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CHAPITRE II

IJ^VERTEBUES

Sommaire. — 1. Abeilles. — 2. Escargots. — 3* Huîtres.

§ !• Abeilles. — On a généralement considéré Tabeille comme domesliquée depuis la plus haute anliquilé. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire s'élève pourtant contre cette opinion. Il écrit : t Si l'on ne peut affirmer que cette conclusion soit fausse, au moins n'est-elle nullement justifiée. De même que l'homme a été chasseur longtemps avant d'être pasteur, il a dû recueillir le miel des abeilles sauvages longtemps avant de penser et de réussir à les attirer, à les retenir, à les élever dans des demeures artificiellement préparées*. »

Ce raisonnement est fort exact si nous remontons aux temps préhistoriques. Nous ne possédons du reste aucun moyen de constater l'existence de l'abeille domestique pendant le néolithique. Mais en est-il de même dans la haute antiquité classique? Ne pouvons-nous pas reconnaître si les Égyptiens des premières dynasties savaient élever les abeilles ou étaient de simples dénicheurs de cire et de miel?

1. Isidore Geoffroy Saint-IIilaire:, Acclima talion et domeslication des animaux utiles, 1861, p. 100.

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Nous sommes certains qu'ils conoaissaient rabeille. Ils Tont figurée dans leurs monuments et intercalée dans leui-s hiéroglyphes (fig. 148). L'abeille était même tellement considérée qu'elle servait de motif aux bijoux les plus précieux. Ainsi dans le trésor de la reine Aah-Hotep, mère d'Amosis» premier roi de la XVIII* dynastie, 1 ,700 ans avant notre ère, existe une chaine de cou à laquelle sont suspendues trois abeilles d'or massif. Les textes établissent que le miel et la cire étaient connus dèsles plus anciens documents. Les ÊgjT)tiens étaient trop bons observateurs, ils s'occupaient d'une manière trop intelligente et trop pratique de ce qui concerne la domestication pour ne pas avoir cherché à domestiquer les abeilles dès qu'ils ont goûté le miel et pu apprécier la cire. Ces considérations cadrent parfaite- Fio. i«. --Abciiio, n^ent ay^^^ j^ tradition. Virgile dans sa iV Géorgiqne attribue aux Égyptiens la découverte du moyen de reproduire la population d'une ruche quand un accident la fait périr. Que ce moyen soit vrai ou faux, peu importe ; la citation de Virgile n'en prouve pas moins que les Romains regardaient les Egyptiens comme fort habiles à élever les abeilles. L'Egypte en effet a toujours été et est encore considérée comme un pays producteur de miel et de cire.

Homère' en nous montrant des abeilles qui déposent leur miel dans les amphores des Nymphes, ne satisfait pas encore complètement Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. C'est très poétique effectivement, mais il faut avouer que ces amphores ont terriblement Pair de ruches.

Quand nous arrivons à Arislole, il n'y a plus de doute

h Homère, Odyssée, liv. XIll, vers IGO.

possible. Le grand naturaliste grec, au iv* siècle avant noire ère, dans son Histoire des animatix, donne de nombreux détails sur les mœurs el surTéducalion des abeilles. Il décrit leurs ruches, tout est si précis et si complet qu'on est forcé de conclure que l'éducation des abeilles dalait déjà de loin, et tout naturellement Tesprit se reporte aux amphores d'Homère et au miel abondant de l'Egypte.

Le miel était fort estimé dans l'antiquité. On le considérait comme un don céleste, la sueur du ciel tombant sur les fleurs.

Virgile chante :

Aerii mcllis cœlcstia dona.

€ Le miel de l'air don céleste. »

Athénée*, au ni* siècle le qualifie encore de as^ofAEÎ^f, le miel aérien.

PlineS deux ccnlsans avant avait dit : « Venitmelexaere... sive ille est cœli sudor, sive quaedam siderum saliva, sive purgantis se reris succus, utinamque esset et purus ac liquidus, et sucB naturœ qualis defluit primo.... Magnam tamen cœleslis naturœ voluptatem affeil. )) Qui se traduit par :

« Le miel vient de l'air.... Il est une sueur du ciel ou une espèce de salive des astres ou suc de l'air qui se purifie. II serait à souhaiter que le miel fût pur, limpide et tel qu'il a coulé d'abord!... Il fait éprouver un grand plaisir, effet de son origine céleste. »

Les Romains, qui avaient une si bonne opinion du miel, soignaient beaucoup leurs abeilles. Outre les ruches en vannerie ou en paillassons surtout de fenouil, ils possédaient déjà des ruches à étages ou registres. Nous empruntons à Rich^ la

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