CHAPITRE V
TOXINES. — INTRADERMO ET INTRAMUCO-RÉACTIONS A LA PNEUMOCOCCINE.
La clinique montre dans certains cas, au cours de septicémies à pneumocoque, des phénomènes qui paraissent bien sous la dépendance des toxines élaborées et de leur action sur le centre nerveux.
On connaît la fréquence de l’herpès labial au cours de la pneumonie à tel point qu'il apparaît comme un signe quasipathognomonique de l'infection et que sa présence éveille immédiatement l’idée du pneumocoque.
GIRAUDEAU a signalé des cas de zona pneumonique et Talamon a insisté sur les connexions microbiennes évidentes qui existent entre cette affection et les pneumococcies.
Nous avons eu l'occasion d'observer à l'hôpital Saint- Louis, avec notre collègue MAILLET, un cas de maladie de
DunriNe avectempérature élevée et très nombreuses vésicules de pemphigus. L'hémoculture montra la présence dans le sang d'un diplocoque ; dans les vésicules on ne trouvait pas de microbe ou des staphylocoques venus évidemment de l'extérieur.
Il semble difficile de ne pas admettre, dans tous ces cas où la septicémie était évidente, une action particulière de toxine sur le système nerveux. Cette conception, en effet, pouvait rendre compte de la production de l'herpès, des vésicules de zona, des bulles pemphigoïdes. Il était donc naturel de rechercher l’action des toxines sur le système nerveux, et nous avons vu que cette étude demande à être poursuivie. Nous avons en outre pensé qu'il serait intéressant de pratiquer, avec des pneumococcines et des pneumobacillines de FrIEDLANDER, des intradermo-réactions. Malheureusement jusqu'à présent nous n'avons pu obtenir de toxines suffisamment virulentes pour que les expériences que nous avons tentées soient nettement concluantes. Les cultures chauffées injectées sous la peau sont bien capables de provoquer parfois une légère réaction locale, etil en est de même lorsqu'on les introduit à l’intérieur du derme.
Il est cependant difficile de tirer des conclusions des faits observés, d'autant que nous en possédons un trop petit nombre. Alors que les réactions à la tuberculose sont le plus souvent négatives chez le vieillard, fait qui tient sans doute à ce que rarement les tuberculeux atteignent un grand âge, les intradermo réactions à la pneumotoxine paraissent au contraire des plus fréquentes.
Enfin, nous avons l'intention de poursuivre ces recherches et de pratiquer des intramuco-réactions pour voir s'il ne serait pas possible de reproduire expérimentalement l'herpès et d’instituer ainsi une méthode capable de donner des renseignements précieux, tant au point de vue pathogénique qu'au point de vue diagnostique.