Place, Ninive et AssyrlCy pi. LX, flg. 3, et pi. LXUI
2. Pehrot et Chipiez, Histoire de Varty Assyrie, flg. 260, p. 557.
3. Perroj et Cbipiez, Histoire de Vart, Sardaigne, Judée, Syrie, pp. 668 et 630.
4. ALEss\if DRO Prosdocimi, Bullettino di patetnologia italiana, mars et juia 1880, p. 79, pi. VI, flg. 10.
5. Chierici, Bull.paletn. ital, mars-juin 1880, p. 96, pi. Vil, flg. 8.
432 ORIGIiNES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE
registre on voit un bœuf que Ton conduit au sacrifice au moyen d'une corde qui lui est passée au cou, et au troisième registre deux bœufs libres qui reviennent du labour (fig. 132). Tous ces bœufs, comme les cerfs du reste, n'ont de figurées qu'une oreille et une seule corne. Mais on reconnaît très bien que ces cornes sont très gi*andes et se rapportent à celles des bœufs des Maremmes. Nous n'avons pas à nous occuper de tout ce qui concerne
l'iG. 432. ~ Bœuf revenant du labour.
Situle de la Cortosa de Bolof ne, 1/2 grandeur.
les bœufs chez les Grecs et les Romains, mais il nous parait intéressant de reproduire le premier document détaillé que Ton possède sur ce précieux animal domestique. Caton r Ancien, dans la pi us ancienne moitié du ii« siècle avant notre ère, cite comme gros bétail chez les Romains le bœuf d'abord, puis l'àne, le cheval, le mulet, le mouton et le porc. Dans le chapitre 60 de son traité De re ruslica^ où il s'occupe de l'alimentation des bœufs, il estime que chaque paire consomme annuellement :
1^ muids de lupius ou 240 de glands, 20 muids de févcrollcs 30 muids de vesces 580 livres de foin.
Et autant d'une autre espèce de fourrage qu'il nomme dragée.
Revenant aux bœufs domestiques de l'est de la France, nous citerons une découverte faite en 1885 dans les travaux d'établissement du chemin de fer de Lyon à Yaugneray, du côté de Fourvière, emplacement de l'ancienne ville romaine de Lugdunum. Au milieu de tombeaux romains on a rencontré de nombreux ossements en grande partie de bœufs; Gh. CornevinS professeur à l'école vétérinaire de Lyon, les ayant étudiés, a reconnu :
l"" Que toutes les tètes examinées proviennent d'animaux entiers mâles ou femelles. Aucune ne se rapporte à des sujets éraasculés. Le nombre des taureaux et des vaches était à peu près semblable.
S*" Tous ces animaux étaient relativement vieux. Les plus jeunes n'avaient pas moins de cinq ans, les autres étaient beaucoup plus âgés.
3"" Tous appartenaient c à une seule et même race, celle que Riitimeyer a exhumée des palafittes suisses et qu'il a désignée sous le nom de Bos brachyceros ».
Le dépôt étudié par Cornevin est-il une simple accumulation de débris de cuisine, de restes d'habitation, ou bien est-ce un ossuaire d'animaux sacrifiés et- mangés dans des cérémonies religieuses et funéraires? La question n'a pas été résolue. Mais des observations publiées par l'habile professeur de l'école vétérinaire il ressort qu'à l'époque de l'occupation romaine les taureaux étaient très abondants aux environs de Lyon, et que la race bovine élevée dans le pays appartenait au type que nous retrouvons dans les régions montagneuses de la Suisse, de la Tarentaise et du Velay.
1. Ch. Gornbtin, BulleHn de la SocUU d^ anthropologie de Lyon, séance du ^ juin 1885, p. 182.
Nous avons établi précédemment les relations de ce type avec les débris des bœufs larnaudiens du lac du Bourget.
§ 5. Beurre. Laitage. — Nous avous déjà VU, §3 du présent chapitre, un jeune Egyptien profitant de ce qu'un veau tète sa mère pour marauder du lait en buvant à une autre tétine. Nous avons vu aussi une femme égyptienne en train de traire une vache dont elle a eu soin auparavant de lier ensemble les deux jambes de derrière. Dans d'au très tableaux» pour fixer la vache pendant l'extraction du lait, un homme lui tient une des pattes de devant avec les deux mains. Ces diverses représentations suffisent pour montrer toute l'importance que les Egyptiens attachaient à la récolte du lait.
La récolte et l'utilisalion du lait remontent aussi jusqu'à l'âge de la pierre. Elles existaient déjà pendant le néolithique à l'époque robenhausienne, comme le prouvent les agitateurs qu'on a découverts. Ils proviennent généralement de la station type de Robenhausen, canton de Zurich, Suisse. Les branches des sapins rayonnent successivement autour de la pousse centrale de ces arbres, de forme pyramidale. Prenant le sommet d'un jeune sapin et coupant les branches régulièrement autour du nœud d'embranchement, on obtient une espèce d'étoile dont les rayons ressemblent à des barreaux de roue autour d'un moyeu (fig.133).
Au-dessus de ces bouts de branches rayonnantes s'élève une tige arrondie. Pour faire le beurre avec ces agitateurs on imprimait un rapide mouvement de rotation en roulant la lige entre les deux mains. Sous le nom de bâton lélé existent
FIO. 133. — ÀgiUieur pour fabriquer le beurre, Robenhaasen (Suisse). Mutée préhittorique, i/A grandeur.
encore des agitateurs analogues aux Antilles, entre autres à la Martinique.
L'emploi du lait s'accuse d'une manière encore plus nette à l'âge du bronze. On trouve alors de grands vases, espèces de jattes pour mettre le lait caillé. Elles sont latéralement percées de trous pour laisser couler le petit lait. Nous en figurons une (fig. 134) du Musée Schwab, à Bienne. Elle provient de la palafitte larnaudienne de Montelier, Suisse. C'est une grande jatte en forme de cône tronqué très surbaissé. Aussi autour d'une base relativement étroite les parois
Fig. 134. — Grande jatte percée pour le laitage. Palafitte de Montelier (Suiste), 1/4 grandeur.
s'évasent rapidement. L'intérieur est tout orné de gravures en creux. Le fond plat est plein, mais le pourtour incliné est garni de quatre lignes superposées de trous alternant par groupes de cinq.
Lespalafitteslarnaudiennes ont aussi fourni de véritables moules à fromages. On en cite d'AuvernieraulacdeNeuchâtel. Laurent Rabut en a recueilli deux au lac du Bourget^ Ils sont brisés, mais peuvent se compléter sans hésitation. Tous les deux sont circulaires et ont le fond percé de nombreux trous. Le premier mesure à l'extérieur 17 centimètres de large, vers Touverture, diamètre maximum. La hauteur est de 7 centimètres. Le second a le diamètre plus grand et la
1. Làubent Rabut, Habitations lacustres de la Savoie, 18(V4, pi. VUI, fig. 1, et 1867, pi. V, fig. a.
hauteur plus forte. Il est plus cylindrique et, sauf pour la composition de la pâte, ressemble beaucoup aux formes à fromage acluelles du pays (iîg. 135).
Le laitage, d'après Strabon, était un des principaux aliments des Celtes ou Gaulois. De son côté, Pline vante les fromages de la Gaule méridionale.
Fio. 135. — Forme à froaugo on terro colto, lie du Boorgot, 1/9 graodeur.
Le beurre était connu des Grecs sous le nom de ^ovxvpov (bouturon) et des Romains sous celui de butyrum évidemment provenant du premier. Mais Grecs et Romains ne paraissent pas en avoir fait grand usage. Le beurre est du reste encore très peu employé en Grèce, en Italie, dans le midi de la France et en Espagne.
Voici ce qu'en dit Pline*, vers le milieu du i" siècle : les populations barbares « savent transformer le lait en un liquide d'une acidité agréable et en beurre gras. Le beurre est l'é-