Place, Xinive et Assyrie, pi. LXX
pouvaientse mettre et s'ôler à volonté. Cesont les hipposandalesetles buffosandales.
§ 10. Ane. — Les ânes sauvages se rencontrent en Asie et en Afrique. Ceux d'Asie sont l'hémione, le kiang et l'onagre. Ceux d'Afrique, le zèbre, le couagga, le dauw et l'âne d'Afrique.
L'hémione, Asinus hemionuSy habite les plaines et les plateaux secs de la partie orientale de la Haute-Asie et de la Mongolie. C'est un animal très indépendant qui ne s'apprivoise pas.
Le kiang, Asinus polyodon, est la race montagnarde de l'hémione, il vit sur les hauteurs de l'Himalaya ; plus sauvage encore que son congénère des plaines.
L'onagre, Asimis onager^ se rencontre depuis les bouches de l'Indus jusqu'en Perse et dans l'ancienne Mésopotamie, s'apprivoise plus ou moins, mais ne se domestique pas. Très voisin de nos ânes domestiques, il apassé pendant longtemps pour en être la souche. Brehm admet encore le fait au moins en partie. C'est une erreur. Quand l'onagre est figuré dans les monuments Assyriens, c'est comme animal sauvage chassé, ainsi que le montre notre figure 64.
Le couagga, Asintis quagga, des plaines du sud de l'Afrique.
Le dauw, Asinus Burchelliiy également des plaines sud de l'Afrique, mais remonte une dizaine de degrés au nord de l'équateur.
Le zèbre, Asinus zeber^ habitant des montagnes de l'est, depuis le Cap jusqu'en Abyssinie. Ces trois ânes du sud de l'Afrique, qui ont de si grands rapports entre eux qu'on en a constitué un genre à part, les hippotigris, s'écartent un peu des ânes types. Ils sont aussi comme caractère de la plus grande indépendance. Ce ne sont donc pas eux qui nous ont fourni nos ânes domestiques.
L'âne d'Afrique, Asinus Africanus, qui fréquente les
Steppes enlre le Nil et la mer Rouge. Il a la plus grande analogie avec les unes domestiques d'Egypte et il s'apprivoise fort bien. Nous devons donc, avec toute raison, le considérer comme la véritable souche de nos ânes.
Les Égyptiens ont toujours Tait et font encore un très grand usage de Tâne. Cela nous rappelle une anecdote qu'Etienne Geoffroy-Sainl-Uilaire aimait à conter.
Pendant la campagne d'Egypte dont il faisait partie comme savant, les membres de l'Institut chargés d'étudier le pays suivaient l'armée montés sur des ânes. Désireux deVoff du nouveau et bravantle danger, ils étaient souvent,habituellement même, dansles avant-gardes et en tète des colonnes. Leur intrépidité et leur bonhomie en fait de relation leur avaient concilié la familière affection des soldats. Chacun veillait sur eux, et si un danger survenait et forçait la colonne à former le bataillon carré, les soldats s'empressaient de crier à leurs amis les savants :
— Au centre les ânes !
Et les membres de l'Institut se trouvaient protégés par nos vaillants soldats.
Les représentations d'ânes abondent dès la plus haute antiquité. Les tombeaux de Ti et de Pthah-Hotep, de la IV* dynastie, plus de quatre mille ans avant notre ère, en fournissent plusieurs. Il y a même des troupeaux d'ânes. Les ânes n'étaient pas harnachés, aussi pour les charger on les maintenait fortement par la tête et par la queue. Comme couleur il y en a de fauves, mais habituellement ils sOnt gris. On ne remarque pas la croix noire sur le dos. Nous reproduisons ici, figure 427, un âne provenant de El-Âssacif, ruines de Thèbes, et appartenant à la XVIP dynastie, c'està-dire antérieur à l'introduction du cheval. Il est gris, à museau, poitrail et ventre blancs.
Pendant l'ancien et le moyen empire on prenait le plus
grand soin de Tânc et il était très estimé. Mais dès le nouvel empire, l'introduction du cheval vint détrôner le vieil et fidèle serviteur. Il fut méprisé et considéré comme un pauvre travailleur. Aussi modeste qu'utile, il personnifia la démocratie, tandis que le cheval, qui brillait à la guerre et
ij.Mr^K,^
Fio. 127. — Ane cgyplicn de la XVII« dynastie, Thèbcs.
à la cour des rois, représenta orgueilleusement Taristocratie. Aussi Plutarque* nous apprend que dans les bas-temps l'âne était frappé par la légende religieuse, légende si cruelle quand elle frappe un être vivant. L'âne était regardé comme un animal impur, parce que Typhon, le dieu du désert échappé aux coups d'Horus, s'était enfui sur le dos d'un âne. Cette légende vient confirmer les autres données qui font considérer