans la citadelle où - les princi— paux habitans s'étaient réfugiés avec ce qu'ils avaient de plus précieux. Dépourvu des moyensnécessaires pour faire un sïége, Randjit Singh accepta de Mozaffar Khan une somme considérable en argent et retourna à Lahor au mois de mai (1). Mais avant que la saison des pluies fût arrivée, il détacha quelques troupes qu'il envoya à Adina Nagar , au pied des montagnes de Kangra, et leva dans le voisinage quelques tributs sur les chefs sikhs et montagnards qui avaient été jusque— là exempts de toute redevance sous la dépendance du Ghani-misal, avec lequel Randjit avait vécu en bonne intel-

(i) Moiaffar Khan paya, dit-on, une somme de huit mille roupies et donna cinq chevaux. C'est au retour de cette expédition que Randjit Singh rencontra un semindat- qui venait, monté sur un beau cheval, lui offrir ses respects. Randjit désira avoir le cheval , mais ses serviteurs trop zélés le demandèrent grossièrement. Le cavalier offensé s'élança sur l'éléphant de Randjit et le frappa. Les gardes accoururent, mais aucun ne put démonter le zemindar. Aprèsavoir blessé ou démonté quelques-uns de ses adversaires, celui-ci fut enfin tué et son cheval pris. ( Noie de fauteur. )

ligence , c'était le domaine de Sada Koumvar. Une telle mesure offensa cette femme , et c'est alors que commencèrent les différends et les intrigues qui l'ont conduite plus tard à 'sa perle.

L'épouse du radja de Patiala était une femme ambitieuse et intrigante qui avait long-temps cherché à se débarrasser de son mari, ou au moins à Étire créer un apanage séparé pour son fils mineur Karam Singh. Lorsque Djaswant Rao Uolkar, en se réfugiant dans le Penjab, traversa le territoire .de Patiala, elle avait essayé de s'en faire un appui. Ce chef ambitieux avait ru qu'il pourrait probablement trouver son profita la servir, et nej'avait point repoussée, mais pressé alors par l'approche de lord Lake, il laissa les choses au point où elles en étaient entre le radja et la Rani. La querelle s'étant réveillée, elle envoya en 1807, pendant la saison des pluies , demander appui à Randjit Singh lui promettant, en échange, une fameuse pièce de bronze qui appartenait à sa famille , et était connue sous le nom de Kari Kahn, et 'de plus un collier de dt amans dSine

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grandevaleur. Randjit Singh saisitcette occasion de s'immiscer dans les affaires de ses voisins , et passa le Satledj à Harîki Patan, au confluent de ce fleuve avec le Biah . Dans le mois de septembre , il s'empara sur sa roule vers Patiala , de toutes les possessions qu'a va il laissées en mourant IliasRaï, et les distribua à ses serviteurs et à ses alliés. Avant que Randjit Singh eût atteint Patiala, le radja et la rani se réconcilièrent; celle-ci ayant obtenu pour son fils , par la médiation des chefs de Djhind et de Thnnesar , un djagi.r séparé de 5o,ooo roupies de revenu. Le radja ne se. pressait pas de livrer le- canon et le collier promis, mais Randjit Singh en appela à la demande qu'il avait reçue et son appel étant appuyé par la force, on lui remit les deux objets, quoique ce fût avec un« répugnance évidente. Randjit Singh satisfait, vint attaquer Jïaraïangarh., qui. fut pris et donné au chef Aiouwala après un assaut qui coût»

aux assaillaos quatre, cents hommes tués on blessés.

Devant Naraïangarb, mpur ; «t lp vieux chef Tara Singh Gheïba qui servait .dans l'armée de

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. Randjit Singh. Son corps fui transporté secrètement par ses serviteurs au-delà du Satledj dans sa forteresse de Rohoun ou on lui rendit les derniers devoirs, tandis que sa veuve et son fils faisaient leurs préparatifs pour se maintenir dans leurs possessions. Mais lorsque le cadavre était encore sur le bûcher, un détachement des troupes de Randjit Singh , envoyé dès que l'événement fut connu, arriva pour demander la -remise des trésors et s'emparer par force du territoire occupé par Tara Singh Gheïba. Après une résistance opiniâtre , la famille fut contrainte de se soumettre , et quoique les fils eussent d'abord reçu quelques secours pour pourvoir à leurs besoins, ils furent bientôt privés de tout moyen d^existence et ils ont depuis vécu dans l'indigence.

Eh revenant de Naraïangafh , Randjit Singh s'empara deMounda, aU'Sud du Satledj, sur le fils de Dharam Singh , et le vendit au serdar Djhind ; Bhalolpour et Bhartgarh furent aussi enlevés à la veuve de Bhagaïl Singh (i). En

(i) Ce fur à celle époque, c'est-à-dire vûit la fin de

décembre Randjit Singh retourna à Lahor où son épouse Mehtab Kounwar lui donna deux enfans jumeaux qui reçurent les noms deShir Singh et Tara Singh. Mais. Randjit Singh ne les a jamais reconnus comme ses fils. La fidélité de Mehtab Kounwar était depuis quelque temps suspecte à son époux qui Tarait en conséquence reléguée auprès de sa mère Sada Kounwar.

Le bruit courut que celle-ci avait enlevé les enfans d'un charpentier et d'un tisserand et lés avait produits comme ceux de sa fille, après avoir préparé depuis quelque temps le public à cet événement en faisant répandre que Mehtab était enceinte. Shir Singh a été récemment honoré d'un commandement militaire et d'un djagir , il a été heureux comme chef de l'expédition dans laquelle le prétendant mahométan Seïd Ahmed perdit la vie en i83i, mais ni l'un ni l'autre de ces enfans n'a encore été

1807, que Mokîiam Tchand se présenta à la cour de Randjit Singh , et fut élevé par lui à la dignité de dewan (ministre). Il avait déjà servi en cette qualité Sa heb Singh deGoujrat, et jusqu'à lui Randjit Singh n'avait pas encore eu d'officier de ce grade. (Note de tfiuteur.}

■ — 119 — reconnu par Randjit Singh, et Tara Singh languit toujours dans l'abandon.

Le commencement de 1808 fut signalé par la prise de Pathan Kot. situé au pied des montagnes de Kangra et appartenant à Djeïmal Ghani (1); les chefs des montagnes ou des plaines du voisinage furent aussi soumis à des exactions. Mokham Tchand Devra n fut ep même temps employé à entamer des négociations arec les chefs du Daliala Misai, à la tête desquels Tara Singh Gheîba avait toujours figuré pendant sa vie. La plupart des chefs furent confirmés dans leurs possessions, sous condition de fidélité à Randjit Singh, et sous promesse de tenir toujours prêts à la première demande leurs contingens de cavalerie. Sial Kot et Shaïkhoupoura , au sud du Satledj furent ensuite occupés et réunis au gouvernement direct de Randjit Singh par Mokham Tchand qui continua à tenir la campagne pendant la saison des pluies et s'empara de diverses places sur

( 1 ) K houshwakt Raï donne pour date à la prise de Pathan Kot et de Sial Kot la saison de 1807-8.

(Note de fauteur) '

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les deux rives du Salledj , dans la vallée d'Anandpour Makawal , et acquit à son maître tout ce qui avait d'abord élé possédé par Tara Singh ou Bhagaïl Singh.

. L'étendue de ces occupations permanentes et de ces usurpations de Randjit Singh au sud et à l'est du Satledj , excitèrent les a-larmes des chefs sikhs établis entre ce fleuve et la Jumna. Dans une conférence qu'ils eurent à ce sujet, il fut résolu par eux d'envoyer à Delhi une ambassade composée du radja Bhag Singh de Djhind , Bhaï Dal Singh de Keïthal, et Tcheïn Siugh Dewan de Patiala, chargés de demander que leurs possessions fussent mises sous la protection du gouvernement anglais. La mission se rendit à Delhi auprès de M. Selon, résident, en mars 1808. La réponse qu'ils reçurent , bien qu'elle ne fut pas décisive , était encourageante; on lçur dit qu'an ne souffrirait pas que Randjit Singh étendit ses usurpations du côté de l'est à leur préjudice. Mais on n'eut pas plutôt donné à Lahor connaissance de cette mission , que Randjit Singh , sérieusement in r quiet, envoya des agens aux trois chefs pour

les inviter à le venir trouver leur promettant de dissiper leurs craintes. ils se rendirent donc à son camp à Amritsar, où ils furent reçus avec une faveur et des attentions marquées. Rien ne fut épargné pour chercher à les détacher de tout projet d'alliance avec le gouvernement anglais.

Ou avait alors conçu de vives inquiétudes sur la possibilité d'une attaque de l'Inde par l'empereur Napoléon, et lord Minlo résolut d'envoyer quelques ambassadeurs pour s'assurer de l'état des pays intéressés dans la question, et pour sonder les sentiniens des chefs et des peuples. La puissance sans cesse grandissante de Randjit Singh , qui venait d'établir récemment son pouvoir dans le Penjab, demandait à être arrêtée dans son cours, et d'ailleurs la collision qui avait failli résulter de ses derniers succès et de ses desseins bien connus sur la rive orientale du Satledj était encore une raison d'envoyer un agent anglais à Lahor. Monsieur et aujourd'hui sir Charles Metcalie, fut le négociateur choisi en cette occasion, et Randjit Singh reçut avis de son arrivée lorsqu'il était

encore avec les chefs de Djhind et de Keïthah Le contenu des dépêches leur fut communiqué et devînt le sujet d'une conférence et d'une délibération très agitée. On fixa Kàsour pour le lieu de réception de M. Metcalfe, et en effet Randjit Singh s'y rendit en septembre i8o8.

L'ambassadeur fut reçu à son, arrivée avec les cérémonies usitées en pareil cas, mais il avait à peine-trouvé moyen do commencer la discussion des matières qu'il était venu traiter avec le chef sikh, que celui-ci leva tout à coup son camp de Kasour et passa le Satledj avec son armée. Farid Kôt fut immédiatement pris parles troupes et donné à SadaKounwar an préjudice dé Goulab Singh ; delà Randjit Singh s'avança contre le territoire musulman de Maler Kotila. La famille Pathan qui l'occupait, réduite à l'extrémité , consentit à payerune somme considérable, promettant en outre un lakh-de roupies. Le radja de Patiala abandonna quelques-unes de ses propriétés comme gage du paiement.

M. Metcalfe accompagna Randjit Singh à Farid Kôt, mais il- protesta contre toute opération militaire à l'est duSatledj. Il s'arrêta donc près

de ce fleuve jusqu'à ce que son gouvernement eût décidé ce qu'il devait faire dans cette conjoncture. Il adressa dans l'intervalle une vigoureuse remontrance contre de telles agressions commises alors même qu'il était venu pour discuter et traiter ce sujetavec RandjitSingh. Celui-ci n'en continuait pas moins d'avancer, il s'empara d'Ambala et de ses dépendances qu'il donna auxchefsdeNabaetdeKeïthal. Il exigea ensuite un tribut de Shahabad et Thanesar, et en retournant par Patiala il fit un fraternel échange de turbans avec le faible radja Saheb Siugh. Après cette expédition il revint auprès de M. Metcalfe à Amritsar. Le gouvernement de Calcutta avait pris en octobre une détermination , et son envoyé avait reçu ordre de déclarer que le pays compris entre le Satledj et la Jumna était mis sous la protection anglaise.

Quoique le gouvernement britannique n'eût pas dessein de forcer Randjit Siugh à rendre les villes ou villages dont il s'était emparé jusque-là, l'envoyé devait insister sur la reddition de tout ce que RandjitSingh avait usurpé dans la dernière campagne. Pour donner plus de

poids à cette demande et appuyer la négociation, un corps de troupes sous les ordres du colonel aujourd'hui sir David Ochlerlony, s'avança sur les frontières; une armée de réserve fut formée et placée sous le commandement du major général Saint-Léger, elle devait être prête à toutes les opération/que l'activité et les desseins hostiles de Randjit Singh pourraient rendre nécessaires.

Le colonel Ochlerlony passa Ut Juinn'aà Bonria le 16 janvier 1809, et à son arrivée près d'Ainbala les troupes de Randjit Singh se retirèrent jusqu'au Satledj. Prenant sur sa route quelques places occupées par l'armée sîkhe , le commandant anglais atteignit Loudiana, sur le Salledj , et y prit position le 18 février suivant. Sa marche fut saluée par les chefs et la population, comme un gage de protection et de tranquillité; tous rivalisaient pour lui en témoigner leur gratitude et leur satisfaction.

A cette époque Randjit Singh prétendait, dans ses conférences avec l'envoyé anglais, que la Jurana, et non le Salledj, était la limite des

Digi^byGoOgle

possessions britanniques; il affirmait que, du droit de sa suprématie sur la nation sikhe, non moins qu'en sa qualité de souverain de Lahor , il pouvait légitimement imposer sa suzerajatfé à tous les chefs de cette nation qui habitaient entre les deux fleuves. L'indépendance de Patiala et des autres principautés ne pouvait se discuter arec un chef dont la domination ne se basait que sur le pillage et l'usurpation , sur la force de son armée qui était son senl appui.

Cependant .l'arrivée du colonel Ochterlony sur le Salledj lui ouvrit les jeux; il craignit, ce qui serait arrivé en effet, que s'il résistait plus longtemps on se fît des offres de protection aux chefs du Penjab , ce qui eût contrarié ses vues ambitieuses et aurait pu L'engager dans une querelle, et peut-être dans une guerre avec une puissance contre laquelle il ne pouvait lutter : sa résolution fut aussi hâtée par un accident qui se présenta dans son camp. Le Moharram , le mois sacré de l'année des mahométans, commençait en 180g, vers les derniers jours de février ; les Musulmans qui accompagnaient l'envoyé britannique se préparèrent à célébrer la

mort de Hassan et de Husseia, les deux 61a d'Ali, avec les cérémonies usitées pour cette fêle. Les akalis, ou prêtres fanatiques des Sikhs, pxùuit ombrage de celte observance de l'islamisme dans le camp sikh , sous les .murs d-'Amritsar (1). Ils se réunirent. sous le commandement de Phoula Singh , fanatique intraitable* et attaquèrent à coups de fusil le camp de renvoyé anglais. Celui-ci réclama une escorte, et quoiqu'elle ne fût composée que de deux compagnies de cîpayes et de soixante hommes, elle chargea résolument les agresseurs et les mil en déroute, après quoi les cercueils furent ensevelis avec le rituel ordinaire. Lorsque Randjit arriva tout était fini. Il vint aussitôt en personne faire ses excuses à l'ambassadeur , expri-

. (i) Khoushwakt Raï dit que les Akalis voulaient attaquer la mission pendant la nuit , et que pour prévenir leurs desseins , Randjit Singh envoya cinq ceuts hommes de ses meilleures troupes pour protéger le camp de sir Charles Metcalfe. Le matin, air Charles s'éloigna d'Amlitsar, et les Akalis exlnimèi ent les cercueils des Musulmans et les brûlèrent avec tout ce que ceux-ci avaient abandonné. ('Note de Fauteur. ^.

mant son admiration sur la discipline et l'ordre observes par le détachement anglais , promettant de faire tous ses efforts pour prévenir la répétition de pareils désordres. Cette circonstance fit une grande impression surdon esprit; elle lui donna à réfléchir sur la faiblesse de son armée, comparée aux troupes disciplinées par les Européens ; elle le détermina à obtenir la paix en faisant les sacrifices qui lui étaient demandés.

Le gouvernement pensait qu'après s'être interposé pour arrêter les vues ambitieuses de Randjit Singh , il ne devait pas en attendre un secours bien actif dans le cas où il aurait eu à combattre l'invasion par l'ouest. Si le danger fût devenu plus imminent de ce côté , il eût probablement paru nécessaire d'étendre davantage notre influence directe dans le Penjab , pour désarmer un chef qui s'était montré si peu notre ami. Mais avec le temps les choses s'arrangèrent j les craintes qu'on avait eues s'évanouirent ; le seul objet auquel dut pourvoir le gouvernement anglais fut d'assurer sa frontière et de prouver son crédit et sa puissance, en exi-

géant de Randjit Siogh des réparations pour les actes d'hostilité qu'il venait de commettre sur la rive' orientale du Satledj. Randjit Singh exprima alors un vif désir d'obtenir une assurance écrite de nos intentions pacifiques, et bienveillantes envers lui : aussi dès qu'on eut obtenu la reddition des places qu'il avait prises dan» sa dernière campagne, un traité de paix et de mutuelle amitié fut conclu à Amritsar par noire envoyé, le a5 avril 1809. Voici son objet :

Après les préambules d'usage pour exprimer le désir de la paix et qualifier les parties contractantes :

Article f". — Une paix éternelle subsistera entre le gouvernement anglais et l'état de Làbor ; celui-ci sera considéré avec respect par son allié et traité sur le pied des puissances les plus favorisées ; le gouvernement anglais renonce à toute influence sur le pays et les sujets du radja , au nord du Satledj .

Art. 2. — Le radja ne pourra an- aucun cas entretenir dans les villes qu'il occupe sur la rive orientale du Salledj plus de troupes qu'il n'est nécessaire pour la police de leurs terri-

tcires; il ne commettra ni ne permettra. aucune attaque contre les possessions, ou les droits des chefs ses voisins.

Art. 3. — Dans le cas d'une violation des précédera articles , ou d'une atteinte portée à l'amitié qui doit unir les deux gouvernemens , ce traité sera considéré comme oui. .

Le quatrième et dernier article règle l'échange des ratifications.

Après la conclusion du traité, M. Metcalfe partit le i" mai suivant, toutes les difficultés avecRandjit Singh furent dès-lors aplanies; et depuis on n'a plus eu qu'à rendre nos rapports avec lui plus étroits par des lettres amicales, et des échanges de présens. Cependant les officiers- anglais résidant sur la frontière reçurent ordre de surveiller sa conduite, de demander avec insistance réparation dans tous les cas où il pourrait violer le traité, soit en s'interposant entre les chefs et serdars à l'est et au sud du Satledj, soit en attaquant leurs droits et leurs territoires. Cette ligne de conduite suivie jusqu'à ce jour avec persévérance a délivré Randjit Singh de toute crainte pour lui-même,

lui a fait perdre la défiance qu'il avait long* temps nourrie contre nous, et maintenant l'alliance entre les deux puissances est aussi étroite, aussi entière qu'elle peut l'être entre des états constitués comme ceux de l'Inde. Elle ne repose pas cependant sur une base plus solide que le caractère personnel de Randjit Singh et sa conviction particulière que le gouvernement anglais désire sincèrement le voir heureux et puissant , et regarderait la ruine de son empire avec les troubles et les déchiremens qui en seraient la conséquence inévitable comme un événement fâcheux pour lui-même. Nous reviendrons plus tard sur cette question.

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Tntiict entre le gouvernement anglais Et Ici chefi du Itrriioirtt silucs à Tait Jii Satleilj. -*■ Agrandi sa* me ni nuceuif de Randjit Singh.

Les motifs sur lesquels s'appuyait l'envoi de Farinée anglaise qui , sous les ordres du colonel Ochterlony, s'avança jusqu'au Satledj, étaient en tout point conformes à ceux qu'invoquèrent les chefs possesseurs du pays situé entre l'Indus et le Satledj lorsqu'ils envoyèrent une députation à Delhi en mars 1808. On promit protection sans exiger des protégés ni tribut, ni contribution , même pour couvrir les frais que devait entraîner cette protection. La récente expérience qu'ils venaient défaire de la rapacité d'une armée sikhe, la conviction où ils étaient qu'elle ne pouvait, leur offrir aucune sécurité pour eux.-mémes, et encore moins pour leurs familles sous un souverain comme celui qui venait d'assujétir la nation sikhe , rendit tous les serdars heureux d'avoir vu leur

demande exaucée par le gouvernement anglais.

Aussi l'arrivée d'une armée anglaise sur les bords du Satledj fut vue sans défiance comme une mesure nécessaire pour obtenir le but "qu'ils se proposaient.

Après la conclusion du traité avec Randjit Singh , il devint nécessaire de fixer, plus spécialement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, les rapports qui allaient désormais exister entre la puissance protectrice et ses protégés. Il fut arrêté de donner l'explication désirée des vues du gouvernement anglais sur ce sujet par une proclamation générale , plutôt que de conclure des arrangemens' séparés avec les nombreux chefs intéressés dans cette mesure. En conséquence , le 6 mai 1809 , un italanama , ou déclaration générale fut envoyée à chacun des serdars. Elle s'exprimait ainsi :

1° Les territoires de Sirhind et de Maloua (dénomination ^>rise par les Sikhs de Patiala, Naba, Djhind et Keïthal ) ont été mis sous la protection du gouvernement anglais.

Randjit Singh a renoncé par traité à y exercer désormais aucune intervention.

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3" 11 n'entre pas dans les intentions du gouvernement anglais de réclamer aucun tribut des chefs et serdars qui jouissent du bénéfice desa protection. ,

3' Les chefs et serdars sont autorisés à exercer , et cette autorisation leurest garantie pour l'avenir, les droits et pouvoirs dont ils étaient en possession dans leurs territoires respectifs jusqu'à l'époque où le gouvernement anglais a déclaré les prendre sous sa protection.

4° Les chefs et serdars devront fournir toutes les facilités aux troupes et détachemens anglais employés à garantir la protection , ou à l'exécution des mesures concertées dans les intérêts de ' l'état', toutes les fois que ces troupes et détachement seront en marche ou en cantonnement dans leurs territoires respectifs.

5" En cas d'invasion ou de guerre, les serdars devront se joindre aux forces anglaises avec leurs concitoyens toutes les fois qu'ils en seront requis.

. 6" Les marchands important des articles et des produits de l'Europe pour la consomma-f lion des détachemens stationnés à Loudiana,

ou à tout autre corps de l'armée anglaise, ne seront soumis à aucun droit de douanes et devront ètre'protégés dans leur passage à travers le pays sikh.

7° Les chevaux de cavalerie accompagnés de passe-ports délivrés par les autorités, compétentes seront exempts de toute taxe.

Cette déclaration , publiée et envoyée à tous ceux qu'elle intéressait devint la charte défi droits que les chefs ont toujours invoquée depuis pour résoudre toutes les difficultés quiont pu s'élever entre eux et le gouvernement anglais- Les matières qu'elle règle spécialement étaient celles qui demandaient la plus prompte solution, Il est resté cependant d'interminables sujets de discussion; — entre les candidats rivaux aux serdaris j — entre les chefs qui avaient partagé leurs territoires avant que la déclaration de protection fût publiée , et s'étaient donné des associés par obligation mutuelle; — entre les chefs et leurs sujets de la nation sikhe, tels que les zemindars, sur retendue des droits et pouvoirs qn'ils possédaient à l'époque delà -dé» plaration; -**■ et enfin, plus sur ce -sujet peut*

être que sur tous les autres , sur la fixation des frontières respectives et des droits communs. Ces différends , tontes les fois quHls se sont élevés, .ont nécessité l'arbitrage des officiers anglais, et donné lieu à de fréquens appels au gouvernement suprême de Calcutta. La régularisation des successions est eneore un objet qui a requis dès l'origine les soins du pouvoir protecteur ; lorsqu'il n'y a pas d'héritier reconnu par la coutume et tes lois des Sikhs , c'est la puissance protectrice qui est considérée comme héritière légitime.

Jusqu'en iSta, les devoirs de la protection et le soin de vider tous ces différends, bien qu'ils aient donné beaucoup d'occupation au colonel Ochterlony, chargé des affaires sikhes, n'ont cependant rien produit d'assez important pour être mentionné ici. Cette année-là cependant les désordres qui éclatèrent à Patiala par suite delà faiblesse du radja, produisirent une crise qui nécessita notre intervention. Le territoire protégé ait envahi par un pillard , contre qui le radja fut requis de fournir sou contingent de cavalerie. Ce chef occupait un territoire d'un

- 156 — revenu de trente lakhs de roupies au moins, et cependant toute la troupe qu'il put envoyer en cette occasion ne consistait qu'en 200 chevaux très mal équipés et arrivés si tard qu'il ne furent d'aucun usage. Le colonel Ochlerlony, accompagné des chefs (te Djhind et de Naba, , s'avança jusqu'à Patiala pour reprocher au maha-radja Saheb Singh sa négligence évidente dans cette circonstance, et le persuader, s'il était possible, d'éloigner les favoris indignes qui dissipaient ses revenus et de les remplacer par des hommes mieux disposés à établir une forme stable de gouvernement, à réaliser les çhaugemens désirés dans l'administration. On ne put décider par la persuasion le maha-radja à changer ses ministres, mais il protesta de sa résolution à effectuer les réformes demandées. Abandonné à lui-même, sa conduite fut si violante .et si irrégulière qu'on craignit pour sa raison , et que le colonel dut revenir auprès de lui pour autoriser ses sujets outragés à améliorer l'état des choses, et empêcher que la dé-r position du radja ne devint une cause de trouble au milieu de }a tranquillité générale. Saheb

Singh fut déposé et même privé de. sa liberté. Askour fiani , son épouse, associée à un Brahmane habile , Nandi Rao , fut nommée régente pour l'héritier présomptif, le radja actuel, Karam Singh, qui était alors mineur et au nom . de qui elle gouverna. Le tnaha-radja Saheb Singh mourut quelques mois après sa déposition. La douteuse réputation de chasteté de la rani, son caractère séditieux et intrigant rendirent son administration impopulaire , tandis que les prodigalités de Saheb Singh lui avaient au moins fait quelques partisans. C'est à cause de cela que la part prise par l'officier anglais à rétablissement de cette administration, bien que les motifs en eussent été appréciés par les gens éclairés, produisit une grande sensation parmi les Sikhs et accrédita le bruit dans le vulgaire et surtout au milieu des mécontens, que la déposition du radja devait être considérée comme un acte injuste et lyrannique produit par l'intrigue, accompli sous une honteuse influence. Le colonel Ochterlony était à Patiala occupé à faire . exécuter ces mesures lorsqu'il fut attaqué dans son palanquin par un

akali fanalique qui faillit 1'assass.iner à coups de sabre. Le colonel en échappa cependant, sauf quelques légères blessures qu'il reçut en cherchant à saisir l'arme par la garde. L'assassin ayant été arrêté fut condamné à passer le reste de ses jours dans les prisons de Delhi.

Cette digression nous a fait anticiper sur les affaires du Pcnjab. Nous allons reprendre le récit des usurpations de Randjit Singh, des expéditions et des entreprises qui consolidèrent et étendirent sa domination.

La première opération où s'engagea l'armée de Lahor, après le départ de M. Metcalfe en mai 1809, fut dirigée contre Kangra dans les montagnes; cependant avant de «'avancer de ce côté, Randjit Singh ordonna de construire le fort de Philor, sur les bords du Satledj en face. de Loudiana, et celui de Govind Garh, à Amritsar, où son trésor était et est encore déposé en lieu de bonne défense. Les murs furent rebâtis, un fossé profond avec une contrescarpe en maçonnerie furent ajoutés aux ouvrages de ces deux forts. Une fois ces travaux complétés, le chef s'avança dans les montagnes.

Kangra était alors assiégé par Airiar Sîngh Thâpa, le chef de Gourkha, et se défendait contre lui. Mais la garnison étant réduite aux dernières extrémités, le radjagansar Tchand offrit' la place à Randjit Singh sous condition de faire lever le siège et d'expulser les Gourkhas de tout le pays situé à l'ouest et au nord du Satledj. Randjit Singh ayant accepté cette proposition, arriva le a8 mai, avec son arraéeà Pathan Kot, dans le Djalandhar Tarai, possession de Djeïmal deGhani; il s'en empara. De là il envoya quelques troupes pour renforcer les chefs montagnards alliés qui cherchaient alors à couper les convois d'Amar Singh et le forcer ainsi à la retraite. Amar Singh essaya de détourner cette intervention puissante et il fit offrir à Randjit Sîngh une somme équivalente au prix de Kangra. Mais cette position avait aux yeux du Sikh ambitieux une valeur qui rendit inutile l'appât offert à son avarice. Ce fort avait dans rHindoustan la réputation d'être imprenable.

Sansar Tchand, malgré ses engagemens, rie pouvait accorder l'abandon de cette forteresse ayee ses sentimens d'honneur, et il éludait les

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instancesdeRanàjilSiiighquiréclamaitl'adaiissîon d'une garnison sikhe (i). Ed août celui-ci s'avança j usque dans le voisinage et ne recevant encore que des excuses, il ne sut plus attendre. Il fit arrêter le fils du radja qui était auprès de lui, et s'étanl assuré que l'année d'Amar Singh était complètement dépourvue de vivres et de munitions, il donna ordre à un corps d'élite de s'avancer hardiment jusqu'aux portes delà forteresse et d'en réclamer l'entrée. 11 y eut

(j) Sansar Tchand joua un double rôle dans toute cette négociation. Après s'être engagé avec Randjit Singh, il traita avec Amar Sing, promettant de lui rendre la forteresse. Ce fut sous prétexte d'emmener sa famille, faculté qui lui fut accordée, qu'il introduisit son frère dans ht place avec des vivres pour quatre mois. Il espérait ainsi, lai conserver malgré la prétention de ses deux ennemis. Mais Bandjit s'empara d'An roda Tchand, comme otage, et. ayant obtenu de Sansar Tchand un ordre pour ijiie les, poiles de la place lui fussent ouvertes, il gagna Amar Singh, dont l'armée manquait de vivres, pour s'assurer que celui-ci ne s'opposerait pas à son entrée dans la forteresse. (Noie de fauteur.)

Comment concilier celte cote avec ce qui est dit. plus; loin , que les Sikhs perdirent beaucoup de inonde ï

une perte' considérable pendant le trajet en to.es et blessés, mais les portes s'ouvrirent devant lesSikhs lorsqu'ils y touchèrent. C'est ainsi que, cette forteresse tomba au pouvoir de Randjit Sîngh le 24 août 1809. Amar Singh, trompé, dans ses desseins et désirant éviter un conflit avec les Sikhs, se rendit à une entrevue amicale avec Randjit Singh, et s'étaut assuré, grâce à lui, des moyens de transport il se retira au- delàdn Satledj.

Le 3i septembre , Randjit Singh ayant terminé ses arraugemens avec les chefs des montagnes et pris les précautions nécessaires pour s'assurer la possession de Kangra, retourna dans le Djalandhar Douab et s'empara du djagir de la première femme de Bhagaïl Singh qui venait de mourir : d'un autre côté son ministre occupa les possessions de Bhoup Singh de Feiwmllapour après s'être emparé traîtreusement de sa personne dans une entrevue.

Ce fut alors qu'influencé apparemment par ce qu'il avait remarqué de la puissance et de la discipline des Cipayes anglais qui avaient accompagné M. Metcalfe, Randjit Singh songea

à former des bataillons réguliers sur le modèle anglais, prenant à sa solde, dans ce dessein y des Fourbie , c'est-à-dire des naturels des provinces gangéliques et des Sikhs venus de la rire orientale du Satledj. Il forma alors des corps de trois ou quatre cents hommes, et séduisit quelques déserteurs anglais qu'il employa à les dresser, et qu'il mit à leur tête avec une paye tris élevée. Son artillerie forma aussi un corps séparé sous les ordres d'un darogha , ou surintendant. La cavalerie , dont il se réserva le commandement, fut divisée en deux classes, l'une appelée Ghor Char Sawars et l'autre Ghor Char Klias. La première classe est payée en argent et la seconde en djagirs j toutes deux sont montées sur des chevaux qui appartiennent à l'État.

Djodh Singh de Vizirabad mourut vers la fin de 1 8og , aussi dès les premiers jours de la nouvelle année , Randjit Singh arriva pour appuyer par la force les droits qu'il prétendait avoir Sur ses possessions territoriales. Une forte somme d'argent fut offerte par Gandha Singh , ' fib) du chef décédé, pour prix de sa Confirma-

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tion dans l'héritage paternel. Cette tentation offerte a l'avarice du souverain de Lahor lai fit ajourner pour quelque temps ses desseins sur lé pays , et il conféra à Gandba Singh le chàle et le turban , signes de l'investiture. Une dispute entre le chef de Goudjrat etson fils vint bientôt lui offrir une occasion opportune, il les expulsa tous les deux et confisqua leur territoire (i). Il s'avança ensuite à Test du Djîlam jusqu'à Sahiwal, exigeant des tributs et des contributions des Beloutchis et antres chefs musulmans du pays.

Le 3 février, au milieu de ces opérations, on vint annoncer à Randjit Singh que Shah Shondja , forcé de fuir devant la puissance de

{ i ) KhoushwaklRaï dit que pendant queGoulab Singh passait au camp de Randjit Singh , Salieb Singj «le son cote, s'enfuyait à^Bhuisbar, et qu'ainsi tout le territoire , le trésor tombèrent sat» coup férir an pouvoir de Randjit Singh. Un djagir du revenu de 12,000 roupies tut donné à Goulab Singh. Les dépouilles de cette famille rapportèrent, dit-on, cinq ou six lakbs de roupies et soixante-dix villages, En 1810J, Saheb S'ng obtint pour lui-même un djagir du revenu de »5,ooo roupies. (Noie de l'auteur.)

son frère Shah Mahmoud, qu'appuyaient les talens et le courage du vizir Faleh Khan , venait lui demander un asile. Le shah dépossédé rencontra le camp de Randjit SinghàKhoushab le lendemain, 3 février 1S10, et y fut reçu avec les plus grandes apparences de res^ pect. Randjit vint en personne au-devant de lui et lui envoya dans sa tente un zîafal de i,a5o roupies , pour parer aux besoins les plus pressant. Cependant le shah retourna à Rawal Pindi le 12- février , pour y rejoindre son frère Zaman Shah, laissant Randjit Singh poursuivre ses desseins contre les chefs musulmans établis à Test de l'Indus. Aidé des secours d'hommes et d'argent que lui offrit le gouvernement du Cachemir, et Ata Mohammed Khan, fils du vieux vizir Shir Mohammed , Shah Shoudja attaqua Peshawer où il entra le 20 mars. Mais en septembre suivant, il en fut chassé par Mohammed Azim , frère de Faleh.

Khan , et forcé de repasser l'Indus , d'où il demanda, sans pouvoir l'obtenir, la permission de se rendre à Moultan. (1) Des événemens im- ( 1 ) Suivant Khouihwakt Raï S lia Shoudja fui appelé à

portails s'accomplissaient alors dans le Penjab. Le chef de Sahiwal s'était engagé à payer le tribut le a5 janvier, mais ayant manqué à payer toute lasomme(8o,oooroupies)àréchéance,la ville fut investie le 7 février. Le serdar Fateh Khan la rendit , mais sur son hésitation à livrer une dépendance de Sahiwal, nommée Lakhomat , il fut chargé de chaînes et emprisonné à Lahor avec sa famille ; ses biens furent séquestrés. Le i5 février, l'armée de Handjit se présenta devant Oukcli. Les maîtres de cette place,

Moiiltan par Mozaffar Khan, auprès de qui la Va fa Begam, avec la famille et les joyaux du shah , était déjà venue chercher mi refuge. Mozaffar Khan réclamait l'aide et l'assistance du shah pour être miens en état de repousser les attaques de Handjit Singh . Mais le malheureux prince ne se fut pas plutôt montré sous les murs de la ville qu'il y fut reçu à coup de canon. Aussi Khousb/wakt Rai dit-il que le Kiladar désirait la mort du shah pour s'emparer de ■ «es joyaux , et qu'il était résolu aie livrei.au prince Kami an s'il s'était rerais entre ses mains. Shah Shoudja se retira hors la portée du canon et resta dans le voisinage jusqu'à ce que Mozaffar Khan, se repentant desa conduite, lui assigna quatre parganas et un djagir de 10,000 roupies pour ses dépenses personnelles. (Noie de fauteur.)

seïds de Gilan et de Bokhara, vinrent au devant du chef sikh et lui offrirent des chevaux.- Cette conduite et la réputation de sainteté dont jouit leur famille aussi bien chez les Hindous que chez tes Mahométans, prévint le chef en leur faveur, et leurs possessions leur furent laissées sous condition de payer le tribut. Le 20 février, telle était la rapidité avec laquelle Randjit Singh poursuivait l'exécution deses desseins, toute l'armée sikhe fut devant Moultan , ravageant le pays environnant sur le refus qu'avait fait Mozaffar Khan de payer la somme de troislakhs de roupies qu'on lui avait demandée.

Randjil Singh réclamait alors la citadelle de Moultan, disant qu'il voulait l'occuper pour Shah Shoudja à qui Mozaffar Khan avait promis de la rendre. Ce prétexte spécieux ne fit pas changer Mozaffar Khan dans la résolution de défendre la place à toute extrémité. Ràndjit Singh fit ses reconnaissances , désigna la place des diverses batteries , traça les lignes- d'approche qu'il confia à ses officiers, promettant de riches djagirs à ceux qui avanceraient le plus et feraient le plus de tort à l'ennemi. Des

mesures furent prises pour assurer par terre et par eau les convois qu'on tirait de Lahor et d'Àmritsar; tout enfin annonçait la détermination de Randjit de se rendre -maître de cette place importante. La garnison , de son côté , était pleine d'ardeur et fit les meilleures dispositions pour sa défense. Un grand convoi de grains fut introduit dans la forteresse qui était d'ailleurs abondamment pourvue d'eau . Le peu de résultats qu'obtint l'artillerie sikhe contre les murailles vint encore encourager leurs défenseurs. Le grand canon Bhangi qui envoyait des boulets de deux kakchas et demi , avait été embarqué pour ce siège , mais l'armée sikhe était si dépourvue des matériaux nécessaires pour exécuter de telles opérations militaires , ses officiers étaient si ignorans et si inexpérimentés , que Randjit Singh, après avoir perdu beaucoup d'hommes, 'parmi lesquels il faut compter Atar Singh, son favori et son confident enseveli dans une mine , accepta les conditions que lui offrait Mozaflar Khan, et se retira après avoir reçu un paiement d'un lakh, plus 80,000 roupies. Le 25 avril , il retourna à Lalior mor-

tifié de son mauvais succès et en reportant le blâme sur ses officiers et ses djagirdars. Il s'employa alors à accroître le nombre de ses troupes régulières et forma un nouveau corps sikh , appelé orderly lhas , ou .troupes régulières d'élite auxquelles il accorda une paie supérieure et l'avantage de porter ses dastaks, ou ordres, aux chefs et districts où il les logea avec une haute paie. Un corps d'artillerie à cheval fut aussi formé , des améliorations furent laites dans chaque branche du service dont Randjit Singh , en personne , se réserva définitivement la surveillance.

Gandha Singh qui , en janvier précédant , s'était assuré, par le sacrifice des trésors de son père , sa confirmation momentanée dans la possession de ses états, ne jouit pas long-temps d'un avantage, qu'il avait acheté si cher. Eu juin, 1810, un fort détachement fut envoyé à Vizirabad, et toutes les possessions de Djid Singh furent mises sous le séquestre. A peine si quelques villages furent laissés à la jeune victime de cette politique insidieuse. La veuve survivante de Bhagaïl Singh , Ram Kounwar

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Rani, fut aussi chassé de Bahandarpour qui lui avait été laissé comme un djagir qui devait la mettre à l'abri de la pauvreté. Elle se réfugia à Loudiaua et obtint quelques villages qui avaient appartenu à son époux, sur la rive protégée du Satledj.

Après le Dasrah , au mois d'octobre suivant, llandjit Singh vint en personne àRamnagar, sur le Tchénab , et somma Nidan Singh de Hattou de comparaître en sa présence. Le chef refusa de s'y rendre excepté sous la garantie d'un sodi, ou prêtre sikh ; sa forteresse de Dashat fut investie le 17 octobre. Les batteries de Randjit Singh ouvrirent leur feu contre la place sans avancer beaucoupà y faire unebrèche. Ge fut en vain aussi qu'on essaya d'effrayer les assiégés par les mauvais traitemens et les cruautés exercés sur leurs parens et leurs familles. Le prêtre sikh Beïdi Djameïat Singh fut alors employé comme médiateur auprès du chef courageux; il promit et garantit un djagir au serdar qui se rendit alors à RandjitSingh.Mafe celui-ci, sans égard pour les engagemens les plus solennels, le fit jeter dans les fers Je 3o octobre.

Au commencement de novembre Bagh Siogh Alouwala et son fils Soubha Singh, qui étaient - alors au camp de Randjit Singh avec leurs troupes, encoururent son déplaisir , ils furent chargés de fers , leurs propriétés furent confisquées. Randjit Singh retourna ensuite dans sa capitale et détacha son ministre MokhamTchand pour exiger les tributs et terminer les différends avec les chefs montagnards de Bbimbhar, de Rajaori et la tribu Tchîb Bhaô qui refusaient le paiement.

En décembre i8jo, Saheb Sisgh, qui avait été chassé de Goudjrat, fut invité à y retourner et investi d'un djagir considérable, Bagh Singh Alouwala délivré de prison fut honoré d'une pareille faveur. Dans le même mois Nidan Singh fut aussi relâché à la demande des prêtres Beïdis, qui regardaient leur honneur comme intéressé dans cette affaire, puisque l'un d'eux y avait engagé la garantie de sa parole, fis pro-. poncèrent donc lp Dharna contre Randjit Singh jusqu'à ce qu'il eut relâché son prisonnier, mais celui-ci ne voulut accepter ni djagir, ni solde -, il abandonna le pays soumis au sonve-

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rain de Labor et prit du service sous le gouverneur du Cachemîr.

En janvier 1811, Fateh Khan deSahivalfut aussi relâché avec toute sa famille à la prière d'un prêtre ondasij il seretiraàBahawalpour.

Un djagir de peu d'importance fut conféré à Dharam Singh, le propriétaire dépossédé de Dharam Kot , dans le Djalandhar. Kandjit Singh se rendit ensuite à Pind Dadar Khan près duquel il prit trois forts appartenant à des chefs musulmans ; mais le 24 février on lui apporta la nouvelle dans son camp que Shah Mahmoud avait passé l'Indus avec 1 2,000 Afghans et que toute la population effrayée, s'enfuyait à son approche. Randjit Singh prit aussitôt position à Rawal Pindi et envoya son secrétaire Hakim Aziz-oud-din pour demander au shah les motifs de cette invasion. Cet agent fut croisé dans sa route parles émissaires du shah qui venaient expliquer que le châtiment d'Ala Mohammed et des gouverneurs d'Altak et de Cachemir qui avaient aidé Shah Shoudja dans sa dernière tentative surPeshaverjKtaitle seul objet de l'expédition de leur maître. RandjitSingh

rassuré vint au-devant du shah, et, après une entrevue amicale, tous deux retournèrent dans leurs capitales respectives. RandjitSingh trouva à Lahor un carrosse que lord Minto, gouverneur-général, lui avait expédié en présent de Calcutta. C'était la première voiture à ressort dans laquelle il se fût assis; la nouveauté et la commodité de ce nouveau moyen de transport lui plurent extrêmement et il envoya un agent à Calcutta pour offrir ses remercimens au gouverneur-général. Cependant il ne put adopter définitivement ce mode de transport qui lui aurait imposé tout d'abord la nécessité de faire pratiquer des routes.

En avril et mai, RandjitSingh partagea son armée en trois divisions , l'une fut envoyée du côté de Kangfa pour y recueillir les tributs, une autre dut agir contre Bhimbharet Radjaori , et la troisième, sous les ordres de son fils KharakSingh accompagné de MokhamTcband, dut s'emparer des possessions des chefs nakis ; RandjH resta ,dans sa capitale pour diriger l'ensemble dé^opéra lions. Celle période de sa vie fut marquée par la faveur soudaine à la-

quelle s'éleva un jeune gorir brahmane, nommé Khousbhal Singh , sur qui les grâces les plus extravagantes ont été accumulées jusqu'à ce jour'; il fut alors promu à l'important et lucratif emploi de ctiohri wala , ou chambellan, avec le rang de radja et l'investiture de riches djagirs. Les mœurs deHandjil Siugh ont toujours été très dissolues ; mais alors, ses débauches, particulièrement pendant le Houli et le Dasrah, passèrent'toutes les bornes; les scènes qu'il donna en public devant sa cour et même dans les rues de Lahor, furent le sujet de toutes les conversations dans PHindoustan et rivalisent avec tout ce que l'histoire nous raconte des turpitudes de l'ancienne Rome. Il se montra ivre dans les rues, monté sur un éléphant avec ses courtisanes. L'une d'elles, nommée Mora , s'acquit une triste renommée par son impudeur et la faveur avec laquelle elle fut traitée. La monnaie fut pendant un temps frappée en son nom et son influence paraissait sans limites, lorsqu'ed août de celte année elle fut écartée et emprisonnée à Pathan Kot. Toute la faveur dont elle jouissait parut transportée

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sur le jeune Brahmane et ses frères. Si cette conduite du souverain de Lahor fait soupçonner les motifs de son attachement extraordinaire pour le gracieux Khoushhal Singh, on devra faire quelques concessions aux habitudes dans lesquelles Randjit Singh fut élevé, 'aux exemples dont il fut entouré. Il n'est malheureusement que trop vrai que les Sikhs sont adonnés à la pédérastie et à d'autres vices aussi contraires à la nature. Ce qu'on nous raconte de l'indulgence des Grecs et des Romains pour ces honteuses passions, est vrai aussi des chefs sikhs résidant sur la rire occidentale du Satledj. La vérité historique nous force de révéler ces faits et ces traits de caractère , quelque révoltant qu'il soit d'en parler. Cependant, la réputation de Randjit Singh, quoique justement ternie par toutes ces impuretés, ne parait pas en souffrir aux yeux de la nation qu'il gouverne, quel que soit l'effet qu'elles produisent sur les étrangers. >

Des douze misais primitifs, ou confédérations sikhes, il ne restait plus maintenant que celui de Randjit Singh , le misai de Soukar

TcbaU et ceux de Gbani , Rhamgarh el Alouwala, tous associés au souverain de Lahor ; el, ou peut le dire, servant sous son drapeau. Les misais de Phoulki et de Nihang , situés sur la rive orientale du Satledj, jouissaient du bénéfice de la protection anglaise , et celui deFeïzoullapouria , qui s'étendait sur les deux rives du fleuve et obéissait au serdar Boudh Singh, avait toujours jusqu'ici refusé de s'ailler à Kandjit Singh ; il devait compléter la liste de ceux que ce prince devait réduire plus tard.

La conduite de Boudh Singh lui donna enfin un prétexte de satisfaire sa vengeance. Le 19 septembre 181 i T le ministre Mokham Tchand, accompagné de Djodh Singh de Ramgarh et de quelques autres serdar», entra dans le Douab de Djalandhar avec l'intention déclarée de s'emparer de la partie du Feïzoulla pou ria- misai située dans le Penjab. Boudh Singh n'essaya point de se défendre , mais s'enfuit aussitôt à Loudiana pour y chercher un asile. Ses troupes firent une résistance de quelques jours avant de livrer les forts principaux de Djalandhar et de Patti. Us les rendirent le 6, et le 7 octobre,

avant qu'on eût pu faire brèche aux murailles et après avoir inutilement sacrifié quelques hommes. Boudh Singh se contenta de sa position de serdar sous la protection anglaise, vivant des revenus que lut rapportaient ses possessions situées à Test et au sud du Satledj. En décembre de la même année, Nidhan Singh, n'Is du vieux chef Djeï Singh de Ghani, fut dépossédé du djagir séparé qui lui avait été assigné ; on voulait donnée ce serdari à la veuve de son frère , Sada Kou n war . IL fut incarcéré à Lahor , tandis qu'un détachement s'emparait de ses deux forteresses de Hadjipour et Phoulwara. Les liens du sang n'étaient pas aux yeux de Randjit Singh un obstacle assez puissant pour l'empêcher de poursuivre l'exécution du système politique qui a servi de base à sa con~duite, du système qu'il s'est fait de réduire au même rôle d'obéissance et de soumission tous ceux qui pouvaient assurer leur indépendance, ou , se glorifiant d'une origine illustre , jouissaient de propriétés qu'ils devaient à leur épée ou à celle de leurs ancêtres.. Randjit Singh qui ne s'imposait jamais la moindre contrainte

dans ses conversations, et laissait une grande liberté de paroles à ses courtisans, reçut à cette époque une leçon au sujet des traitement qu'il faisait subir aux anciens serdars sikhs; elle vint de Djodh Singh de Ramgarh , réduit luimême à la condition de sujet. Il prenait congé de Randjit Singh avant d'aller aider Mokbam Tchand , dans ses opérations contre le serdar deFeïzoulIapour. Randjit Singh lui offrit quelques présens comme marque de faveur. Le chef s'en défendit, disant avec la franchise qui le caractérisait, qu'il devait se trouver trop heureux de conserver par un temps pareil son turban sur sa tête. Randjit ne s'offensa point de cette liberté, il sourit et conseilla à son interlocuteur d'être tranquille et d'avoir bon courage.

* L'année 181 1 se termina par une visité que fil à Lahor ShahZaman,frèredumalheureux et' exilé Shah Shoudjai, pour comble d'infortune, il venait encore d'être privé de la vue. Il arriva dans le cours de novembre avec sa famille et ses serviteurs, mais n'ayant trouvé que de l'indifférence che? le prince sikh, il retourna bientôt

- iBt-

après à Rawal Pindi , où il avait déjà demeuré pendant quelques mois. Shah Shoudja, après n'avoir pu obtenir en septembre l'entrée de Motiltan, s'était engagé dans une entreprise désespérée pour relever sa fortuné au-delà de l'Induit. Il fut défait , et perdit son principal officier Akram Khan. Il dut lui-même chercher son salut dans la fuite. Ses frères avaient dès les premiers mois de cette année envoyé à Lotidiana un fils de Zaman Shah pour savoir si Ton ne pourrait pas obtenir du gouvernement britannique quelques secours en hommes et en argent. Le jeune prince, reçu avec beaucoup d'égards et de civilité, fut cependant -informé qu'aucun immbredek famille royale deCaboul ne devait compter sur l'assistance des Anglais.

Mariage <!f Kh.nt Singh, hc>iiier presompliNe Rinci;i! Slrigb. — Lu coTonal OfklarTonjr y atsiite. — Sbili Shouttja tit farci do livrer le Kuh-i-nour. — Mauvaia irailtineDs rtsuyés par ce princ». — Sa-Tuileà Louiliana. — Conqucic ilu Cacherai r par le vîiir Fait li Khan. — Acquiiiliun J'AI tait par Maniait Singb.

Le commencement de Farinée 1812 fut employé par la cour de Lahor en préparatifs <Iestinés à célébrer avec la magnificence convenable le mariage deKounwar Kharàk Singh. Il épousait la fille de Djelmal de Ghani, le chef à qui Randjtt Singh avait enlevé Patban Kôt dans le Djalandhar Tarai. Une invitation fut adressée à Loudiana au colonel Ochterlony pour le prier d'honorer la cérémonie de sa présence ; et unambassadeur lui ayant été envoyé pour le conduire à Lahor , il passa le Satledj le a3 janvier suivi d'une escorte peu nombreuse à laquelle il joignît, pour complaire à Randjit Singh, une pièce d'artillerie légère. En effet ce prince désirait vivement savoir comment cette partie de

l'nrlillerie était servie dans l'armée anglaise. Le colonel se fit accompagner des radjas de Naba, Djhind et Keïthal, età son arrivée près d'Amritsar, le a8, il reçut le Isïaqbal, ou rencontre d'honneur, de la part du chef sikh, qui avait dans cette occasion solennelle mandé tous ses serdars à sa cour. Toute la nation paraissait se réunir pour célébrer magnifiquement ce mariage.

- La cérémonie s'accomplit à la résidence du serdar Djeïmal Singh, à Fatehga'rh; et après saconclusion,le6février , toute l'assemblée retourna à Amritsar. SadaKounwar seule n'était pas présente, une indisposition fut prétextée pour excuser son absence ; mais le mécontentement qu'elle éprouva en se voyant trompée dansl'espoir qu'elle avait de voir Randjil Sîngh, son gendre , reconnaître publiquement pendant les cérémonies lesenfans jumeaux de sa fille, fut généralement regardé comme la cause réelle de son absence.

Randjit Singh reçut le 'colonel Ochterlony avec une distinction particulière, il chargea ses principaux officiers de lui montrer tout ce qui

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méritait d'être tu à Lahor , il le pressa de prolonger son séjour pour assister aux fêtes du Houli qui allaient être célébrées en mars. Le colonel déclina cet honneur pour lui-même , mais les chefs sikhs qui étaient venus avec lui acceptèrent avec joie une invitation semblable : et le bheï de Keïthal obtînt du souverain de Lahor pendant les orgies qui accompagnèrent les fêtes la concession de Goudjarawal sur la rive protégée du Satledj. La confiance entière témoignée dans celte circonstance par Randjit Singh au colonel Ochterlony contrasta avec ta soupçonneuse défiance qui avait présidé à la réception rîeM. Melcalfe. Randjit Singh montra ses troupes au colonel et particulièrement les nouveaux bataillons qu'il formait; il alla même jusqu'à lui faire voiries fortifications de Lahor, les nouveaux ouvrages qu'il élevait pour les améliorer et joindre la Djama Masdjid à son palais. Son prudent ministre MoVham Tchand etleserdarGandha Singh blâmèrent, dit-on, de telles communications faites à l'agent officiel d'une nation qui pourrait peut-être un jour en profiter contre lui. Mais Randjit observa avec

Omc et TMUR. > i

- les -

finesse que si telle, était leur pensée ils auraient dû le détourner d'envoyer une invitation au colonel, car il était trop tard alors pour lui montrer de la défiance.

Apres les cérémonies et les fêtes , les armées de Lahor reprirent' leurs opérations actives. Kounwar JCharak Sîngh fut envoyé avec des forces imposantes contre Bhimbhar et Radjaori, où Sultan Khan, le chef musulman du premier de, ces districts passait pour un ennemi formidable. Il avait récemment défait et tué son parent Jsmaïl Khan qui par suite d'événemens antérieurs avait été mis en possession d'une grande partie du territoire. Dal Singh fut en même temps envoyé avec un autre corps d'armée pour butiner et faire payer le tribut à Mozaffar Khan de Moultan ; nue troisième armée, sous les ordres de Desa Singh, fut envoyée à Kangra. Randjit Singh est personne se dirigea par le Djalandhar du côté du Tarai où il convoqua les divers chefs montagnards et fit avec eux de nouveaux arrangemens relatifs à. un accroissement de tribut. La reprise de Shoudjanponrfutla seule usurpation qu'As*

permit dans le cours de cette campagne. A son retour à Lahor,le 23 mai, RandjitSingh y reçut la nouvelle des succès obtenus par Kharak Singh contre Bhimbhar, Djammou et Àkhnour.

Le fils de Kounwar fut honoré de la concession de ces places qui lui formèrent un djagir confié à l'administration de BheïRam Singh.

Dal Singh était parvenu de son coté à extorquer une somme considérable à Mozaffar Khan de Moultan.

En août de la même année, Djeïmal Singh, beau-përe de Kharak Singh , mournt tout à coup j le bruît courut qu'il avait été empoisonné par sa femme. Randjit Singh se porta comme héritier de tous les trésors accumulés par ce chef durant une longue vie de parcimonie et d'usure. Une partie de ses richesses était lors de sa mort prêtée à intérêt aux rnâhadjans d'Amritsar. Ils furent tous sommés de rendre leurs comptes au trésor de Lahor. Dans le mois suivant les familles des deux ex-shahs de Caboul, Shah Zaman etShah Shoudja vinrent chercher un asite à Lahor. Le dernier de ces princes avait encore vu de nouveaux malheurs

s'ajouter à toutes ses infortues ; après avoir, échappé au mauvais succès de l'entreprise qu'il avait formée en septembre précédent, il tomba entre les mains de Djahan Dad Khan , gouverneur d'Atlak , qui l'envoya à son frère Ata Mohammed de Cachemir ; celui-ci le fit charger de chaînes. Shah Zaman désespéré amena la famille de son frère et la sienne dans la capitale des Sikhs. Randjit Singh en effet affectait de montrer un vif'iulérêt pour les infortunes et le destin de Shah Shoudja , il paraissait même disposé à attaquer le Cachemir pour lui rendre la liberté et lui assurer ta souveraineté de celte province. Il préparait alors son expédition contre Bhimbhar dans les montagnes de Pir-Pandjal.

11 sut amener par ces démonstrations l'épouse de Shah Shoudja à croire et à faire espérer à son époux qu'il trouverait un allié dans le souverain de Lahor. Le shah s'échappa de prison pendant l'attaque du vizir Fateh Khan contre le Cachemir , et se laissa conduire à Lahor par toutes les espérances qu'on lui avait données. Il sortit sans accident du Cachemir par les montagnes de Pir-Pandjal; là il rencontra l'ar-

- tôt —

méede Mokhum Tchand el se rendit avec lui à Lahor où il éprouva encore de nouvelles persécutions. Elles lui furent suscitées par le violent désir de Randjit Singh de s'approprier le Koh-î-nour et d'autres joyaux de prix qu'on assurait être encore en la possession de Shah Shoudja. Le récit des moyens par lesquels on parvint à les lui extorquer se rapporte à des temps postérieurs.

Après le Dasrah et la saison des pluies l'armée sikhe fut réunie et conduite par Randjit Singh en personne contre les chefs musulmans deBhimbhareldeRadjaori, qui , bien qu'affaiblis par. les expéditions précédemment dirigées contre eux, résistaient encore. Ils convoquèrent toutes leurs forces, s'appuyèrent sur une ligne des chefs et djagirdars de leur foi et sur les secours du gouvernement de Cachemir. Les possessions de ces chefs commandaient les approches des montagnes de Pir-Pandjal et l'on doit penser que dès cette époque Randjit Singh songeait à la conquête du Cachemir à laquelle l'occupation de Bhimbharel de Radjaori devait servir de préliminaire. L'armée sikhe remporta

sur les chef» confédérés une victoire signalée , et Randjit Singh, profitant de ses succès, occupa Bhimbhar et Radjaori dans les premiers jours de novembre ; il reçut la soumission des chefs de ces places le i3 de ce mois. I. es autres confédérés se réfugièrent dans le Cachemir où ils furent reçus par le gouverneur A ta Mohammed. Faleh Khan, vizir de Shah Mahmoud, était alors sur l'Indus où il était venu punir les deux frères qui gouvernaient Attak et le Cachemir de l'assistance prêtée par eus à Shah Shoudja ; il voulait de plus recouvrer ces deux provinces pour le royaume de Caboul. Il avait envoyé devant lui un détachement de 8,ooo Afghans à Rohtas et il avait commencé ses opérations contre Ata Mohammed de Cachemir , au moment ou Randjit Singh soumettait à son autorité les chefs de Bhimbhar et de Radjaori. Les deux armées de Lahor et de Caboul se trou*vaient alors si rapprochées Tune de l'autre que les deux chefs désirèrent avoir une entrevue pour s'expliquer sur leurs vues et leurs intentions mutuelles : Randjit Singh envoya donc des agens chargés de faire ditsouverturea dans ce

sens et invita le vizh*a se rendre à une entrevue sur le Djilam afin d'y concerter une expédition en commun contre le Cachemir. Fateh Khan, non moins désireux de s 1 en tendre avec les Sikhs, accepta la proposition et l'entrevue eut lieu le i" décembre. Il y fut décidé que Randjit Singh tiendrait à la disposition du vizir une armée sous les ordres du ministre Mokham Tchand, et donnerait toutes facilités aux troupes afghanes d'entrer dans le Cachemir par les défilés de Radjaori qu'il venait de soumettre. Un corps auxiliaire d'Afghans pour l'aider à soumettre Moultan et une part dans le butin que devait rapporter la conquête du Cachemir furent, les conditions stipulées en retour. Randjit Singh désirait une portion des revenus de la vallée, mais le politique vizir refusa toute participation permanente aux contributions de la province et préféra accorder un nazaràna de neuf lakhs de roupies à prendre sur les dépouilles promises. A ces conditions il obtint la coopération de 12,000 Sikhs, sous les ordres de Mokham Tchand , les armées alliées commencèrent leur marche tandis que RandjitSingh re-

tournait à Lahor. Les neiges empêchèrent d'abord leurs progrès et les Sikhs, moins aguerris contre les rigueurs de l'hiver des montagnes que les troupes du nord, furent laissés en arrière par le vizir qui, pénétrant dans la vallée en février, chassa Ata Mohammed de ses positions , s'empara de toutes les places fortifiées et enfin soumit tout le pays en peu de temps sans recevoir beaucoup d'assistance de Mokham Tchand et des Sikhs. Randjit Singh fit grand bruit à Lahor de la joie qu'il ressentit en apprenant ces heureuses nouvelles; il parlait de celle coinquête comme d'une gloire qui lui appartenait autant qu'au vizir. Mais une habile intrigue se nouait alors que l'expédition de Cachemir mit bientôt en lumière. Djahan Dad Khan, gouverneur d'Atlak, désespérantaprèsla défaîte de son frère dans le Cachemir, de pouvoir résister tout seul au vizir et sachant -qu'il n'avait pas grande faveur à attendre de lui, avait déjà en-* tamé une négociation avec Randjit Singh, à qui il promit de rendre Attak à condition qu'un dj agir lui serait donné en retour. En conséquence Randjit Singh, lorsqu'il était retourné

à Lahor, avait laissédans le voisinage de l'Indus un fort détachement sous les ordres de Deïa Singh chargé d'occuper cette importante forteresse aussitôt que les circonstances le permettraient. En mars i8i3, Randjit Singh apprit qu'elle était au pouvoir de son lieutenant et gouvernée en son tiom. Il ne perdit pas de temps pour renforcer ses troupes d'un convoi considérable, pourvu de toutes les choses nécessaires pour mettre la place dans un état complet de défense.

Devi Das et Hakim Aziz-oud-din furent envoyés pour statuer sur le sort du pays dépendantd'Attak. Le vizir Faleh Khan prolesta contre cette usurpation , et prétendant qu'elle l'avait libéré des conditions auxquelles il avait obtenu l'assistance des Sikhs , il les renvoya sans leur donner aucune part du butin fait dans l'expédition. Il nomma son frère Azim Khan gouverneur du Cachemir, et se dirigea sur Attak, après avoir demandé à Randjit Singh qu'il eût à lui rendre sa conquête. Mais la négociation traîna en longueur, et il va sans dire que le vjzir fut joué par le Sikh.

Avec le ministre Mokham Tchand arriva à Lahor Shah Shoudja , dont on exigea aussitôt , ainsi que de sa première épouse, le fameux diamant connu sous le nom de Kok-i-nour (i) ; un djagir etune forteresse furent promis eu retour. Le shah prétendit ne pas posséder le précieux joyau , et la Vafa Béguin (2) déclara qu'il avait été donné en gage à un raahadjan qui avait fourni des secours au shah dans sa détresse.

RandjitSingh, refusant d'ajouter foi à ces allégations, plaça des gardes autour de la résidence du shah, et ordonua qu'on ne laissât entrer ni sortir personne sans les plus minutieuses recherches. La famille exilée résista à cette dure réclusion : alors ou la priva de vivres, et pendant deux jours le shah , avec ses femmes, sa famille et ses serviteurs, furent soumis aux plus cruelles privations ; mais sa fermeté ne se démentit pas. Randjit Singh , par égard pour sa propre réputation, voulut employer des moyens plus adroits, et ordonna qu'on fournît des vivres

(1) Montagne de la Lumière.

(a) Bégatn est un titre honorifique qui signifie piin-

eux exilés. Le 1" avril il fit produire à son darbar deux notes attribuées au shah et adressées au vizir Fateh Khan et aux chefs afghans; le malheureux prince y dépeignait ses souffrances et priait ses alliés d'unir leurs efforts pour le délivrer. On dit qu'elles avaient été interceptées ; mais généralement on crut qu'elles avaient été fabriquées. Il devenait alors nécessaire de prendre des précautions contre les intrigues et les machinations du shah : une garde de deux compagnies sikhes des corps nouvellement formés , fut ajoutée à celle qui veillait continuellement dans sa demeure ; on le menaça de le transférer à Govindgarh ; on employa les traitemens les plus indignes pour forcer sa résistance et obtenir le fameux diamant. Après avoir fait d'inutiles remontrances , le shah recourut à la ruse : il demanda deux mois de délai pour retirer le diamant, qu'il affirmait être dans les mains des mahadjans ; et il ne pourrait le faire, disait-il , qu'avec quelques lakhs de roupies. Randjit Singh lui accorda, bien qu'à contre- . cœur, la trêve demandée, et les mauvais traitemensfurentsuspendus pendant quelque temps.

Mais ils se renouvelèrent avant l'expiration du ■ délai ; et Shah Shoudja, intimidé et voyant bien que la rapacité du Sikh n'hésiterait pas même À attenter à sa personne , consentit enfin à ce qu'on exigeait de lui (i). Pn conséquence , le i" juin Randjit Singh, avec une suite peu nombreuse, se rendit auprès du Shah pour recevoir lui-même le précieux joyau. Il fut accueilli par le prince exilé avec beaucoup de di~ gnité, et lorsque tous deux furent assis, un silence solennel s'établit qui dura près d'une heure. Alors Randjit impatient ordonnai» l'un de ses serviteurs de rappeler au shah l'objet de

(i) Ce diamant a été décrit par Tayernier dan» son Voyage à Delhi, C'est le plus gros de tous ceux qui sont connus. Les Hindous supposent qu'il a appartenu aux Paudous, de mythologique mémoire , avant de tomber au pouvoir des souverains mogols. Il a presque un pouce et demi de longueur sur un de large «I tin demi d'épaisseur. Nadir Shah l'enleva à la famille de Delhi, l'abdali Ahmed Shah en devint le maître après l'assassinat et le pillage des tentes de Nadir Shah. (Note de T auteur.)

Ce diamant fut montré à M. A. Bûmes par Randjit Singh.Voy.VoyagisdeM. Humes, traduits par M. Ey« ries, vol. I, pag. 162, Paris, 1 835.

-arasa visite . Le shah ne répondit pas , mais il fit signe des yeux à un eunuque, qui sortit et rapporta bientôt un petit paquet enveloppé qu'il plaça sur le tapis à égale distance des deux princes. Randjit ordonna à Bhouani Das d'ouvrir le paquet , et lorsqu'il eut reconnu le diamant, il se retira aussitôt avec son butin dans la main (i). Le shah put jouir alors d'une liberté plus grande; la garde fut retirée de son palais. Mais peu de jours après on intercepta une lettre d'un de ses officiers, Kazi Shir Mohammed, adressée à Mohammed Azim Khan.

Elle contenait l'offre d'assassiner Randjit Singh et invitait le vizir Fateh Khan à profiler de cette circonstance pour faire une attaque sur Lahor. Le Sikh envoya chercher un des princes de la famille exilée et le chargea de remettre la lettre

(1) Ce passage réfute le roman dont les journaux noua ont entretenu il y a quelque temps. On racontait que le shah n'avait remisa Randjit Singh qu'une boule de cristal, après quoi il ae serait enfui. Randjit l'aurait fait poursuivre, etc.., etc. Le général Allard aurait même joué un rôle dans cette affaire. Or,il n'arriva danslePenjab qu'en 1839. Nouan'avons pu lavoir l'origiaedececonte.

et celui qui l'avait écrite, car on s'en était emparé, entre les mains du shah. L'ex-empereur les renvoya tous deux en priant Randjil Singh de punir le coupable comme il le jugerait convenable. Dans l'espérance qu'on lui arracherait l'aveu de la complicité du shah , on lui fit appliquer des coups de bâton ; mais malgré tous les mauvais traitemens qu'on lof infligea , il persista à affirmer l'innocence de son maître. On le mit alors en prison , d'où Shah Shoudja parvint à le faire sortir moyennant 20,000 roupies.

Après son retonrdu Cachemir le vizir Fateh Khan s'était arrêté devant Atfak et l'avait bloqué, en attendant le résultat des négociations qu'il avait entamées à Lahor pour qu'on le lui rendit. Le ministre Mokham Tchand fut envoyé dans le voisinage pour se tenir prêt à tout événement. Au commencement de juillet on reçut de lui la nouvelle que la garnison était réduite à une telle détresse, qu'à moins de recevoir de prompts secours elle serait forcée de se rendre. Randjil Singh tint conseil, et il fut décidé de secourir la ville, même dans le cas où

cette tentative devrait entraîner des hostilités avec le vizir. Des ordres furent en conséquence expédiés au ministre, qui leva son camp de Bourhan et se mit en marche le ia juillet i8i3 pour les exécuter. Il fit peu de chemin ce jour là, et prit position sur, un ruisseau défendu par ■ un détachement de l'armée du vizir, qui se retira à la nuit. Le lendemain le général sikh suivit le torrent , pour que ses troupes fassent toujours fournies d'eau et prêtes à l'action , ear le temps était très chaud. 11 arriva des le matin surl'lndus, à environ cinqmillesde la ville assiégée. L'armée de Caboul sortit alors de son camp pour l'empVsher d'avancer plus loin ; l'avantgarde se composait d'un corps de Musulmans Moulki soutenus par la cavalerie aux ordres de Dost Mohammed Khan. Les Sikhs firent leurs dispositions pour le combat; la cavaleriefut partagée en quatre divisions; le seul bataillon d'itifimterie quil'accompaguaitse forma encarré.Les Moulkis chargèrent le bataillonavec résolution ; mais ils furent reçus avec un feu si bien nourri qu'Us tournèrent le dos après avoir perdu heaucoup de monde. Mokham Tchand voulut en-

voyer au secours de sou bataillon des troupes fraîches et quelques pièces d'artillerie commandées par Ghousi Khan ; mais on n'obéit pas à ses ordres. Dost Mohammed fit alors une attaque à la tête de sa cavalerie, et les Sikhs commençaient, à plier devant lui, lorsque le dewan en personne fit avancer deux pièces de canon dont la mitraille arrêta les Afghans. On était alors au milieu du jour, le soleil était accablant et un vent chaud soufflait au visage des Afghans : le vizir ne crut pas devoir ordonner à sa réserve de prendre part à Faction , et la bataille cessa ; car les troupes qui y avaient pris part étaient épuisées de fatigue. L» vizir passa l'Inclus et se relira sur Peshaver, laissant au général sikh la liberté de ravitailler la forteresse. Après s'être acquitté de ce soin, Mokham Tchand retourna à Lahor en août pour y recevoir la récompense de ses services et porter plainte contre les officiers dont la désobéissance avait failli compromettre le gain de la bataille. Ils furentpunis comme coupables d'intelligente avec.Vennemi : on découvrit que telle avait été, en effet, la cause de leur inaction.

Rien d'important ne se passa pendant la sai* son des pluies, en i8i3; mais avant qu'elle ne

. fut écoulée r Randjit Singh commença les préparatifs d'une' expédition dans le Cachemir . En octobre il visita Djawala Moukhi, et de là se dirigea par Sial K ol et Vizirabad , sur le Djilam , où il convoqua tous les djagirdars et les chefs tributaires des montagnes , avec leurs contingent. Chacun de leurs corps fut examiné avec une attention minutieuse , et des amendes leur Tarent" imposées quand le nombre de leurshommes ne se trouva pas au complet ou quand leur équipement ne fut pas satisfaisant. Ces grands préparatifs avaient pour but de mettre en campagne une artillerie imposante et d'améliorer le système de celle qui est montée: sur des chameaux. Après avoir ainsi fait l'inspection dé toute son armée , Randjit Singh passa le Djilam le 1 1 novembre et entra à Rohtàs. En apprenant tous ces préparatifs , le vizir Fateh Khan s'était transporté de Pheshavër à Deradjat, sur la rive occidentale del'Indus. Cette cir-

î constance, ajoutée à la nouvelle que la neige rendait encore le passage impraticable dans les

Onill. ET FROGR. 12

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montagnes de Pir Pandjal , engagea Raridjit . Sîngh à suspendre son expédition jusqu'au printemps suivant. Il envoya donc un détachement s'emparer du passage des montagnes au-delà de Radjaori , choisir des places de dépôts pojir les Vivres et les munitions, et retourna par Rohlas à Lahor, où il arriva le 26 décembre.

La confiscation du territoire montagneux de Haripour et son adjonction au kkalsa(t)àe Lâhor, fut le premier acte qui signala le retour - du prince sikh dans sa capitale. Le radja Bhôup Siagh, dont l'arrestation et l'emprisonnement précédèrent cette confiscation, reçut, quand elle fut accomplie, un djagirdar de peu de -râleur en compensation. Le second acte d'autorité de Randjit Singh fut encore plus inique. Ayant appris que Shah Shoudja possédait encore quelque joyaux de prix, il les lui fit réclamer. Sur la déclaration du shah', qu'il n'en avait plus aucun en sa puissance, le Sikh voulut en juger par lui-même. Il envoya Bheïa

(1) Le k. balsa est le revenu des provinces administrée* directement par U gouvernement de Labor-

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Kaiii Sîngh , accompagné de quelque femmes } avec ordre de fouiller tous les appartemens et de lui apporter les coffres et les'paquets qui appartenaient au shah. On les'fit alors ouvrir paf le chef des eunuques du shah ', et Randjit Singh retint pour lui-même les objets les- plus précieux, .les armes, les pistolets, les bijoux dé femmes , cl les tapis de quoi charger deux voitures. Il enjoignit ensuite au shah de quitter ses jardins' et son palais de Shahlemar pouf habiter nue maison ordinaire dans la ville où il fut soumis à une surveillance sévère. Après avoir ainsi souffert toute espèce d'indignités et de mauvais ' traitemens , celui-ci résolut dé s'enfuir arec sa famille. Vers la fin de novembre, on vint apprendre à Randjit Singh que les femmes du shah s'étaient 'échappées dé la maison où celui-ci était gardé. On employa les menaces et. les promesses -pour 'l'engager à déclarer le lieu de leur retraite , mais ce fut en vain ," il persista à dire qu'il ignorait le-but et le motif de leur .faite. La villa fol fouillée, on défendit aux femmes de Sortir voilées de chez elle*, les marchands dépositaires de quelques

tommes appartenant au shah ou aux membres de sa famille reçurent ordre de 1rs verser au trésor de Lahor. Ces précautions furent prises trop tard, on apprit que les princesses avaient quitté la maison "du shah sous le costume de femmes hindoues, et s'étaient rendues chez Balak Ram , agent ou correspondant de Sougan Tchand, riche banquier de Delhi et trésorier du gouvernement anglais dans cette résidence. Balak Ram leur avait fourni les. moyens de sortir de la ville et de parvenir à Loudiana où elles étaient arrivées en sûreté. Là, elles s'étaient fait connaître au capitaine Birch, assistant, chargé provisoirement des affaires de cette résidence , qui les avait reçues avec une bienveillante hospitalité. Balak Ram fut arrêté par ordre de Rarïdjit Singh pour la part qu'il avait prise à cette évasion , il fut obligé de montrer ses livres- et de livrer tout ce qui lui avait été confié par le shah ou sa famille. Il n'eut d'ail- " leurs à subir aucun autre mauvais,, traitement. En avril i8i5, Shah^Shoudja parvint luimême à s'échapper sous un déguisement , malgré l'étroite surveillance dont jl était l'objet.

Ses gardes furent disgraciés , une récompense fut offerte à qui ramènerait le prisonnier , mais le shah parvint à gagner -les montagnes où il fat reçu avec hospitalité par le faible radja de Kishtiwar. Là, il réunit un corps de 3,ooo ' hommes et pendant Durer fit nue tentative sur leCachemir ; mais le froid l'empêcha de traverser lesmontagnesdePïrPandjalet dispersa sa petite troupe. Sa situation était alors désespérée , cependant après bien des détours et un long voyage dans les montagnes de Koulou, où il eut à supporter de cruelles privations , il parvint enfin, avec un petit nombre de serviteurs , à rejoindre sa famille à Loudiana , en septembre 1816. H s'y plaça sous la protection du gouvernement anglais. Une pension annuelle de 5o ,000 roupies fut assignée au shah dans son exil, pendant tout le temps qu'il resterait sur le territoire anglais. A l'exception d'une entreprise malheureuse qu'il tenta encore en 1818, après le meurtre du vizir Fateh Khan , 'pour recou- - vrer son ancienne puissance, il a toujours depuis joui paisiblement de son asileàLoudiana. Il y a été rejoint par son frère aveugle, Shah

Zaman , dont la pauvreté assura la liberté auprès de Randjit Singh. Une pension particulière de 34,000 roupies par an fut assignée à ce prince (i). •

Nous avons anticipé sur l'ordre chronologique des événemens pour réunir tout ce qui a trait aux infortunes de ces malheureux princes. La première expédition de Randjit Singh contre le Cachemir nous force de rétrograder jusqu'à l'année i8i4- Les événemens qui l'ont précédée ou accompagnée forment le sujet du chapitre suivant.

(i) Voir. pour l'histoire de cette malheureuse famille le VoyagèdeM. Alexandre Bûmes àCaboul et Boukhara, traduit par M. Eyriès. Paris, i835, vol.- II, chap. V, et yoI . III , le chapitre relatif à l'histoire et au commercé du Caboul. — Victor Jacquemoot visita lesdeuxfrèresàl^diana. Voir ce qu'il en dit pages 35a et suivantes du premier volume de sa Correspondance. Paris , 1 833.

Premier, np't.lilion Je BwidjU Singb ronlre le Citliemir. — IM-

t fji«. — IWtlîii île la uinté de R.oHjit Singh. — Pria <lc Mnulttn.

— Randjil Singh fait récrira ■ l'armé* un butin. — Motl de

Failli Khan, viiir <Ie Calmai. — Riiniljil Singh l'iMnce jusqu'il

llandjil Singh , après avoir célébré le Houli et fait ses ablutions 4 Amritsar, dirigea son armée en avri) j 8i4 sur le pays des montagnes du jeâté de Kangra. Il venait lever les tributs et réunir les radjas avec leurs contingens. S'étant ainsi renforcé par l'adjonction d'un corps cousidérablede montagnards, il arriva à Bhimbhar le 4 juin, et sWançant encore plus loin, rencontra Agar Khan, chef de Radjaori , sur le territoire duquel passe la route de Cachemir. Le 11 juin, l'armée arriva à Radjaori, et, se débarrassant de ses gros bagages, ne prit avec, elle qne les équipages indispensables dans une guerre de montagnes; elle allait traverser les fameux défilés de PirPandjal. On fit quelques efforts pour gagner à la cause des Sikhs le rndja

J,i,i::l,vG00g[c

de Pountch, Ilouh-Ollah Khan, mais il allégua ses engagemens et la présence de son fils auprès du gouverneur de Cachemir , Azim Khan , qui le retenait comme otage. Cependant, après un conseil tenu avec ses principaux officiers , RandiitSingh décida qu'un corps d'armée, commandé par lui-même, suivrait la route de Pountch , et essaierait de pénétrer parles gorges de Tosha Meïdan, tandis qu'une diversion serait faite par Bahraingalla, du côté.Soupeïn dans la vallée.

La cavalerie mit pied à terre, et chaque homme étant fourni de provisions pour trois jours, un détachement fut envoyé en avant le i 5 juin, sous les ordres de Ram Deïal, petitfils de Mokhum Tchand; il était accompagné de Dal Singh et d'autres djagirdars. Ils arrivèrent devant Bahramgalla le 18, et. après quelques pourparlers obtinrent le passage , en payant à ses défenseurs l'arriéré de solde qui leur était dû par le radja de Pountch. Une forte pluie tomba le 20 juin , et l'armée sikhe commença à souffrir de l'humidité et de la pluie, les vivres devinrent rares, et la marche

fut suspendue jusqu'au 26. Mais le 28 Randjil Sîngh atteignit Pountch, il trouva la ville déserte. Le radja avait ordonné à ses sujets de ne point essayer de résister' par -les armes, mais d'abandonner la ville et les villages, de brûler ou d'emporter les grains , et de se répandre sur les flancs de l'ennemi; Les conséquences de ce système portaient déjà leurs fruits et forcèrent les 'Sikhs de s'arrêter à Pountch pour y attendre des vivres' jusqu'au i3 juillet. De là , ils s'avancèrent parMandi sur ToshaMeïdan qu'ils aUeignirentletd. Là, ilsrencontrèrenlMohamraed Azitn Khan , campé avec toutes les forces ' du Cachemir pour les empêcher de pénétrer plus loin. L'armée sikhe pritses positionsen face de l'ennemi et passa plusieurs jours dans l'inaction. Randjil Singti eut alors des nouvelles des des troupes qui arrivaient par Bahramgalla. Le 19 juillet Ram Deïal et les djagirdars avaient traversé les montagnes de Pir-Pandjal en passant par les défilés de Saraï et Madpour, et chassant devant eux les troupes du Cachemir qui auraient dû les arrêter. Randjit Sîngh fut alarmé de cette précipitation qui laissait ce dé-

lâchement sans appui et dans, une position cri* tique ; il envoya donc à Ram Deïal des renforts sous les ordres de Bbeïa Ram Singh. Le chef de Radjaori voulait qu'on attaquât AzimKhan, c'était, pensait-il, lemeilleur moyen deprévenip toute entreprise contre son détachement; mais Randjit Singh ayant reconnu les positions de l'ennemi , trouva la tentative trop hasardeuse , et cependant c'était probablement le meilleur moyen de prévenir les désastres qui suivirent.

Sur ces entrefaites Ram Deïal, ayant passé les montagnes, déboucha dans la vallée à Haripour. Il y fut attaqué le aa juillet par un parti ' de Cachemiriens envoyés à sa rencontre. Les troupes d'Azim Khan furent battues et pour-* suivies j usqu'à Soupeïn. Le 24 , les Sikhs donnèrent l'assaut à la ville , niais elle était bien défendue par Shoukour Khan qui repoussa les, assaillans. Cet échec les força de se retirer sur PirPandjal pour y chercher des renforts. Bhéïa Ram Singh ayant appris ces fâcheuses nouvelles, dut par prudence s'arrêter avec son corps à Bahramgalla pour en garder les passages.

Mohammed Az'un Khan jugea alors les çjr**

constances favorables pour prendre l'offensive • contre l'armée principale,- affaiblie par les maladies et encore plus par la désertion. Le ag juillet, Rouh-OnJlah Khan , chef de Pountch, commença le feu des hauteurs qu'il occupait contre l'armée sikhe. Le lendemain dès le matin il renouvela son attaque avec plus de vigueur*, et Randjit Singh dut se replier sur Mandi.

Poursuivi jusque-là, il incendia la ville , et, se mettant à la tète de ses bataillons disciplinés , couvrit sa retraite sur Pountch , qu'il atteignit le 3i juillet , après avoir perdu beaucoup de defenonde et son principal officier Mit Singh de Bharani. Il se vit enlever aussi presque tous ses bagages. L'armée ne conservant plus alors aucune discipline, Randjit Singh mit le feu à Pountch , abandonna son camp , s'enfuit à Bhouhi et do là à Lahor par la route la plus courte. 1\ j arriva suivi de quelques serviteurs le îa août.

Ram Deïal et les djagirdars composant le détachement qui pénétra dans la vallée, furent assiégés dans leur camp et forcés par la famine de se rendre. Mais ce corps reçut d'Asti m

* Khan la permission de se retirer; un saufconduit lui fut donné jusqu'à la frontière sïkhe' en considération de l'amitié qui unissait .le gouverneur du Cachemir au ministre Mokham Tchaud , aïeul de son général. Cet officier avait lui-même été empêché de prendre part à l'expédition par une maladie. Il avertit son maître des difficultés qui l'attendaient s'il se laissait surprendre dans les montagnes par la saison des pluies; il avait surtout insisté sur la nécessité d'établir de grands magasins à Bhîmbhar et à Radjaori , dans la crainte de rencontrer une forte résistance de la part du chef musulman et de la population de Pountch. Tout arriva comme il avait prédit , et Randjit Singh deretour eut à- regretter d'avoir été privé , dans cette importante expédition T autant de l'expérience et des lumières de son ministre que de sa valeur et de ses talens militaires. La maladie qui avait empêché Mokham Tchand d'accompagner l'armée sikhe fit bientôt craindre pour ses jours, et, dans le courant d'octobre, peu de temps 1 après le retour de Randjit Singh à. Lahor , il'mourut emportant les regrets de tous

«eux qui portaient quelgue intérêt à la puissance des Sikhs et à l'empire de Randjit Singh. Dans sa rie privée, le ministre se distinguait par sa générosité , l'élévation de sa sentimens et de son esprit; il avait toute la ConBance des troupes placées sous ses ordres , il était populaire et respecté dans toute la .confédération sikhe. ■ *

Il fallait du temps pour réparer les pertes que Randjit Singh avait faites dans sa dernière expédition; aussi l'armée sikhe ne fut-elle pas en état de reprendre la campagne en i8i4> après le Dasrah , comme c'était son habitude. Mais en avril i8l5, un corps fut- envoyé sous les ordres de Ram Deïal et Dal Singh pour ravager les territoires de Moultan et de Babawalpour et lever les. tributs et contributions dans le voisinage. Randjit Singh passa, l'été à Adina-Nagar, levant et disciplinant de nouveaux bataillons , recrutant surtout les hommes du Gourkha, dont la réputation de valeur s'était très élevée depuis les combats qu'ils avaient soutenus dans les montagnes situées à l'est du Satledj. Le gouvernement anglais était «oguerre

-avec les Gourkhas et le colonel, depuis générât Ochterlonr , était entaé en campagne contre Araar Singh qui, pendant six mois, se défendit avec succès dans Ramgarh etJHaloun, et y déjoua les talens éprouvés et les forces supérieures du général anglais. Lorsque les Gourkhas furent enfin défaits et. chassés de toute la contrée montagneuse située à l'ouest de la rivière Gogra ou Kali, Randjit Singh profita de cette circonstance pour s'attacher des hommes parliculièment propres à la guerre des montagnes.

■ Cependant la défaite de l'année sikhe dans le Cachem IravaH encouragé les chefs musulmans de Bhimbhar et de Radjaori à se révolter; Vers la fin de Tanné ±8i4j le fils dn dernier de ces chefs parvint à s'échapper de Lahor où il était retenu en otage et à rejoindre son père. Les insurgés de Bhimbhar étaient commandés par le frère de Sultan Khan, qui avait fait sa soumission en *8*3, et avait- été emprisonné par Randjit Singh; il était encore détenu a Lahor.

En octobre, après leDasrah de i8i5, l'armée sikhe fut convoquée. Le lieutde réunion pour

la revue définitive' fut fixé à Sialkot. Une division commandée par Ram Délai et Dal Singh prit les devaps pour punir les chefs de Bhimhhar et de JUadjaori , et ravager leurs territoires par le fer et le feu. Pountch ne dut d'être préservé d'un pareil traitement qua sa position élevée dans les montagnes où l'hiver se faisait rudement sentir. Randjit Singh n'était pas encore prêt à essayer cU relever, pair une seconde expédition dans le Cache-mi r, sa fortune et sa réputation éclipsées. Il se contenta pendant cette 'saison de raffermir son autorité dans les montagnes et de punir* les radjas indociles et réfractaires établis sur ee versant des monts Pir Pandjal. Il retourna , le 26 décembre, à Lahor où il trouva Bir Singh , radja de Nourpour dans les montagnes, qui n'était pas venu su rendez-vous de Sialkot. Une amende lui fut imposée , et une amende si forte qu'elle excédait ses ressources et qu'il dut offrir en gage soft thakour, ou tabernacle de ses dieux, fait d'or et d'argent massifs. Mais cela ne suffit point, 41 fat arrêté à la porte du Darbar, où salle de réception, le 20 janvier i3i6 , et peu

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de jours .après, il fat envoyé dans un palanquin pour être présent à la saisie de tontes ses propriétés et en rendre compte à ceqx qui furent chargés de les' mettre sous le séquestre. Il refusa un djagif de peu d'importance qui lui fut offert, et après- avoir fait d'inutiles tentatives pour recouvrer sa forteresse el sa principauté par la force , il se réfugia sur le territoire anglais. On fit un second exemple- sur le radja de Djaswoul, Ahmed Singh, pour une faute pareille. Mais celui-ci , après la perte de ses possessions, accepta le djagir qu'on lui offrit. •' 1 Après avoir, exécuté ces mesures dan» les montagnes, Randjit Singh s'étant baigné à Taran Taran, s'avança avec son armée du coté de Moultan et de Bahawalpdur. Là T de -vertes moissons et de nombreux troupeaux offraient des ressources pour forcer au paiement des contributions, et causer à l'ennemi d'irréparables dommages. Les Sikhs descendirent Hndus j usqu'aux limites du Sindh et le chef de Bakhat . et Liah , Mohammed Khan , de la famille expulsée par les émirs qui régnent encore dans le pays, étant mort, une demande de tribut fut

• Uigrz^byGoOgL'

faite à son successeur Hafiz Ahmed. Khan. Sur. son refus , les forts de Khangarh et Mahmoud- Kot furent occupés, l'akali Phoula Singh s'y livra aux atrocités les plus révoltantes contre .la population mahoraétane.-Peu de temps après, Hafiz Ahmed consentit à payer pour obtenir la retraite des garnisons sikhes , et recouvra ainsi ses forts avec une partie du butin qui y avait été fait. Ahmed Khan de Djhang reçut aussi l'invitation de se rendre auprès de Randjit, Singh , et fut aussi frappé d'une forte contribua tion. Ce fut en vain qu'il allégua son impuissance, il fut envoya à Lahor tandis .qae- trois bataillons occupaient et .annexaient an khalsa toutes ses possessions , dont le revenu, annuel épùt, estimé à. quatre lakhs de roupies. Elles furent affermées à Lala Soukh Deïal , pour la somme de .160,000 roupies. En même, temps., l'alouwala Fateh Singh s'emparait de Ou^çh^fit, Kot Maharadja. Outch é.tait occupé par.. des, Seïds-(,* ) qui avaient été respectés jusque-là ,, ils furent pourvus d'un djagir; Kqt Maharadja ap-

(l) Mu«iUitiai>,s qui prétendent descendre' tW'pfûi

pbàte. : - .-. ;?-."■ . ,1 S;.-»

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- IM pàrienàit à iln chef homme Radjab AN Khan , qui fiit envoyé prisonnier à Lahor. ■ ■" 'RëûdjitSinghretcmrnâparlésud-duèst et rentra dans âà cdpitale leôô mai; Là, il apprît que levfcirFàtëhKhan était entré, pendant la saison qui -renaît dé s'écouler, dans le Cachemii* par les rtidn-lagriés de Pakhdli et Damfour. Il avait aidé sori frcrt: à lever lés tributs , a affermir son pouvoir dans la vallée' et était retourné par là même toute. Un.corps d'armée sous les ordres dfe Ram Deïâi et dé Dal Singh , était Testé SOT là frontière ptfur bbsêrrer ses mdavemenS. ' ; ÏJésiànïir^domëstiqnesvîilrênt absorber Vat-y tltfitiori âë RàadjitSïngh. Sa 'séfcShdè femme, là ih*W de KounWaf Knaràfc'Sfnglï, &t accusée de scandaleuses malversations,' et s' urtdùttriihé' intimité trop avérée avec Bheïa Ram '5in$n' , ministre du jeûné prince. Ràttdjit SttigK aratt idrifêré'iâ sj*rt héritier un djagVtres consMé^ raDleiijuT -était administré paf sà : iHèi-éet^ïe ministre-;: â la condition ordinaire de FoitrVifr' riti-èoùtïtlgerit de cavalerie à l'armée Sâkïfë/'l] arr^vaH cependant des plaintes graves,. et ftéqueules sur les exactions et les malversations

-lourdes administrateurs ; d'un autre côté la situation et l'équipement du contingent paraissaient toujours à Randjit Sîngh des plus misérables. Il voulut d'abord obtenir quelque amélioration, en excitant l'orgueil de son fils , qui était d'âge à s'intéresser à de telles affairas : ce fut en vain ; l'influence de la princesse et du ministre empêchèrent tout amendement, et Randjit Singb fut contraint de déployer son autorité. Le ministre Ram Sîngh fut jeté en prison et dut rendre compte de sa gestion ; la mère du jeune prince reçut ordre de résider au fort de Shikoupour. Kharak Singh fut réprimandé pour n'avoir pas su empêcher leurs dilapidations , el Bhouani Das de Peshaver lui fut attaché comme nouveau ministre. Quelques lakhs de roupies, des bijoux de prix, furent arrachés à Ram Singh , dont le banquier, Outam Tchand d'Amrîtsar, dut aussi rendre ses comptes et livrer à Randjit Singh tout ce qui avait été déposé chez lui par l 'exministre.

Après le Dasrah, en octobre, Randjit Sîngh.

se dirigea d'abord dans les montagnes , où il rendit visite au radja Sansar Tchand de Nadoun

et leva lès tributs annuels; puis à son retour il confisqua les djagirs et territoires de Bir Singh et Dewan Singh, les deuxfrères.deDjodh Singh de Ramgarh ;: on évaluait leur revenu annuel à cinqlakhs de roupies/ Les deux chefs furent arrêtés lorsqu'ils se rendaient au Darbar pour y offrir leurs respects à Randjit. Singh, tant ils étaient loin de se douter de quelque mauvais dessein de ce prince contre, eux-mêmes. Amritsar célébra par de» iîlnminations le retour de son souverain , le i3 décembre.

La constitution de Randjit Singh, quoiqu'elle dût être excellente pour avoir pu supporter pendant si long-temps une vie toute de débauches et de fatigues excessives, commença cependant à décliner sous ces violentes épreuves. Son estomac s'affaiblit; la perle des forces fut suivie de l'amaigrissement du corps, de l'impuissance complète.. Au commencement de 1817 sa santé fut sérieusement attaquée ; il dut se soumettre à un régime que lui prescrivirent ses médecins indiens. Il le suivit pendant quarante jours, et n'en retira qu'une bien faible amélioration. Aucune entreprise militaire, aucune opération ac-

tive ne signala celte année. Mais ne qui vint alors inquiéter le prince sikh, ce fut la conduite

de H a m Lai , frère de sou chambellan Khoushhal Singh, qu'il avait comblé de tous les dons, et dont il avait fait spn favori bîen-aimé et le compagnon de ses débauches. Les offres lès plus séduisantes ne purent déterminer Ram Lai à quitter la religion de Brahtna pour adopter, comme avait fait son frère, les coutumes et les rits des Sikhs. Afin d'éviter toute iraportunité sur ce sujet , il s'enfuit dans ses terres à Test du Satledj : là, il était hors du pouvoir de Randjit Singh, qui, irrité de cette évasion, exerça sur son chambellan une vengeance feinte ou réelle, en le privant de son office et le faisant mettre en prison. Ram Lai revint pour délivrer son frère, et finît par se soumettre au Pahul, ou initiation , et changea son nom contre celui de Ram Singh.

La saison qui suivit fut employée aux préparatifs d'une expédition contre Moultan, dont les ressources avaient été assez affaiblies par les contributions forcées,. le ravage et le pillage, pour faire espérer à Randjit Singh que les

moyens de défense de Mozaffar Khan ne pourraient l'empêcher de conquérir facilement la ville et la citadelle. Mais avant de s'engager dans cette entreprise, Randjit Singh donna la liberté à Ahmed Khan deDjhang, qu'il retenait en prison depuis neuf mois ; il lui conféra aussi un djagirdepeu d'importance. Le rendez-vous de l'armée sikhe avait été indiqué pour le commencement de 1818, sur la frontière sud-ouest des états de Randjit Singh. Kounwar Kharak Singh eut le commandement nominal de l'armée, conduite en réalité par Misar Dewan Tchaud , qui s'était élevé par son mérite et son activité de la plus humble condition au grade de commandant de l'artillerie. Cet officier promit de réduire la citadelle de Moullan , si on lui donnait le commandement en chef de l'armée pendant le siège. La jalousie des djagirdars, qui refusaient de servir sous un parvenu, obligea Randjit Singh à envoyer son fils avec le commandement nominal. Tous les bateaux du Ravi et du Tchenab furent mis en réquisition pour transporter les vivres et les munitions de l'armée, qui se mit en marche en janvier 1818.

Une demande d'une ftpinme exorbitante; en argent et de cinq cheyaax de prix fut adressée à Mozaftar Khan ; et comme il ne s'empressa pas d'y satisfaire , ses deux forts dts MozafFajrgaïh et Khangarh furent attaqués et pris. Pans le cours de février, la ville de Monltap fut occupée et sa citadelle étroitement bloquée sans que les assiégeans eussent à essuyer de grandes pertes. Les approches de la place furent pratiquées sans ordre , chaque chef ou djagirdar élevant sa batterie , les feux de l'artillerie et de la ruousqueterie s'ouvrant sans ordre contre chaque ouvrage. Mais les ressources delà garnison étaient si feibles que cette attaque irrégulière suffit à pratiquer plusieurs brèches dans les murailles de la citadelle ébranlées par un feu continu , et que les ouvrages avancés étaient presque rasés au mois d'avril. En mai h;s travaux des assiégeons furent poussés' jusqu'au Dhoui-Kot /fausse hrayej et l'armée fut en mesure de donnerlWaut.MaisRandjitSingh, qui, bien qu'absent, dirigeait toutes les opérations, défendit de ^rien risquer et continua d'offrir au Nabab un dj agir s'il voulait se rendre. Mais celui-ci per-

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sevérait dans son refus et paraissait déterminé à tenir jusque la dernière extrémité.

Tel était l'état des choses lorsque, le 2 juin , un AkaU fanatique , Sadhou Singh , s'avança, sans en avoir reçul'ordre, avec quelques hommes et attaqua les Afghans dans leDhoul-kot l'épée à la main. Ceux-ci endormis ou faisant mauvaise garde furent obligés de s'enfuir. Les Sikhs s'élancèrent alors de leurs tranchées pour profiter du moment et soutenir l'attaque ; - tous les ouvrages extérieurs tombèrent en leur pourvoir, la garnison fut passée au fil de l'épée. Animés par ce succès , les assaillans s'avancèrent sut le corps dé la place où ils entrèrent facilement par les brèches, soit que la garnison ne s'attendît pas à un assaut, soit qu'elle ne fût pas préparée à une résistance opiniâtre. La citadelle ainsi prise tout à coup', Moiafïar Khan avec ses quatre fils et sa maison livra un dernier combat à la porte de son palais, maïs il tomba bientôt couvert de blessures. Deux de ses deux :fils, Shah NawazKhan et HaqNawaz périrent aussi, un troisième fut laissé parmi les morts, niais IL n'était que légèrement blessé. Le quatrième,

— aw — Sarfaraz Khan , qui avait été sous les ordres de

son père investi du commandement, fut trouvé dans un souterrain et fait prisonnier.

La citadelle fui pillée et un immense butin tomba au pouvoir des vainqueurs. Mais Randjit Singh n'éfait pas content de voir son trésor privé des richesses qu'on savait être déposées dans cette citadelle , et qu'il avait Si long-temps espéré de s'assurer par une capitulation. Il envoya donc des ordres pour faire rentrer aussitôt son armée à Lahor, à l'exception d'un détachement commandé par Djodh Singh de Kalsi , et de. force suffisante pour occuper la place et y assurer le service. Soukh Deïal qui avait pris à ferme les pays de Djhang, fut nommé au gouvernement civil. Lorsque l'armée arriva à Lahor, nne proclamation parut, où il était dit que le butin fait à Moultan était la propriété de- l'état, et qu'en conséquence, tous léssoldats, officiers ou djagirdars qui possédaient quelqu'objet ou quelqu'argent provenant du sac de ta citadelle , devaient l'apporter et le verser au trésor sous peine de l'amende et de la prison. C'est une grande preuve de la crainte qu'ins-

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pirait Handji t Singh à ses troupes et dé la sûreté des rcnseigneioens qu'il possédait, qu'un tel ordre n'ait occasioné ni trouble , ni résistance. La plus grande partie du butin fut rapportée au trésor ; ce ne fut pas certainement sans qu'on fit quelques efforts pour en soustraire une partie aux recherches des officiers de Raiuljit Singh ; toutefois , la sévérité déployée contre les récal- -citrans , les jalousies et l'envie de leurs compagnons qu'on avait forcés de rendre gorge, amenèrent L» découverte de presque tous les objets de valeur. l«è Toshakkhana (ou dépôt des bijoux) du souverain de Lahor s'enrichit ainsi de cette reprise de butin qu'il exerça sur son armée. Il n'y a- qu'un exemple d'une semblable exigence de la part d'un général , et on le doit au terrible Nadir Shah* C'était à son retour de l'Hindoustan , lorsque son année passa l'Indue .à A ttak ; il plaça une garde sur le pont , avec .ordre de fouiller la personne et les bagages des soldats à mesure qu'ils se présenteraient, et de reprendre tous les objets provenant du pillage de Delhi qu'on trouverait sur eux ou sur les . hommes de leur suite.

Sarfaraz Kan et son frère blessé , Zoulfikar Khan, furent conduits à Lanor, où Randjit Singh leur donna une petite pension. La prise de Moultan avait été Tunique opération de la saison; toute l'armée sikhe y avait été employée depuis le mois de janvier jusqu'au commencement des pluies. Pendant cette saison mourut Govind T chaud , radja de Datarpour, dans les montagnes ; ses possessions furent annexées an Khalsa, et son fils fut emprisonné jusqu'à ce qu'il consentit à accepter un djagir.

Cependant cette saison d'inactivité nécessaire vît accomplir un événement qui eutune grande influence sur la, fortune de Randjit Singh. Eu août 181& , le vizir Fateh Khan , dont l'énergie et les talens avaient élev,é Shah Mahmoud sur le trône de Caboul , et qui seul était capable de contenir les élémens discordans de l'empire afghan , tomba victime d'un complot ourdi par le prince Kamran , fils de Mahmoud. Arrêté par trahison, il fut d'abord aveuglé , et quelque temps après mis à mort parordre du prince. Le vizjr avait cinq frères, tous revêtus decoramandemens dans les provinces , ou puissans et

riches par eux-mêmes, ils rendirent tout le.

royaume complice de leur vengeance. Mohammed Azim s 1 élança du Cachemir, dont il laissa le gouvernement à son jeune frère, Djabar Khan , et prit la direction des mesures de résistance. 11 défit les troupes de Kamran, délogea ses garnisons du voisinage de Caboul , Ghizni , Candahar , de sorte qu'en peu de mois l'empire du faible shah Mahmoud et de son lâche fils fut borné à la ville et à la campagne d'Herat. Le reste de l'empire afghan fut partagé en gouvernemens et principautés indépendantes entre les membres puissans de la nombreuse famille des vainqueurs. Le prétexte mis en avant par Kamran fut que le vizir avait pillé la propriété de Firoz-oud-din, prince du sang royal, que Fateh Khan avait expulsé d'Herat pour en reconquérir le gouvernement à l'autorité de.

Mahmoud. La cause réelle, ce fut la jalousie de Kamran contre la puissance et la réputation d'un homme plus distingué que lui, ce fut l'orgueilleuse illusion de Kamran , qui croyait que les lalensdu vizir pourraient être remplacés et les affaires conduites par l'entourage et

la famille d'un souverain imbécille* qui ne régnait que de nom.

La nouvelle de ces événemens détermina Aandjit Singh à passer l'Iu.dusavec son armée dans la saison qui suivit. La politique lui faisait un deyoirde venger la défaite qu'un détachement sikh avait essuyée de la part des mahométans de Khatuk . Les troupe», réunies en octobre s'avancèrent sous le commandement personnel de Randjil Singh, et perdirent quelques hommes au passage du fleuve. Les forleressesdeKheïrabad,Djaghira,etlepayssituésur celte rive furent soumis et occupés , sans faire de résistance immédiate. Firoz Khan , chef de la tribu de Khatak , fit 5a soumission , et Rahdjit Singh s'étant assuré de ne point rencontrer de forces capables de tenir la campagne contre lui, s'avança sur Peshaver. 11 y entra le 20 novembre, le gouverneur Yar Mohammed Khan se retirant devant les Sikhs jusque dans lesmontagnes occupées par les Yousoufzis, tribu Afghane.

Randjit Singh resta trois jours à Peshaver avec son armée et se retira y laissant pouç gou r

veroeur Djahan Dad Khan, qui lui avait livré Allak et qu'il avait jusqu'alors tardé de récompenser ; il ne lui avait même pas encore donné le djagir qu'il lui avait promis. Mais il ne lui laissa ni troupes ni argent pour se maintenir dans sa nouvelle conquête. Aussi l'armée sikhe n'eut pas plutôt repassé l'Indus que Yar Mohammed, descendant des montagnes avec les Yousounâs, expulsa le gouverneur sikh. Djahan Dad Khan s'enfuit du côté dfl sud et rencontra Shah Shoudja que l'état des affaires du Caboul avait engagé à quitter sa retraite de Loudiana pour essayer de relever sa fortune. Le fugitif reçut sou pardon et embrassa la cause du shah . Mais la fatalité semblait s'attacher a toutes les entreprises de ce prince, dont le caractère aimable et parfaitement irréprochable manquait cependant de l'énergie nécessaire pour inspirer la crainte et se faire des partisans dans des temps de troubles, ou donner de la confiance à Ceux qui étaient bien disposés en sa faveur: Shah Shoudja, abandonné de tous, retourna i Lotttfiaira après quelques mois d'inutiles tentatives et de négociations infructueuses avec les

émirs du Sindh et d'autres anciens tributaires ou sujets, affranchis alors, de l'empire afghan. Djahaii Dad Khan fit alors la paix avec la cour deHérat, où il se rendit désespérant d'obtenir. de la faveur ou de l'avancement à celle de Lahor. *Y

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Seconde cxpfditjon et conquête <Jn Carhtmir. — Mésurrj pour tootolider le pouvoir likh daoj Ici montagne*. — Conquête* «or l'itului. — Dijgrace et emprfionnement de Sida Konnvlr, belle -mira de Rindjlt Singh. — Arrière d'officier» fran^oit i la cour de ce prince.

En février et mars 181g, Desa Singh de Madjhitia et le radji Sansar Tchand furent envoyés par Randjit Singh dans les montagnes pour y recueillir les tributs. Le cours de leurs opérations les mit en rapport avec le radja de Kahlour , dont la capitale Balaspour est située sur la rive anglaise du Satledj, mais qui possédait à cette époque de vastes territoires au nord et à l'ouest de ce fleuve. Ce chef ayant refusé le tribut demandé , Desa Singh vint occuper ses possessions, et s'étant emparé de tout ce qu'il possédait sur la rive droite , fit passer le fleuve à un détachement qu'il envoya contré Balaspour. Le capitaine Ross, agent politique du gouvernement britannique dans les montagnes avoisinantes et commandant d'un bataillon de

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troupes Gourkfaas cantonné à Sabathou, se di~ rigea aussitôt sur le point menacé où il fut joint par un détachement de Loudiana que lui envoyait le résident de Delhi. Cette promptitude alarma le prince sikh etDesaSingh reçut ordre, non seulement de rappeler son détachement, niais de se rendre auprès du capitaine Ross et de lui offrir les explications et les excuses qu'il # serait en son pouvoir de fournir.

Aucun autre événement d'importance ne se passa pendant la première partiede cette année. Toute la saison fut employée aux préparatifs d'une seconde expédition contre le Cachemir.

Randjit Singh y fut encouragé et par ses succès récens dans le Mouttan qui lui avaient donné confiance dans ses troupes et avaient grandement rehaussé sa réputation , et surtout par la situation de l'empire afghan et l'assurance qu'il avait queMohammedAzimKhan avait emmené avec lui ses meilleures troupes pour appuyer ses desseins sur Caboul , et était trop éloigné pour prêter assistance au gouverneur qu'il avait laissé en sa place. Misai- Dewan Tchand, le conquérant de Moullan , fut choisi par Kandjtt

OlIICl, ET PROllH. 11

Singh pour commander celte nouvelle expédition. Le prince sikh fut déterminé à ce choix et par ses infirmités corporelles, et par une idée superstitieuse qui lui faisait croire que la fortune et le destin s'étaient prononcés contre ses succès personnels dans la vallée, mais surtout peut-être parce qu'il savait que l'opéra- ¥ tion la plus difficile de la campagne serait d'assurer les convois et de soutenir les corps avancés , opération qui ne pouvait être accomplie par personne mieux que par lui-même. Ces motifs le déterminèrent à rester sur Ses frontières dans les plaines du Penjab.

En avril l'armée sikhe fut dirigée sur la frontière et une forte division d'élite sous les ordres de Misar prit les devans. Un second corps formé pour soutenir cet officier fut commandé par Kounwar Kharak Singh, Randjit Singh garda auprès de lui la réserve pour escorter les convois de vivres et de munitions.

Au commencement de juin, Misar Dewan Tchand avait occupé Radjaori , Pountch et toutes les montagnes au sud de Pir Pandjal. La division qui le sou tenait s'avança donc sur Racl-

jftori pour assurer les communications. Le chef de cette dernière place était en insurrection et s'entendait avec le radja de Pountcli pour défendre les défilés dés moûts Pic Pandjal. Maïs Randjit Singh avait donné la liberté à Sultan Khan de Bhimbhar après un emprisonnement de sept ans, et s'était assuré le secours de ses avis et de sa coopération activJPen lui faisant espérer qu'il résulterait pour lui-même, de grands avantages du succès de l'eutpeprise. Le 23 juin , Misar Dewan Tchand attaqua les radjas de Radjaori et de Pountch dans leur position aux passes de Daki Dio et de Madja et les emporta. Ce succès lui assurait la route de P.ir Pandjal. Kharak Singh s'avança avec sa division jusqu'à Sardi Thana et Randjit Singh arec laréserve vint camper à Bhimbhar, tandis que Misar Dewan Tchand , passant la barrière des montagnes, descendit dans la vallée et prit position àSaraï Ali sur la route de Sopeïn.

DjabarKhan, à qui Mohammed Azim Khan avait laissé le gouvernement du Cachemir, était avec cinq mille hommes à Sopeïn où il attendait l'armée sikhe. Mais ses troupes ne se

composaient que de nouvelles levées et étaient incapables de lutter avec les bataillons disciplinés de Misar Dewan Tchand d'ailleurs beaucoup supérieurs en nombre. Le 5 juillet les Sikhs ayant reçu des munitions et des renforts dé leur arrière-garde , s'avancèrent sur Sopeïn et attaqué rent^-armée cachemirienne aussitôt qu'ils VaperjJBpt. Leur victoire , après quelques heures d'un combat acharné qui entraîna des pertedjteonsidérables des deux côtés, fut complète. Les Afghans et les troupes de Djabar Khan ne s'arrêtèrent dans leur fuite' que derrière les montagnes de l'Indus , laissant l'armée victorieuse occuper toute Ja vallée sans opposition. Randj-it Singh éprouva la plus grande joie de ce succès. Les villes de Lahor et d'Amritsar furent illuminées pendant trois nuite. Moti Ram , fils du dernier ministre Mokham Tchaud , fut nommé gouverneur de la vallée , on lui donna un corps d'armée considérable pour réduire Darband et d'autres places fortifiées avec ordre de ne rien épargner pour décider les chefs de Pountch et de Radjaori à faire leur soumission.

Les mesures que nécessita la conquête du Cachemir occupèrent Randjit Singh pendant le reste de 181g. Vers la fin decelte année l'armée sikhe fut convoquée et conduite par Randjit Singh en personne à Moultan , d'où il dirigea les opérations contre le nabab de Bahawalpour et au sud contre Bha khar, appartenant aux émirs du Sindh. Il voulait extorquer de nouveaux tributs. DeraGhazi Khan, sur ia rive occidentale de Tlndus ,-fut privé de son gouverneur, Zamau Khan, et par un marché fait avec le chef de Bahawalpour, passa entre ses mains moyennant une rente considérable.

Randjit Singh retourna à Lahor en avril l8ao, emmenant avec lui un cheval de grande réputation qu'il avait enlevé à Hafiz Ahmed Khan de Mankera. Il a encore tenté quelques entreprises pour s'approprier d'autres animaux de cette espèce ; son amour pour eux , le désir qu'il a de posséder tous ceux qui ont quelque renom est une passion qui va chez lui jusqu'à la folie. Le cheval qu'il acquit dans cette circonstance s'appelait Soufid-Peri (i).

(i) Péri (fée) blanche.

Dans le Cachemir les troupes étaient .employées à de faciles opérations contre des chefs isolés. L'un d'eux, Shir Zaman Khan de Gandgarh , s'étant révolté, Ram Deïal, fils du gouverneur et petit-fils du ministre Mokham Tchand, jeune homme qui donnait les plus grandes espérances , fut envoyé contre lui et mourut malheureusement dans un combat qui d'ailleurs entraîna la prise de la place. Mais cette perte affligea profondément Randjit Singh et Moiî Ram, père du jeune homme; il emporta avec lui les regrets de tous, c'était un des officiers les plus distingues' de l'armée sikhe. Le radja de Radjaori fut, dans Te courantVe mai, fait prisonnier par Goulab Singh, frère de Mian Dhian Singh, le Diohriwala, ou chef de la chambre privée de la cour de Lahor. Comme récompense de ce service, sa famille obtint en djagir la principauté de Djammou qu'elle avait autrefois possédée. En juin la garnison du Cachemir ayant eu beaucoup à souffrir des maladies , fut relevée et le gouverneur Moli Ram, homme d'habitudes pacifiqueset pieuses fut remplacé par un chef plus belliqueux dans la per—

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