‹ Origines de l'institution des intendants des provincesChapitre 38 sur 45 · AUTRE ORDONNANCE DU MÊME POUR LES APPROVISION- NEMENTS. 16 JUIN · texte numérisé non relu

AUTRE ORDONNANCE DU MÊME POUR LES APPROVISION- NEMENTS. 16 JUIN

(Id. ibid., fol. 1-14.)

Paul Hay, seigneur du Ghastelet, conseiller du Roy en ses conseils d'estat et privé, maistre des Requestes ordinaire de son hostel, Intendant de la Justice en l'armée de Sa Majesté. Il est enjoint aux munitionnaires de faire amener et conduire à Pontcharas, jusques à mille charges de bon froment, pur, net et non gasté dans le vingtiesme du présent mois pour estre conduittes ou et ainsy qu'il sera ordonné par Sa Majesté sans néantmoings retarder les fournitures requises et nécessaires pour les troupes ordonnées au blocus de Montmélian et siège de Charbonnières.

Faict au camp dudict Charbonnières le xvj'' juing mil six cens trente.

LETTRE DU SIEUR D ESTEMPES, INTENDANT EN L ARMÉE d'iTALIE, au cardinal de RICHELIEU. [ 3 SEPTEM- BRE 1630 '.]

(Archives des Affaires étrangères, France, t. 796, fol. 250.) [ Voy. ci-dessus, p. 122.]

Monseigneur,

C'est par respect que je ne vous ay point voulu importuner de mes lettres depuis que je suis en ce camp. J'ay creu à présent vous devoir donner advis de nostre despense , de Testât de nos bleds et du moyen d'arrester nos soldats qui se débendent. Nostre despence se monte à la somme de VP^ M. livres; Les trois compagnies des gardes et les six des Suisses qui estoient à Montmeillan ont faict leurs montres; les officiers des régiments de Lecques, Maugeron et Grousilles et la compagnie de chevaux légers

j 1. Cette pièce, ainsi que les précédentes, suffisent pour faire connaître la nature des fonctions administratives des intendants d'armée. Je I les ai choisies au milieu de cent autres. On en trouvera d'analogues, ; mais relatives à une époque un peu postérieure, publiées dans l'ouvrage de M. Caron : Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont. Paris. Pedone-Lauriel. 1880. In-12.

de Monsieur le Maréchal de Schomberg, l'ont aussy receûe et il n'est rien deli des prêts aux régimens que nous avons icy qui sont ceux du Plessis-Joigny Grançoy, Maugeron, Grousilles, Lecques, Saint-Palais, Couches et Chabrilles.

Nos travaux devant le chasteau de Veiglane, et pour faire mettre le canon en batterie, ont coûté iiii M. livres. Chaque jour il faut trois cens livres pour l'entretien des mulets, muletiers et conducteurs. Nous avons le nombre de deux cens mulets et en attendons encor d'aultres des communautés de Daulphiné. En passant à Suze, nous n'avons pas trouvé dans le magasin, tant en bleds, farines que biscuits pour nourir l'armée quatre jours. Les voitures de Savoie sont si faibles qu'il est presqu'impossible d'en faire autre estât que pour le passage des gens de guerre qui viennent aux armées du Roy.

On a faict contribuer quelque chose aux communautés du pays ou nous sommes, mais ce n'a esté environ que cent charges de bleds, le peuple y estant fort ruiné et ayant presque tous abandonné la campagne pour se retirer aux montagnes.

M. d'Esmery nous a fourny environ cent cinquante charges de bleds, que j'ay encor en fond; faisant le meilleur mesnage qui me sera possible, achetant des bleds des soldats et recevant quelque secours de la part de M. Coquet je fais mon compte des vivres au plus jusques au vingtième de ce mois. L'ordonnance du pain qu'a faite M. le Mareschal de Schombert est de huit mil rations (sans les officiers dont j'ay servis Testât affîn de subvenir aux soldats) ; Pour y satisfaire, il failloit près de cinquante cinq charges de bleds. J'ay modéré cette ordonnance, à une ra-

tion entière un jour, et l'autre demie ration, cognoissant notoirement la diminution de nostre armée. Si vous nous vouliez permettre de prendre des bleds et des farines à Briançon, je mettrois ordre de les envoyer quérir par les mulets et en passant je ferois mouldre les bleds à Suze. L'autre armée a quantité de bleds, mais ils ne s'en veulent point desgarnir. J'estime toutefois qu'il faudra bientost nous joindre. Vous jugerez du temps de la paix et de la guerre par les négociations, et selon cela vous commanderez, s'il vous plaist, de nous faire venir des bleds de France et de l'argent. Je vous réponds que j'en serai moins libéral que du mien, et que si nous ne manquons point d'argent, quand nous n'aurions aucun bled de France que pendant trois mois, si je continue les ordres dans l'armée de mondit sieur de Schomberg que nous n'aurons point de faute de pain.

Pour empescher les soldatz de se retirer sans congé, ce n'est pas assez d'avoir establi des gardes aux passages; personne d'entre eux ne voulant les arrester prisonniers, moins les faire pendre. Je veux croire qu'ils ne leur ouvrent pas lesditz passages ; mais en ce temps toutes les montagnes ayant leurs chemins, ils passent par ailleurs que les ordinaires, seulement avec un peu plus de difficulté. 11 faudroit que les prévôts de d'Aulphiné et Lionnois envolassent de leurs archers avec des lieutenens au mont Genève, Pas de Suze et au mont Senis, et eussent une ordonnance de vous ou du Roy pour faire pendre sans autre forme ny figure de procès, tous les soldatz se retirant sans congé, et quant aux cappitaines et officiers les envoyer aux lieutenents gé-

néraulx d'armée ou à Sa Majesté pour estre punis suivant les ordonnances, et la dernière déclaration que j'ay faict publier en ce camp. J'en ay faict signer une pareille à M. le Mareschal pour l'exempt du grand prévost qui est près de luy, afin qu'il aille pendant quatre ou cinq jours faire sa course jusques en ces lieux et s'il en rencontre se retirant sans congé les faire attacher à des arbres sur les grands chemins et à des potences qu'on fera dresser ausdits Pas de Suze et Mont Senis avec cest escriteau contenant ces mots : Soldat se retirant sans congé , mesme pour en amener en ce camp et y servir d'exemple. Je proposai avant-hier au conseil qu'il se propageoit un abus aux congés par les soldats qui signoient facilement le nom des lieutenens généraulx et que les congés ne dévoient pas seulement être signés d'eulx, mais aussy scellez et en donner advis aux gardes des passages. Ils approuvèrent ma proposition et d'y observer cest ordre à l'advenir. Si mes commencemens vous sont agréables je mettray peine que la fin soit meilleure. Faites moi l'honneur de me déclarer vos volontez, ayant l'affection entière à bien servir le Roy et a vous tesmoigner que je suis, Monseigneur, etc.

Camp de Veiglane, ce 3 septembre 1630.

J. d'Estempes.

340 LES PUEMIEHS INirNDANTS DE JUSTICE

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EXÉCUTION A LA SUITE d'uN JUGEMENT PORTÉ PAR TURGOT DE SAIXTE-CLAIR, EN NORMANDIE*.

(Archives des Affaires étrangères, France, 1G30, vol. 795 bis, {° 536.; [Voy. ci-dessus, p. 121.]

Testament et mort de Nicollas Danevillc.

Du vingt huictième jour de novembre mil six centz trente et ung, nous Jean Baptiste de Bailly pris pour greffier par messire Jacques Turgot, chevalier, sieur de Sainct Clair, du Mesnil-Gonderin, Bois-soubzmontz, Novez (?), et Bellon, conseiller du Roy en ses conseils d'Estat et privé, maître des requestes ordinaires de son hostel, et intendant de la justice et pollice en la province de Normandie, veu l'information et perfection du procez extraordinairement faict par ledit seigneur de Sainct Clair à rencontre de Ni-

1. Ce procès-verbal, dont la rédaction ne fait pas honneur au greffier de l'Intendant, se trouve dans les papiers de Richelieu, je ne sais pourquoi. Cependant les questions de fausses-monnaies l'intéressaient fort en ce temps-là. Peut-être aussi la tentative d'assassinat faite sur Turgot dont il est parlé à la fin, donnait-elle à cette pièce une certaine importance aux yeux du cardinal. Il est superflu de faire remarquer la portée d'un pareil acte de juridiction émanant de l'Intendant.

collas Daneville, condampné à mort par jugement de mondit seigneur en date du vingt septième jour du présent mois et an, certiffions à tous qu'il appartiendra qu'en assistant par nous cejourd'huy à la conduitte dudit Daneville et exécution de mort d'icelluy au lieu patibulaire, sur ce que aurions remonstré audict Daneville qu'estant prest de subir mort, il estoit obligé tant pour la descharge de sa conscience que satisfaction de justice de révéler ses crimes et complices, il nous avoit respondu ne pas desnier qu'estant comme il estoit obligé au sieur de la Fallu Mesnil Hubert de sa liberté et de l'avoir à l'ayde d'ung conseiller du parlement de Rouen tiré de la conciergerie d'Exmes et des mains du sieur de la Quionnière, provost qui luy faisoit son procez, ensemble celluy d'ung de ses particuliers amys nommé le sieur Goffe Scays pour crime de faulse monnoye. Il y a quatre ou cinq ans qu'il ne se fust mis en effect de fondre (?) et praticquer, puis quatre à cinq moys, plusieurs soldatz tant de pied que de cheval qu'il pouvoit recommencer (?) et amasser pour les asseurer segretement au service dudit sieur de la Fallu, lorsqu'il feroit Toeuvre dans la Frovince pour passer en Flandre ou en Lorraine, recognoissant oultre que ledit Golfe Scays et luy s'estoient veuz et hantez très particuUièrement et fort souvent en la compagnie de deffuncte dame Maire, exécutée à Aixmes, de dame Margueritte vueve Vinault, ensemble de la Boicouffe, femme de Mathurin, demeurante puis quelque temps au bourg d'Orbec, lesquelles aussy bien que Bonnet Lergotiere peuvent

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