Pline, Histoire nalurelley liv. Xî, ch. i
3. Anthony Rich, Dictionnaire des anliquitéx romaines el grecques. Tmdiiclion CHEiirEL, 1861, article Fori.
descriplion d'une de ces ruches, description qui montre qu'en Italie au commencement de notre ère l'apiculture était déjà presque aussi avancée que de nos jours.
A Pompéi on a trouvé un grand vase en bronze, à panse renflée, fermé au moyen d'un couvercle plat. Il est percé à divers niveaux de séries horizontales de trous, et à l'intérieur ces zones de trous correspondaient à des cloisons. C'est une ruche à divers étages. Comme les abeilles commencent toujours leur cire et leur miel par le haut, on pouvait facilement s'approvisionner en levant le couvercle.
Naguère, Linné en tète, on admettait que toutes les abeilles domestiques appartenaient à une seule et même espèce, VApis mellifera. Mais vers le commencement de ce siècle Latreille en détermina une seconde espèce Y Apis fasciaia. Plus tard Spinola, de Gènes, en signala une troisième, VApis Ligustica. Ces trois espèces ou races sont égaleraeni domestiquées et élevées par les apiculteurs. Elles se répartissent à peu près ainsi en allant du Nord au Sud :
UApis melliferay Europe centrale, ainsi que l'Amérique du Nord et les Antilles, où elle a été importée,
VApis Ligustica, Sicile, Grèce, Syrie.
VApis fasciaia, Egypte et régions occupées parles Arabes.
L'Italie possède à la fois les Apis Ligustica et fasciaia.
Il faut en conclure que si les modifications des trois types ne sont pas un produit de la domestication, l'homme a domestiqué dans chaque région les abeilles à miel sauvages du pays. Il y aurait donc eu plusieurs centres de domestication.
§2. Eseargrote — Pline l'Ancien* raconte que c Fulvius Ilirpinus établit des parcs d'escargots dans le territoire de Tarquinies, peu de temps avant la guerre civile entre César et le grand Pompée >, c'est-à-dire vers le milieu du i*' siècle
1, Punk, Histoire naturelle, !iv. ÎX, ch. 8i.
avant noire ère. Il élevait dans ces parcs quatre espèces d'escargots ou hélix. Ceux de Réale, d'Illyrie, d'Afrique et les Solitons.
Ce mets, sans avoir la réputaliou de Thultre, était fort recherché. Pline le Jeune* écrivait à Septius Clarus :
€ Eh quoi! tu me promets de venir souper et tu ne viens pas! Cependant j'avais préparé à chacun trois escargots... Tu as préféré chez je ne sais qui des huîtres. >
Texluellemenl, « Heu tu, promitlis ad cœnam, nec venis! paralœ erant cochleae ternœ... At tu, apud ncscio quem ostrea... maluisti. >
Il n'est donc pas étonnant de rencontrer souvent des accumulations de coquilles d^escargots dans les milieux romains.
Baudry en a constaté dans les puits funéraires du Bernard (Vendée), puits de la fin du ii' et du commencement du m* siècle. Celait des coquilles de la grosse hélix des vignes, Hélix pomatia^ mollusque qui se consomme en certaine abondance actuellement à Paris sous le nom d'escargot de Bourgogne.
Nous avons pu constater que vers 4857 on vendait environ iO,000 Hélix pomatia par an rien qu'à Genève.
Les religieux, qui voulaient sans trop de privations observer les règlements concernant le maigre, ont, sinon domestiqué, du moins acclimaté les escargots édules dans diverses régions autour de leurs couvents. C'est ainsi que l'escargot chagriné, Hélix aspersa^ espèce qui pullule beaucoup et qui comme taille estla plus grosse de France après l'escargot des vignes, a vu son aire d'habitation s'étendre considérablement. Espèce plutôt méridionale, elle a été apportée dans nombre de localités, entre autres à Paris et à Lausanne, où elle s'est
^ pLiîfE LB Jeune, Lettres, liv. I, ch. i, Ictlro 15.
maintenue. En Savoie, où Fespèce fait naturellemenl déraut, nous l'avons rencontrée vallée de l'Arc, non loin de Saint- Jean-de-Maurienne, très abondante, mais dans un rayon fort restreint, autour de Saint-Julien, ou existait une abbaye. Ce sont les religieux de cette abbaye qui ont créé cette colonie pour leur usage particulier.
Le même escargot éduie, Hélix aspersa^ a aussi été transporté d'Espagne et de Portugal sur divers points de l'Amérique du Sud, où il prospère à merveille.
Enfin nous pouvons citer l'amélioration et l'engraissement des escargots. Il se pratique dans la région montagneuse près de Vérone. Dans le Véronais existe un escargot plus gros que celui de Bourgogne, V Hélix lucorum. Il se vend sur les marchés. Les montagnards dont nous parlons y apportent une race bien plus développée.
§ 3. H«itr€». — Nous avons déjà beaucoup parlé des huîtres dans le chapitre consacré aux coquilles édules, surtout en examinant les kjoekkenmoeddings^ Nous leur avons même consacré un paragraphe entier sous le titre : Les huîtres chez les Romains^. Il ne nous reste plus qu'à compléter ce que nous savons sur leur domestication. Nous disons compléter, parce qu'au paragraphe Les huîtres chez les Romains, il a déjà été question des bassins ou viviers dans lesquels les riches Romains habitant en Gaule, loin des côtes, approvisionnaient et conservaient des huîtres fraîches. Tous ces bassins sont de notre ère.
La culture de l'huître remonte bien plus haut en Italie, au moins vers les débuts du V siècle avant notre ère. Le proconsul Sergius Orata fut le premier, dit-on, du temps de l'orateur Grassus (140 à 91), un peu avant la guerre contre