‹ Origines catholiques du théatre moderneChapitre 46 sur 69 · PEI-LION · texte numérisé non relu

PEI-LION

Bergier qui ha pennctiere

Bien cloant (1), ferme et entière,

C'est ung petit roy :

Bergier (pii lia pcnnetiere A bon cloans Cl') par derrière Fermant par bonne manière,

One lui faut il ? quoy ?

11 a son chapeau d'osiere,

(1) Clouée, ai:!;ralY'0.

(2) Clous, agrafes,

Son poinsson il), son alleniere (2), Son croc, sa houllelte chiere,

Sa boite au terquoy (3),

Beau g-ippon (4) sur soy,

Et par esbanoy (5), Sa grosse fleute pleiniere,

Souliers de courroy (6) A beaux tacons (7) par derrière ; Face feste et bonne chiere :

C'est ung- petit roy.

Un autre genre emprunté à la poésie lyrique des trouvères prit dans la versification dramatique du XV^ siècle une importance extrême : c'est le rondeau. 11 ne faut pas entendre par là ce que nous désignons aujourd'hui par ce mot. Le rondeau du XV® siècle ressemble à ce qu'on a depuis appelé triolet, et consiste essentiellement dans le retour alterné de certains vers. Comme le rondeau a dû être primitivement un chant accompagnant des rondes, on a pu appliquer cette forme à la pastourelle, et en effet, le couplet que nous venons de citer a quelque chose du rondeau. Mais le rondeau proprement dit comporte au XV^ siècle des répétitions plus fréquentes des mêmes vers. Greban fait

(1) Poign.ird.

(2; Étui à alênes.

(3) Sa boîte à poix.

(4) Pourpoint.

(5) Divertissement.

(6) Souliers corroyés.

^7) Pièces de cuir.

iisacre de cette forme en deux manières. Il l'emploie à part, comme un petit morceau de poésie chantée : ainsi le beau rondeau des démons que nous citerons un peu plus loin. Il l'emploie aussi dans le dialogue, où il l'intercale tout à coup au milieu des vers à rimes plates. On en a pu voir un exemple dans la scène de diables reproduite plus haut. En voici un second dans ce dialogue des gardiens du sépulcre, après la Résurrection :

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