‹ Origines catholiques du théatre moderneChapitre 25 sur 69 · SAINT NICOLAS · texte numérisé non relu

SAINT NICOLAS

(i Ce n'est pas moi (|a"il faut adorer, frère, mais Dieu seul. C/esl lui, le Créateur du ciel, le Créateur de la terre et de la mer, qui l'a rendu ce qui t'avait été enlevé.

« Ne sois plus ce que lu as été; invoque comme divin le seul nom du Christ; adore ce seul Dieu par la volonté de qui tu as recouvré la perte. Le mérite n'en est pas à moi.

LE païen

w Sans balancer, sans tarder, je veux abjurer mon erreur ; je veux, abandonnant la religion des Gentils, croire en Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui a fait tant de miracles.

« C'est lui (jui a créé toutes choses, le ciel, la lerre elles mers: qu'il daigne m'accorder le pardon de mon

erreur 1 Lui le Tout-Puissanl, le Seigneur, il efïacera uion crime. Son règne n'aura point de fin ».

Bealus Xicolaus dicet :

Supplicare mihi noli, Frater, imo Deo soli :

Ipse nanique l'actor poli, Faclor maris atque soli, Restauravit perdituni.

Ne sis ultra quod luisti:

Solum laudes nomen Chi'isti ; Soli Deo credas isti, Per quem tua rccepisti :

Mihi iiullum est nierituni (1).

Ciii respondens Barhariis dicet :

Hic nulla consullatio; Nulla erit dilatio, Quin ab erroris vitio

Jam recedam :

In Clirislum, Dei lilium, Factorem mirabilium, Ritum linquens gentilium

Ego credam.

Ipse créa vit omnia, Cœlum, terram et maria ; Per quem erroris venia

Mihi detur !

Ipse potens et Dominas Meum delebit l'acinus ; Cujus regnum ne terminus

Consequetiu" {2).

(1) Il faut se rappeler que c'est à un païen, (lui a lait de sa statue une idole, que le Saint s'adresse. On a contesté, il e^t vrai, mais sans preuve suffisante, la parfaite orthodoxie d'IIi- Jaire au sujet du culte, si raisonnahlo, des saints.

(2) Du Méril, pp. 272-6.

On a remarqué sans doute les refrains en langue française ajoutés par Hilaire à ses couplets latins. Ce mélange avait assez souvent lieu dans les compositions poétiques des étudiants du moyen âge, et c'est là une raison qui, jointe à beaucoup d'autres, ne permet pas de croire qu'il y ait eu entre le monde de clergie et le monde laïrjiie, entre les auteurs en langue latine et les poètes en langue romane une infranchissable distance. Outre que les deux sociétés ne cessaient de se coudoyer, il y avait toute une classe de personnes qui vivaient, pour ainsi dire, sur les contins des deux mondes, et même passaient et repassaient de l'un à l'autre avec une singulière facilité. Je veux parler des simples clercs qui, ayant reçu seulement les ordres mineurs, rentraient après > des études plus ou moins achevées dans les rangs de la société civile, et y occupaient divers offices qui, par leur nature, conservaient à leurs possesseurs un lien avec la société cléricale et scolaire. Tels, par exemple, les notaires, les avocats, les médecins, etc., qui généralement, au temps où nous nous plaçons, appartenaient il la nombreuse catégorie des clercs inférieurs et même des clercs mariés. L'Eglise ne les repoussait point du rang qu'ils occupaient dans son sein au-dessous du sacerdoce, mais elle tenait particulièrement ses regards sur eux, pour surveil-

ORIGINES DU TflÉATIÎE. — \2.

17M ORIGINKS CATHOLIOUES DU THEATRE MODERNE

1er leurs mœurs et pour éviter qu'ils n'abusassent du [)rivilègc de clergie.

Ces clercs, en quittant les grandes écoles, ne perdaient point le goûts des plaisirs de Tespi'it, des compositions musicales et poétiques. Ils s'efforçaient, au contraire, d'unir la savante culture qu'ils avaient acquise aux dons plus spontanés de la poésie profane, et, si l'on me permet cette métaphore un peu hardie, d'enrichir de leurs points d'orgue les accents de la lyre et de la flûte des trouvères. Les goûts littéraires et en particulier les goûts dramatiques de la basoche, c'est-à-dire des clercs judiciaires, sont un fait suffisamment constaté au moyen âge. Les confréries pieuses qui, vers le milieu du douzième siècle, commencèrent à composer et à représenter, à côté des drames latins des étudiants et sur le même patron, mais élargi, des drames sacrés en langue vulgaire, se recrutèrent certainement, pour une bonne part, parmi les anciens élèves des écoles épiscopales ou monastiques, devenus de bons bourgeois sans cesser tout à fait d'être des cléricaux et des universilaires. A cette époque-là, en France, ces deux derniers mots auraient été synonymes. Les clercs rentrés dans le monde fournirent, à plus forte raison, un bon nombre d'adhérents à ces académies qui, vers la lin du même siècle, développant le côté littéraire des premières associations, s'établirent dans plusieurs villes, surloutau nord et au nord-est, sous le nom

de Piiys, et se placèrent généralement sous la protection de Notre-Dame.

Parmi les écoles poétiques qui se formèrent ainsi dans des cités que l'industrie et le commerce rendaient florissantes, celle d'Arras eut, au douzième et au treizième siècle, un grand éclat, dû au talent de ses trouvères ; parmi ceux-ci les clercs tinrent une place considérable. Il faut certainement ranger paimi les anciens étudiants rentrés dans la vie civile. Adam de la Halle, et probablement aussi son aîné Jean Bodel, deux poètes, dont les noms ontmérilt' de demeurer dans l'histoire de la littérature française et en particulier dans l'histoire de la littérature dramatique. L'un et l'autre me paraissent avoir été ce que j'appellerais volontiers des clercs échappés, c'est-à-dire des étudiants que telle ou telle aventure avait enlevés à leurs études, faites, par exemple, dans la grande abbaye de Vaucelles, à deux lieues au sud de Cambrai (1), pour les jeter non pas seulement dans la vie civile, dans les offices médicaux ou basochicns, mais dans la vie agitée et passal)lemcnt irrégulière des trouvères et des mt'-nestrelsde profession : un jour riches, un jour pauvres, parasites des grands seigneurs et des riches bourgeois, dont ils mangeaient aujourd'hui le j'ùl,

(1) C'est ce qui por.'iîl oerlnin pour Adam de la Halle. On ]).'ul, le croire de Jean Bodel, par analoifie, mais on peut croire aussi quil avait tout simplement étudié aux écoles épiscopale~ d'Arras. Le cours des études était peut-être moiii- étendu dans ces écoles que dans celles de l'abbaye.

quitte à se contenter, le lendemain, de pain sec et de fumée; assidus aux séances du puy, où se faisaient de si beaux jeux de rimes, et plus encore à celles des tavernes, où se faisaient de si beaux coups de dés; forts mangeurs, forts buveurs, et, comme on disait alors, grands lecheours ; trop galants, mais gardant au fond de Fàme la foi et même la piété de leur enfance, le souvenir et le regret de Tabbaye où ils avaient fait tant de vers latins, métriques et rythmiques, composé et représenté de si beaux mystères, à Xoël, à Pâques, à la fête de saint Nicolas, où ils avaient appris tous les secrets de la musique, et, n'eût été la rencontre de Marote ou de Marion, où ils enseigneraient peut-être à leur tour la rhétorique, la dialectique, ou peut-être même, gravissant les hauteurs du qiiadrivium, la physique et l'astronomie. Ils y revenaient parfois, sur leurs vieux jours, pour mourir dans la paix et dans la pénitence, parfois aussi ils finissaient leur vie en Terre-Sainte, à la croisade, ou, hélas! comme le pauvre Jean Bodel devenu lépreux, dans une ladrerie.

Avant cette triste fin, notre malheureux clerc fut un trouvère complet : lyrique, épique et dramati([ue. Il composa des chansons d'amour et des pastourelles, une chanson de geste et un jeu de saint \ic )l(i!i par personnages, en vers français. Il sei-ait conforme à la vraisemblance de regarder ce drame comme destiné à l'une des réunions solen-

nellesdu puy d'Arras. Mais on peut aussi lui supposer une autre destination. Ce n'étaient pas seulement les personnes pieuses unies pour des œuvres de religion et de charité, ou encore les musiciens et les poètes, les trouvères et les ménestrels qui formaient des confréries sous l'invocation de Notre-Dame ou d'un saint patron. C'étaient tous les corps de métiers, tous les industriels, tous les commerçants, maîtres, ouvriers, apprentis, (jui se groupaient à certains jours sous la bannière religieuse qui leur était propre, assistaient à l'office solennel du bienheureux qu'ils avaient choisi pour leur protecteur, célébraient sa veille et sa fêle par des cérémonies, des aumônes et des réjouissances extraordinaires. Les corporations mômes dont la réputation n'a jamais été parfaite avaient, comme les autres, leurs confréries et leurs patrons : ainsi les jongleurs, les ménétriers, les taverniers. La fréquence et l'étendue disproportionnée des scènes de jeu et de cabaret dans le Mii-acle de sninl \icolfis composé pai' Jean Bodel, conduisent assez naturellement à imaginer que cette pièce a pu être faite pour la réunion solennelle de quelque confrérie de ce genre. Les confrères aimaient à retrouver dans les drames conq)Osés pour eux, leurs occupalions, I(Mirs impr(>ssions de tous les jours.

Le poète avait sans aucun doule dans son souvenir quelque jeu latin de sr///?/ \icolas représenté, par exemple, à l'abbaye de Vaucelles, au temps où

il y laisait ses éludes, et analogue au drame d'Hilaiie ou au jeu de Saint-Benoîè-sur-Loire. Mais il a aussi puisé ailleurs, probablement dans une de ces nombreuses légendes latines, traduites souvent et amplifiées de quelque texte byzantin, qui ont exercé la plume de tant de pieux scribes dans les monastères, du neuvième au treizième siècle, et qui exercent aujourd'hui la critique de nos Bollandistes. C'est ce qu'on peut conclure du prologue que récitait le Prêcheur, c'est-à-dire, à l'origine, Bodel lui-même, rétabli pour quelques heures dans une fonction ou, pour mieux dire, dans un semblant de fonction cléricale et scolastique :

« Oyez, oyez, seigneurs et dames, — que Dieu garantisse vos âmes I — Ne vous ennuyez pas de votre profit. — Nous voulons vous parler aujourdhui — de saint Nicolas, le confesseur, — qui a fait tant de beaux miracles. — Ceci nous content ceux qui disent vrai — (pi'en sa vie nous trouvons, en la lisant, — que jadis fut un roi païen, — dont le royaume confinait à celui des chrétiens ; — chaque jour était entre eux la guerre.

— Un jour le païen fit attaquer — les chrétiens en un moment — où ils n'étaient point sur leurs gardes. — Aussi furent-ils trompés et surpris ; — il y en a eu beaucoiq) de morts et de pris. — Facilement les païens les déconfirent. — Or voici qu'en une cahute ils vil'ent — en prière un prud'homme de grand âge, - à genoux devant une image — de saint Nicolas, le baron.

— Là vinrent les coquins lelons ; — ils lui firent beaucoup (l'outrages et d'ennuis ; — i)uis emmenèrent rimage et lui, — de près le gai-<lèrent et tinrent, — et

enfin devant leur roi vinrent, — qui fut fort joyeux de la victoire ; — et ils lui contèrent l'histoire — du chrétien, comme ils l'avaient trouvé. — <■ Vilain, dit le roi au prud'homme, — est-ce en ce bois que tu as créance » ?

— « Sire, c'est qu'il est fait à la ressemblance, — de saint Nicolas, que j'aime beaucoup. — Aussi je l'invoque et je le prie, — parce que nul homme, qui se recommande à lui de cœur, — ne s'égarera en aucune sorte ; — et il est si bonne garde à choisir — qu'il multiplie et l'ait profiter — tout ce qu'on lui donne à garder ». — « ^'ilain, je le ferai larder — s'il ne conserve et multiplie, — mon trésor ; je le lui mets en garde — pour te confondre en cette occasion ». — Alors, il le fait mettre en prison, — et un carcan au cou river ; — puis il fit de son coffre les serrures ôter — et dessus coucher l'image; — il dit que s'il en reçoit aucun dommage, — et que le chrétien ne lui en puisse rendre bon compte, — il le fera mourir en grande honte. — Ainsi à saint Nicolas recommanda son avoir. — Quand les larrons purent le savoir, — une nuit à trois ils s'assemblèrent ; — au trésor vinrent et l'enlevèrent ; — et (piand ils l'eurent emporté, — Dieu leur envoya envie

— de dormir.: tel sommeil leur vint — qu'il leur fallut s'endormir là, — je ne sais où, en un habitacle. - Mais, pour abréger le miracle, — je passe outre en suivant l'écrit. — Quand le roi sut cela, et vit, — que son trésor a déménagé, — alors il se tint pour dupé. — Il commande qu'on amène le vilain, — et, ([uand il le voit, il lui demande : — u \'ilain, pourcpioi m'as-tu déçu »? — A peine ré|)ondre lui sut — le prud'homme, de la façon dont le menaient — ceux (pii des deux parts le tenaient. — L'un le pousse, l'autre le lire. — Le roi commande (ju'on le fasse — mourir de

mort laide et honteuse. — « Ah î roi, pour Dieu ! donne-moi répit — pour cette nuit seulemeni, fait le chrétien ; — afin que je voie si de ces liens — me tirera saint Nicolas ». — A grand peine il obtient ce délai ;

— et ici raconte le texte — qu'en sa prison le roi le fit remettre. — Quand il fut remis en prison, — il fut toute la nuit en oraison — et il ne cessa de pleurer. — Saint Xicolas se mit en chemin, — lui qui n'oublie pas son serviteur ; — il s'en vint trouver les voleurs, — et les réveilla, car ils dormaient ; — et maintenant, quand ceux-ci le virent, — ils furent toutà fait disposés — à faire selon sa volonté ; — et lui, sans s'amuser, — leur fit sur le champ reporter — le trésor, sans plus de retard, — et remettre l'image dessus,

— tout ainsi (ju'ils l'avaient trouvé. — Quand le roi eut ainsi éprouvé — la puissance miraculeuse du bon saint, — alors il commande qu'on lui amène — le prud'homme, sans le maltraiter. ~ Il se convertit et se fit baptiser, — lui et tous ses vassaux païens ; — et il devint prud'homme et bon chrétien ; — oncques n'eut plus de mal faire envie. — Seigneurs, voilà ce que nous trouvons en la vie, — du saint dont c'est aujourd'hui la veille, — ainsi il ne faudra pas vous étonner — si vous voyez diverses choses ; — car tout ce que vous nous verrez faire, — sera, sans aucun doute, moyen

— de représenter le miracle — tel que je viens de vous le conter. — C'est sur le miracle de saint Nicolas — que ce jeu est fait et composé. — Or faites paix, vous l'entendrez ».

La façon dont Bodel a Iraitë la matière qu'il vient d'exposer ainsi, nous paraît aujourd'hui fort étonnante. Il ne faut pas chercher seulement la raison

(le cette différence entre ses vues et les nôtres, clans sa façon personnelle de comprendre et d'exprimer les diverses circonstances de son sujet, c'est-à-dire dans la distance qui sépare un auteur dramatique du douzième siècle d'un lecteur du dixneuvième, mais Texplication s'en trouve aussi dans les nécessités ([ue lui imposait son auditoire, et dont plusieurs, quoiqu'il les subît sans trop de peine, répugnaient peut-être au fond à son goût comme elles répugneraient au nôtre. Malgré les termes de politesse « seigneurs et dames » qu'il lui adresse, on a droit de penser que cet auditoire n'était pas d'un ordre très élevé. Il y avait d'ailleurs dans le sujet une difficulté réelle de développement, car le miracle en lui-même ne fournissait que quelques scènes ; et c'est aux circonstances accessoires qu'il fallait demander, et que Bodel a en effet demandé de quoi j)roduirc une œuvre plus étendue et plus variée que les jeux latins des écoles. Parmi ces circonstances, le goût de son auditoire l'a conduit à donner une importance démesurée à celles qui pouvaient fournir des scènes de mœurs contemporaines, ou, comme nous dirions, des tableaux réalistes. La peinture de la vie de taverne, amenée j)ar la mise en scène des larrons (pii doivonl (h'rober le trésor, est vive et vraie, mais elle occupe dans le drame une place exagérée, et elle contient des répétitions et des longueurs insupportables pour toute assistance, qui

ne se serait pas composée en grande partie d'auberg'istes ou de piliers de cabaret.

Mais l'eau ou plutôt le vin devait venir à la ])Ouclie de tels auditeurs, en écoutant la scène suivante. Le roi ordonne à son sénéchal de faire crier que ses trésors sont à la merci du premier qui voudi'a les prendre :

LE SÉNÉCHAL

« Or, ca, Connart, crie ce ban, — que le trésor est aux galants. — Belle chance pour les voleurs !

coNNAHT le crieuv « Oyez, oyez, vous tous, seigneurs ; — venez avant, écoutez-moi. — De par le roi je vous fais savoir — qu'à son trésor et à son avoir — n'y aura désormais ni clef ni serrure. — Tout ainsi comme en pleine terre — le peut-on trouver, ce me semble. — Oui le peut enlever, qu'il l'enlève, — car il n'est gardé par personne, — sauf par un Mahomet cornu, — qui est tout mort, car il ne remue. — Maudit soit tout crieur qui bien ne hue !

LE TAVERNHiR

« Caignet, nous vendons bien peu ; — va et dis à Raoul ({u'il crie — le vin ; les gens en sont rassassiés.

CAIGNET walel d'aube/ye)

« Or ça, vous crierez, Raoul, — le vin percé tout de nouveau, — le vin d'Auxerre. à plein tonneau.

CONNART

« Qu'est-ce que ce musard? Que veux-tu faire? — Viens-tu m'enlever mon alVaii-e? — Assieds-toi et reste coi, — car sur mes di-oitslu entreprends.

UXOVhET

û Oui es-tu, toi, qui do crier me délends? — Dis-moi ton nom, que Dieu te gai-de !

COXNAIîT

«Ami, ou m'appelle Connarl ; — je suis cricur, par droit d'hérédité, — des échevins de la cité. — Depuis soixante ans passés et plus — je gagne ma vie à crier.

— Et toi, quel est ton nom, je te prie?

RAOUI.ET

<i J'ai nom Raoul, (|ui le \in crie; — j'appartiens aux hommes de la ville.

CONNAHT

« Fuis, ribaud, et laisse-là ta fourberie ; — quand tu cries, c'est à trop bas ton ; — mets bas ton pot et ton bâton. — Je ne t'estime pas un fétu.

RAOULET

« Ouest-ce, Connart ? me pousses-tu ?

CONNARÏ

« Oui, et peu s'en faut que je ne le frappe ; — mets bas ton pot et ton hanap, — et me laisse le métier (juitle.

RAOULET

« Oyez, quelle fourberie il a dite I — Celui (jui me commande de crier se moque de loi, — Connart, ne fais |)as le l'odomont, — de peur que tu n'aies ta volée.

— Toujours les gens de ton espèce sont bat lus. — .Jamais ils ne seront conlenis, si on ne les bal.

CAIGNET

<< Sire, \()ici qu'il y a combat — entre lîaoulel cl Connart, à cause du métier.

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