LA SERVANTE
Ils semblent fort honnêtes ; mais leur pauvre équi-
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Montre assez qu'ils n'ont qu'eux et leur petit ba-
rgage
Dessus un pauvre ânon. avecque des outils.
Des haches, des marteaux, des rabots et des scies ;
J'en ai compassion, s'il vous plaît les loger.
l'hôtesse Dans l'étable aux brebis avec notre berger.
Mon ami, je t'en prie ; Ou bien en l'un des coins de la grande écurie, Seulement sur du foin ou bien sur de la paille.
l'hôte Je ne veux point chez moi loger de la canaille.
l'hôtesse C'est par ton avarice que Dieu nous a puni; Nous ne faisons état des pauvres ni de lui. Nous n'avons point d'enfants et amassons du bien Pour des riches parents qui n'ont besoin de rien : Ayez au moins pitié de cette femme enceinte, J'en ai le cœur transi ; mon ame en est atteinte. l'hôte dit en se relirant avec ses gens : Fermez, fermez la porte ; Nous ne logerons point des gens de cette sorte.
Comme l'indique le titre du drame, la plus grande partie en est occupée par des scènes de vie pastorale. Nous citerons ce fragment du dialogue des bergers qui, sur l'invitation de l'ange, vont adorer l'enfant nouveau-né :
CLiMÈNE, bergère
Laissons donc tous \^aître nos bêtes ;
Allons, cherchons, trouvons le lieu ;
(Juittons moulons et brebiettes.
Afin d'adorer ce grand Dieu :
Notre mâtin sans cesse gronde.
Quand il ne voit pas son berger ;
Il fait incessamment la ronde.
Gardant nos troupeaux du danger.
GUH.LOT
Allons, allons de compagnie, Chère troupe de nos cantons, Et composons ime harmonie De toutes nos belles chansons :
Pierrot jouera de sa musette ; Je jouerai de mon flageolet ; Clorinde, qui est si discrette, Nous dira un air nouvellet.