‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 41 sur 133 · GRECE ET ROME · texte numérisé non relu

GRECE ET ROME

Sommaire. — 1. Auteurs grecs et latins. — 2. Iconographie et inventions. — 3. Procédés de chasse. — 4. Le lièvre.

§ 1. Aaiears grées et latiiM. — Les civilisations grecque et latine sont tellement liées entre elles que pour une question toute particulière, comme la chasse, il n'est pas possible de les séparer. Nous les étudierons donc toutes les deux ensemble. Elles nous fournissent un élément nouveau, des ouvrages spéciaux.

Le premier traité de chasse est dû à Xénophon, écrivain, historien et général grec, né à Athènes, en 445 avant notre ère et mort à Gorinthe en 355. Ce traité est divisé en 13 livres, s' occupant surtout des chiens et de la chasse au lièvre.

Inventions des dieux, suivant Xénophon, la chasse et les chiens viennent d'Apollon et de Diane. Ils en ont fait présent à Chiron qui a formé les chasseurs les plus illustres de la Grèce.

€ La chasse, ajoute cet auteur, offre la plus grande utilité aux partisans zélés de cet exercice; ils y développent leur santé, apprennent à mieux voir et à mieux entendre, et oublient de vieillir; mais c'est avant tout pour eux l'école de la guerfe*. »

1. XÉNOPHON, trad. Eugène Talbot, De la chasse, 1859, tome l" des œuvres complètes, p. 311.

20i ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE

Platon, qui vivaiten même temps queXénophon, coasidérait la chasse comme un exercice divin et l'école des vertus militaires.

Déjà cinq siècles auparavant Lycurgue dans ses lois, pour aguerrir les Lacédémoniens et les rompre aux fatigues militaires, les soumettait à la chasse. Les hommes faits, les magistrats eux-mêmes, étaient obligés de se livrer périodiquement à cet exercice.

Au II" siècle de notre ère, Flavius Arrien, de Nicomédie, surnommé Xénophon le Jeune, sous le titre les CynégétiqueSf publia un traité de la chasse en grec. Comme Xénophon l'Ancien, il était littérateur, général et historien. Il imita même son prédécesseur dans la composition et le contenu de son livre.

Pendant que Arrien écrivait en prose son traité de la chasse, un autre auteur grec, le poète Oppien, livrait au public des poèmes sur la pêche et la chasse. D'un de ces poèmes, le Ixeuiica^ sur lâchasse aux oiseaux, il ne nous est parvenu qu'une paraphrase en prose. Quant au Cynegetica^ poème sur la chasse, que nous possédons, la poésie en est très faible. Le fond n'est pas non plus très fort. Les faits y sont rapportés sans beaucoup de critique. C'est ainsi que ce poète nous représente la panthère buvant avec entraînement un vin capiteux qu'on a placé comme appât sur son chemin et tombant dans une profonde ivresse qui la livre sans défense aux chasseurs.

Il décrit pourtant les Ethiopiens revêtus d'un pardessus en osier recouvert d'une peau de buffle et affrontant ainsi lelion. Cela rappelle la chasse au grand bouclier de l'Afrique méridionale qui a été racontée précédemment, page 162.

C'est aussi au ii« siècle de notre ère que Julius Pollux, grammairien et rhéteur d'Alexandrie, a dans son Onomasticofiy dictionnaire des principaux mots grecs, donné

quelques intéressants renseignements sur la chasse.

Les Romains aimaient également beaucoup la chasse. Plusieurs auteui^s en parlent. Horace, mort huit ans avant notre ère lui a consacré une ode *. t C'est, dit-il, tout à la fois un plaisir et un exercice salutaire contribuant à la santé du corps et de l'esprit. j>

Pline le naturaliste, mort Tan 79 de notre ère, écrivait à Macès: t Quanta moi, je suis occupé à ma campagne de Tusculum à chasser et à étudier quelquefois alternativement, quelquefois même enjsemble ; mais il me serait assez difficile de décider dans laquelle de ces deux occupations il est le plus facile de réussir. >

Sous Auguste, un poète latin. Gratins Faliscus, composa un poème sur la chasse en 540 vers : Cynegeticon liber. Le texte nous est parvenu assez mutilé. Il donne de longs détails sur la chasse aux pièges.

Nemesien, de Carthage, a aussi publié au m* siècle un poème latin sur la chasse, Cynegelica^ dont il ne reste que 325 vers.

§ 2. leonographle et Invenlloiiii. — Ainsi qUC Xénophon

vient de nous le dire, la chasse était considérée par les Grecs et les Romains comme une invention des dieux et cette invention était attribuée spécialement à Apollon et à Diane. Mais comme Apollon était le bon dieu de beaucoup d'autres choses, entre autres de la lumière et du soleil et surtout de la poésie, des beaux-arts et de la littérature, la chasse a été attribuée d'une manière plus particulière et presque spéciale à sa sœur Diane.*

Gomme déesse de la chasse, Diane était représentée avec un arc à la main, un carquois rempli de flèches sur le dos et un chien à ses côtés. Cela prouve que pour les Grecs et les

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