EN GU¥NN. I
récentes, promulguées en 1502, et il s'exprima ainsi : Hcec decreta fi«ere promulgata anno 15oo, sequuntur duoe novissimoe constitutionnes, etc. Quoique le mot promulgata ne veuille pas dire à la rigueur que ces ordonnances de 15oo avaient déjà été imprimées, comme le terme de novissimce, appliqué en 1584 à des actes de 1502, semble indiquer qu'il y en avait été fait une édition en 5o2 ou 5o3, M. Bernadau s'y laissa probablement tromper, et dit que Jean Maurus avait du les imprimer à La Réole, en l'an 1500.
M. J. B. Gergerès c'Histoire et description de la bibliothèque lubliqne de Bordeanx, Coderc 864, in-8, p. 55), s'exprime ainsi « S'il fallait s'en rap- » porter à Timperley, bibliographe anglais, parmi les » onze premières villes de France dans lesquelles l'im- » primerie rec, ut d'heureuses et m6mc de notables araA- » liorations, Bordeaux aurait été la cinquième. » Ce n'est pas dans l'ouvrage de Timperley que M. J. B. Gergerès a rencontré cette assertion (I); mais, sans doute, trompé par une fausse réminiscence, ce souvenir avait jeté aussi dans l'esprit du bibliothécaire bordelais, un vague pressentiment de la vérité.
§ IV.--Tant de probabilités générales et particu-
() J'ai consulté : TimFerle.y's Enc)-cloFedia of literar)" and OTogral;hical, Londres, i842 , in-8. Le mot Bordeaux ne figure pas dans la table des matières qui termine cette volumineuse et indigeste compilation : il n'est question de cette ville ni dans le chapitre consacré au xv ° siècle, ni dans celui qui traite du xvi ° siècle; mais, dans une table chronologique des noms des villes dans lesquelles l'imprimerie fut successivement introduite, le nom de Bordeaux figure sous l'année t529, c'est-à-dire après celui de trente-neuf autres villes de France.
lières se réunissent pour prouver que l'importation de l'imprimcrie dans nos contrées doit remonter non-seulement aux toutes premières années du xvle siècle, mais aux dernières années du xvc siècle, qu'il serait bien étonnant qu'il en ait été autrement.
Si le vrai peut quelquefois n'ëtre pas ,raisemblable, il n'en résulte pas que le vraisemblable ne soit iamais vrai; et, dans cette circonstance, tant de vraisemblances s'aioutent les unes aux autres, qu'elles touchent presque à la réalité.
Du reste» à mes yeux, toutes les dissertations sur ce suiet sont un peu oiseuses, car il est certainement trèspeu important de constater que l'usage de l'imprimerie a été apporté à Bordeaux avant le 3 x décembre x499 ou après le ior janvier 1500. J'ajoute que la gloire de l'esprit humain en général et de l'invention nouvelle en particulier sont plus directement intéressées à établir la promptitude du rayonnement de l'imprimerie dans toutes les grandes villes, que la gloire de l'une de ces grandes villes n'est intéressée "à constater que le hazard a pu conduire la course d'un imprimeur nomade plut6t dans nos murs que dans ceux d'une ville voisine. Quoi qu'il en soit de ces raisonnements et de ces conjectures, le but et le plan de mon travail sont faciles à définir et a limiter.
Ma notice devra faire connaître les travaux des imprimeurs jusqu'ici connus, qui ont imprimé dans cette province aux époques où l'on a placé tour à tour la date de l'introduction de l'imprimerie en Guyenne, c'est-àdire de 1517 à 1572. En examinant chacune des raretés bibliographiques qui constatent encore l'existence de nos premiers imprimeurs, mon travail rectifiera, coin-
JEAN bIAURUS.
plétera et méme modifiera quelquefois profondément les données jusqu'ici admises sur l'établissement de l'imprimerie dans cette province. Il n'a pas d'autres prétentions.