‹ Origine Sanguine des Pneumonies et BronchopneumoniesChapitre 23 sur 56 · ND PELE · texte numérisé non relu

ND PELE

atteignant de préférence les enfants, la seconde les adultes et les vieillards.

C’est surtout dans le récit détaillé de deux épidémies récentes d’influenza que nous pourrons trouver la preuve de l'action du pneumocoque. Rose a donné récemment des renseignements précis sur une épidémie qui a sévi dans le service des maladies chroniquesde Burgespitalde Strasbourg. La maladie fut apportée par un patient qui était allé visiter au dehors un de ses parents souffrant. Il fut prisle lendemain de pharyngite et trois jours après de bronchite ; douze heures plus tard un autre malade de la salle se plaignait de douleurs dans la gorge, et trente-six heures après une jeune cyphotique d’une salle voisine, qui avait joué aux cartes avec les précédents, présenta une angine typique. Dans l’espace de sept jours, neuf malades sur dix couchés dans la première salle étaient touchés, et l'épidémie gagnait rapidement les autres salles de l'hôpital et le personnel infirmier. Chez la plupart des sujets la maladie débuta par un frisson et une fièvre à 39°; ils se plaignaient de céphalée, de douleurs à la déglutition, de fatigue, d’abattement et de rachialgie. Objectivement, on trouvait une rougeur diffuse du pharynx avec exsudation purulente, et dans quelques cas avec amygdalite pseudo-phlegmoneuse. Ce n’est que secondairement qu'on vit dans dix-sept cas se développer une pneumonie fibrineuse et dans quelques autres de la bronchite ou dela bronchopneumonie. Trois fois on nota des complications différentes, de la conjonctivite, une otite moyenne suppurée, une arthrite purulente, une néphrite hémorragique. Quand la pharyngite évoluait sans complication, la fièvre durait dix à douze jours et tombait en lysis ; quand il y avait pneumonie, la fièvre se prolongeait quatre ou cinq jours, l'évolution était la même. Îl y eut quelques récidives et dans certains cas, la maladie évolua sous forme de septicémie mortelle (sept morts) : la température avait alors une courbe de fièvre typhoïde, tous présentaient de la pneumonie.

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L'examen bactériologique des exsudats pharyngés, de l'expectoration, du mucus nasal, du pus de l'otite et de l'arthrite purulente montra qu'il s'agissait de pneumocoque en culture pure, sauf dans deux cas où le pneumo-bacille de FRIEDLANDER pouvait être incriminé. L’ensemencement du sang donna du pneumocoque à l’état de pureté. L'angine du début précédant l'apparition des accidents pulmonaires, la septicémie conséculive, la présence tantôt d’une pneumonie, tantôt d’une arthrite ou d'un purpura infectieux, donnent une démonstration à la localisation possible sur différents organes du même microbe.

Pendant les mois d'automne, d'hiver et de printemps de l’année 1907-1908 a sévi dans plusieurs villes d'Allemagne, et notamment à Leipzig, une épidémie que les médecins n'ont pas hésité à diagnostiquer influenza. Le début de la maladie était brusque et s’annonçait par des frissonnements répétés, puis survenaient de la céphalgie, des douleurs lombaires et musculaires accompagnées bientôt d'un état de dépression remarquable. L’appétit faisait complètement défaut et l’on constatait une tuméfaction et une rougeur intense du pharynx, du coryza, du catarrhe des conjonctives en même temps que se montrait la fièvre. Beaucoup de malades eurent des méningites sans localisations pulmonaires, d’autres présentèrent des foyers de broncho-pneumonies. CursCHMANN, qui a pratiqué de nombreuses recherches de laboratoire, a trouvé le pneumocoque de TALAMON-FRENKEL quarante-six fois sur quarante-neuf malades étudiés. Cet auteur rappelle les observations de Luzzaro et de ScatscuecoLew démonstratives à cet égard. La notion d’épidémie, la présence du pneumocoque dans les angines constatées, la longue période au début de l'affection pendant laquelle on ne constate aucune localisation, le fait que l'on a pu signaler avec égale fréquence les détermr nations pulmonaires et méningées sont, croyons-nous, des arguments suffisants pour reconnaître à tous les acel-

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dents la même pathogénie et admettre leur origine sanguine.

Quel que soit d’ailleurs le rôle joué par le microbe de la pneumonie franche aiguë dans les diverses épidémies de grippe, en admettant la spécificité de cette maladie et en reconnaissant au bacille de PrëtFrrer la place primordiale dans la genèse de cette affection, il n'en est pas moins vrai que l’origine sanguine donne une explication plus rationnelle de tous les faits observés.

Pneumopathies dans les septicémies streptococciques.

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