‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 3 sur 133 · ÉPOQUES · texte numérisé non relu

ÉPOQUES

du Fer.

Galatienne.

Marnienne ou Gauloise.

Hallstattienne ou Etrusco-grecque.

du Bronze.

Bohémienne.

Larnaudienne.

Bel âge du bronze.

Morgienne.

Commencement du bronze.

le

de la Pierre.

Néolithique Pierre polie.

Robenhausienne et Campignienne'.

es

Paléolithique Pierre taillée.

Magdalénienne (froide et sèche).

Solutréenne (intermédiaire).

Moustérienne (froide et humide).

Ghelléenne (chaude et humide).

1. Pour plus amples renseignements, consulter G. de Mortillet, le Pré" hUtorique. volume de la Bibliothèque des sciences contemporaines y Ch. Reinwald, éditeur, Paris.

2. Philippe Salmon a fait dans le néolithique une subdivision basée sur un faciès tout spécial d'industrie et Ta nommée Campignienne de la stiUion de Campigny (Seine-Inférieure).

§ 3. Hottittie foMiie. — Le paléolithique concerne Thomme fossile. Ce terme a soulevé de longues et chaleureuses discussions. Elles se sont éteintes devant une définition plus exacte du mot et à la suite d'observations sérieuses et précises.

Les géologues et les paléontologues donnent le nom de fossiles à tous les êtres ou débris d'êtres qui appartiennent aux époques géologiques.

Or l'homme par divers ossements et surtout parles restes de son industrie appartient certainement aux formations quaternaires, formations qui terminent les temps géologiques. L'homme qui a laissé ses traces dans le quaternaire est donc fossile \

Il est d'autant plus fossile qu'il vivait avec des animaux complètement éteints, comme l'éléphant antique (Elephas anHqum)y le mammouth (Elephas primigenius)^ deux rhinocéros (Rhinocéros Merkii et tichorhinus), le grand ours des cavernes (l^rsusspeteus), etc.

Il est d'autant plus fossile qu'il a assisté aux dernières grandes actions géologiques qui ont profondément modifié Taspect de nos continents, notre état climatérique et par conséquent le mode de dispersion de nos animaux.

1. Au Congrès géologique international, i" session, tenue à Londres on septembre 1888, on a consacré la séance du jeudi 20 à discuter la question du quaternaire. Sacco d'Italie propose do maintenir cette grande division par suite des importants mouvements du sol qui ont eu lieu alors. Gosselet, professeur à Lille, est aussi d'avis de la conserver à cause du grand développement des phénomènes fluviaux. De Lapparent et Gaudry de France, John Evans et Preswitch, d'Angleterre, Pilar, de Croatie, tout en reconnaissant les rapports du quaternaire et du tertiaire, admettent que l'apparition de Thommc est un fait capital bien suffisant pour caractériser une grande division. C'est oc que nous avons établi dans notre Préhistorique. Seuls, Renevier, de Suisse, et, Rlanford, d'Angleterre, ont été d'un avis contraire; mais ils ont proposé deratfiicher le quaternaire au tertiaire. On voit que tous les membres du Congrès ont été d'accord pour ranger le quaternaire dans les temps géologiques et pour reconnaître l'homme fossile.

Il a VU le nord de l'Europe réuni à T Amérique et pu circuler librement du nouveau à l'ancien continent. 11 a pu passer à pied de la France en Angleterre et de l'Europe en Afrique.

Il vivait au milieu des hyènes, des lions, des hippopotames, qui ne se trouvent plus qu'en Asie et en Afrique; des rennes, des wapitis, des bœufs musqués, des ours gris, des gloutons, des saïgas et autres animaux qui ont émigré vers l'orient et surtout vers le nord. Enfm il trouvait dans nos plaines la marmotte, le chamois et le bouquetin, actuellement retirés dans nos montagnes les plus élevées.

Ces changements d'habitation d'animaux connus, Texislence d'espèces se rattachant à la faune tertiaire, et diverses traces de phénomènes géologiques, comme la grande extension des glaciers, prouvent que le climat a largement varié pendant les temps quaternaires. De l'ensemble de toutes ces observations nous pouvons conclure :

Que le commencement du quaternaire, époque chelléenne, a été chaud et très humide.

Que la température s'est fortement abaissée sans que rhumidité diminuât, époque moustérienne.

Enfin le quaternaire s'est terminé par une température tout à la fois très froide et très sèche, époque magdalénienne. Entre le moustérien et le magdalénien il y a eu une transition, époque solutréenne.

L'homme nettement caractérisé a apparu dès le commencement du quaternaire comme le prouvent les instruments en pierres qui abondent dans le chelléen.

Etait-il plus ancien ? L'homme tertiaire a-t-il existé?

Oui, si nous considérons l'homme comme le seul être assez intelligent pour fabriquer des outils. 11 est certain qu'on a recueilli des silex taillés intentionnellement dans des assises tertiaires. Mais les lois de la paléontologie s'opposent à ce

qu'un être actuellement vivant remonte aussi haut dans le lemps. Le tailleur de silex primitif n'était donc pas l'homme, c'était un précurseur, un ancêtre de l'homme, auquel nous avons donné le nom d'anlhropopithèque.

Mais ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question. Ce qu'il faut rechercher, ce sont les espèces d'animaux qui vécurent avec l'homme pendant les temps paléolithiques, et qu'il était obligé de chasser, soit pour sa défense, soit pour son alimentation ou tout autre usage.

§ 4. soarees de rensdi^iieiiieiito. — Commc renseignements généraux nous avons les alluvions et les repaires d'animaux carnassiers.

Ainsi que nous venons de l'indiquer, les temps quaternaires ont été extrêmement humides environ pendant les deux tiers de leur durée. Cette humidité multipliait les cours d'eau et surtout les crueset les inondations. Aussi les terrains quaternaires se distinguent par l'abondance des alluvions, qui remplissent le fond de toutes nos vallées jusqu'à des niveaux assez élevés. Dans ces alluvions, au milieu des graviers et surtout du sable et des limons, on trouve de nombreux ossements qui permettent, au moins pour les gros animaux, de reconstituer la faune du temps. Parfois de petits bassins qui ont été peu agités fournissent les petites espèces.

Dans les endroits secs et rocheux les animaux carnassiers cherchaient des refuges et établissaient des repaires où ils habitaient et mouraient. Aussi trouve-t-on là leurs ossements, et même leurs squelettes complets, en abondance. Souvent ils transportaient, soit pour nourrir les jeunes, soit pour s'en repaître à l'aise, tout ou partie de leur proie, ce qui fait qu'aux ossements des carnassiers, maîtres du lieu, on trouve mêlés des ossements d'autres animaux leurs victimes.

De ces grottes et cavernes repaires il faut rapprocher

certains pièges naturels qui se rencontrent surtout dans les régions calcaires. Ce sont des puits, des trous, des fentes verticales dans lesquels nombre d'animaux se sont laissés choir et n'ont pu l'craonler. Leurs dépouilles se sont accumulées dans le fond.

Ces divers genres de gisements, indépendants de l'action de l'homme, nous fournissent simplement des renseignements sur la faune du temps. Ces renseignements sont fort différents suivant le mode de gisement. Tandis que les alluvions contiennent surtout les débris des habitants des plaines et principalement des herbivores, les repaires et les pièges naturels renferment la faune des montagnes largement représentée par des carnassiers. Heureusement ces diverses indications se complètent. D'autre part les différences portant plutôt sur le nombre proportionnel d'individus de chaque espèce que sur la diversité des types, il est facile de reconnaître qu'on est en présence de la faune d'une seule et même époque.

Des sources de renseignements bien plus précieuses encore sont celles qui nous ont été laissées par l'homme lui-même. Elles sont au nombre de trui^ :

Les ossements, débris de sa nourriture ; Les objets d'industrie en os, dents ou cornes ; Les représentations animales gravées et sculptées. Tout cela se trouve accumulé ou disséminé dans les rejets d'habitation qui encombrent habituellement les stations humaines quaternaires.

Heureusement nos premiers ancêtres n'étaient ni propres ni délicats. Combien de leurs descendants ont conservé ces deux défauts. Ils rejetaient à côté et autour d'eux tout ce dont ils n'avaient pas besoin. C'est ce qui fait que toutes leurs stations offrent des accumulations d'ossements. Ces ossements nous fournissent de précieux renseignements au point de vue de la chasse. Leur abondance se rapportant

à telle ou telle espèce montre quels étaient les gibiers de prédilection. On voit, ce qui est tout naturel, qu'ils préféraient de beaucoup les herbivores aux carnivores. Le chelléen n'a pas encore fourni de stations avec rejets d'habitation, mais on en connaît, et en grand nombre, des trois autres époques paléolithiques.

Dans ces rejets d'habitation on trouve, à partir du sommet

FiG. 1. — Iitcisive de cheval, La Madeleine (Dordogne). MusU préhit torique ^

Grandeur naturelle.

Fio. 3. ~ Canine de renne, Les Eyzics (Dordogne). Mutée préhittorique. Gr. nat.

Fio. 9. Incisive de bœuf.

Laufi:orie-Bas55c (Dordogne). Musée préhittorique. Grandeur naturelle.

du solutréen et abondamment dans le magdalénien, des instruments et objets divers fabriqués avec des os d'animaux, de l'ivoire et des cornes de cervidés, surtout de renne. On rencontre aussi des dents percées pour servir d'ornement. Nous figurons plusieurs de ces dents : une canine de loup (fig. 6), des incisives de cheval (fig. 1) et de bœuf (fig. 2), et une canine atrophiée de renne (fig. 3).

C'est aussi dans les rejets d'habilaiion que, à partir du solutréen supérieur et se développant largement dans le magdalénien, on trouve les plus anciennes œuvres d'art connues. Ce sont des gravures au trait, des très bas-relief ou des sculptures en ronde-bosse. Elles représentent habituellement des animaux. Nous reproduisons comme exemple un ours au front bombé, probablement Tours des cavernes, provenant de la grotte de Massât (Ariège), gravé sur un caillou granitique (flg. 5); de Gourdan (Haute-Garonne), une tête de saïga, gravée sur une corne de renne (fig, 11); de Laugerie-Basse (Dordogne), des rennes gravés sur schiste (fig.10), et têtes de taureau et de vache sculptées sur corne de renne (fig. 9) ; de la station type de La Madeleine (Dordogne), également sur corne de renne, deux têtes de chevaux gravées (fig. 8) et une tête d'éléphant sculptée (fig. 7); remontant encore plus au nord, de la grotte du Chaffaud (Vienne) deux biches gravées sur un os de bœuf ou de cheval. C'est la première gravure découverte (fig. 4).

Kiti. 4. — GniTure sur os. Grotle dn Cbaflaud (Vienne). 2/3 G. N. Journal l'Homme,

Grâce à ces diverses sources de renseignements on peut donner la liste à peu près complète des mammifères quaternaires,c'est ce que nous allons faire d'une manière générale en indiquant à chaque espèce les variations qui ont pu survenir aux diverses époques.

§ 5. iJniMéa. — Daus l'énuméraliou des animaux nous ne suivons pas les classifications de l'histoire naturelle, pourtant nous rapprocherons autant que possible les espèces

voisines. Nous commençotis par les grands carnassiers contre lesquels Thomme de tout temps a eu à se défendre. C'était entre lui et eux une guerre à raort. Il fallait tuer son ennemi ou être dévoré par lui. Nous commençons par les ours, le grand ours des cavernes ayant le premier établi son repaire dans les cavernes.

1. Le grand ours des cavernes, Ursus spelœus^ a eu son plus beau moment d'existence pendant l'époque chelléenne qu'Edouard Lartet avait pour cela appelée époque du grand ours. On le signale même déjà dans le tertiaire tout à fait supérieur, avec Téléphant méridional, Elephas meridîonalis. D'autre part, si l'ours gravé de Massât est bien l'ours des cavernes, son existence se serait prolongée, au moins dans les Pyrénées, jusqu'à l'époque magdalénienne.

Les caractères dislinctifs de cet ours sont d'une part sa taille, de l'autre le grand développement, chez le mâle, des arcades sourcilières. Ce développement est si frappant que Cuvier en décrivant cet animal lui avait donné le nom d'Ours à front bombé. C'est bien le nom que mérite l'ours gravé sur le caillou granitique de Massât (fig. 5). Comme taille l'ours des cavernes dépassait tous les ours actuellement vivants. Il était un quart plus grand que notre ours brun, ce qui donne le double en volume. Mais le bombement du front et la taille variaient considérablement. La femelle était à front plat et beaucoup plus petite. 11 y avait des races diverses, aussi en a-t-ôn fait un grand nombre d'espèces qui ont disparu devant une saine critique. Cette critique était d'autant plus facile que les éléments d'étude abondaient. Dans ses fouilles des grottes des environs de Liège (Belgique) Schmerling a recueilli plus de mille dents de cet ours. Et les débris extraits de la caverne de Gaylenreuth (Franconie) se rapportent à près de 800 individus. Presque toutes les

girolles et cavernes d'Europe depuis la Russie jusque dans les Iles Britanniques étaient occupées par ces ours qui y ont laissé leurs ossements à profusion. La plupart des grands musées ont pu reconstituer des squelettes entiers, tellement que Tostéologie d'un grand nombre de mammifères actuels exotiques est moins bien connue que celle de cette espèce fossile. Lorsque l'homme a voulu s'abriter dans les grottes, il a dû avoir à lutter contre ce grand ours , pour le dépos- ,séder de ses demeures. Eminemment cavernicole, cette es-

FiG. 3. — Our* def caverne» graré sur pierre, Masàat (Ariègc). Musée préhittoriqtte. 1/2 grandeur.

pèce n'a laissé que de rares débris, fort disséminés, dans les alluvions. Pourtant on la cite du gisement typique de Chelles (Marne)^ des balaslières de Grenelle et de Clichy- Levallois à Paris, des grands dépôts de lehm de la vallée du Rhin, etc.

2. L'ours gris, Ursus ferox. Déjà à l'époque moustérienne on rencontre dans les cavernes les restes d'un ours différant de Tours des cavernes. H est moins grand, un peu moins lourd de formes, à front plat, à molaires proportionilellement un peu moins fortes avec tubercules moins mousses. C'était donc une espèce plus carnassière que la précédente.

it ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE

Tout d'abord on lui a donné un nom spécial Ursus priscus. Hais des études plus complètes ont fait reconnaître que c'était tout simplement une espèce existant encore dans l'Amérique du Nord, l'ours gris, Ursus ferox. Son nom latin lui vient de son caractère; c'est un animal terrible, fort méchant, très redouté, c'est le plus grand des ours vivants. Sa taille, bien que moindre que celle du grand ours des cavernes, est plus forte que celle de notre ours brun. Il atteint deux mètres trente à deux mètres cinquante de long^ tandis que Tours brun va rarement à deux mètres. L'ours gris est un habitant des régions froides. Il est donc tout naturel de le rencontrer dans les grottes de l'Allemagne, de la Belgique, de l'Angleterre, de la France même méridionale, pendant l'époque moustérienne qui correspond à la période glaciaire. Il ne paraît pas avoir passé les Alpes, car déjà à l'époque moustérienne ce pays avait une température trop chaude pour lui. Il aurait même abandonné nos régions avant le renne qui pourtant est un animal polaire. L'ours gris a dû être chassé par l'homme encore plus activement que le grand ours, parce que c'était un ennemi plus redoutable dont il fallait se défaire et parce qu'il occupait les grottes justement au moment où l'homme les recherchait le plus pour en faire sa demeure. De nombreuses et terribles compétitions ont dû avoir lieu.

3. L'ours brun, vulgairement désigné à Paris sous le nom d'ours martin, Ursus arclosy trop connu pour qu'il soit nécessaire de le décrire. C'est le dernier venu. Le grand ours est le premier habitant de nos grottes et cavernes. Il a été peu à peu remplacé, au commencement de l'époque moustérienne ou glaciaire, par l'ours gris, qui lui-même, pendant l'époque magdalénienne, a cédé la place à l'ours brun. Mais entre ces trois espèces, on trouve de nombreuses transitions, comme taille, dentition et forme des os. Il arrive

fréquemment que le naturaliste est fort embarrassé pour déterminer certains ossements, certaines dents. La taille va décroissant progressivement du grand ours à Tours brun, en passant par Tours gris comme intermédiaire. Le grand ours est plus lourd et plus trapu ; Tours brun a des formes moins épaisses et moins raccourcies; Tours gris est entre deux. On peut donc dire que ces trois ours sont très proches parents et découlent Tun de Tautre, ne formant qu'une seule et même famille qui s'est successivement modifiée par suite de Taction du temps et de Tinfluence des milieux. Il y amème, encore de nos jours, comme autrefois dans nos grottes, des races ou variétés qui peuvent servir de traits d'union; telle est la variété noire de Norvège et de Sibérie de Tours brun qui rapproche cette espèce de Tours gris.

§ 6. FéiiMs. — De tous les mammifères carnassiers la famille des félins ou chats est celle qui offre les espèces les plus vigoureuses, les plus énergiques et les plus terribles. C'est dans cette famille que la tradition populaire de tous \çs temps a choisi le roi des animaux, le lion. Uans la tradition populaire roi signifie le plus fort, le plus audacieux. Les félins ne sont plus représentés maintenant en Europe que par le lynx et le chat sauvage. Ils Tétaient par des espèces plus nombreuses et de plus forte taille pendant le quaternaire. Il y avait un chat-tigre, la panthère, le lion et même un félin plus grand encore. Le roi actuel était alors détrôné par un roi plus puissant. Les grands félins sont actuellement habitants des pays chauds. On peut se demander comment ils pouvaient vivre en Europe pendant le quaternaire. Ils étaient surtout développés aux époques moustérienne et magdalénienne beaucoup plus froides que l'époque actuelle. L'observation nous montre que les grands félins habitent les pays chauds parce qu'ils y trouvent une nourriture plus abondante, mais ils ne craignent pas le froid. Le lion dans

li ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE

TAlIas se rencontre jusqu'à de hautes altitudes où le froid est très vir. En Asie, le tigre et la panthère habitent TOusouri, dans la Mandchourie russe, où la température moyenne est seulement de 4M. Ils s'y nourrissent de rennes et d'autres espèces polaires. C'est un mélange tout à fait analogue à celui qui existait dans l'Europe centrale aux époques moustérienne et magdalénienne.

i. Le félin des cavernes, Felis spelœa^ le plus grand des félins. Dépassant comme taille tous les félins actuels. Intermédiaire entre le lion et le tigre, museau plus renflé que celui du lion, front large et plat, profil rappelant celui du tigre. Espèce la plus commune en Allemagne, cavernes de Gaylenreuth, de Scharsfield et de Kôstritz. On l'a aussi signalé dans les grottes et cavernes de Kirkdale, d'Oreston, de Banwell et de Kent-Hole, en Angleterre; de GofTontaine, en Belgique; de l'Herm, de Lunel- Vieil et brèche de Nice, en France; dans la grotte de Grimaldi, province de Vintimille, Italie. Ce sont en général des repaires fort anciens. Cette espèce peut donc être considérée comme appartenant à l'époque chelléenne.

5. Le lion, Felis ^o, qui primitivement avait été désigné sous le nom de Felis prisca. Variant de taille, se rencontre déjà dans les repaires chelléens à Fouvent (Doubs), à Sainte- Suzanne (Mayenne), à Grimaldi (Ligurie), mais a continué à habiter l'Europe pendant les époques suivantes jusqu'au magdalénien et même très haut dans le magdalénien. Peut être considéré comme une descendance et une transformation du félin des cavernes auquel il se rattache par des intermédiaires. Le lion s'est même maintenu dans le sud-est de l'Europe jusque dans les temps historiques. Aristole*, qui vivait de 384 à SU avant notre ère, le cîle de celle

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