‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 105 sur 133 · A. Mariette, Galerie de VÉgypte ancienne, 1878, p · texte numérisé non relu

A. Mariette, Galerie de VÉgypte ancienne, 1878, p

Prisse d*Avennes a communiqué à Chabas le dessin d'un bas-relief représentant un troupeau de moutons précédé de deux béliers qui luttent ensemble. Ce bas-relief provient du tombeau du scribe Anna, à Qournah, règne de Thoulmès P' de 1668 à 4647 avant notre ère.

Chabas* cite une brebis avec un agneau sans date et sans indication du lieu.

Dans la planche de Prisse d'Avenues', intitulée Rdces bovine el ovinCy se trouve un bélier nettement caractérisé, mais avec quatre cornes. Deux se replient en spire arrondie de chaque côté de la tète. Les deux supplémentaires sont anormales. Partant du derrière de la tête, elles s'élèvent d'abord verticalement puis elles se coudent, divergeant rectilignement et horizontalement.

Les brebis d'Egypte étaient plus grandes que celles de Grèce.

D'où provient le mouton?

Le mouton vient d'Asie, répond Isidore Geoffroy Saint- Hilaire'. c II n'y a aucune raison zoologique pour rattacher les races ovines à notre mouflon plutôt qu'à ses congénères asiatiques, très voisins de lui et par conséquent non moins semblables à ces races. »

On pourrait très bien renverser les termes de ce raisonnement. Il n'y a aucune raison pour rattacher les races ovines aux mouflons d'Asie plutôt qu'à leur congénère d'Europe, etc. Étudions donc la question de plus près pour obtenirune solution plus positive.

Les ovidés sauvages sont appelés mouflons, en latin Miisi-

i. Chabas, Étude sur Vantiquilé historique d'après les sources égyptiennes, 1873, p. 403.

2. Prisse d'Avenues, Histoire de Vart égyptien d'après les monumentSy

3. Isidore Geoffroy Saint-Hilure, Acclimatation et domestication des animaux utiles, 1861, p. 209.

mon. Tous appartiennent i rhémisphère nord et fréquentent les montagnes.

Il en est un, le Musimon monlanaj qui habite l'Amérique du Nord depuis la Californie à l'ouest des montagnes Rocheuses jusqu'au Kamtchatka. Tous les autres appartiennent i Tancien continent, et forment trois groupes principaux ou trois espèces :

Le groupe africain, Jlft^tmontra^^/a/^Aus, mouflon à manchettes, qui va du Sinai jusqu'à l'Atlas et descend jusqu'en Abyssinie, mais ne parait pas avoir été domestiqué, puisque les Égyptiens ne possédaient pas de moutons dans les premières dynasties.

Le groupe européen, Musimon musmonj mouflon d'Europe; ne se trouve plus qu'en Corse et en Sardaigne; parait avoir eu un habitat plus étendu autrefois. A Chypre il est déjà assez modifié pour qu'on ait voulu en faire une espèce distincte.

Le groupe asiatique, se composant de l'argali et de ses variétés, Musimon argali, autour duquel on a groupé quelques autres prétendues espèces comme le Musimon Poli, etc. L'argali, le plus grand de tous les mouflons, occupe les montagnes de l'Asie centrale, delà Grande Tartarie, de la Chine, des Indes et de la Sibérie orientale jusqu'au delà de l'Altaï.

La souche des moutons domestiques serait le mouflon d'Europe suivant les uns ; l'argali suivant les autres. Tous les deux peuvent avoir fourni des éléments, mais l'argali semble encore bien plus rapproché de nos moutons que le mouflon d'Europe. PrjéwalskiS qui a observé les argalis dans les montagnes, entre la Mongolie et le Thibet, raconte que les aïolis paissent souvent avec les moutons domestiques et vont s'abreuver aux mêmes lieux.

1. PwÉwALSKi, Voyage en Mongolie, dans le Tour dumondey 1887, vol. II, p. 190.

Les moulons se trouvent dans toutes les palafittes du pourtour des Alpes, qu'elles soient néolithiques ou de Tâge du bronze. Rùtimeyer a nommé ce mouton Ovis aries paltislris. Il est caractérisé par sa petite taille, ses jambes unes; ses cornes courtes ressemblent i celles de la chèvre.

Les moutons se rencontrent aussi dans les terramares de l'Italie.

Comme nous l'avons déjà indiqué, la Bible dès son premier livre la Genèse cite le mouton. Du temps de Salomon, x* siècle avant notre ère, il devait être extrêmement abondant en Palestine, car si Ton en croit le IIP Livre des Rois\ pour l'inauguration du temple de Jérusalem, Salomon égorgea et immola 22,000 bœufs et 100,000 brebis.

Un bas-relief d'Enink, dans l'Asie Mineure, représente plusieurs béliers. Ils sont gros et hauts sur jambes. Ils ne paraissent pas avoir beaucoup de laine. Les cornes, très enroulées, se développent sur les côtés de la tête^ Perrotet Chipiez, qui citent ce bas-relief, en mentionnent un autre en Assyrie' avec des chèvres et des moutons.

Le mouton a joué un certain rôle dans la mythologie ancienne. Nous avons vu qu'il symbolisait Ammon en Egypte. L'histoire de la Toison d'or et l'expédition des Argonautes pour la conquérir a eu un tel retentissement qu'elle sert encore de motif et qu'elle donne son nom à une des décorations les plus recherchées. Le mouton joue aussi un très grand rôle dans la symbolique chrétienne et tout le monde connaît l'agneau pascal des Juifs.

Terminons par ce que nous savons du mouton prolohislorique en Europe. La situle ornée au repoussé de Watsch,

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