Le putois, Maries puloriuSy assez fréquent
22. La belette, Muslela vulgaris, ou l'hermine, Maslela herminea^ peut-être les deux.
23. Laloutre, ZrH/ra VMfjfam, a laissé peu d'ossements, mais Laugerie-Basse a fourni une gravure représentant une loutre qui chasse un poisson. Cette remarquable gravure sur os fait partie de la collection Massenal.
§ 9. Pachydermes. — Los pachydcrmcs qui actuellement dans la faune européenne se réduisent à une seule espèce, le sanglier, étaient beaucoup plus nombreux pendant le quaternaire. Nous possédions, outre le sanglier qui existait déjà, des hippopotames, des rhinocéros et des éléphants. A l'inverse
1. Louis Lartet, Gravures inédites de Cage du renne ^ dans Matériaujy 1874, p. 36.
de ce que nous avons signalé concernant les ours, les débris des grands pachydermes, animaux qui habitent volontiers les plaines et recherchent les cours d'eau, se rencontrent surtout danslesalluvions.IIsysonl assez abondants, tandis qu'ils deviennent rares et très isolés ou fragmentés dans les grottes et stations des pays montagneux. Pourtant on voit les éléphantsacluels d'Afrique, dans la Somalie, gravir les escarpements du Gan Libach déjà très difficiles pour l'homme. Ils parcourent aussi les vallons et les rochers, jusqu'à l'altitude très froide de 4,000 mètres, du Kilima Ndjano. C'est un massif volcanique isolé, dans l'intérieur des terres, vers le golfe de Zanzibar. Son altitude atteint 4,973 mètres et son sommet est toujours couronné de neiges. Cela montre que les grands pachydermes ne craignent pas les régions accidentées et ne sont pas trop sensibles au froid.
24. Uéléphant antique, Elephas antiquus, très caractéristique de l'époque chelléenne : c'est lui qu'on recueille en abondance à la station type de Chelles. Il se rencontre déjà à la fin du tertiaire tout à fait supérieur, associé à l'éléphant méridional, Elephas meridionalis, comme dans leforest-bed d'Angleterre et sur plusieurs points de l'Italie. Vers la fin de l'époque chelléenne on le trouve aussi associé à son successeur le mammouth, Elephas primigenhis. Ces enchevêtrements de faune au commencement et à la fin des époques se remarquent toujours. Ils proviennent de ce qu'il n'y a jamais eu d'extinctions subites et d'apparitions spontanées en nombre. Les espèces anciennes ont disparu peu à peu, et c'est très lentement que les espèces nouvelles se sont multipliées et ont étendu l'aire de leur habitat. Les nouveaux venus ont gagné du terrain en chassant les anciens occupants. Tout naturellement pendant ces longues périodes de luttes, il a dû y avoir non seulement contact, mais encore des fluctuations, c'est ce qui fait qu'il existe des mélange
2i ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE
dans les débris laissés parles diverses espèces. Ces mélanges au commencement et à la fin des époques n'empêchent pas les espèces d'être (caractéristiques pendant la période de leur grand développement où elles se montrent seules et parfaitement indépendantes.
L'éléphant antique est commun en Italie, depuis le sud, la Sicile, où il a été signalé dans plusieurs localités, jusque dans le nord, province d'Asti, en Piémont. Il est abondant aux environs de Rome et dans le Val d'Arno. On le retrouve en Espagne, jusque dans le midi, puisqu'il a été recueilli à Gibraltar. En France il est disséminé un peu partout : Saint- Acheul, vallée de la Somme; Chelles, vallée de la Marne; rué Daumesnil et Grenelle à Paris, Monlreuil, Levallois-Perret et Le Pecq, vallée de la Seine. Environs de Lyon, vallées de la Saône et du Rhône. En Angleterre nous l'avons vu partir du forest-bed, où il est associé à l'éléphant méridional. Il se maintient en maître dans le laminated-bed, base du quaternaire, et se montre jusque dans le drift ou alluvions, à Biddenham, vallée de l'Ouse, et aux environs de Londres, vallée de la Tamise. En Suisse on l'a recueilli à la base du lignite de Dùrnten, canton de Zurich, sous le glaciaire. La position slraligraphique de cette espèce est donc des mieux établie.
Comme caractères spécifiques, il est très proche voisin de son prédécesseur l'éléphant méridional. Pourtant il se rapproche aussi de l'éléphant d'Afrique par les festons de son émail. Les molaires ont leurs lamelles plus nombreuses et par conséquent moins épaisses que celles de Téléphant méridional. Le cordon d'émail est aussi moins large et plus régulièrement festonné. L'éléphant antique est celui qui varie le plus dans ses dimensions. C'est à cette espèce que se rapportent les plus grands individus connus. C'est aussi elle qui dégénère jusqu'à devenir l'éléphant de Malte le plus
petit de tous comme nous le verrons un peu plus loin. Le muséum de Paris possède un humérus découvert à Montreuil, Seine, qui mesure 1"30 de long, ce qui donne pour la hauteur totale du squelette 3"95 au garot et 4"*96 de la base des pieds au sommet de la tête^ Se rallachant au tei*tiaire par son origine, c'était un animal de température chaude ou tout au moins fort tempérée; il devait donc comme les deux espèces d'éléphants actuellement vivants avoir la peau nue portant seulement de rares soies.
95. L'éléphant de Malte, Elephas melitensis^ toute petite espèce à peu près spéciale à Tile de Malte, est un diminutif de l'éléphant antique qui fournit un des plus curieux exemples de l'inQuence du milieu sur le développement des animaux. A la fin du tertiaire et au commencement du quaternaire nie de Malte se trouvait réunie, soudée au continent européen ou africain, en tout cas à la Sicile. Les grands mammifères pouvaient librement circuler. Le sol de l'ile de Malte s'est d'abord détaché des continents, puis de la Sicile ellemême, et par des envahissements lents de la mer la petite ile s'est peu à peu vue réduite aux proportions actuelles. Par suite de ces réductions successives les grands pachydermes se sont trouvés enfermés dans une région fort étroite ne leur offrant que des ressources nutritives très restreintes. Sous cette influence les individus de forte taille se sont étiolés et ont peu à peu disparus. Ceux au contraire de moindre taille, et par conséquent de moindres besoins, se sont trouvés dans les meilleures conditions. Ils ont fait souche et, grâce à la sélection, il s'est formé dans l'ile, à mesure que son étendue diminuait, une série de races d'éléphants de plus en plus petites dont on retrouve les intermédiaires et qui ont abouti au petit éléphant de Malte qui n'atteignait que 1" 50 de