PNEUMONIES RÉCIDIVANTES ET PNEUMONIES A REPRISES
On sait qu'il existe un type depneumonie dite «à reprises », qui ne se distingue de la pneumonie franche aiguë que par des alternatives de chute ou d'ascension de la température et par une augmentation de la durée du cycle classique. Nous avons eu l’occasion d'en observer dans le service de M. le P' Mare, à l'hospice de Bicêtre, un cas des plus intéressants.
Ogservarion IX. — Ils’agissait d’un homme de soixante-dix ans atteint d’une pneumonie classique ayant débuté quatre jours auparavant, siégeant au sommet du poumon gauche. L’expectoration contient du pneumocoque en abondance. Trois jours après, la défervescence se produit, la température baisse à 37° et se maintient pendant deux jours. Le malade reste faible et courbaturé; la crise urinaire ne se produit pas, quelques jours après, un nouveau frisson se produit, la température monte à 38°, le malade se plaint d’un point de côté à la base du poumon opposé. L’auscultation révèle la présence d’un foyer de râles crépitants. Les jours suivants le foyer broncho-pneumonique devient plus net, et un souffle fait son apparition. L’ensemencement de sang pratiqué le 20 novembre donne une culture pure de pneumocoque. Tous les phénomènes paraissent cependant s’amender, lorsqu'un nouveau foyer pneumonique apparaît à la base du poumon droit, dont le sommet depuis quelques jours était entièrement dégagé.
Le malade finit par mourir de collapsus cardiaque.
Il est difficile d'admettre, dans ce cas, que le deuxième foyer pneumonique se soit produit à la suite de l'introduction d'un pneumocoque par voie aérienne, lorsque l’ensemencement du sang venait démontrer la réalité de l'infection sanguine..
JaccouD avait depuis longtemps décrit la pneumonie à reprises, forme clinique dont les traités de médecine ne
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donnent pas de description précise. C’est, dit Jaccoun, une pneumonie qui, au lieu d’être continue d’une seule traite, se fait en plusieurs étapes séparées par des intervalles d’apyrexie. Elle se rapproche en réalité de la pneumonie à rechute et s'explique aisément si l’on veut bien admettre la rémoculation du poumon au cours d’une septicémie pneumococcique.
On a également cité de nombreux cas désignés sous le nom de pneumonies paradoxales, dans lesquelles lès signes d’auscultation font défaut. Il en est plusieurs groupes.
Ce sont d'abord les pneumonies que M. GraxcuER appelle pneumonies massives. Elles sont caractérisées par de la matité, l'absence de bruits respiratoires, de râles, de souffle, de bronchophonie et de vibrations thoraciques. L’expectoration fait défaut pendant la période d’incubation.
Un deuxième groupe comprend des faits ou l'interprétation de l’anomalie devient hypothétique, les signes d’auscultation font défaut, il y a un état fébrile, des douleurs vives à la base droite.
Enfin on comprend encore sous ce nom des cas où, comme l’a bien montré Weill, il y a en même temps un processus inflammatoire de la plèvre avec symphyse partielle de ses feuillets.
Nous avons eu l'occasion d'observer un cas analogue à ceux du deuxième groupe. Ces signes d’auscultation ne firent leur apparition que cinq jours après le début des accidents, et il semble difficile d'admettre que la pneumonie évoluait, sans symptômes, pendant toute cette période.