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3. Muston, le Préhistorique dant le pays de Montbéliard, 1887, pi. XLIX.
bablement VUnio pictorunif provenant de la Beaume dans les environs de Monibéliard.
Avec ces valves de mulette on a aussi fabriqué des rondelles de nacre. Le dolmen d'Argenteuil, Seine-et-Oise, en a fourni plusieurs percées d'un trou au centre. On en voit quelques exemplaires au musée de Saint-Germain. Un caveau sépulcral dolménique exploré en 4886 à Crécy, Seine-et- Marne, par A. ThieuUen, lui a donné des rondelles en nacre de mulette un peu plus grandes et percées de deux trous accouplés. Des rondelles semblables avaient déjà été recueillies dans d'autres dolmens de la Chapelle-sur-Crécy.
L'emploi de la nacre d'eau douce date donc dans nos régions des temps de la pierre polie, période néolithique.
Nous n'avons pas des données aussi précises concernant l'emploi de la nacre marine, qui doit pourtant être fort ancienne en Orient. En effet, la plus belle nacre est celle de larges coquilles bivalves marines appartenant au genre avicule, Avicula. Ces coquilles sont fort abondantes et prennent un grand développement dans la mer des Indes. Ce sont elles qui produisent les perles.
L'avicule dite mère perlière, Avicula margaritifera^ habite surtout le golfe Persique et dans ce golfe la pêcherie la plus importante est celle de l'ile de Bahrein. A l'autre extrémité de la mer des Indes, près de Ceylan, dans le détroit de Manaar qui sépare cette ile du continent, se trouve une autre pêcherie de perles fort renommée. Le banc d'avicules perlières a trente kilomètres de long. D'après Pline on péchait aussi des perles dans la mer Rouge. Mais ce peut bien être une simple erreur. Il n'en existe pas actuellement dans celle mer. Les récoltes du golfe Persique et plus encore celles de Ceylan, que les anciens appelaient île Taprobane, arrivant par la mer Rouge, l'auteur latin a bien pu croire qu'elles y avaient, au moins en parlie, été recueillies.
Les perles paraissent avoir été importées en Grèce par les Phéniciens, mais postérieurement à Homère qui n'en parle pas. Hérodote, 484 à 406 ans avant notre ère n'en parle pas non plus. C'est d'autant plus étonnant que cet historien a surtout écrit sur la guerre des Grecs avec les Perses. Elles ne devinrent abondantes en Grèce qu'après les victoires d'Alexandre de Macédoine sur les Perses et son excursion jusque dans rinde, vers 324 avant notre ère. Aussi Théophrasle, 374 à 387 avant notre ère, les signale, mais il les croit produites par la pinne marine.
En Egypte, les perles ne furent abondantes que sous les Ptolémées. Elles constituaient le grand luxe de Cléopâlre, 67 à 30 avant notre ère. Cette reine en possédait en quantité et de fort belles.
Les Romains n'ont, paraît-il, employé les perles que longtemps après les Grecs. Dans le dernier siècle avant notre ère, elles étaient encore peu connues, car ils donnaient le nom de cléopàtrines à celles de première qualité, en souvenir des eélèbres parures de Cléopâtre.
Les perles connues et appréciées, on les rechercha un peu partout. Les Grecs, dit-on, en péchaient dans l'antiquité sur les côtes de l'Acarnanie. Mais elles étaient de qualité inférieure. Les perles étant une sécrétion supplémentaire et accidentelle des mollusques produisant la nacre, toutes les coquilles à nacre, qu'elles soient marines ou d'eau douce, peuvent donner des perles plus ou moins belles. Les mulettes sont dans ce cas. L'une entre autres, VUnio margarilifera en fournissait autrefois au lac Tay, en Ecosse. Elles étaient loin de valoir les perles marines, aussi y a-t-on renoncé. Plus un mollusque produit de la nacre avec abondance et beauté, plus il est à même de donner de nombreuses et belles perles. C'est pour cela que VAvicula margarilifera donne tout à la fois la nacre la plus recherchée et les perles de premier choix .
§. 5. Coquilles h povrpre. — Les amas de coquilles marines le long des côtes ne proviennent pas seulement de débris de repas et de rebuts de fabrication d'objets en coquille remontant à des temps fort anciens et inconnus. Il en est qui appartiennent à des temps parfaitement historiques. On a signalé de ces dépôts en Grèce et en Syrien Ce sont des rejets de teintureries appartenant à Tantiquité classique.
La pourpre, dit Lortet, qui a joui d'une si grande réputation dans Tantiquité, était regardée comme la plus précieuse des teintures par suite de son éclat et de sa durée. On la considérait comme résistant complètement à l'influence décolorante de la lumière. La lumière au contraire en augmentait réclat. Ce qui plaisait aussi aux anciens, c'est qu'elle jouit à un haut degré de reflets chatoyants et changeants. La teinture est des plus simples^ il suffit de mettre en contact la laine avec la matière colorante. La teinture des étoffes de lin en pourpre n'est venue que plus tard. La laine imprégnée du liquide colorant prend une teinte bleuâtre devenant violacée et améthyste par l'effet de la lumière et sur laquelle les lavages n'ont aucune action.
La matière colorante provient de coquilles marines littorales du genre rocher, Murex , fort répandues dans la Méditerranée. Chaque animal possède dans Tintérieur de sa coquille une petite poche contenant quelques gouttes de cette matière colorante. Pour en obtenir une certaine quantité il faut donc avoir à sa disposition de nombreux individus. ,. La poche à suc colorant est placée à un jpoint déterminé
1. C. Gaillardot, les Kjoekkenmoeddings et les débris de fabriques de pourpre^ dans les Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, séance du 16 octobre 1873, p. 750. — De Ducker, mômes Bulletins, 1871, p. 265. — De Saulcy, Voyage en Terre Sainte, vol. III, p. 283. — Louis Lortet, Syrie d'aujourd'hui^ 1884, p. 102.
dansla coquille; pour l'extraire il est nécessaire de trouer cette coquilleàrendroitYoulu.Aumoyend'uninstrumenttraiichant on faisait sauter, dans ce but, un éclat du test sur la partie proéminente du second tour de spire. La poche jenlevée et recueillie soigneusement dans un vase, on rejetait la coquille qui ne servait plus à rien.
La Méditerranée possède deux espèces de Murex donnant de la pourpre. Dans la partie nord le Murex brandaris qui fournit une pourpre plus violette, et dans la partie sud, plus chaude, le Murex Irunculus dont la pourpre a des reflets plus rouges. C'est cette dernière qui était la plus recherchée.
Pline ^ nous dit qu'en Asie la plus belle pourpre était celle de Tyr. En Afrique celle de Meninx et de la côte Gétuliennede l'Océan, actuellement le Maroc. En Europe celle de la Laconie, Grèce, aux environs de l'embouchure de l'Eurotas. Mais il s'en fabriquait dans bien d'autres localités, entre autres à Hermione, Péloponèse, non loin de Mycènes.
Quelques auteurs désignent la pourpre violette sous le nom de pourpre de Tarente, Italie.
Les dépôts de coquilles à pourpre se distinguent de tous les autres en ce qu'ils sont formés d'une seule espèce de coquille, non édule et non assez brillante pour faire des objets de parure. Tous les individus sont cassés ou largement ouveiis d'une manière uniforme. Ils ne sont pas mêlés à des ossements, ou associés à des restes de foyers. La seule chose qu'on y rencontre parfois ce sont des tessons de poterie provenant de la casse des vases dans lesquels on recueillait la matière colorante au fur et à mesure qu'on l'extrayait des coquilles.
Le plus important de ces dépôts de coquilles à pourpre est celui de Sidon, ancienne ville de Phénicie, au nord de Tyr,