PILATE
« In Romain ne saurait condamner un homme à mort pour avoir tenu le propos dont vous parlez, et qui peut n'être que l'effet d'une imagination un peu exaltée. D'ailleurs, qui sait si ce Jésus n'est pas réellement le fds d'un dieu ? Si vous n'avez pas d'autre accusation à formuler contre lui, ne pensez pas obtenir de moi ce que vous demandez » (1).
Comme une sorte d'illustration prophétique et symbolique des tableaux dialogues de la Passion, s'y adaptent, nous l'avons vu, une série de tableaux vivants et de ligurations muettes, tirés de l'Ancien Testament. Bien que des chants lyriques trouvent une place en deux ou trois endroits du drame proj)i'enienl dit, l'explication des tableaux muets et de
(1) Traduclion rilée, p. 122.
leur rapport aux scènes qu'ils préfigurent, constitue la principale fonction dramatique du chœur, à condition d'y comprendre, comme en fait elles sont jointes à cette explication, les réflexions et exhortations pieuses adressées aux spectateurs. « Le chœur, dit M'"« Paris (1), a un rôle très important. Il est l'interprète du drame, il remplace Vargiimenlaleiir du moyen âge. Il explique les tableaux de l'Ancien Testament, et, lorsque le rideau se lève, se dispose des deux côtés de l'avant-scène. Il rattache le tableau qu'il vient d'expliquer à la scène évangélique qui va suivre, et, dès qu'elle commence, se retire comme il est venu, pour reparaître au moment où elle se termine, et s'acquitter de nouveau de son emploi ».
Citons comme exemple le prologue du dixième tableau, dont le sujet est le désespoir de Judas, et la préfiguration symbolique, le remords et la fuite épouvantée de Gain.