Horace, Ode 24, livre III
!f06 ORIGINES DE LÀ CHASSE, DE LA PÊCHE
Romains, comme pour les Assyriens, la grande chasse, la véritable chasse, la chasse typique était la chasse à Tare, avec Taide des chiens.
Longue est la liste des peintures et sculptures grecques et romaines reproduisant des sujets de chasse. Mais comme nous ne faisons pas une histoire complète de la chasse, que nous ne nous occupons que de ses origines, nous n'avons pas à passer en revue toutes ces représentations. Elles nous serviront seulement à énumérer les divers genres de chasse. Le sujet le plus représenté dans l'iconographie grecque et romaine est la chasse du sanglier de Calydon, par Méléagrc et parfois par Atalante.
Sous rinfluence romaine, vers la fin de la République, la chasse vraie, la chasse en pleins champs, a pour ainsi dire été rendue domestique. Les riches patriciens établirent des parcs clos dans lesquels ils entassaient et élevaient le gibier.
Ce fut alors aussi que pour satisfaire les populations on introduisit des simulacres de chasse dans les cirques et amphithéâtres. Simulacres qui dégénérèrent bientôt en cruels combats de gladiateurs contre des animaux féroces. Les sujets de ce genre prirent en même temps une large place dans ce qu'on appelle l'iconographie cynégétique. C'est ainsi que les beaux vases à vernis rouges, dits poteries samiennes, reproduisent fréquemment dans leurs ornements en relief des scènes de cirques.
Cette passion du peuple romain pour la présentation dans le cirque d'animaux féroces a dû surexciter la chasse aux pièges pour arriver à se saisir des animaux vivants. Il y avait là un sujet spécial de commerce analogue à celui qui alimente nos jardins zoologiques et nos ménageries. Seulement autrefois il devait être beaucoup plus considérable que de nos jours, les Romains ne craignant pas de sacrifier de nombreux sujets dans leurs combats du cirque.
La chasse, nous disent Grecs et Romains, est une invention des dieux!... Une faut pas en conclure que, d'après eux, elle fut fort ancienne. Les dieux grecs se lient intimement à rhumanité et à une humanité peu reculée comme nous allons rétablir.
Apollon, frère de Diane déesse de la chasse, renvoyé de rOlympe, se retira chez Admète, roi de Phères en Thessalie et Admète prit part à l'expédition des Argonautes.
Apollon aida ensuite Laomédon à bâtir les murs de fortification de Troie dont le premier roi Scamanda vivait vers 16 14 avant notre ère. Il est donc postérieur à cette date.
D'après Oppien :
Les Centaures furent les premiers à pratiquer la chasse ;
Persée à poursuivre le gibier à pied;
Castor à le poursuivre à cheval armé d'un javelot;
PoUux à se servir de chiens;
Hippolyte à employer les filets et pièges ;
Atalante imagina les flèches pennées;
Orion les pièges nocturnes.
Si le poète Oppien dit que les Centaures sont les premiers qui aient pratiqué la chasse, Thistorien Xénophon six siècles auparavant précisait davantage. D'après lui le Centaure Chiron apprit la chasse et le dressage des chiens directement d'Apollon et de Diane. Or ce fut Chiron qui éleva Achille. Il vivait donc peu de temps avant le siège de Troie auquel le jeune et bouillant Achille prit une si active et si brillante part.
Persée était petit-fils d'xVcrisius roi d'Argos. Or Argos, considéré comme la plus ancienne ville de la Grèce, fut fondée au xviir siècle avant notre ère. Persée était donc bien postérieur à cette époque.
Castor et Pollux firent partie des Argonautes.
Hippolyte était le fils d'un autre Argonaute, Thésée.
Parmi les Argonautes il y avait aussi Pelée père d'Achille, et Télamon père d'Ajax et de Teucer, tous les trois héros de la guerre de Troie. Télamon assista lui-même au siège.
Orphée, qui fut aussi un Argonaute, florissait au xiii* siècle avant notre ère.
On voit que toutes les inventions concernant la chasse, d'après les Grecs, sont peu antérieures au siège de Troie et se groupent vers l'expédition des Argonautes. Il n'y a donc qu'à déterminer la date de ces deux événements pour avoir la date approximative de ces inventions.
D'après l'opinion la plus généralement admise, la prise de Troie a eu lieu l'an 1270 avant notre ère. Quelques auteurs rapprochent de nous cette dale; on a indiqué H83. D'autres la reculent à peu près dans les mêmes proportions.
Qnant à l'expédition des Argonautes on peut la fixer à cinquante ans avant la prise de Troie.
D'après les Grecs, les inventions concernant la chasse et la pratique de la chasse elle-même ne remonteraient qu'à 15 ou 1600 ans avant notre ère. Mettons si Ton veut, en exagérant tout, 1700 ans. Nous sommes là à la date où les Égyptiens passèrent du moyen au nouvel empire. C'est-à-dire qu'ils connaissaient et pratiquaient déjà la chasse depuis près de 3000 ans.
§ 3. Procédé» de chaMe. — L'arme dc chassc par excellence des Grecs et des Romains, comme nous l'avons dit, était l'arc, aussi en avait-on fait un attribut de Diane.
Pour les gros animaux, surtout les animaux dangereux, on employait la lance. C'est ainsi qu'un bas-relief funéraire du musée de Vienne montre un jeune chasseur armé d'une lance plus longue que lui. Il tient en laisse un chien de chasse. La corde est fort longue et enroulée à plusieurs doubles dans sa main droite.
Une situle en bronze ornée au repoussé, provenant de la
Certosa, à Bologne \ nous montre un homme du premier âge du fer, temps pré-étrusques, chassant le lièvre au moyen du kiri comme les nègres de TAfrique méridionale. Il a à chaque main un bâton assez court terminé par une assez forte boule. Un lièvre est devant lui, mais au lieu de lui lancer son casse-tête pour le tuer, il a l'air de rabattre l'animal vers un filet.
Grecs et Romains employaient beaucoup les filets et les pièges. Xénophon divise les filets en trois catégories :
L*arctys, &pxTvç ,
L'énodia, évoSta,
Et le dictya, SixTva.
Ces divers filets se distinguent par leurs dimensions et par la force des cordes qui sont toujours en fin lin de Phase ou de Carthage. L'arctys est le plus grand, l'énodia l'intermédiaire et le dictya le plus petit. Les granda étaient maintenus tendus au moyen de fourchettes en bois.
Les petits filets garnissaient parfois des demi-cercles en bois se fixant à deux par leur diamètre au moyen de charnières. Un ressort tendait toujours à faire appliquer les demi-cercles Tun contre l'autre. On plaçait l'appareil à terre maintenu ouvert par une petite barre placée au milieu avec appât audessous. Sitôt qu'un oiseau se posait sur la barre pour profiter de l'appât, son poids la faisait tomber et le ressort reprenant son action amenait la fermeture des deux demi-cercles en emprisonnant l'oiseau. Plante parle de ce genre de piège.
Parfois, comme en Egypte, les filets étaient tendus sur des cadres plus grands. On se servait alors d'appeau pour attirer le gibier. On employait dans ce but tantôt un oiseau d'espèce semblable, tantôt un oiseau d'une espèce ennemie comme la chouette.
1. Chierici, BuUeUino di palelnologia italiana, mai et juin 1880, pL VII, p. 99.
L'oiseau appeau servait aussi pour prendre les oiseaux à la glu. Le chasseur armé d'une longue baguette enduite de glu à son extrémité collait les oiseaux attirés par l'appeau elles enfermait dans une cage en filet.
Virgile parle du trébuchet, piège pour prendre les oiseaux par la patte.
Les lacets et nœuds coulants étaient également employés, comme nous l'apprend aussi Virgile dans ses Géorgiques, Une statuette de marbre du musée de Naples représente un chasseur revenant avec son lacet à la main. Deux colombes sont pendues à sa ceinture et il a un lièvre sur les bras.
PoUux décrit un genre tout particulier de lacet. Une corde à l'extrémité de laquelle est fixée une grosse bûche de bois est placée sur le sol. L'autre extrémité en nœud coulant se trouve au-dessus d'un trou masqué par des branchages. Les animaux en passant ont leur patte qui s'enfonce dans le trou. Ils la retirent rapidement et font ainsi fermer le nœud coulant, de sorte qu'ils se trouvent liés par la patte à la bûche qui les entrave et les arrête dans leur fuite *.
Les Arabes actuels se servent, dit-on, parfois d'un piège analogue.
Enfin d'après Xénophon, les Grecs, pour s'emparer des animaux dangereux : lions, léopards, lynx, panthères, employaient aussi la fosse.
« Il y en a, dit-il, qui creusent profondément de grandes fosses rondes au milieu desquelles ils laissent une colonne de terre; à la nuit tombante, on y attache une chèvre et l'on pratique autour de la fosse une enceinte de branches qui masquent le piège et n'offrent aucun accès. Les animaux, entendant la nuit la voix de la chèvre, viennent rôder autour