‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 53 sur 133 · HÉRODOTE, liv. II, I · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, liv. II, I

252 origihes de là chasse, de là pêche

Il ne faut pas s'étonner de la grande consommation d'oiseaux et surtout de poissons que supposent ces passages de Tauteur grec. Evidemment poissons et oiseaux devaient être bien plus abondants dans la vallée du Nil autrefois que de nos jours. El pourtant, voici ce qu'a constaté Mariette en 1862*:

« Ce qui donne à la basse Egypte son vrai caractère, ce sont les myriades d'oiseaux aquatiques qui, répandus sur les bouches du fleuve, sur les canaux, sur les lacs, étonnent le voyageur,

c C'est dans la basse Egypte aussi que le poisson est si abondant, que le seul droit de pêche sur le Menzaleh est affermé par le gouvernement actuel pour 250,000 francs par an. »

Le poisson avait beau être abondant, pour satisfaire à tous leurs besoins les anciens Egyptiens devaient largement se livrera la pêche. C'est pour cela qu'ils avaient un nombreux personnel spécialement destiné à cet exercice, comme on peut en juger par la citation suivante. Pierrel% d'après Lepsius, dit : c Une curieuse inscription qui nous donne le détail du personnel d'une colonie d'exploitation composée de 8,368 hommes et envoyée par Ramsès lY dans une localité appelée Boukhen, porte i deux cents le nombre des patrons de l'art de pêcher les poissons. » Ramsès IV appartenait à la XX* dynastie.

Les Egyptiens employaient pour la pèche : La fourche ; La ligne à main; La ligne dormante,

1. Mariettr, Deuxième Lettre à M, de Rougéy dans Revue archéologique^ V semestre de 1862.

2. Paul Pikrrkt, Dictionnaire d'archéologie égyptienne, 1875. article Pêche,

Et le tilet.

D'après Prisse d'Avennes, un grand noitibre de tombeaux de l'ancien et du nouvel empire, jusqu'à la XIX* dynastie, contiennent une scène de pèche et une scène de chasse généralement groupées, séparées seulement par un massif de lotus et de joncs. Dans la scène de pèche, on voit le propriétaire du tombeau, habituellement accompagné de sa Temme, occupé à percer de gros poissons avec un bident, évidemment en métal, faisant les fonctions de fouine.

La pèche à la ligne est aussi plusieurs fois représentée sur des monuments égyptiens. Parfois, c'est un grand personnage assis qui, une ligne à la main, pèche dans un grand réservoir. Parfois ce sont des serviteurs qui pèchent à la ligne le long du fleuve, comme le montre la figure 100.

Fl6. 100. — Pèche à la ligne au bord do Nil, Egypte.

La ligne dormante, cordelette garnie de plusieurs hameçons qu'on laisse à l'eau pendant un certain temps et qu'on vient ensuite lever pour voir s'il y a des poissons pris, était aussi employée en Egypte.

Mais la vraie pèche, la grande pèche se faisait au filet. Les représentations de pèche au filet, analogues à celle de la figure 101, ne sont pas rares. Le musée du Louvre contient

â54 ORIGINES DE LA CHASSE, DE LA PÊCHE

des fragments de ces filets avec flotteurs et poids en plomb ou en terre cuite *.

Dans la double représentation de chasse^ et de pèche de

FiG. lOi. — Pôchc à la traîne, gnnà filet, Égjptc.

la grotte de SouUany, décrite par Costaz, la pèdw est faite au moyen d'un grand filet appelé senne. Il se développe grâce à des flotteurs qui maintiennent le bord supérieur au niveau de l'eau, et à des poids qui font traîner le bord inférieur sur le fond du fleuve. De là le nom de pèche à la traîne. Deux groupes d'hommes tirent les deux bouts du filet au moyen de longues cordes. Ils ont décrit un grand arc de cercle et ils restreignent peu à peu l'espace embrassé par le filet, amenant ainsi vers le centre tous les poissons qui se trouvaient dans l'espace circonscrit. Ces poissons sont nombreux. Après avoir été retirés du filet, ils sont mis dans des paniers, portés à un homme qui les éventre pour les vider et les partager, puis ces poissons ouverts sont étalés pour être séchés au soleil et pouvoir être conservés.

Dans d'autres représentations, le poisson, en sortant du grand filet ou traîne, est recueilli dans un bateau, vidé et partagé, puis suspendu pour sécher à des cordages disposés

Page 1