‹ Origine Sanguine des Pneumonies et BronchopneumoniesChapitre 26 sur 56 · ART · texte numérisé non relu

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blennorragique et qui ne se traduit par aucun signe clinique appréciable, permet de supposer que, bien souvent au cours de simples urétrites, le gonocoque peut gagner le torrent circulatoire. Suivant sa virulence où les réactions humorales de l'organisme, il peut être détruit rapidement sans que rien puisse déceler sa présence, ou au contraire se localiser dans un tissu dont la lésion attirera seule l'attention sur une septicémie passée inaperçue. |

D'après les recherches de Bresse, on ne trouverait dans la littérature médicale, avant l'observation qu'il a rapportée, aucune mention relative à la présence de l’agent pathogène dans le poumon.

Dans le cas de Bresse il s'agissait d’un homme de trentedeux ans qui avait été traité à l'hôpital pendant un mois et demi environ pour une blennorragie aiguë avec écoulement très abondant. Sorti à peu près complètement guéri, il ne tarda pas à se faire recevoir de nouveau à l'hôpital, l'écoulement ayant réapparu. Au bout de trois jours la sécrétion diminua notablement, mais en même temps le malade se plaignit de violents maux de tête et la température s'éleva rapidement à 39°,8. Les jours suivants, le thermomètre continua à osciller autour de 40°, et bientôt on vit se déclarer la plupart des symptômes de la pneumonie.

À l'examen des crachats, on trouva des diplocoques se décolorant par le procédé de Gram et qui, en raison de leur situation intracellulaire et de leur forme devaient être considérés comme des gonocoques. Ce diagnostic bactériologique fut d’ailleurs confirmé par l'ensemencement du sang qui, au quatrième jour de la maladie, donna de nombreuses colonies typiques de gonocoque. Répétés quelques jours plus tard, alors que l'agent pathogène était déjà localisé au poumon, les ensemencements du sang restèrent stériles. En ce qui concerne l'évolution clinique de l'affection, il y a lieu de noter que la défervescence thermique se fit en lysis à partir du deuxième septennaire pour être complète au bout de quatre

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Jours, tandis que l’état local resta stationnaire pendant quelque temps encore. | Récemment, M. le P' DreuLaroy a présenté à l'Académie de médecme deux cas de septicémiegonococcique terminée par la guérison et suivie de fièvre typhoïde. Chez l’un de ces malades se montrèrent des phénomènes pulmonaires des plus intéressants. L'observation mérite qu'on la relate.

Osservarion XIX. — Il s'agissait d’un jeune boulanger âgé de vingttrois ans qui se disait malade depuis une huitaine de jours. Il se plaignait de céphalée, la fièvre était intense, la diarrhée continuelle, et son médecin avait porté le diagnostic de fièvre typhoïde. En l’examinant, on constatait, avec un faciès typhique, des taches rosées lenticulaires sur l’abdomen ; la rate était augmentée de volume, la température dépassait 390, tout plaidait en faveur de ce diagnostic. Dès le lendemain, la température tombait à 370,7, pour être bientôt suivie d'une brusque ascension qui en vingt-quatre heures dépassa 40°. Trois jours après son entrée, on trouvait à la pointe du cœur un souffle d’endocardite mitrale, et ce souffle râpeux et presque de timbre musical faisait soupçonner l’endocardite ulcéreuse et végétante.

Le séro-diagnostic de Widal fut pratiqué dans les meilleures conditions avec une culture de bacille d’Eberth fraîche de vingt-quatre heures. Il fut absolument négatif. Il ne s’agissait donc pas d’une infection éberthienne. On finit par découvrir un léger suintement au méat urinaire, et le malade, pressé de questions, avoua qu’il avait eu un mois avant une blennorragie dont l'écoulement s'était brusquement arrêté au moment où était apparu l'épisode fébrile. L'examen bactériologique du suintement urétral permit de constater l’existence du gonocoque. Le diagnostic de septicémie gonococcique était dès lors évident et l’ensemencement du sang sur bouillon ascite peptoné ne tardait pas à en donner la preuve en. fournissant une culture pure de gonocoques.

Quelques jours après, le malade se mit à tousser, la respiration devint haletante et bientôt on entendit des deux côtés de la poitrine des râles fins de bronchite capillaire, et aux deux bases, notamment à gauche, un souffle pseudo-tubaire de broncho-pneumonie qui s’accentua les jours suivants. La toux était incessante, l’expectoration était muco-purulente et extrêmement abondante. Ce n’était pas là le tableau clinique de la pneumonie lobaire franche aiguë; on ne trouvait, d'autre part, aucun indice d’infarctus pulmonaire, car l’expectoration ne contenait pas un seul crachat hémoptoïque. C'était bien une broncho-pneumonie bilatérale avec ses conséquences redoutables.

Chose importante, cette broncho-pneumonie était elle-même une localisation de l'infection gonococcique, car l'examen bactériologique des crachats décela la présence du gonocoque. La fièvre, la prostration, la

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