VÉGÈCE, Sur l'art véUrinaire, I, 26, 3 et II
quand ils étaient attendris ou blessés. Et Rich ajoute que les Japonais emploient encore de nos jours, pour le même usage, des chaussures en vannerie passées aux pieds et fixées par un cordon noué autour du fanon.
De la sparterie, chaussure la plus simple, la plus élémentaire, par suite de la richesse et du progrès, on passa successivement aux chaussures entièrementen peau, puis aux chaussuresenpeauavecsemellemétallique,enfinauxchaussuresmétalliques n'ayant plus en fait de peau que des courroies ou des cordons. Dans la seconde moitié du siècle passé Mandrin nous a fourni un très curieux exemple des chaussures en peau avec semelles métalliques. Pour dépister la maréchaussée et les employés des gabelles qui le poursuivaient, il avait fait établir des chaussures en cuir portant comme semelle des fers mis à Tenvers. Il en chaussait ses chevaux et ses mulets, de sorte qu'en marchant ils laissaient des empreintes en sens inverse de la direction qu'ils avaient prise*.
Les chaussures en métal de cheval et de mulet n'ont pas été employées dans l'antiquitéseulementen cas de blessures et de maladie. Elle servaient aussi pour les excursions et les voyages. C'était alors un moyen préventif qui a précédé la ferrure et probablement en a donné plus tard l'idée. Mais ces chaussures ne demeuraient pas à poste flxe aux pieds des animaux, on les mettait ou enlevait suivant les besoins. Cela ressort nettement des termes employés par les auteurs latins. Suétone ' dit mula$ calceare, chausser les mulets; Pline ^ mulis soleasinduercj introduire les chaussures des mulets. C'est encore mieux établi par le fait suivant rapporté par Suétone. Vespasiendans un de ses voyages ayant vu son muletier s'arrêter pour chausser ses mulets et
i. Gustave Vallier, Archéologie de contrebande.