Aristotb, llist. des animaus, VI, 3 ), et VIII, tH
parlie de la Thrace et de la Macédoine, aujourd'hui Turquie d'Europe, qui est comprise entre l'Achélous, Aspro-Polamo actuel, et le Neslus, notre Neslo, fleuves qui se jettent dan l'Archipel et la merde Marmara. Hérodote assure que Xercès, Tan '480 avant notre ère, en traversant la Péonie, partie de Tancienne Macédoine, vit les chameaux de son armée dévorés pendant la nuit par des bandes de lions affamés.
6. Le léopard ou panthère, Felis pardiw, le Felis antiqua des anciens paléontologues. Sous l'influence des idées de Guvier et de d'Orbigny, qui admettaient que la géologie était une suite de révolutions complètes, on donnait des noms nouveaux à tous les êtres que l'on rencontrait dans chaque assise. Cette théorie des renouvellements complets esttombée devant l'observation soignée et précise. On a reconnu que tous les êtres en effet changent et évoluent, mais ces changements se font lentement et successivement, de sorte que chaque terrain géologique contient des ôtres particuliers mêlés à des êtres qui existaient déjà précédemment et à d'autres qui se maintiendront dans les terrains suivants. La panthère signalée dans le quaternaire ancien de Gaylenreuth, Kôstritz, les environs de Liège, Sainte-Suzanne, Louverné, THerm, Lombrive, s'est maintenue dans nos régions jusqu'au quaternaire récent. Piette l'indique dans le magdalénien deGourdan (Haute-Garonne). C'est probablement aussi ce félin qui est représenté sur un fragment de corne de renne de Bruniquel (Tarn-et-Garonne), conservé au musée de Montauban. '
7. Le faux-serval, Felis servaloides, très voisin du lynx dont il diffère surtout par la taille. Il est beaucoup plus grand, mais parait être une simple forme ancestrale. Rencontré dans des gisements chelléens ou moustériens comme l'Herm et Lombrive, ainsi que dans le magdalénien à Bize (Aude).
8. Leiynxy Felis lynXy fréquent à l'époque magdalénienne. On le cite des Eyzies (Dordogne), de Gourdan (Haute-Garonne) et du Salève (Haute-Savoie). C'est le dernier des grands félins de nos pays; a été tué au Salève même dans la première moitié du ce* siècle, se trouve encore dans le centre de l'Europe.
9. Le chat sauvage, Felis calus ferus^ de grandeurs très diverses, surtout à l'époque moustérienne. Dans les grottes des environs de Liège, Schmirlingen a signalé deui variétés, une grande et une petite. Très répandu dans le magdalénien et se rencontre encore vivant dans nos forêts.
§ 7. CanMéa. — Les cauidés quaternaires sont moins nombreux en espèces que les félins. Nous n'en trouvons que trois nettement caractérisées et ce sont trois espèces actuellement vivantes. En outre, au lieu d'avoir une tendance à émigrer vers le sud comme les félins, les canidés quaternaires se portent plutôt vers le nord.
10. Le loup, Canis lupus, avec quelques variations de taille, mais en général de la grosseur des loups actuels. Ses ossements se rencontrent parfois dans les alluvions et prèsque toujours dans les stations. Sur quatorze gisements moustériens dont nous avons relevé la faune, le loup se trouvait dans dix. Tout aussi répandu dans le magdalénien. Mais en général le nombre des ossements est très restreint dans chaque station, comme du reste les ossements des autres carnassiers. C'est la preuve que ces animaux n'étaient pas chassés comme gibier comestible, mais bien comme destruction des animaux nuisibles. La grotte magdalénienne de Bize en offre une preuve. Parmi les ossements, ceux du loup sont peu abondants et pourtant les canines du loup percées (fig. 6) s'y présentent en grand nombre. Filhol en a recueilli une vingtaine groupées presque ensemble, et, sans parler de celles rencontrées par divers explorateurs, les
fouilles faites par le musée de Narbonne en ont procuré sept à cet établissemenl. Ces nombres qui ne sont point du tout en rapport avec celui des os du même animal montrent bien qu'à répoque magdalénienne on tuait fréquemment des loups, mais qu'on laissait les corps sur place, se contentant d'emporter les parties qu'on voulait utiliser. Parmi ces parties les canines étaient à ce qu'il paraît les plus recherchées. Ainsi, outre la grotte de Bize, quatre autres stations ont fourni des canines de loup percées : Laugerie-Basse, Gorge d'Enfer, La Madeleine (Dordogne) et Goyet (Belgique). Des canines percées d'ours proviennent de Laugerie-Basse, de Sordes (Landes), et de Chaleux (Belgique); de lion, de Sordes; de lynx, des Eyzies (Dordogne) ; de renard, de Laugerie-Basse, de La Madeleine, d'Excideuil et de Goyet. Pourtant dans quelques stations les animaux carnassiers devaient aussi être mangés. Ainsi sur 1,500 kilos d'os retirés de la grotle de Thayngen, canton de Schallhouse (Suisse), Rùtimeyer a reconnu :
Fie. G. — Canine Ao loup. La Madeleine (Dordogne). Musée préhist. Gr. nal.
individus do Lièvres des Alpes,
Ronncs.
Renards bleus.
Chevaux.
Loups.
Gloutons.
Aurochs.
Cerfs.
Mammouths.
Lions.
Lynx.
2 ou 3
Ours.
Les espèces chassées spécialement pour la nourriture
étaient donc le lièvre des Alpes et le renne; puis venaient, mais à une grande distance, le cheval, l'aurochs et le cerf. La quantité de renards bleus fait aussi présumer qu'on le mangeait. Pourtant sa belle fourrure pouvait engager à le chasser d'une manière toute spéciale. Dans tous les cas le tableau de Rûtimeyer montre que les habitants magdaléniens de la grotte de Thayngen étaient de déterminés chasseurs qui ne craignaient pas d'attaquer les loups, les gloutons, les ours, les lynx, les lions et même les mammouths.
11. Le renard ordinaire, Catiis vulpesy disséminé un peu partout depuis le moustérien, mais moins fréquent que le loup. Ainsi, tandis que sur quatorze stations moustériennes nous avons trouvé le loup dans dix, le renard ne s'est rencontré que dans huit.
12. L'isatis ou renard bleu, qu'on appelle aussi renard argenté, Canis lagopus. Il habite de nos jours les l'égions polaires. Il est plus petit et plus ha\jit sur jambes que le renard ordinaire. A été signalé dans le magdalénien du Salève (Haute-Savoie), de Schussenried (Wurtemberg) et en certaine abondance de Thayngen, comme nous venons de le voir.
§ 8. Attires earnimilera. — NoUS réuuisSOnS CU UU SCUl
groupe tous les autres carnassiers.
13. Le machairodus à dents aplaties Machœrodus latidensy félin très peu abondant, de type tertiaire. En effet, les machairodus ont apparu dans le tertiaire moyen inférieur et sont venus s'éteindre au commencement du quarternaire à la base du chelléen. Les machairodus, voisins des hyènes, bien que de plus petite taille, sont caractérisés par de grandes canines supérieures, aplaties, tranchantes et cultriformes qui dépassent de beaucoup les autres dents. Ils avaient ainsi une mâchoire armée de poignards avec les-
ET DE L'AGRICILTURE. 19
quels ils pouvaient couper et tailler le cuir le plus épais des pachydermes dont ils faisaient leur proie. Le machairodiis à dents aplaties a été rencontré dans la caverne de Kent, près Torquay (Devonshire); dans la grotte de Beaume-les-Messieurs (Jura), dans les alluvions du Puy (Haute-Loire) ; au col de Chiappana, près Rochetla Cairo, au versant nord de l'Apennin Ligure, et en Sicile, associé aux hippopotames, dans les grottes de Grotla Santa et de Mandia dei Gappuccini aux environs de Syracuse.
44. L'hyène rayée, Hyena siriatay habitait l'Europe pendant l'époque chelléenne, signalée dans les environs de Montpellier. Paraît avoir émigré d'Europe par suite du refroidissement de température. Elle habile actuellement l'ouest et le nord de l'Afrique et s'étend jusqu'en Asie.
45. L'hyène des cavernes, /Ty^naspetea, forme anceslrale de la Hyena crocula ou hyène tachetée du Cap, s'en distingue principalement par une taille beaucoup plus grande. Type éteint, surtout moustérien, pourtant on le rencontre encore dans le magdalénien à la station si bien caractérisée de Laugerie-Basse. Klie Massenat a recueilli dans cette station un os gravé rongé par l'hyène. ,
46. L'hyène tachetée ou du Cap, Hyena crociUaj espècequi vivait en Europe surtout à l'époque magdalénienne. Habite actuellement le sud de l'Afrique et remonte du côté de l'est jusqu'en Abyssinie. Elle ne craint pas le froid et atteint sur les montagnes du haut plateau abyssin jusqu'à 4,000 mètres d'altitude.
47. Le blaireau. Mêles t'xxusy détaille ordinaire. N'ayant pas quitté les lieux, semble avoir peu varié. Ses débris ont été trouvés dans les dépôts d'habitation de plusieurs grottes, à partir du moustérien.
48. Le glouton, Gulo borealis ou hcscusy existait dans l'Europe centrale pendant les époques mouslérienne, solu-
tréenne et même magdalénienne. Ses débris pourtant sont rares. On en cite d'Allemagne, Bauman, Gaylenreuth, Sundwicli etSchussenried; de Suisse, Thayngen;de Belgique, Engis, Trous de Chaleux et des Nutons; d'Angleterre, Bleadon et Kent; de France, Fouvent, SoFutré et Vilhonneur; enfmdes limites de la France et de l'Italie, à Grimaldi, mais il fait défaut dans tout le reste de l'Italie. Les Matériaux pour Vhistoire de Vhomme ont figuré et décrit une gravure magdalénienne sur fragment d'os, de laDordogne, comme représentation du glouton*. Cet animal vit encore confiné. dans les régions boréales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, depuis laLaponie et la Finlande jusqu'au Groenland, en passant parle Kamtschatka. Les gloutons paléolithiques se rapportent parfaitement aux gloutons actuels, sauf qu'ils étaient un peu plus forts de taille.
49. La marte commune, Maries abielurriy Aurensan, Gourdan, Salève. Celle d'Aurensan paraît un peu plus grande que Tactuelle.