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dyspnée, ne s'amendaient pas, le malade avait des idées incohérentes et pendant quelques jours la situation parut désespérée.
Ce malade fut considérablement amélioré par l'emploi des vaccins gonococciques suivant la méthode de Wright.
Les poumons sont donc parfois infectés au cours de la septicémie gonococcique. |
Le malade du P' Dreuraroy a été atteint d'une double broncho-pneumonie qui pendant une huitaine de jours a mis sa vie en danger ; ce qui augmente encore l'intérêt de ce cas, c’est que le gonocoque a été constaté dans l'expectoration.
En dépouillant les observations publiées jusqu'ici de septicémie gonococcique, on trouve signalés avec une fréquence relative, la pneumonie, la broncho-pneumonie, linfarctus pulmonaire constatés à l’autopsie.
Un malade de Wyxx eut une broncho-pneumonie. THAYER et LazEAR trouvèrent un infarctus du poumon et plusieurs noyaux de broncho-pneumonie chez un individu atteint de seplicémie gonococcique. À l’autopsie d’un homme qui avait succombé à une infection généralisée à gonocoque, THAYER et BLuMER constatèrent des foyers de broncho-pneumonie hémorragiques. KRAUSE a signalé une double pneumonie.
La pleurésie a été maintes fois remarquée au cours de la septicémie gonococcique.
Une observation de Taayer et LaAzEAR concerne un homme de dix-neuf ans qui plusieurs semaines après le début d’une blennorragie fut pris de fièvre et de sueurs profuses.
La culture du sang démontra que ce malade était en pleine septicémie gonococcique. Alors survinrent des complications multiples et il finit par succomber à une pleurésie. A l’autopsie, on trouva 800 grammes de liquide trouble dans la plèvre droite et 550 grammes dans la plèvre gauche. Le liquide de ces pleurésies était riche en gonocoque.
ProcHaskA a relaté un cas analogue. Quelques jours après une blennorragie suivie d’épididymite survint une pleurésie
gauche. La ponction donna issue à une sérosité claire qui, ensemencée, fournit une culture pure de gonocoque. L’hémoculture fut également positive.
Un malade de Caerrer atteint de septicémie gonococcique à forme typhique eut de la congestion pulmonaire et de la pleurésie. Le liquide trouble retiré par ponction contenait du gonocoque et, à l’autopsie, on trouva dans les deux plèvres plusieurs centaines de grammes d’un liquide purulent contenant également ce microbe.
Les diverses lésions pulmonaires dues au gonocoque sont indiscutablement, dans tous les cas dont nous venons de rapporter brièvement l’histoire clinique, nettement hématogènes.
Les lésions des voies respiratoires supérieures se manifestent au cours de septicémies gonococciques sans que le gonocoque soit présent dans le bucco-pharynx. Simpson relate un cas de laryngite blennorragique (enrouement, muqueuse laryngée rouge et léger œdème) chez un garçon de vingt-trois ans atteint d’urétrite et d’arthrite gonococcique des deux genoux, dela hanche, du poignet et de la main gauches.
Certains cas d’infarctus pulmonaire quine furent considérés que comme la conséquence d’une endocardite latente, doivent plutôt, croyons-nous, être attribués à des broncho-pneumonies hémorragiques d’origine gonococcique. Une observation récente de Vipaz publiée dans les Archives de médecine militaire, et qui a trait à une broncho-pneumonie suivie de gangrène pulmonaire nettement blennorragique, en peut être donnée comme preuve.
Affections pulmonaires au cours de la méningite cérébro-spinale à méningocoques.
La notion de bacillémie a été invoquée dans la méningite cérébro-spinale épidémique, comme permettant d'expliquer la
localisation au niveau des enveloppes du névrax, d’une infection à porte d'entrée rhino-pharyngée ainsi que l'a: démontré WESTENHOFFER.
Des faits rapportés par Nerter, GupyLe, CpcHez et LEMAIRE, LENHARTzZ, MoLLER, WARFIELD et WaLker, BETTENCOURT et Franca, Currius, JAcogirz, Marriniet RHODE, SCHOTTMULLER, SALOMON, ANDREVVS, FOLLET et SACQUÉPÉE, MaARcovicn, LinceLsugiM, Simon, Jo et BaTiER ont établi d'une manière indiscutable la réalité de la septicémie méningococcique.
Fantôt il s’agit d'arthrite purulente, péricardite, endocardite à méningocoque survenant au cours de la méningite ; tantôt le méningocoque existe dans le sang sans que jamais se manifeste de processus méningé. Enfin, les signes de méningite peuvent apparaître avant ou après la constatation de la présence du méningocoque dans le torrent circulatoire.
Aussi certains auteurs tels que RApMAM, WESTENHOFFER, FoLLer et SACQUÉPÉE estiment-ils que les lésions méningées sont secondaires à la septicémie méningococcique.
Cette théorie nous paraît donner des faits observés une explication plus rationnelle que celle qui invoque la pénétration directe dans la cavité arachnoïdo-pie-mérienne, par contiguité, du méningocoque présent dans les fosses nasales etle pharynx.
La très grande majorité des auteurs ont peut-être considéré comme méningocoques des microbes appartenantau Wicrococcus calharralis. Le mécanisme de l'infection paraît ici celui que nous invoquons pour la pneumonie : — après avoirfranchi la barrière périphérique, le méningocoque pénètre dans la circulation générale, soit directement, soit par l'intermédiaire des lymphatiques et, suivant l'expression de SACQUÉPÉE, passe la revue des organes et se fixe d'emblée sur celui qui lui convient le mieux : la méninge. — La, il végète plus où moins longtemps avec une vigueur variable: la septicémie domine la lésion anatomique, elle peut l'accompagner, elle peut lui survivre.
FAP, NES 7
Nous avons eu l’occasion d'observer dans le service de M. Wipar, une méningite cérébro-spinale à méningocoque au cours de laquelle se montrèrent des signes très nets de congestion pulmonaire avec matité et râles crépitants à la base du poumon droit. Le méningocoque fut retrouvé dans le sang et, bien qu'il ne nous ait pas été possible d'établir nettement l'origine méningococcique des phénomènes pulmonaires qui furent d’ailleurs fugaces, il nous paraît légitime de les attribuer au méningocoque ou à ses toxines.
Lésions pulmonaires consécutives à l'infection du sang par les anaérobies.
Les merveilleuses recherches de VEILLoN et ZUBER, HALLÉ, Risr et GuizLEmoT sur les microbes anaérobies et leur rôle dans la genèse de la gangrène pulmonaire, ont définitivement éclairé la pathogénie de cette affection.
La découverte fréquente de la porte d'entrée des germes pathogènes ayant déterminé le processus nécrotique, la possibilité de trouver dans quelques cas les microbes dans le sang, avant leur localisation dans le parenchyme pulmonaire, la production des mêmes phénomènes par inoculation souscutanée des anaérobies à l'animal, font considérer aujourd’hui la gangrène pulmonaire comme presque toujours d'origine embolique.
Cette forme est particulièrement fréquente chez l'enfant. Voilà ordinairement commentles chosesse passent en clinique journalière : Un enfant atteint d’une vieille otorrhée, à écoulements fétides mais qui n’influe d’aucune façon sur sa santé générale, présente brusquement, sans que rien n'ait pu le faire prévoir, des signes inquiétants d'une grave affection. Dans certains cas même, la mastoïde est indemne. L’écoulement de l'oreille a passé inaperçu et les symptômes généraux occupent le premier plan : fièvre continue, rapide altération de l’état général, symptômes de l’ictère grave; l’attention est
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apeine attirée du côté du poumon; la mort arrive presque toujours rapidement. A l'autopsie on trouve au niveau de l'oreille moyenne et de ses annexes le point d'origine de ces accidents mortels. La caisse du tympan et les cellules mastoïdiennes sont remplies d’un putrilage fétide. Dans le voisinage, on trouve souvent uné thrombose purulente du sinus latéral, parfois un abcès encéphalique.
L'ouverture de la cage thoracique donne l'explication de la gravité du tableau clinique et de la rapidité des accidents terminaux. Les deux poumons sont en effet criblés de petits nodules dont il est facile de reconnaître l’origine embolique. La destruction du tissu pulmonaire accompagnée d'odeur putride, la présence de cavernules pleines de putrilage et de gaz montrent que les poumons sont remplis de foyers de gangrène circonserite et disséminée.
Si la lecture des observations publiées ne permet pas toujours de voir ainsi se dérouler les diverses étapes du processus, leur analyse méthodique en fait habituellement soupçonner l'origine sanguine. Il n’en est certes pas de même des cas groupés sous le nom de Gangrène d’origine aérienne Si l'infection paraît, en effet, avoir bien suivi cette voie, comme par exemple à la suite d'immersion (BERGÉ, ANTONY), la démonstration ne peut en être établie de façon certaine. Nous verrons que le refroidissement est capable de déterminer la localisation de microbes en circulation. En tout cas, GurLe- MOT a cherché à reproduire expérimentalement la gangrène pulmonaire par introduction de germes anaérobies dans la trachée de l'animal, sans jamais pouvoir y parvenir.
Au cours des septicémies anaérobiques, les microbes peuvent aller se localiser dans le poumon et y déterminer des phénomènes de broncho-pneumonie avant d'aboutir au processus de nécrose, et parfois même sans jamais amener les lésions à ce stade.
C'est sans doute dans ce groupe que nous devons ranger le cas suivant observé dans le service de M. le Pr Mare.
Osservarion XX (Résumé). — I] s’agit d’un dément, grand gâteux, qui, à la suite d’une ulcération de nature syphilitique compliquée de gangrène, fit une septicémie à anaérobies contrôlée par l’ensemencement du sang.
Les signes les plus nets de broncho-pneumonie qu’il présenta au cours de cette affection, la présence dans l’expectoration des microbes dont on avait saisi le passage dans la circulation, permettent de penser qu’il s’est agi, dans ce cas, d'accidents pulmonaires emboliques.
Nous avons également eu l’occasion d'observer, dans le service de M. Aperr, à l'hôpital Saint-Louis, chez un enfant de deux ans, une septicémie anaérobique consécutive à des lésions cutanées et suivie d’une broncho-pneumonie qui emporta le petit malade. En voici l'observation :
Ogservarion XXI. — Jmpéligo, anaérobiémie, broncho-pneumonie infantile.
Enfant de deux ans et demi, amené à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. APerr, avec de nombreuses plaies cutanées dont quelquesunes sont le siège d’une suppuration abondante et d’autres recouvertes de croûtes épaisses. L'enfant présente, quatre jours après son entrée à l'hôpital, une broncho-pneumonie de la base droite ; l’état général est des plus mauvais, la température à 38° le pouls à 120, la dyspnée considérable. Les troubles gastro-intestinaux sont très marqués et il y a une diarrhée abondante et verdâtre. L’ensemencement du sang en milieux anaérobies donne un bacille allongé et volumineux ressemblant au bacille du charbon, mais dont quelques formes très allongées présentent plutôt l'aspect du vibrion septique. Ce qui permet d’éliminer l'idée d’une contamination cutanée, c’est que ce bacille se trouve à l’état pur. L'enfant meurt une : dizaine de jours après son entrée à l'hôpital. A l’autopsie on remarque une broncho-pneumonie double surtout marquée à droite. Sur les coupes histologiques, la broncho-pneumonie est caractérisée par de la bronchiolite, de l’alvéolite catarrhale et exsudative, de la diapédèse des polynucléaires et de nombreux foyers hémorragiques. On aperçoit nettement dans les capillaires, dansles petits vaisseaux frappés parle processus inflammatoire, les mêmes formes bacillaires constatées dans le sang du petit malade pendant la vie.
On pourra voir d’ailleurs dans les coupes histologiques la présence indiscutable, dans les capillaires du poumon, des germes pathogènes.
Il convient peut-être de rapprocher de ces faits les nombreux cas signalés en ces dernières années d'accidents pleuropulmonaires au cours de l’appendicite.
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Pleuro-pneumopathies appendiculaires.
M. DœuLaroY a décrit magistralement la pleurésie appendiculaire et le pyo-pneumothorax de même nature. De nombreux auteurs sont venus apporter des faits confirmatifs.
La septicémie consécutive à l'inflammation de l’appendice a souvent été mise en lumière et fait aisément comprendre comment des germes (le plus souvent anaérobiques) peuvent aller déterminer dans le poumon lesaccidentsles plus divers, depuis la simple congestion jusqu'à la broncho-pneumonie gangreneuse et l’abcès du poumon.
Il nous a été donné d'observer, avec notre collègue Josser- Moure, un cas des plus intéressants à ce point de vue
Il s'agissait d’un homme qui, à la suite d’une appendicite, fit une septicémie longue et qui donna lieu à de multiples incidents. Dans le sang comme dans le pus de l’abcès appendiculaire, on trouva un streptocoque, un fin bacille anaérobie et un gros batonnet anaérobie facultatif.
Le malade fit consécutivement un abcès pelvien, une orchite, et finalement une broncho-pneumonie avec abcès du poumon consécutif. L'examen bactériologique nous démontra la provenance identique de ces divers accidents qui tous reconnaissaient comme origine la septicémie appendiculaire.
Il est facile de retrouver dans la littérature médicale de ces dernières années quelques exemples semblables et lorsqu'on parcourt l'histoire clinique de la plupart des abcès du poumon dont on a publié l'observation complète, il est relativement aisé de découvrir le point originel de l'affection.
Les septicémies anaérobies sont relativement fréquentes ; les accidents pulmonaires signalés par tous les auteurs dans les occlusions intestinales paraissent devoir être mis sur le compte de ces dernières.
Nous verrons, à propos de l’expérimentation sur les animaux que RoGEr et GARNIER sont arrivés, comme nous avons également pu le faire avec M. CAUSsADE, à provoquer
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chez le chien l’anaérobiémie après avoir produit des occlusions intestinales artificielles.
Dans le cas de MM. Guirremor et CLuxerils’agissait d’une
RH. COQUE FIVr
Fig. 1. — Broncho-pneumonie consécutive à une appendicite (Coupe due à l’obligeance de MM. Guillemot et Clunet). (Coloration à l'hématème éosine) (Fixation au Boin). Exsudat alvéolaire. — Présence dans les alvéoles de
véritables paquels de microbes, bacilles et cocci, analogues à ceux trouvés dans le sang pendant la vie.
broncho-pneumonie consécutive à une appendicite chez un enfant. On retrouve dans les coupes du poumon les mêmes microbes que dans le sang (fig..1).
Pneumonie pesteuse.
Dans certaines épidémies de peste — et ce sont justement
les plus terribles — on trouve les poumons presque exclusi-
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vement atteints. L'épidémie qui a décimé l'Europe et l'Asie sous Marc-Aurèle et dont Saint-Cyprien nous a donné une fidèle description, la grande peste de Justinien en 542, et même l'effroyable peste noire, la mort noire du xive siècle qui emporta le quart de la population’ européenne, doivent être rangées dans cette catégorie.
Les cas à bubons étaient tellement rares que certains historiens parlent de fièvre maligne épidémique, ce qui ne doit pas nous étonner, puisque jusqu'à ces temps derniers on affirmait qu'il n'y a pas de peste sans bubon, d'où le nom courant de la maladie : peste bubonique.
Il est établi aujourd’hui de façon certaine que les grandes épidémies que nous venons de rappeler relevaient de la peste pulmonaire. L'existence d'une forme pneumonique de cette maladie ne pouvait échapper longtemps aux bons observateurs. On parla tout d'abord de complications pulmonaires au cours d’une infection pesteuse.
En 1879, lors de la petite épidémie de Wetljanka, on prononça le nom de pneumonie épidémique, mais la preuve à cette époque de sa nature exacte était encore impossible ; ce ne fut, en effet, que quelques années plus tard que MM. Yersin et Kirasaro découvrirent l'agent morbide de la peste (1894).
En décembre 1896, Cnirpe, à Bombay, en se basant sur l'examen bactériologique des crachats pendant la maladie et surles résultats recueillis à l'autopsie d’un certain nombre de cadavres pestiférés, a démontré l'existence d’une pneumonie pesteuse primaire.
WissokowiTz et ZaBoLoTNY ont observé, en 1897, plusieurs cas de pneumonie pesteuse. A l'heure actuelle il est établi d'une façon absolue, qu'à côté de la peste bubonique, qui n'est que la forme la plus légère de la peste humaine, il existe une peste sans bubon qui évolue sous forme de pneumonie, très fréquente dans certaines épidémies, moins dans d’autres ; la pneumonie pesteuse est une des formes les plus