‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 113 sur 133 · Columelle, DererusUcOy liv. VIIÎ, ch · texte numérisé non relu

Columelle, DererusUcOy liv. VIIÎ, ch

Divers navigateurs, au moment des grands voyages de découvertes, ont disséminé dans les lies de TOcéan des lapins, des chèvres, des cochons qui sont redevenus sauvages et se sont grandement multipliés sans le concours de l'homme. Le même phénomène s'est produit dans les plaines de l'Amérique du Sud pour les chevaux et les bœufs; mais les poules ont toujours été réfractaires, loin de pulluler comme les mammifères que nous venons de nommer, elles ont dépéri et se sont complètement éteintes. Pourtant dans l'Afrique centrale, ou les poules abondent maintenant, elles sont réduites à chercher presque entièrement leur nourri* ture, elles pondent et couvent dans les buissons, souvent assez loin des demeures et passent la nuit sur les arbres. Néanmoins, malgré le peu de soin qu'on prend d'elles, elles n'abandonnent pas les villages et les habitations.

Dans une excellente étude sur les ossements d'oiseaux provenant des gisements paléolithiques, étude que nous avons résumée page 58, Alphonse Milne-Edwards s'exprime ainsi' :

€ Les naturalistes sont généralement d'accord pour admettre que le coq est originaire de l'Asie et que son introduction en Europe est d'une date relativement récente; cependant, on trouve des ossements de cet oiseau associés à ceux de YUrsus spelœusj du Rhinocéros et du grand Feiis. Il y avait donc en France une espèce de ce genre à une époque fort ancienne, et l'on ne peut supposer qu'elle avait été transportée là par l'homme, d'autant plus que le nombre des ossements trouvés jusqu'à présent dans les gllesossifères est très peu considérable et n'indique pas que le coq vécût comme un commensal de l'homme. >

1. Alphonse Milne-Edwards, Observations tur les oiseaux dont les osse^ ments ont été trouvés dans les cavernes du sud-ouest de la France, Publié enanglais dans les /{e/i^uiie Aquitanicse, mai 1873. Matériaut, novembre 1875, p. 473.

Oui, la poule ne pouvait être domestiquée à l'époque paléolithique, puîsqu'ainsi que nous Tavons établi, les animaux domestiques n'existaient pas à cette époque.

Oui, ainsi que le constate Alphonse Milne-Edwards, les naturalistes sont généralement d'accord pour admettre que la poule est originaire d'Asie.

Mais où nous ne sommes plus d'accord, c'est quand il pense qu'un gallinacé existait en Europe dans les temps paléolithiques ou autrement dits quaternaires.

Sur quoi est basée cette assertion? Tout simplement sur les x)bservations suivantes :

Schmerling figure deux tarso-métatarsiens des grottes des environs de Liège, trop différents, dit-il, t pour qu'on puisse admettre qu'il proviennent de la même espèce ».

Paul GeiTais indique la poule du conglomérat diluvien de la barrière de Fontainebleau à Paris.

Hermann de Meyer la cite du quaternaire de la vallée de Lahn, Allemagne.

Filhol a produit un tarso-métatarsien, tout particulier, d'après A. Milne-Edwards, c de l'assise la plus ancienne de la caverne de L'Herm. t

Piette a aussi trouvé un tarso-métatarsien de poule à Gourd an. Haute- Garonne.

Enfin, Alphonse Milne-Edwards termine son énuméralion en menlionoant un fémur de la Madeleine, un autre fémur beaucoup plus petit de Bruniquel, Tarn-et-Garonne, un tibia et un caracoïdien de la grotte des Fées, Allier,

C'est bien peu de chose, huit citations différentes de localités et une douzaine d'os en tout. Si l'on songe que la poule a été largement répandue dans toute l'Europe, au moins depuis l'occupation romaine, c'est-à-dire deux mille ans, que c'est une nourriture que l'on emporte facilement et dont on laisse les os auprès de tous les abris où l'on prend

ET DE L'ÀCRICCLTURE. 477

ses repaSy enfin que la poule est très recherchée du renard, animal qui non seulement se réfugie dans les cavernes, mais encore y creuse des terriers, on comprendra que le très petit nombre d'os signalés peuvent et doivent appartenir à des poules domestiques, et ont été dans les temps historiques disséminés par l'homme ou enfouis par les renards.

Ce qui vient confirmer cette conclusion, c'est la grande variété des os disséminés. Schmerling, sur deux os voit deux espèces, Alphonse Milne-Edwards lui-même constate que sur quatre tarso-métatarsiens il en est un tout particulier, celui de la caverne de L'Herm, et que sur deux fémurs il en est un pluspetitque l'autre. S'il s'agissait d'un gallinacé sauvage, il y aurait beaucoup plus d'uniformité. Cette diversité de caractères et de tailles montre bien qu'on a affaire à la poule domestique, dont nous possédons un grand nombre de races.

Pelegrino Slrobel a aussi cité trois os de poule dans les Terramares de l'Emilie, Italie : un coracoïdien, un humérus et un tibia. Mais il avertit que ces os proviennent d'une terramare de Tâge du fer ou qui, ayant commencé à l'âge du bronze, a été couronnée par une dernière assise à l'âge du fer. Il ajoute qu'on n'apas constaté à quelle profondeur ces os ont été rencontrés, t e non ci consta a quale profondità queste ossa venissero scavale. »

Mariette range sans hésiter la poule parmi les animaux domestiques que les Egyptiens ne possédaient pas sous la V dynastie.

D'après Lefébure, Champollion* aurait relevé la poule dans deux tombeaux de la XIV dynastie. Sont-ce bien des poules? Il ne me semble pas.

D'après Chabas les représentations de coq et de poule font défaut sur les monuments égjpliens. t Les coqs, ajoute-

Page 1