Voir page
aguels chargé de son filet et prêt à saisir des poissons qu*un dauphin chasse vers la côte. Poétisant la peur d'être dévoré par le dauphin qui fait fuir le poisson, on a vu dans cet animal un auxiliaire de Thomme, presque un serviteur et un ami comme le chien pour le chasseur.
Aristote, vers le milieu du iv* siècle avant notre ère, dans son Histoire des animaux^ s'occupe de nombreux poissons d*eau douce et de poissons marins bien plus nombreux encore. Il les connaissait bien; il les avait vus. La pèche était donc très largement pratiquée à son époque, même la grande pèche de mer.
La plupart des auteurs anciens ont parlé de la pèche ou tout au moins des poissons. C'est tout naturel, car les an** ciens aimaient beaucoup le poisson. Gozzadini ^ en a trouvé des débris dans les tombeaux pré-étrusques et étrusques de la villa Arnoaldi, à Bologne (Italie).
Pline le Naturaliste nous apprend que le saumon plaisait beaucoup aux Aquitains ^.
Et comme comble, un empereur romain, Domitien, le dernier des douze Césars de la famille d'Auguste, vers la fin du 1*' siècle, au moment de faire la guerre auxDaces, réunit ses conseillers intimes, non pour dresser un plan de campagne, mais pour savoir comment on assaisonnerait uo énorme turbot péché dans l'Adriatique. Sur l'avis de Montanus, il fut décidé qu'on ferait faire par un potier un plat spécial pour servir le poisson tout entier. Cela prouve son énorme taille.
Les procédés de pèche employés parles Romains étaient :
Le trident;
La ligne;
Le filet,
1. GoziADiNi» Intomo agli tcavi Amoaldi Veli, 1877, p» S6. t. Pline, Histoire naturelle, IX» 22.
JST D£ L'AGRICULTURE. 257
Et la nasse.
Le trident ou ftiscina^ d*où vient le nom de fouine, est une fourche à trois dents barbelées i leur sommet» avec laquelle on piquait le poisson. C'est pour cela que le trident est devenu, chez les Grecs etles Romains, l'attribut de Neptune. Dans une mosaïque trouvée près de Rome, on voit sur un radeau deux petits génies ailes, dont un sur le point de se servir du trident qu'il tient en main.
Parmi les peintures de Pompéi, se trouve un pêcheur à la ligne patiemment assis au bord d'une rivière. 11 tient à la main un long roseau au bout duquel est fixé le fil. La pèche a déjà été heureuse, et le poisson pris est dans un panier en vannerie. Sauf le costume, c'est tout à fait le pécheur des bords de la Seine.
La station gauloise de laTéne, dans le canton de Neuchâtel (Suisse), nous montre qu'à cette époque, dans le dernier siècle avant notre ère, il y avait encore des hameçons en bronze, mêlés à des hameçons en fer. Parmi ces derniers, il s'en trouvait à doubles tiges, l'une partant de la pointe recourbée, l'autre s'articulant au-dessus. C'était pour éviter que les poissons à forte mâchoire, surtout les truites et les brochets, pussent couper le fil tenant à l'hameçon.
Une fresque du palais de Titus à Rome montre des enfants dans une barque qui retirent un filet de l'eau. C'est tout à fait une scène de pêche actuelle, sauf la forme de la barque etle vêlement... pardon, le déshabillé des enfants qui sont complètement nus. Les- Romains appelaient ce filet everri-^ culum.
La nasse est aussi représentée dans des mosaïques romaines. Elle ressemble beaucoup à notre nasse, si ce n'est peut-être qu'elle est un peu plus allongée et plus élégante.
Le peu que nous venons de dire montre que la pêche, chez les Romains , était déjà à peu près semblable à ce qu'elle
est de nos jours. Seulement, de nos jours, les procédés et les appareils se sont largement développés et ont subi un si grand nombre de modifications qu'un membre de la Société des sciences d'Astrakhan, vers la fin de 1888, a donné à cette Société un album de 300 photographies représentant seulement les méthodes et les outils de pèche de Fembouchure du Volga.
Les poissons ont été très souvent représentés, surtout dans les mosaïques. On leur donnait un sens mythique. Les premiers chrétiens ont adopté le poisson comme un de leurs emblèmes.
Mais bien avant la venueduChrist, cet emblème avait déjà un sens religieux, et, fait curieux, cet emblème était aussi associé à la colombe, bien avant que le christianisme se soit emparé de cette association. Pour preuve, nous ne citerons qu'une fibule en bronze de Béotie (Grèce), bien antérieure à notre ère, sur le corps de laquelle se trouve un swastica ou croix gammée, entre un poisson et une colombe *.
FM. lOi. — Ptbulc, bronze, préchrôtienne aree swastica entre la co~ lombe et le poisson ; Béotie, Muêée préhistorique^ 1/2 grandeur.
1. Ce n*e8t pas ici lo lieu de discuter à fond cette quesUon. Nous renverrons ceux qui peuvent s*y intéresser au Signe de la croix avant le Christianismet par G. de Mortillet, et à Det Saakaldte Hagehort'i Anven delte og Belifémng i Oldtident par Ludyig Mullbr.