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CHAPITRE VI

SAINT PAULIN, ARCHEVÊQUE DE TRÊVES, ET L'iNVASION DE L'ARIANISME EN OCCIDENT.

La part qui revient aux Poitevins dans les graves événements de l'Église universelle est tellement considérable, que nous sommes contraints de les suivre encore loin de notre province. Aussi bien , quel plus beau titre de gloire pour une histoire locale que de se confondre avec celle de l'Église entière?

(1) Il écrivait en 962 (Bolland., loc. cit., p. 28, n° 13) : «Eaaute-m tempestate, vir clarissimus Henricus, genitor serenissimi Augusti Ottonis, eu jus imperii anno xxvii0 hœc scripsimus, monarchia regni potitus, etc. »

(2) Pertz, Monum. Germaniœ historica, t. VIII, p. 970.— Bolland, loc. cit., p. 20, n° 4 : «Scripsit Sigehardus San. Maximianensis monachus, Aquitanus homo, » ut censet Browerus , lib. IX Annal. Trevirensium, n°41, ut autem Schek- » mannus in libelle- de Reliquiis monasterii ejusdem , summx elegantix >» homo. » — Les écrivains de Trêves désignent constamment sous le nom ù'Aquitani les habitants du Poitou. — On peut voir dans les Bollandistes , t. VII maii, p. 20 et 35, les divers diocèses et les églises qui honoraient saint Maximin d'un culte spécial.

Agrecius, on se le rappelle, eut l'honneur d'initier le grand Constantin aux premiers éléments de la doctrine chrétienne; Maximin, d'être le premier maître de saint Ambroise; à Paulin était réservée la gloire de baptiser le grand thaumaturge des Gaules, saint Martin (1). Les prêtres de Trêves , chargés de faire subir les dernières épreuves du catéchuménat à cet officier de cavalerie , ne soupçonnèrent pas sans doute ce qu'il y avait de grâce dans son âme ; mais nous ne pouvons douter qu'une sympathie secrète et profonde ne s'établit entre Paulin et son illustre néophyte. Ces deux cœurs avaient trop de points de contact pour ne pas se comprendre. Cet événement , qui devait bientôt avoir de si importants résultats , eut lieu , selon toute probabilité, vers Tan 350.

Cette date est célèbre dans les annales de l'Église et de l'empire romain. Le 18 janvier de cette même année, l'un des deux fils de Constantin, qui gouvernait alors l'Occident, le jeune et courageux Constant, périssait à Elme , dans les Pyrénées , sous les coups des traîtres soudoyés par Magnence, l'un de ses officiers. Il n'avait pas trente ans. Avec lui les catholiques perdaient leur plus puissant et leur plus fidèle protecteur, et ils se trouvaient en face d'un double péril .

Magnence, en effet, qui venait d'assassiner son prince, n'était pas seulement un perfide ; c'était un barbare adonné à toutes les superstitions de la magie , et qui manifesta tout d'abord ouvertement sa prédilection pour le culte idolâtrique (2). Marchant sur les traces de son auguste père, le

(1) Cf. notre étude intitulée : Saint Martin et son monastère de Ligvgé, p. 12.

(2) S. Athanas., Apolog. ad Constant., nis 6, 7. — Cod. Theod., lib. XVI, tit. leg. 5.

jeune empereur Constant avait ordonné la destruction , ou la transformation en églises chrétiennes de tous les temples païens situés dans l'enceinte des villes , et avait même interdit les sacrifices publics en l'honneur des fausses divinités (en 341 et 342) (1). Magnence, par une sacrilège réaction,, rétablit jusqu'aux sacrifices nocturnes, depuis longtemps proscrits. Si donc ce tyran était maintenu au pouvoir, le paganisme menaçait de reprendre une partie de son empire. Mais si Constance , frère de la victime , parvenait à le renverser, la situation du catholicisme devenait encore plus critique : l'arianisme triomphait avec lui, et pouvait étendre sur tout l'empire romain ses infernales machinations.

Pour bien comprendre la vérité de cette observation , il est nécessaire de revenir sur nos pas.

Les deux Eusèbe, évêques, l'un de Nicomédie, l'autre de Césarée en Palestine , avaient réussi , nous l'avons déjà vu, à former un parti puissant contre la foi de Nicée, en s'emparant des principaux sièges épiscopaux de l'Orient. Par eux-mêmes , par leurs créatures et par leurs intrigues , ils étaient parvenus à circonvenir l'empereur Constantin luimême et à obtenir le bannissement d'Athanase. Constance , après la mort de son père, se livra complètement à eux. Forts d'un pareil appui, ces intrigants se posèrent désormais comme une puissance rivale en face du pouvoir suprême de l'Église , et osèrent proclamer, à Àntioche , un symbole de foi différent de celui de Nicée , qu'ils firent adopter de gré ou de force par presque tous les évêques soumis à l'autorité de Constance. En vain le saint pape Jules Ier, dans son admirable réponse , et le concile de Sardique dans ses im-

(1) Cod. Theod., lib. XVI, tit. x, De Paganis , leg. 2 et 3. On peut faire remonter à cette époque plusieurs de nos églises.

mortels décrets , rappelèrent-ils les prérogatives divines de saint Pierre et de ses successeurs ; en vain prononcèrent-ils un jugement solennel en faveur d'Athanase , chassé de nouveau de son siège par les ennemis de la vérité catholique : loin de se soumettre , ces derniers levèrent hautement le drapeau de la révolte, et, opposant anathèmes à anathèmes, ils s'abritèrent plus que jamais sous la pourpre impériale.

Ainsi , du reste , dans toutes les grandes collisions intestines de l'Église, ont constamment agi les hommes orgueilleux qui préférèrent les illusions de leur esprit à l'autorité suprême du Pontife romain. De là sont nées et se sont infiltrées dans beaucoup d'esprits , pendant ces tourmentes , tant d'idées subversives de la constitution divine de l'Église, qui , par une grâce dont nous ne pouvons être assez reconnaissants, ont été heureusement détruites par les décisions récentes du concile du Vatican.

Toutefois, le triomphe complet des ariens fut un instant arrêté par une volonté puissante. Constance et ses évêques courtisans avaient compté sans l'empereur d'Occident. Ce dernier, qui mettait sa gloire à défendre les principes et les droits de l'Église catholique, écrivit à son frère des lettres assez vives dans lesquelles il lui présentait le retour d'Athanase et le triomphe de la foi de Nicée en Orient comme une condition indispensable à la bonne harmonie qui doit régner entre deux frères. Ces lettres produisirent un double effet : elles ramenèrent Athanase au milieu de son troupeau, aux acclamations de la ville d'Alexandrie tout entière , et elles obligèrent les chefs du parti arien à nouer leurs intrigues avec plus de réserve et de précaution. Les catholiques de l'Orient profitèrent de cette paix, plus appa-

rente que réelle, pour resserrer leurs rangs et réparer leurs pertes (1).

Les choses en étaient à ce point lorsque éclata la fatale nouvelle de l'usurpation de Magnence et de la mort de Constant. Les catholiques furent consternés. Les Eusébiens , retenus au premier moment par les lois de la bienséance , ne tardèrent pas à se livrer à une allégresse effrénée.

Exercer en Occident les mêmes violences qu'en Orient contre les principaux évêques dévoués à la cause d'Athanase ; détruire peu à peu le respect envers le dogme de la consubstantialité du Verbe , et substituer au Symbole de Nicée les formules de foi équivoques, inventées dans leurs conciliabules, tel fut le programme que se proposèrent (2) et exécutèrent ces fanatiques partisans de l'impiété. Pour mieux tromper les catholiques et les empêcher de prêter leur appui aux prétentions de Magnence et de Vetranion, proclamé Auguste par les légions d'Illyrie et de Pannonie, Constance écrivit à saint Athanase une lettre remplie des plus chaleureuses protestations d'amitié et de promesses pour l'avenir. Mais à peine, moitié à prix d'argent, moitié par l'habileté de ses généraux, eut-il obtenu la soumission de Vetranion, qu'il commença à jeter le masque (25 décembre 350).

La victoire décisive qu'il remporta sur Magnence dans les plaines de Murse. en Pannonie (28 septembre 351), acheva de faire de lui le docile instrument des sectaires. Parmi les chefs de l'hérésie, deux hommes surtout ont laissé dans l'histoire une mémoire exécrée : ce sontUrsace, évêque de Singidon , dans la Haute-Mésie , et Valens , évêque de Murse. Ce dernier sut habilement profiter des tendances un

(1) S. Athan., Hisi. Arian.,n0 27.

(2) S. Athan., Hisl. Arian., nis 28-30.

peu superstitieuses du fils de Constantin pour gagner sa confiance. Pendant la bataille qui se livrait aux portes de Murse, l'empereur se tenait retiré dans un martyrium, ou église consacrée à des martyrs, dans quelque cimetière voisin de la ville. Valens venait de temps en temps lui apporter des paroles de consolation ; mais tout à coup , se prétendant inspiré par un ange, il affirme que le tyran est vaincu et la bataille gagnée : ce que des gens postés en lieux sûrs venaient de lui apprendre. Cette prétendue révélation fit une profonde impression sur le trop crédule empereur, qui, depuis lors, aimait à attribuer aux prières et aux mérites de l'évêque de Murse le triomphe de sa cause.

Cependant, laissant Magnence s'enfuir au-delà des Alpes, Constance fit prendre les quartiers d'hiver à ses troupes fatiguées (1), et se retira lui-même à Sirmium (2) avec les principaux évêques de la secte arienne qui le suivaient partout (3). Ceux-ci y composèrent un long formulaire de foi (4), dans lequel ils confessaient, à la vérité, que le Fils de Dieu est de la même substance que son Père ; mais ils ajoutaient à cet aveu plusieurs anathèmes fort contestables , et contraires en partie à leur première affirmation. Celte contradiction était du reste une nécessité, les auteurs de ce formulaire appartenant à des nuances fort diverses de l'hérésie arienne. Les uns, en effet, comme Basile d'Àncyre, admet-

(1) Tillemont, Emper., IV, 376.

(2) Sozom., HisU, IV, 4. — Cod. Theod. : Chronol., p. 50.

(3) Sulpic. Sever., Hist. eccles., lib. II, cap. xxxviii. Palrol. lat., t. XX, col. 150.

(4) S. Athanas., De Synodis, n° 27. — S. Hilarii Pictav. De Sijnodis, n° 38.— Socrat., Hist., Il, 30.— Tillemont, Hist. ecclés., VI, 351. — Ce dernier prétend que ce formulaire fut dressé avant la bataille de Murse, et il s'appuie sur Socrate, qui n'en dit rien; mais il est tout à fait invraisemblable que les évêques courtisans de Constance aient songé à cabaler contre les catholiques de l'Occident avant d'être assurés de la victoire de leur maître, et au moment où Magnence avait envahi toute la Pannonie,

taient à peu près le fond du dogme catholique, tout en refusant de reconnaître l'exactitude du mot consubstantiel , consacré par la définition de Nicée ; mais le plus grand nombre se rapprochait beaucoup du pur arianisme.

Ce qui donne à ce concile de Sirmium une importance particulière , c'est qu'il fut le premier acte d'oppression exercé sur le territoire de i'empire d'Occident, au nom de l'autorité impériale s'arrogeant le droit d'imposer aux fidèles les variations capricieuses de ses formules de foi.

En apparence, les évêques delà cour byzantine n'avaient eu pour but que de condamner les erreurs de Photin, évêque de la ville même de Sirmium. Mais si l'on étudie attentivement la marche suivie par eux pendant tout le temps qu'ils ont tyrannisé l'Église sous le couvert du pouvoir civil, on voit qu'ils visaient plus haut et plus loin. Sous le nom de Photin, ils avaient en vue Marcel d'Ancyre, son maître (1), et derrière Marcel saint Athanase lui-même , uni de communion avec ce dernier (2). N'osant encore attaquer de

(1) Cf. S. Athan., De Synodis, n° 26, apud. Patrol. grxc, t. XXVI, p. 731 ; S. Hilar., De Synodis, ir' 39, 50, 61, et S. Hilar., Frag., II, n" 19, 21.

(2) Quoi qu'en disent l'auteur des fragments attribués, à tort croyonsnous, à notre saint Hilaire de Poitiers {Frag., II, 21) et Sulpice Sévère (Hist. eccles., lib. II, cap. xxxvn), saint Athanase ne paraît pas s'être séparé de la communion de Marcel d'Ancyre (cf. D. Montfaucon, De Vita et Scriplis Marcelli Ancyrani, cap. v, apud Patrol. grsec.,t. XVIII, col. 1294-1295), qui, absous avec Athanase par les conciles de Rome et de Sardique, n'avait été condamné que par les assemblées ariennes de Philippopolis et d'Antioche (S. Athan., Hist. Arianor., n° 6). Aussi bien, S. Athanase se faisait un devoir, comme tous les catholiques, de suivre en ce point les décisions de l'Église romaine. Or saint Basile se plaint de ce que ni le Pape, ni les évêques d'Occident, ni même saint Athanase, ne s'étaient séparés de la communion de Marcel, qui, à ses yeux, était vraiment coupable de l'hérésie dont on l'accusait : « Requiritur ut ipsi (Occidentales) Marcelli haeresim exter-

» minent. Nam hactenus in omnibus quas scribunt litteris, Arium ana-

» themate ferire non cessant; Marcello vero nullum videntur intulisse

» vituperium Igitur et illius mentionem fieri res présentes postulant,

» ut qui occasionem quaerunt, occasionem non habeant, dum sani ad tuam » se sanctitatem adjungunt et qui circa sacram fidem claudicant , manifesti

front les décisions de Rome et de Sardique, ils les battaient indirectement en brèche en condamnant ceux qui avaient été absous avec le grand évêque d'Alexandrie (1). Mais la ruine complète de Magnence, qui, après des échecs successifs en Italie et dans les Gaules, fut réduit à se donner la mort [15 août 353] (2), leur permit enfin de prendre l'offensive.

Que le lecteur ne s'étonne pas de voir des évêques jouer un rôle si indigne de leur caractère sacré. Autant la foi catholique inspire de généreux sentiments , autant l'hérésie , née du mensonge et de l'orgueil , détruit , surtout à son début, les vertus même naturelles de l'homme. Qu'on se rappelle les excès commis par les schismatiques de France en 1793. Aussi bien, ils n'étaient pas des pasteurs , mais des loups ravissants, ces hommes qui, hier encore, adoraient les idoles et ignoraient les premiers principes du christianisme. Ambitieux, devenus évêques au moyen de l'intrigue et de la violence, ils avaient usurpé sans scrupule les sièges des vénérables pontifes exilés par la tyrannie d'un César. Avides des richesses de l'Église , dont les évêques avaient l'administration , ils sacrifiaient tout pour obtenir et conserver une position si lucrative. Plusieurs enfin, gens de la curie municipale , grevés d'impôts intolérables , s'étaient jetés dans les rangs du clergé pour se mettre à l'abri des poursuites du fisc sous l'égide de l'immunité ecclésiastique,

» omnibus fiant ; nec jam velut in noclurna pugna nullum sit amicorum et

» inimicorum discrimen. » (S. Basilii Epist. classis n, epist. lxx, n° 2, et epist. ccxxxix, n° 7.)

(1) Cette observation très-juste est de Sulpice Sévère (Hist. eccles., lib. II, c. xxxvn; Patrol. lat., t. XX, col. 150) et de l'auteur du second fragment attribué à saint Hilaire {Patrol. lat.} t. X, col. 651).

(2) Socrat., Hist. eccles., II, 32. — Le 10 août, selon l'auteur des Fastes siciliennes (God. Theodos., lib. IX, tit. xxxvin, leg. 2 comment.).

et devenaient par là même les instruments dociles des intrigants à qui ils devaient leur fortune (1).

Usurpateurs, ambitieux, ignorants, affranchis, ils ne possédaient de 1 episcopat que le nom sacré. Plusieurs même ne croyaient pas en Dieu (2). Tel est le tableau , hélas! trop véridique que saint Athanase et notre grand Hilaire nous ont transmis de la situation de l'Église en Orient , par suite des bouleversements schismatiques opérés parles Eusébiens. Et c'est à jeter l'Église d'Occident dans une perturbation analogue que l'empereur Constance et ses prélats courtisans allaient employer toutes les ressources de leur mauvais génie. Séductions, menaces, violences , rien ne fut épargné pour parvenir au but proposé.

Saint Paulin de Trêves eut l'honneur d'essuyer les premiers coups. Ursace et Valens, semble-t-il , avaient hâte de se venger de la honte qu'ils avaient subie peu d'années auparavant , lorsque , sous l'impression de la crainte inspirée par le jeune empereur Constant, ils avaient rétracté publiquement, à Milan et à Rome, les calomnies par eux répandues contre saint Athanase (3). On les avait même obligés d'écrire , en ce sens , une double lettre d'excuse au pape saint Jules 1er et à l'illustre défenseur du consubstantiel; et notre Paulin, de Trêves , avait été chargé, au nom des Pères de Milan et de Rome, de faire parvenir à Alexan-

(1) Tout ce tableau est emprunté à saint Athanase, passim, et notamment Hist. Arianor. ad monachos, nis 3, 74, 78.— Cf. Cod. Theodos., lib. XVI, tit. n, De Episcopis, Ecclesiis et Clericis, leg. 9, 11, 12.

(2) « Audivi et vidi vitia prœsentium, dit saint Hilaire , non laicorum sed episcoporum. Nam, absque episcopo Eleusio (évèque semi-arien de Cyzique) et paucis cum eo , ex majori parle Asianœ decem provinciae , intra quas consista, vere Deum nesciunt. » (S. Hilar., De Synodis, n° 63.)

(3) S. Athanas., Apologia contra Arianos , n" 38, 88; Hist. Arianorum ad monachos, n1' 26, 29, 76; Apologia ad Conslantium , n° 1.— S. Hilar., De Synodis, n° 79; lib. ad Conslantium, n° 5; Fragment., II, n° 20.— Socrat., Hist. eccles. } II, 24. — Theodoret., Hist. eccles., II, 13. — Sozom., Hist. eccles., 111,29.

drie ces précieux documents (1). Par cette intervention directe et par le rôle important qu'il joua en cette circonstance, notre saint compatriote se trouvait donc naturellement désigné à la vindicte des hérétiques.

Constance était alors dans la ville d'Arles , où il célébrait, par des fêtes splendides , son triomphe sur Magnence et le trentième anniversaire de son avènement au trône (10 octobre 353) (2). Mais, nouvel Hérode , il ne rougit pas de souiller ses jeux et ses festins par de cruelles vengeances et d'injustes condamnations (3). Plus infatué de sa prétendue science théologique (4) que de son habileté dans l'art de la . guerre , livré aux adulations des prélats hétérodoxes , qui formaient comme son conseil permanent des affaires ecclésiastiques (5), ce prince inepte avait résolu de rétablir à sa façon la paix dans l'Église entière.

On avait découvert , disaient ses perfides conseillers, que l'évêque d'Alexandrie, partisan secret de Magnence, avait trempé dans la conjuration ourdie contre Constant , et parlait de l'empereur régnant en des termes dignes d'un perturbateur du repos public (6). C'était donc un devoir d'État, aussi bien qu'un acte de justice, de condamner cet

(t) S. Athan., Apologia contra Arianos, n° 58; Hist. Arianor., nu 26, 76, 78. De ces deux derniers paragraphes surtout, il ressort manifestement que Paulin, dont parle saint Athanase dans les textes précédents, est bien Yévêque de Trêves, et non pas un évêque inconnu de Tribur ou Tivoli. La haute position qu'occupait alors, parmi le clergé d'Occident, le métropolitain de Trêves, et les liens intimes qui unissaient personnellement saint Paulin à saint Athanase, le désignaient naturellement comme intermédiaire officieux dans cette affaire délicate. D'ailleurs, saint Athanase appelle constamment Trêves TpiSspwv {Hist. Arian., n° 33), comme dans les autres passages cités plus haut.

02) Ammian. Marcellini lib. XIV, cap. v.

(3) Amm. Marcellin., ibid. — Tillemont, Emper., IV, 385.

(4) S. Athanas., Apolog. ad Conslantium, nu 14, 18, 35.

(5) Sulpic. Sever., Hist. eccles., Il, 38.

(6) Ces accusations nous sont révélées par saint Athanase lui-même, qui a composé, pour les réfuter, son Apologie à Gonstance.

homme , en qui se résumaient tous les obstacles à la tranquillité civile et religieuse.

Les prélats ariens de la cour de Constance écrivirent , en ce sens , au saint pape Libère , qui avait succédé au bienheureux Jules Ier, lui offrant à ce prix la réunion de tous les Orientaux à la communion de l'Église romaine (1). Mais, prévoyant le coup , quatre-vingts évêques d'Égypte adressèrent au même pontife une protestation contre les calomnies des Orientaux, et les évêques d'Italie ^ réunis à Rome , décidèrent que, devant une pareille opposition, l'Église romaine ne pouvait céder aux ennemis d'Athanase (2).

A la nouvelle de cette décision , l'empereur entra en fureur contre le Pape (3) , et manda dans la ville d'Arles les principaux évêques d'Italie , dans le but d'obtenir d'eux , en sa présence , ce qu'ils avaient refusé sous la présidence du souverain pontife. Plusieurs prélats de la Gaule, notamment saint Paulin de Trêves , se trouvèrent également à cette assemblée (4) . Le pape Libère y envoya , pour le représenter, Vincent, évêque de Capoue, et Marcel, évêque d'un oppidum inconnu de la même province de Campanie (5).

La lutte était engagée ; elle fut terrible dès son début.

Par l'organe d'Ursace et de Valens , Constance déclara tout d'abord que le premier devoir de l'épiscopat d'Occident était de réformer le jugement des Pères de Sardique ,

(1) Sozom., Hist. eccles., IV, 8.— S. Hilarii Fragm. V, n° 2. — Nous citons ce passage parce qu'il fait partie d'une lettre authentique de Libère. Tillemont (Hisi. ecclés., VI, 356-357) ajoute à cela des circonstances tirées d'une lettre reconnue apocryphe par tout le monde : bonne foi de janséniste l

{l) S. Hilar. Fragm., ibid.

(3) Fragm. V, n« 1.

(4) S. Hilar. Fragm. I, 6; lib. I ad Constant., n° 8.

(5) S. Hilar. Fragm. VI, n° 3. — Nous citons ces documents sous le nom de saint Hilaire, tout en nous réservant de traiter, dans un article spécial, à la fin de ce volume, la grave question de critique historique concernant ce recueil fameux.

et de condamner avec Photin et Marcel , l'évêque d'Alexandrie, comme l'avaient fait naguère les évêques d'Orient (1).

Cette proposition fut accueillie par un silence improbateur ; et comme les ariens insistaient, le vénérable Paulin , de Trêves, se levant au milieu de l'assemblée (2) : « Prince, dit-il, nous souscrirons à la condamnation de Photin et de Marcel ; mais à celle d'Athanase, jamais ! Aussi bien, les accusateurs d'Athanase ne sont pas recevables en justice, car ils ont avoué naguère, dans un écrit public, qu'ils n'avaient été jusque-là que des calomniateurs. Or, comment ajouter foi à des hommes qui ont porté contre eux-mêmes un pareil jugement? »

Cette apostrophe étonna par sa hardiesse l'empereur luimême , qui essaya de gagner le courageux pontife par des flatteries et des promesses hypocrites (3). Mais bientôt, voyant ses efforts inutiles : « Eh bien ! s'écria-t-il , l'accusateur » n'est ni Ursace ni Valens , c'est moi-même ! Avez-vous » foi en mon témoignage !» — « Dans une affaire concer- » nant l'État , répliqua l'intrépide défenseur de la vérité el » de la justice, votre jugement serait souverain; mais, en » ce moment , il est question d'un évêque , et les règles du

(1) Sulpic. Sever., Hist. eccles., lib. II, cap. xxxvn.

(2) S. Athan., Hist. Arian., n° 76.— S. Hilarii lib. I ad Constantium, n° 8. — Saint Athanase met le dialogue qui suit dans la bouche, non-seulement de saint Paulin, mais des autres confesseurs de la foi, et au concile de Milan. Cela vient de ce qu'il raconte un peu confusément ce qui s'est passé à Arles et à Milan, tandis qu'il est constant, par saint Hilaire et Sulpice Sévère, que saint Paulin fut exilé par suite de son refus d'adhérer, dans le concile d'Arles, à la condamnation de saint Athanase. D'ailleurs, l'auteur du premier fragment, qui porte le nom de saint Hilaire, donne pour ainsi dire le résumé du discours du saint archevêque en écrivant dans le passage cité plus haut :« Cum Paulinus episcopus tantis istorum sceleribus contraisset.» (Cf. Hilarii Fragment. , 1, n° 8; contra Constantium, n° 11.— Bolland., Act.SS., t. VI august., p. 670.)

(3) « Tu Paulinum beatse passionis virum blandimento sollicitatum relegasti,et ecclesiam sanctam Trevirorum tali sacerdote spoliasti. » (S. Hilar., contra Constantium3 n° 11.)

» droit ecclésiastique veulent que l'on observe , en pareil » cas, la plus parfaite impartialité entre l'accusateur et » l'accusé. Or, comment pouvez-vous vous porter accusa- » teur d'un absent, dont vous n'avez pas entendu la dé- » fense , et dont vous ne connaissez les délits que par les » rapports de ses ennemis?» — « Que m'importe votre » droit ecclésiastique, repartit le César de plus en plus irrité ; » le droit canonique, c'est ma volonté , ainsi que me l'ont » avoué les évêques de la Syrie (1). Je suis l'évêque des » évêques (2). Or, obéissez ou préparez-vous à l'exil. »

On le voit, la funeste doctrine du césarisme, qui soumet l'Église à l'omnipotence de l'État, n'est pas d'hier. Privés, par leur rébellion , de la force divine , les hérétiques ont essayé, à toutes les époques de l'histoire , de s'appuyer sur la force de l'empire terrestre. Depuis les partisans de Paul de Samosate en Orient, et de Donat , en Occident , jusqu'aux luthériens et aux révolutionnaires des temps modernes, leur conduite n'a pas varié. Mais aux ariens appartient la théorie de cette erreur, que nous verrons désormais se renouveler dans toutes les grandes crises sociales et religieuses, et qui essaya même, en 1682, de se poser comme l'expression du dogme catholique. Toutefois, n'allons pas confondre avec les idées non moins subversives de la séparation de l'Église et de l'État les courageuses protestations que firent alors entendre les Paulin, les Athanase, les Hilaire, les Grégoire de Nazianze , les Ambroise , les Augustin , etc. Ces grands hommes n'ont jamais combattu pour autre chose

(1) S. Athan., Hist. Arian., n° 33 : « At quod ego volo, id pro canone, inquit, habeatnr : me quippe ita loquentem Syri episcopi tolérant. Aut igitur obtemperate, aut vos extorres futuri estis. »

(2) « Cui (Constantio) crebro sunt acclamantes ariani dogmatis tui episcopi : episcopum le esse episcoporum.» (B. Luciferi Calaritani Lib, Moriendum esse pro Dei Filio, apud Patrolog. lat., t. XIII, col. 1032.)

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que pour la souveraine indépendance de l'autorité divine de l'Église. Quant à la séparation théorique des deux pouvoirs (1) et au soi-disant principe de la liberté de conscience, ils n'y ont même pas songé (2). Ils se sont élevés contre les prétentions de la puissance impériale , et non pas contre l'harmonie des deux forces civile et religieuse , mises au service de la civilisation chrétienne.

Le lecteur nous pardonnera cette digression ; elle trouvera bientôt son application pratique.

Cependant la liberté tout apostolique de Paulin de Trêves fut considérée comme une offense à la majesté impériale , non pas seulement par Constance (3) , mais encore par la tourbe des prélats courtisans. Saturnin , évêque d'Arles , le plus puissant des métropolitains de la Gaule après celui de Trêves , s'écria qu'une telle impudence méritait la déposition , et sa sentence fut applaudie par les coryphées de la secte (4) , au milieu du silence trop pusillanime des légats du Saint-Siège et des évêques de l'Italie (5). Valens et Ursace s'étaient vengés. Mais ces hommes iniques ne furent pleinement satisfaits que lorsque la tyrannie de leur protecteur impérial eut sanctionné, par un arrêt d'exil, la condamnation prononcée par Saturnin. On était alors au commencement de l'année 354.

(1) Cette séparation, du reste, a été moins radicale qu'on ne le croit généralement, même sous le règne des empereurs païens, à partir surtout du me siècle. (Cf. comte Desbassyns de Richemont : Les Nouvelles Études des catacombes romaines, p. 129.)

(2) MerFreppel, Tertullien, t. Ier, p. 107 et suiv.

(3) « His auditis, ratus (Constancius) hase verba, quœ recta sane erant, in suam vertere contumeliam , viros misit in exsilium. » (S. Athanas., His t. Arian., n° 76.)

(4) « Paulinus indignus Ecclesia ab episcopis, dignus exsilio a rege est

judicatus. » (S. Hilarii Fragment. I, n° 6; Lib. contra Constantium , n° 2.— Hist. litlér. de la France, t. II, p. 117.)

(5) S. Hilar. Fragment. VI, n° 3. — Baronii Annal, an. 353, n° 20. — Mansi Concil, t. III, col. 200, 204.

L'intrépide confesseur de la foi , Paulin, fut livré aussitôt en proie à de féroces satellites , qui lui firent subir les plus cruels tourments. Non content de lui avoir refusé la consolation de dire adieu à son Église , à sa patrie , l'indigne fils du grand Constantin le fit traîner d'exil en exil jusqu'à l'extrémité de l'Orient, parmi des nations barbares qui n'avaient aucune notion de la foi chrétienne. On porta même la cruauté jusqu'à lui refuser la nourriture nécessaire à la vie ; en sorte que ce vénérable évêque, cet excellent, ce saint confesseur de la vérité, comme l'appelle saint Athanase (1), était obligé de se contenter du pain d'orge que voulaient bien lui offrir les pauvres habitants de ces contrées sauvages. Enfin on le confina à l'extrémité de la Phrygie , dans un village peuplé de montanistes , vivant pour la plupart dans des cavernes ; et ces hérétiques , moins inhumains que les évêques ariens et leur César persécuteur, partagèrent avec lui le pain de chaque jour.

Telles sont les données historiques, malheureusement trop incomplètes, qui sont parvenues jusqu'à nous sur le long martyre de l'illustre descendant des Paulini du Poitou ; mais ce qui en relève le prix , à nos yeux surtout , c'est qu'elles nous ont été transmises par saint Hilaire lui-même (2). Il les avait sans doute puisées sur les lieux mêmes où avait souffert son glorieux compatriote.

On croit généralement que ce fut après six ans d'exil et de souffrances que Dieu vint enfin couronner son généreux et fidèle serviteur, vers l'an 358 ou 359 (3). Les populations,

(1) Apolog. ad Constant., n° 13.—- Hist. Arian., n° 33.

(2) « Ipsum (Paulinum) usque ad mortem demutasti exiliis et fatigasti, extra christianum quoque nomen relegasti , ne panem aut de horreo tuo sumeret, aut de Montanae Maximillœque antro profanatum expectaret. » (S. Hilar. contra Constantium, n° 11.)

(3) Bolland. , Act. SS. , t. VI august., p. 671 ; Chronic. S. Hieron., apud

témoins de sa sainte vie et de sa bienheureuse mort, honorèrent son tombeau comme celui d'un martyr de la foi. On raconte même qu'ils avaient embrassé le catholicisme, tant ils avaient été touchés de sa patience, de ses miracles, de son zèle apostolique (1).

Cependant , vers la fin du ive siècle , sous l'épiscopat du bienheureux Félix, son troisième successeur, les Tréviriens obtinrent , non sans difficulté , que le corps du saint confesseur leur fût restitué (2) . On fit construire en son honneur une magnifique basilique et un monastère célèbre dans l'histoire de l'Église de Trêves. Les saintes reliques furent déposées dans un sarcophage de marbre entouré de chaînes de fer. C'est là, dans une crypte creusée pour le recevoir, que reposa l'ami fidèle du grand Àthanase, le digne fils de Maximin, le premier martyr de la foi de Nicée en Occident. Car au Poitou était encore réservée cette gloire : avant les illustres confesseurs Eusèbe de Verceil , Lucifer de Cagliari , Rodane de Toulouse et Libère de Rome , notre Paulin de Trêves mérita d'être la première victime de l'impiété arienne donnant la main au despotisme. Et à cet honneur, déjà si grand aux yeux de la foi, Hilaire de Poitiers viendra bientôt ajouter sa couronne immortelle.

Échappé miraculeusement aux dévastations normandes, en 882, le corps de notre bienheureux confesseur demeura enseveli sous un amas de ruines jusqu'en 1071. Découvert à cette époque , il devint dès lors l'objet d'une vénération particulière qui n'a fait que grandir à travers les siècles. Sa fête se célèbre encore le 31 août. Saint Athanase attribue à

Patrolog. lat.} t. XXVII , col. 690.— Cela ressort assez du texte précédent de saint Hilaire, qui le suppose déjà mort. Or il écrivait au plus tard en 360 ou 361. (Cf. Hist. litiér. de la France, t. II, p. 12,1-124.)

(1) Bolland., AcL SS., t. VI august., p. 672, 678.

(2) Bolland., loc. cit.

— UÂ —

saint Paulin, aussi bien qu'à saint Maximin, quelques écrits contre les ariens , mais ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous (1).

La déposition et l'exil de Paulin de Trêves répandirent la consternation et l'effroi parmi les catholiques présents à cette inique condamnation. Redoutant de voir Constance et ses suppôts jeter les Églises de l'Occident dans les mêmes perturbations que celles de l'Orient, les légats de Libère ne trouvèrent rien de mieux à faire que de se retrancher derrière l'ordre impératif qu'ils avaient reçu de ne pas souffrir qu'on changeât rien à la sentence du Siège apostolique en faveur d'Àthanase. « Toutefois, ajoutèrent-ils, nous condes- » cendrons au désir des Orientaux, pourvu que ceux-ci con- » sentent préalablement à dire anathème à la doctrine » d'Arius [2). » Cet expédient, accepté par les évêques d'Italie, laissait aux ariens des espérances qui, hélas! ne devaient pas tarder à se réaliser. En effet, cette condition préalable pouvait facilement être présentée comme injuste et injurieuse à l'Orient tout entier ; et une fois ce point gagné, les évêques de l'Occident étaient contraints de tenir leur promesse et de condamner Athanase en qui se personnifiait, à cette époque, l'orthodoxie de l'Église universelle. C'est ce qui arriva à Milan , au commencement de l'année suivante (355).

En vain, pour conjurer l'orage et réparer le mal déjà fait,

(1) Hist. liltér. de la France, t. II, p. 124.

(2) S. Hilar. Fragment. V, nu l, 5. Le saint pape Libère , qui prévoyait les conséquences de cette concession , l'appelle « une dissimulation », simulalio (Mansi Concil., III , 200, 20i; S. Hilarii Fragment. VI, n° 3); mais il y a loin de ce blâme , reproduit par l'auteur du premier fragment attribué à saint Hilaire , aux expressions exagérées dont se servent les auteurs modernes en parlant de cette même faiblesse (cf. Tillemont, Hist. ecclés., VI, 359); d'autant que le concile de Rome présidé par saint Damase dit expressément : « Vincentium qui loi annos mcerdotium illibate servavit » (Patrol. lat., t. XIII, 349).

le saint pape Libère envoya-t-il à l'empereur une lettre pleine à la fois de respect , de force et de liberté apostolique, et remit-il la défense des principes catholiques entre les mains du bienheureux Lucifer de Cagliari, de saint Eusèbe de Verceil , et de deux clercs de l'Église romaine , le prêtre Pancrace et le diacre Hilaire : Constance méprisa la lettre du pontife , et brisa par la violence la courageuse opposition des quatre représentants de l'autorité suprême de l'Église. Ceux-ci, à l'exemple de Paulin de Trêves, durent prendre le chemin de l'exil, après avoir subi des actes inouïs de barbarie. Le Pape lui-même et le grand Osius (1), qui jusqu'alors avait été respecté à cause de ses cheveux blancs et de la vénération dont il avait été l'objet de la part de Constantin , subirent peu après le même sort.

Fortunatien d'Aquilée , Hérémius de Thessalonique et un grand nombre d'évêques de l'Occident succombèrent dans cette lutte terrible ; car, non content d'arracher le consentement des prélats réunis à Milan , le tyran Constance avait expédié dans toutes les provinces de l'empire des officiers de sa cour, accompagnés des coryphées de l'arianisme, Ursace de Singidon, Valens de Murse et Saturnin d'Arles, avec ordre d'activer le zèle des gouverneurs , et de faire prêter aux chefs du clergé catholique le serment de ne plus communiquer avec Athanase. Tout gouverneur qui refusait de donner son concours à ces actes de tyrannie était destitué et traité comme rebelle (2). Soulèvement populaire, arrestations ar-

(1) S. Athan., Apolog. de fuga sua, n° 5.

(2) S.HiJarii Lib. conlra Conslantium,Ti0 11 : « Mutati prœfecti, electi duces, corrupti populi , commotee legiones, ne ab Athanasio Ghristns praedicare-

tur Postquam omnia contulisti arma adversum fidcm Occidentis et

exercitus tuos convertisti in oves Ghristi : fugere mihi sub Nerone licuit. » (Cf. S. Hilar., lib. I ad Constant., nu 1, 6.— S. Athan., Apolog. ad Conslaniiwn, n,s 27, 28, 33; Apolog. de fuga sua, nis 6, 7; surtout: Hist. Arianorum ad monachos, nu 31, 32, 33.)

bitraires des chrétiens fidèles à leurs pasteurs légitimes , emploi de la force publique , des légions même , pour violenter les consciences : tout paraissait licite à la secte triomphante.

Ce fut au milieu de cette perturbation générale que retentit tout à coup la voix puissante du grand Hilaire de Poitiers.

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