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M. Guénor, semblent, en effet, prouver qu'on trouve le Streptocoque dans un tiers des cas.
Il n'est pas douteux qu'il faille mettre sur le compte des mêmes germes septicémie et localisation pulmonaire.
Pneumopathies éberthiennes.
Dans l’évolution clinique d’une fièvre typhoïde, à côté des symptômes abdominaux qui dominent, les signes fournis par l'appareil respiratoire attirent constamment l'attention des cliniciens.
Au début de l'affection, c’est la bronchite dont la présence apporte un sérieux appoint au diagnostic hésitant ; dans la suite, c'est l'accroissement anormal de cette bronchite, les phénomènes de congestion transitoires ou permanents, parfois même des lésions en foyer qui permettent d'établir le pronostic. Enfin, dans certaines formes de fièvre typhoïde à allure bronchitique ou pneumonique, les symptômes thoraciques tiennent le premier rang dans l'aspect général de la maladie ; il faut savoir parfois même en dépister la nature pour affirmer dans ces cas une dothiénentérie latente.
Nous nous occuperons seulement des diverses formes de bronchite, du pneumo-typhus ou pneumo-typhoïde, des lésions de congeslion et de splénisation et des bronchopneumonies qui sont manifestement sous la dépendance de la septicémie éberthienne. La fièvre typhoïde nous apparaissant aujourd'hui comme le type le plus achevé des septicémies humaines, les lésions du poumon qui sont sous la dépendance directe du bacille d'Eberth sont ici mdiseutablement d’origine sanguine.
L'entente a été longue à se faire en ce qui concerne leur nature et leur pathogénie. Les auteurs ne considéraient pas tout d’abord l'agent causal de la dothiénentérie comme facteur principal des lésions broncho-pulmonaires, qu'ils expliquaient alors par des infections associées ou surajoutées.
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Les travaux de CHanNTEMESsE et Wipar sur le pneumotyphus, la thèse plus récente de BanceL sur le poumon des typhiques, ont départagé les opinions à ce point de vue. Ce dernier auteur a recherché le bacille d'Eberth quinze fois dans le poumon des typhiqués et l’a trouvé six fois. Il est présent dans leslésionsbroncho-pulmonairesles plus diverses : bronchites, congestion, engouement, splénisation, pneumonie, broncho-pneumonie. [1 semble se fixer et pulluler dans les capillaires du poumon, où il est susceptible de devenir l'agent causal des lésions pulmonaires.
On peut le rencontrer soit pur, soit associé à d’autres germes. Lorsque des microbes différents, comme le staphylocoque, le streptocoque et surtout le pneumacoque, existent en même temps que lui, il est bien évident qu’il est assez difficile de déterminer d'une manière exacte la part qui revient à chacun d'eux dans la production des processus inflammatoires atteignant les voies respiratoires.
Mais lorsque le bacille d'Eberth existe seul, on peut, semble-t-il, attribuer à son action ou à celle de ses toxines les bronchites et les congestions. Certains cas de pneumotyphoïde évoluant cliniquement à la manière d’une pneumonie franche, sont aujourd'hui considérés comme pouvant être causés par le bacille d'Eberth.
FRENKEL, en 1886, signale la présence de ce microbe dans un poumon hépatisé. ArTHAUD, dans sa thèse, reproduit une coupe de poumon sur laquelle on voit des alvéoles pulmonaires remplis de bacilles d'Eberth. MM. CHANTEMESSE et WipaL ont rapporté deux cas de broncho-pneumonie et un cas de pneumonie chez des typhiques où ils trouvèrent du bacille d'Eberth, et attribuent un rôle certain à ce bacille dans la pathogénie des lésions.
Nerrer admet la nature éberthienne possible du pneumotyphus. Foa et Borpont obtiennent du bacille en eultivant le suc d'une région pulmonaire hépatisée. BruuL cite deux cas de pneumo-typhus avec examen bactériologiqueetinoculation
permettant d'isoler le bacille typhique. CASTAIGNE rapporte aussi un cas des plus net avec recherche positive pour le bacille d’Eberth et négative pour le pneumocoque. Enfin, dans les thèses de Baxcez, de Poccuère et DE MonTiER, on trouve quelques cas des plus typiques à ce point de vue.
Voici habituellement comment les choses se passent en clinique journalière. L'hypérémie broncho-pulmonaire se traduit par des râles crépitants. Parfois même — et M. Wipar insiste sur ce point particulier — les signes de congestion sont tels qu'ils simulent, surtout s'ils siègent au sommet, de la tuberculose pulmonaire, mais ils présentent ce grand caractère d'être instables et passagers.
Nous avons eu l'occasion d'observer des phénomènes semblables chez deux malades atteints de fièvre typhoïde. Que l’on mette ces congestions sur le compte du bacille luimême ou des toxines produisant de la vaso-dilatation, il n’en est pas moins évident que l'origine aérienne ne saurait être invoquée pour les expliquer.
La splénisation estune lésion de la période d'état ; le début est insidieux et sans fracas, il y a une diminution de sonorité et de la faiblesse du murmure vésiculaire ; des ràles plus ou moins analogues aux râles crépitants, dontils n'ont d’ailleurs ni la sécheresse ni la finesse, peuvent se montrer.
Dans le service de M. Caussape, il nous a été donné d’assister, au cours d'une typhoïde grave, à une crise d'œdème pulmonaire qui ne semblait pas devoir être attribuée à une néphrite typhoïdique. Nous avons pu retrouver du bacille d'Eberth dans l’expectoration, et cet œdème peut être rapproché de ceux qu'ont signalés MM. Caussane, Mrruir et ISRAEL DE JonG au cours de la grippe et qui étaient de nature pneumococcique.
Sans vouloir parler ici dela pneumonie initiale qui affecte l'allure clinique de la pneumonie franche aiguë et dont la nature vraie est encore discutée, on peut voir survenir au cours ou pendant la convalescence des états pneumoniques
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dus manifestement, comme nous venons de le voir, à l'action du bacille d'Eberth.
Nous avons eu l’occasion d'examiner dernièrement un malade qui avait présenté une fièvre typhoïde classique avec hméoculture positive, qui fut pris brusquement, au moment même où la température revenait à la normale, d’un point de côté violent à la base droite et d'une dyspnée intense. La percussion donnait à ce niveau une zone de matité, et à l'auscultation on entendait un souffle ayant les caractères du souffle tubaire. L’expectoration était nulle, et une ponction pratiquée dans le parenchyme pulmonaire nous fit découvrir du bacille d'Eberth en abondance. Les phénomènes, d’ailleurs, disparurent assez rapidement et l'affection évolua comme une rechute ordinaire de typhoïde ayant duré une dizaine de jours.
L'observation récente de MM. Caussape et Mizuir est des plus démonstrative.
Orservarion XVIII. — Une malade âgée de trente-deux ans entre à l’hôpital Tenon, au huitième jour d’une fièvre typhoïde classique. Quelques jours après apparaissent les premiers signes d'une pneumonie congestive. Vers le douzième jour, on perçoit de l'obscurité respiratoire à la base du poumon droit, sans qu'aucun signe fonctionnel n’éveille l’attention. Le dix-septième jour apparaissent des crachats sanglants précédés par un point de côté, apparu trente-six heures auparavant avec un frisson intense analogue à celui de la pneumonie.
Il y a des râles crépitants et bientôt un souffle tubaire. Il s’agit donc d'une pneumonie bien spéciale qui semble survenir au moment où la fièvre typhoïde était sur le point d'entrer en lysis, qui relève la courbe thermique typhique pendant deux jours.
Cette pneumonie a duré vingt jours environ ;elle a prolongé de quelques Jours, sous une forme locale, l'infection générale. La ponction pulmonaire a permis d'affirmer la nature purement éberthienne de cette complication.
MM. Caussape et Micurr ont d'ailleurs fait remarquer à ce propos que ce cas apportait un appoint décisif à la théorie que nous soutenons.
Quelle que soit la part attribuée aux autres agents patho-
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gènes dans la genèse des accidents pulmonaires observés au cours de la typhoïde, il nous semble logique de conclure à l’action unique du bacille d’Eberth dans la majorité des.cas.
Lorsqu'on rapproche ce fait de la constance dans la fièvre typhoïde d'hémoculture positive, si on la pratique d’une façon systématique, on doit nécessairement admettre l’origine sanguine des pneumopathies éberthienne
Pneumopathies gonococciques.
On sait depuis longtemps que les gonocoques, loin de rester toujours cantonnés dans le canal de l’urètre, peuvent envahir différents organes de l’économie.
L'infection générale de l'organisme est un fait maintenant admis par tous. L'expression la plus ordinaire de cette infection est le rhumatisme blennorragique. La. découverte du gonocoque dans les jointures malades a mis ce point hors de discussion. Parmi les autres manifestations de la septicémie gonococcique, celle qui a peut-être le plus contribué à démontrer la réalité de cette bactériémie, c’est l’endocardite aiguë. Les observations abondent aujourd’hui où l’on a noté l’endocardite au cours dela blennorragie et où l'examen bactériologique des végétations endocarditiques a donné du gonocoque.
Il suffit de consulter le travail récent de MM. LEMIERRE et FAuRE-BEAULIEU pour en trouver de nombreux exemples.
La possibilité de mettre en lumière la septicémie gonococcique par l’ensemencement du sang a permis, surtout depuis lathèse de LEMIERRE, de saisir le passage dugonocoque dans le sang avant qu'il aille se localiser sur tel ou tel organe déterminé.
Si l’on en juge d’après les cas publiés jusqu'à maintenant, la présence du gonocoque dans la circulation ne semble pas avoir une grande signification pronostique. La phase de septicémie latente qui précède l'apparition du rhumatisme