‹ Origines de la chasse, de la pêche et de l'agricultureChapitre 81 sur 133 · F. Chabas, p · texte numérisé non relu

F. Chabas, p

cheval. » Comme noms des chevaux en égyptien il indique :

iCaoua, coursier, étalon.

Abiri^ coursier fort et rapide.

Sesm-t, cavale, coursier, avec les variantes Sernserriy Smes, Ses.

HtOy cheval, char, le plus employé.

Nous n'aurions pas fait ces citations de noms si nous n'avions pas été forcé de produire un argument philolo* gique concernant l'antiquité du cheval en Egypte. Chacun les appréciera suivant les tendances de son esprit.

Lefébure nous écrivait en 1879 : < Quant au cheval il était certainement connu avant l'arrivée des Pasteurs. Sur des stèles datées de la XII' dynastie plusieurs personnages portent les noms de cheval et de cavale. > Cet égyptologue a relevé dans le Dictionnaire de noms hiéroglyphiques publié parLieblein, en 1871, huit personnages du moyen empire ayant porté les noms de Heier^ féminin Hetera, qui signifieraient le cheval ou la cavale.

Piètrement * fait observer t que heler est bien l'un des noms du cheval sous le nouvel empire, mais que antérieurement on ne connaît aucun texte hiéroglyphique dans lequel ce mot soit employé pour désigner cet animal. Il n'est donc pas absolument certain que les huit personnages en ques* lion se soient appelés le cheval ou la cavale; ou en d'autres termes, il est possible que heler soit un nom d'homme du moyen empire appliqué sous le nouvel empire à une certaine catégorie de chevaux comme de nos jours le nom d'Orloff. »

Ce serait à peu près comme si les archéologues de l'avenir prétendaient que nos contemporains les Quinquet, les Gibus et les Lefaucheux s'appelaient autrefois lampes, chapeaux et fusils.

1. C.-A. Piètrement, l* Introduction du cheval en Égyptey 1884, p. 387.

DE MonTILLET. 25

Un argument émis par Chabas^ pour prouver l'anliquilé du cheval en Egypte est tiré du Papyrus médical de Berlin. Ce manuscrit daté de la XIX* dynastie. Il y est question d'une drogue ou composition contenant du saou qui est sur la cuisse du cheval. Or des traités médicaux datent d'Athothis, premier successeur de Menés et d'autres rois des premières dynasties. Mais qu'est-ce qui prouve que le manuscrit de Berlin soit une copie de ces anciens traités? Page 15 du manuscrit commence un trailé qui, dit le texte, fut trouvé à Letopolis sous le règne d'Ousaphaïdos, cinquième roi de la 1" dynastie. Oui, mais en admettant l'authenticité du dire, précisément le remède en question ne se trouve pas dans ce f raité. Et quand bien même le Papyrus de Berlin serait la copie d'un ancien manuscrit, n'y aurait-il paseu quelques changements de mots? Pendant la XIX' dynastie le cheval jouait en Egypte un grand et beau rôle, cela au détriment de l'âne, rejeté tout à fait aux degrés inférieurs des animaux domestiques. Pour donner plus de poids au remède, n'aurait-on pas remplacé le mot âne par celui de cheval?

Dans tous les cas ce n'est certes pas sur une pareille donnée qu'on peut solidement baser l'ancienneté du cheval en Egypte. Chabas l'a bien compris, car il n'insiste pas sur son argument. Le mot cheval appliqué à l'animal qui porte ce nom ne se trouve dans aucun texte antérieur à la XYIIP dynastie.

Il nous reste à examiner la partie mythique ou religieuse.

Citons tout d'abord un texte de la XIX* dynastie, qui nous a été communiqué par Lefébure. Sélé V' y est dit cavalier comme Horus, Nous sommes là en pleine connaissance et usage du cheval. Connaissance qui datait de plus de deux siècles et usage qui, grâce aux emplois militaires et aux conquêtes, avait acquis une grande renommée. Les chevaux dans

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