‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 76 sur 133 · iCuiN, De natura animaLf II · texte numérisé non relu

iCuiN, De natura animaLf II

il Taot se servir des textes, mais en les contrôUnt et les discutant. Les observations directes sur lesquelles reposent la palethnologie et même Tarchéologie ancienne, nous paraissent bien plus solides et bien plus concluantes.

Les Juifs comme les Égyptiens considéraient et considèrent encore le porc comme un animal impur dont on ne doit pas manger la viande. Il en est de même chez les mahométans.

En Chine au contraire, où la population est fort dense, on a grand besoin de substances alimentaires, on consomme beaucoup de viande de cochon, et cet animal y est domestiqué de temps immémorial.

D'après Polybe et Strabon, les Celtes se nourrissaient de viandes et surtout de celle de cochon tant dans la Gaule Cisalpine que dans la Transalpine.

§ 3. c«ch«ii. •HsiMs. — Les cochons reprennent facilement la vie sauvage. On Ta constaté plusieurs fois en Kurope. On Ta constaté d'une manière encore bien plus complète dans les iles de TOcéan.

Cook ayant en 1769 abandonné quelques cochons dans la Nouvelle-Zélande, ils s'y acclimatèrent si bien et y multiplièrent tellement qu'ils fournissent une importante ressource d'alimentation et sont même devenus un véritable fléau pour les cultures qu'ils ravagent. Uochstetter prétend que trois hommes employés à chasser ces cochons sauvages en ont tué vingt-cinq mille en moins de deux ans. 11 y a très probablement exagération, mais ce chiffre montre combien ces animaux avaient pullulé.

Il ne faut pas longtemps pour former une race sauvage avec des cochons domestiques. En 1834, un marin anglais, Daires, laissa quelques cochons en liberté à l'Ile Crozet. En peu de temps ils se propagèrent si bien qu'ils devinrent une puissante ressource pour la nourriture des pécheurs qui

fréquentent ces parages. Aussi ont-ils surnommé cette lie Pjg-Island, l'île des Cochons.

Réciproquement les sangliers s'apprivoisent et se domestiquent avec la plus grande facilité. De même qu'un cochon domestique se fait très vite à la vie en plein air^ le sanglier s'habitue sans peine à se cloîtrer dans les sales étables où Ton abrite nos cochons dans nos campagnes. Aussi presque tous les naturalistes sont-ils d'accord pour faire provenir du sanglier nos cochons domestiques.

Pourtant André Sanson, l'un des plus ardents partisans de l'invariabilité des types, est naturellement d'un avis contraire. Pour Sanson non seulement l'espèce, caractérisée par le non accouplement avec des types différents ou tout au moins par la non fécondité des produits obtenus par ces accouplements, est invariable, mais encore la race, bien qu'il y ait accouplements féconds. D'après ce principe exclusivement théorique, l'observation démontrant le contraire, Sanson admet que non seulement le sanglier n'est pas la souche de nos cochons domestiques, mais que nos cochons constituent deux races indépendantes l'une de l'autre, existant de temps immémorial en Europe, auxquelles est venue s'enjoindre, au commencement de ce siècle, une troisième amenée de l'Extrême-Orient ^ Les deux races domestiques d'Europe sont le c Sus cellicus répandu partout sur la partie septentrionale. Son crâne se distingue principalement par un fort volume relatif, où la partie faciale prédomine, par un large boutoir et par son profil à angle rentrant presque droit; > il est brachycéphale, sa couleur est blanche la peau étant dénuée de pigment et les oreilles sont très larges tout à fait tombantes sur le côté de la face; et le Sus ibericus, appartenant à l'Europe centrale et méri-

1. André Sanson, Sur L'origine des cochons domestiques^ p. 206, extrait du Journal de l'anatomie et de la physiologie, vol. XXIV, 1888.

dionale, son crâne est beaucoup moins volumineux à la partie faciale, moins longue, plus étroite, plus effilée et le profil est seulement à angle rentrant 1res obtus. Il est dolichocéphale, sa couleur est noire la peau étant fortement pigmentée, les oreilles sont allongées, relativement étroites et dirigées presque horizontalement en avant.

Notre auteur s'évertue à prouver qu'il y a des différences entre le sanglier et les cochons domestiques. Personne ne dit le contraire. S'il n'y avait pas de différence, on ne les distinguerait pas. Ce sont justement ces différences occasionnées par les milieux, les habitudes ou des accidents qui, en se fixant, se généralisant et s'accentuant, constituent d'abord les variétés, puis les races, enfin les espèces, et les autres coupes plus générales.

Pour prouver que le cochon domestique ne descend pas du sanglier, opinion qu'il appelle pourtant classique^ Sanson argue surtout c des différences considérables dans le nombre des pièces dumchis^ >, autrement dit de la colonne vertébrale. Or le nombre des vertèbres peut très bien varier dans les diverses races produites par la domestication. Nous n'en voulons pour preuve que le chat de l'ile de Man. Les chats ont de nombreuses vertèbres à la queue, celui de l'ile de Man n'a qu'un moignon pour toute queue et cette race a dû se former, d'après ce que nous avons dit, en quelques siècles.

Les cochons domestiques sont bien loin d'être aussi uniformes que veut bien le dire Sanson. Ils offrent de nombreux intermédiaires, de nombreux passages entre eux. On voit leurs caractères varier dans de fortes limites, et ces variations ne sont pas seulement superficielles, elles atteignent aussi la charpente osseuse, elles vont jusqu'à acquérir l'importance de caractères spécifiques et même plus élevés

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