‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 57 sur 133 · Charles A. Write, Congrès de Bologne, p · texte numérisé non relu

Charles A. Write, Congrès de Bologne, p

L'amas de Keosanqua mesure 15 mètres de long, sur 3 ou A mèlres de large et presque i mètre d'épaisseur vers le milieu. 11 en est qui atteignent de 50 à 100 mètres de longueur, sur 4 à 5 mètres de largeur et plus de 1 mètre de hauteur. On en a indiqué encore sur d'autres points des États-Unis. Ces amas de coquilles d'eau douce sont tout à fait analogues aux kjoekkenmoeddings de coquilles marines. On rencontre associés et mêlés aux coquillages d'anciens foyers avec cendre et charbon ; des ossements d'animaux appartenant aux espèces locales ; des instruments en pierre, en os et en coquille; enfin des débris de poteries grossières. Les coquilles sont :

Des ampullaires, Ampullaria depressa;

Des paludines, Paludina mullilineata et Paltidina intégra.

Des mulettes surtout, Unio. Peu nombreuses dans les amas de coquilles de la rivière Saint-John, elles abondent dans les amas de l'Iowa. Parmi les accumulations de valves de mu* lettes de Keosanqua et de Sabula, White a reconnu dans chacune d'elles dix espèces différentes (TUnio et onze dans celle de Bellevue.

Les amas de coquilles d'eau douce se trouvent en Amérique le long des fleuves et rivières à la limite des plus grandes eaux, un peu au-dessous ou un peu au-dessus.

A quelle époque remontent ces amas de coquilles? Non seulement on ne mange plus les mollusques d'eau douce dans les États-Unis, mais les amas ne contiennent pas trace de métal. Ils sont donc antérieurs à l'arrivée des Européens. De plus, on a constaté que certains d'entre eux supportent des arbres gigantesques qui peuvent avoir 600 ans. Les dépôts sont donc fort anciens.

Marcano, décrivant des tombes précolombiennes qui se trouvent au sud et à l'est du lac de Valence (Venezuela), nous

dit' qu'au pourtour existaient de grandes accumulations de coquilles terrestres et d'eau douce ayant servi de nourriture.

D'après une communication d'Ouvaroff' au Congrès archéologique de Kazan, en 1878, les plaines basses des bords de rOka, dans le centre de la Russie d'Europe, présentent des dunes dont les sommets contiennent de véritables kjoekkenmoeddings avec charbons, débris de poteries, instruments en silex et amas de coquilles.

De nos jours encore certaines populations sauvages mangent les coquilles d'eau douce. Voici ce que J. de Morgan dit des Sakayes, population de l'intérieur de la presqu'île Malaise, c Quand la pèche ne donne rien (la pèche du poisson), les Sakayes attendent des temps meilleurs en mangeant des patates et des coquilles. Ils consomment en effet tous les mollusques de leurs rivières, Melania^ AmptUlariaj unionidés ^. t

En fait d'unionidés, nous pouvons citer un fait qui se rapporte à l'âge du bronze. Les dépôts morgiens de la vallée du Pô, connus sous le nom de terramares, contiennent en certaine abondance des coquilles de mulettes ou Unie dont l'animal a été mangé par les habitants de ces stations. Mais la proportion de ces coquilles montre que ce n'était pas là une nourriture très recherchée; on ne consommait les mulettes qu'accidentellement.

Déjà en 1868 nous écrivions * : c Les foyers avec poterie grossière et silex taillés de Choisy-le-Roi, près de Paris, ' m'ont fourni tant et tant de débris calcinés de coquilles de

1. Mârcaro, Station précolombienne des vallées d'Aragua (Vénéiuela), Bulletins de la Société d'anthropologie^ p. 230, séance du 15 mars 1888.

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