Livre des RoiSy ch. viii, versets 3 et
ET DE L'AGRICULTUKE. 893
Les tableaux des guerres contre la fédération des Khélas qui comprenaient la Mésopotamie, la Syrie et une partie de l'Asie Mineure, montrent que cette portion de l'Asie connaissait le cheval domestique. Malheureusement les monuments égyptiens sous ce rapport ne remontent qu'au xvr ou au XVII* siècle avant notre ère.
Dans toute la Pliénicie, la Syrie, la Mésopotamie, l'Arménie, le cheval domestique remonte aussi haut que les documents historiques, mais ces documents ne vont pas si loin que les données égyptiennes. Pourtant au delà de ces divers pays, dans la Bactriane, nous voyons les qualités du cheval très appréciées, et même nous trouvons des détails analomiques dans les Védas, qui prouvent qu'on est en présence d'une vieille connaissance. Voici ce qu'en dit Piètrement :
« Parmi le très grand nombre d'hymnes du Rig-Veda qui pouvaient nous fournir des preuves de l'antiquité de l'usage du cheval, nous avons choisi les citations précédentes, parce qu'elles donnent en outre quelques renseignements intéressants sur les qualités physiques et morales des chevaux des Aryas védiques , et que Thymne de l'Açvamêdha indique même le fait remarquable de l'existence normale de trenlequatre côtes seulement sur ces chevaux, tandis que les nôtres en ont habituellement trente-six et quelquefois trentehuit *. »
Si nous allons encore plus à Test, nous trouvons les Chinois qui, dit-on, employaient le cheval à la guerre vingt siècles avant notre ère. Pourtant d'après leurs auteurs le cheval domestique aurait été importé de l'étranger. Ainsi le lieu de domestication du cheval doit se trouver entre la Chine et l'Egypte, les deux points extrêmes de son importation dans la très haute antiquité.
1. C. A. -Piètrement, len Onglnes du cheval domestique d'après lapaléonlologie, la ioologie, Vhiitoire et la philologie^ 1870, p. 123.
Revenons en Assyrie. Place ^ a reproduit un intérieur d*écurie. Sur le premier plan deux chevaux à droite et à gauche d'une mangeoire prennent leur repas, sans qu'on les ait débarrassés de leur bridon. Derrière il y a un autre cheval. Sur un plan plus élevé, formant comme un second registre se trouve un palefrenier qui en étrille un quatrième.
Dans un bas-relief du Bristish-Museumdu vipou viii* siècle, on voit Assourbanipal à cheval, ainsi qu'un suivant. Les représentations de cavaliers ne sont pas rares et remontent bien plus haut, mais en général les chefs et surtout les rois sont sur des chars, aussi les représentations de chars sont très nombreuses.
Ces représentations de rois assyriens debout dans leur char de guerre ou de chasse, sont tout à fait analogues à celles que nous rencontrons en Egypte. Elles ont tant et tant de rapports qu'évidemment elles sont la copie les unes des autres. Ce sont exactement les mêmes sujets mis aux goûts de chacune des deux nations. Chez les Assyriens, chars, chevaux et personnages sont plus lourds, plus forts, plus musclés; chez les Egyptiens, ils sont plus sveltes, plus légers, plus élégants; mais le fond est le même. D'où est sorti le type ? Evidemment d'Assyrie, le cheval domestique étant en Egypte le produit d'une importation. Cheval et char ont été importés en même temps.
Une autre preuve, c'est que, tandis que les mythes égyptiens ne contiennent rien se rapportant au cheval, quand les dévots de la vallée du Nil ont voulu avoir une déesse protectrice des chevaux, ils ont emprunté Astarté aux Phéniciens et aux Syriens.
Cette absence de légendes religieuses concernant le cheval dans le culte égyptien, tandis que le cheval est en tout et