CHAPITRE UNIQUE
Nous pouvons dire de la pêche, ce que nous avons dit de lâchasse, qu'elle doit être aussi vieille que Thumanité. Nous ne pouvons pourtant pas rétablir sur des observations directes. Jusqu'à présent nos observations, abondantes pour répoque magdalénienne, deviennent rares pour ce qui concerne le solutréen et s'arrêtent à cette dernière époque. C'est plus qu'il ne faut pour affirmer que l'homme fossile a élé franchement pècheui' vers la fin du quaternaire; et qu'il s'adonnait à la pêche d'eau douce comme à la pêche marine. Quand, dans ses moments de loisir, il se livrait aux beaux-arts, il reproduisait volontiers les poissons qu'il venait deprendre, comme il s'ornait des coquilles qu'il avait récoltées.
La pêche au poisson, déjà très pratiquée à la fin du quaternaire ou paléolithique, s'est largement développée au néolithique et plus encore à l'âge du bronze.
Comme instrument spécial de pèche nous ne trouvons au paléolithique, que l'hameçon droit à deux pointes. Hameçon qui se perfectionne au néolithique^ époque où commence le véritable hameçon, l'hameçon recourbé. Au bronze on a déjà à peu près toute la série d'hameçons que nous possédons de nos jours.
C'est aussi au néolithique qu*a commencé l'emploi du ûlet complet avec flotteurs et poids.
Pour la pèche, comme pour la chasse, les procédés élémentaires employés par les sauvages de nos jours nous fournissent des données qu'on peut, par analogie, faire remonter jusqu'aux hommes des temps préhistoriques. Telles sont les pèches à la main, au barrage, à la sagaie, et même aui stupéfiants. Puisque les hommes de l'époque magdalénienne savaient, comme les sauvages, empoisonner leurs armes, pourquoi comme eux n'auraient-ils pas su empoisonner les eaux? Ce ne sont là que des inductions, mais des inductions permises.
L'antique Egypte, dès hs premières dynasties, pratiquait en grand la pèche à Thameçon, au filet et à la pointe. Ces divers procédés n'ont fait que se perfectionner en venant jusqu'à nous. ^
Les coquilles, aui^si bien que les poissons, ont été pèchées dès les temps quaternaires, comme aliment et comme orne ment.
Pendant les temps néolithiques, on en a même péché et mangé de telles quantités que leurs tests ont formé le long des côtes de véritables bourrelets, presque des monticules, qui ont reçu des Danois le nom de kjoekkenmoeddings, rejets de cuisine. Ces amas de rejets de cuisine se trouvent disséminés sur les côtes de toutes les parties du monde. Il y en a même, composés de coquilles d'eau douce, le long des grands fleuves et des rivières des États-Unis d'Amérique.
En Syrie et en Grèce on a aussi observé au bord de la mer de puissants amas de coquilles, mais ils ont une toute autre origine. Ce sont les rejets de la fabrication de la pourpre. Nous tombons là tout à fait dans l'historique. Le commencement de cette fabrication parait ne pas devoir remonter au delà du xvr ou xvip siècle avant notre ère.
30i ORIGINES DE LA CHASSE» DE LA PÊCHE, ETC.
L'utilisation de la nacre comme ornement est beaucoup plus ancienne. On en trouve déjà dans les sépultures néolithiques.
Quant aux perles, pourtant si intimement liées avec la nacre, nous ne les voyons répandues en Grèce que depuis les conquêtes d'Alexandre de Macédoine. C'est de son excursion en Perse et sur les confins de l'Inde qu'est provenue cette apparition.
Enfin le corail ne se montre en Europe qu'au premier âge du fer et devient très répandu à l'époque mamienne généralement connue sous le nom d'époque gauloise.
En nous* occupant des coquilles nous avons vu quel'huttre est celle qui de tout temps et partout a été la plus recherchée. Les singes nous font même concurrence comme consommateurs d'huîtres. Mais un caractère fort important qui nous dislingue d'eux, c'est que les singes mangent seulement les huîtres jetées par la vague sur la grève, tandis que l'homme sait aller les pêcher dans la mer!