Baldry, Puitt funéraires du Bernard, 1873, p
Un du u* et du commencement du m* siècle, ont fourni deux races de coqs. L'une était petite, l'autre avait le tarse plus allongé et Téperon plus fortement armé.
§ 5. Pa«A eiC^rm^MA. — Le paon nous a aussi été fourni par rinde. Le paon sauvage, Pavu cristatus, existe encore dans ce pays et à Ceylan.
Buflbn pense que le paon n'a été connu des Grecs que depuis les conquêtes d'Alexandre. Ce roi de Macédoine fut, diton, fort étonné quand, dans son excursion dans l'Inde, il aperçut cet oiseau pour la première fois. C'est certainement une légende, car Aristote, qui mourut six ans après le début de la campagne de l'Inde, en parle comme d'un oiseau bien connu.
CamuSy dans ses Noies sur Vhistoire des animaux d'Aris^ tôle y 1783, page 608, fait remarquer qu'Aristophane cite le paon dans deux comédies représentées plusieurs années avant la naissance d'Alexandre.
Athénée nous a même conservé des textes de poètes plus anciens, tels qu'Eupolis, qui ont aussi mentionné le paon.
Du temps de Périclès, V siècle avant notre ère, le paon a apparu en Grèce, mais c'était un oiseau si rare ei si peu connu qu'on venait le voir de loin comme objet de haute curiosité.
Précédemment la flotte de Salomon le rapporta-t-elle d'OphirîQuilesaitl
Le paon, dédié à Junon, fut attelé à son char. Samos le figura sur ses monnaies. Elien, mortvers 260, dit qu'un paon valait 1,600 drachmes, environ 1,800 francs. Cela parait un peu exagéré, surtout si l'on admet le menu des festins de Vitellius et d'Héliogabale, qui se faisaient servir dans leurs repas des plats de langues et de cervelles de paons.
Aux XIV' et XV' siècles les paons étaient encore rares en Angleterre et en Allemagne. Aussi un grand luxe pour les sei-
gneurs anglais était de servir dans un festin un paon rôti orné de ses plumes, luxe rappelé par la municipalité de Paris lorsqu'elle a offert, pendant l'Exposition de 1889, à rHôtel de ville, un banquet au lord maire de Londres.
Ces habitudes de l'ancienne aristocratie nous ramèneraient à la fauconnerie. Mais la domestication du faucon n'a pas eu assez d'importance et n'est pas assez ancienne pour que nous nous en occupions ici.
Nous ne ferons aussi que mentionner en passant- le cormoran, que les Chinois ont dressé h la pêche comme l'on avait dressé les faucons à la chasse.
§ 6. Piiit«a« ciGrne. — La pintade commune, Numida meleagrisy habite à l'état sauvage l'ouest de l'Afrique. Elle est abondante à Sierra Leone, dans l'Aschanti, l'Aguapion et les îles du Cap-Vert. Elle est incontestablement la souche de nos pintades domestiques» que la domestication du reste a très peu fait varier. Transportée dans l'Amérique centrale, elle y est redevenue sauvage. Il en est peut-être de même dans les îles de la Sonde.
Fait très singulier, la pintade, dont l'éducation est difficile dans nos régions et qui demande beaucoup de soins, est redevenue facilement sauvage en Amérique. La poule au contraire qui pullule sifacilement dans nos basses-cours et même dans les fermes les moins soignées, n'a pas pu redevenir sauvage. Rien ne peut mieux démontrer la différence d'aptitude des divers animaux à la domestication.
L'Afrique possède une autre sorte de pintade sauvage, la Numida plilorhyncha, qui vient jusqu'à la mer Rouge, mais qui ne paraît pas avoir été domestiquée. C'est ce qui fait que cet oiseau n'a joué aucun rôle dans l'ancienne Egypte.
La pintade ou poule de Numidie est le méléagris d'Aristote. Clitus de Milet, disciple du célèbre naturaliste grec, raconte qu'on relevait dans l'île de Léros, autour du temple de
4S2 ORIGINES DE LA CtlASSE, DE LA PÈCHE, EtC.
Minerve. Les prêtres avaient soin des petils, ce qui montre qu'ils étaient alors fort délicats en Grèce, comme ils le sont encore en France,
Athénée mentionne la pintade en Etoile.
Quant à Rome, qui possédait la Numidie, l'éducation des pintades y a été fort développée.
Si les anciens Égyptiens n'avaient pas la pintade comme animal domestique, ils étaient arrivés à domesl iquer les grues. Ainsi dans la basse-cour du tombeau de Ti, décrite page 464, on voit dans le compartiment d'en haut un certain nombre de grues. Ces oiseaux étaient fort utiles pour débarrasser le pays des petits animaux nuisibles qui y abondaient. Une autre représentation, datant aussi de la IV* ou V« dynastie, nous montre des jeunes gens armés de longues baguettes conduisant des troupeaux de grues exactement comme les enfants de nos campagnes mènent des oies ou des dindons. Ces grues sont des grues cendrées ou véritables grues, Ardea grtiSy et des demoiselles de Numidie, Ardea virgo. Cette dernière espèce très caractérisée par les deux aigrettes que forme le prolongement des plumes effilées de l'oreille est fort élégante. Aussi la Irouve-t-on encore apprivoisée dans les riches habitations de l'Egypte actuelle. Pourtant on peut dire que la domestication de la grue, résultat facile à obtenir, n'a pas eu de suite, cet oiseau n'offrant aucun avantage sous le rapport culinaire, économique et industriel.