Pline, Histoire naturelle^ liv. VIII
tion romaine en Gaule, contiennent de très abondantes représentations de lapins. Les fabriques gallo-romaines de poteries blanches de l'Allier ont aussi produit de nombreuses figurines de lapins ou d'enfants avec lapins.
§ â. F«rot, HériMon, «aseUe. — Le furet n*est qu'uue variété du putois, animal carnassier, répandu dans toute l'Europe, sauf à l'extrême nord, et dont l'habitat s'étend largement en Asie. Nous n'en parlons ici que comme ennemi du lapin et parce qu'il est employé à le chasser. C'est un animal semi- domestique qu'on introduit dans les terriers des lapins pour en faire sortir les habitants. Mais quand on laisse le furet libre, il suce le sang du lapin et il s'endort. Pour éviter cet inconvénient on muselle le furet, ou bien on lui passe au cou un collier avec un petit grelot. Le bruit avertit les lapins de son arrivée et leur permet de fuir avant qu'il ne les atteigne.
Selon le témoignage de Strabon, le furet aurait été apporté d'Afrique en Espagne. Mais cet animal est plus rare en Afrique qu'en Espagne et dans le reste de l'Europe. C'est donc très probablement en Espagne même que le furet a été apprivoisé et semi-domestiqué pour l'usage de la chasse aux lapins. En tout cas, la citation de Strabon montre que cette semi-domestication et ce mode de chasser remontent au moins au r siècle avant notre ère.
A côté du furet qui débarrassa l'Espagne de son trop plein de lapins, nous pouvons placer le hérisson, qui croque les terribles sauterelles de l'Egypte. En effet dans des peintures datant des premières dynasties on voit parfois des hérissons. Dans Tune on voit un homme qui porte des hérissons vivants dans un panier. Une autre est ainsi décrite par Bourquin^ : c Deux hérissons se trouvent aussi dans ce
1. BouRQUiN, les Animaux domestiques dan» Vancienne Egypte j 1867, p. 22.
registre : l'un d'eux, qui dévore une grosse sauterelle, sort d'un trou ou plutôt d'une hutte faite de main d'homme. Faut-il en conclure que, dès cette époque, les Égyptiens avaient reconnu les services que rend le hérisson comme destructeur d'insecles et que, plus avisés que nous, ils lui préparaient des abris? > Ne pourrions-nous pas trouver là une utile leçon, et faire détruire, au moins en partie, les criquets d'Algérie en multipliant et propageant les hérissons? Nous aimerions mieux cela que de voir les criquets croqués par les habitants eux-mêmes pour ne pas mourir de faim, bien que le Lévitiquej chapiti*e XI, versets 21 et 22, dédare que Ton peut manger la sauterelle ôt c tout ce qui ayant les pieds de derrière plus longs saute sur la terre >. Nous le répétons, nous préférons laisser cette nouiTÎture aux hérissons.
Nous devons constater que les Égyptiens ont aussi fait de nombreuses tentatives et même poursuivi de longs essais pour domestiquer diverses antilopes, entre autres la gazelle Antilope gazella ou Gazella dorcas. Ces essais paraissent surtout avoir eu lieu quand l'Egypte ne possédait pas encore le mouton. Les résultats n'ont pas été bien brillants, puisqu'ils n'ont pas abouti. Les essais ont été repris de nos jours, et plusieurs sociétés d'acclimatation ou jardins zoologiques les poursuivent avec soin. Mais ils sont beaucoup trop récentset pas encore assez concluants ; ils sortent donc du cadre que nous nous sommes tracé ; ceux qui veulent connaître l'état delà question n'ontqu'à consulterl'excellentouvTage d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire : Acclimatalion et domestication des animaxix utiles. Quant à nous notre tâche concernant les mammifères est terminée.
m. — OISBAUX ET INVERTÉBRÉS.