JO
(dont quelques-uns avaient vraisemblablement la consécration épiscopale) aux besoins des fidèles de la ville et de toute la contrée. Demetrius et ses successeurs, Héraclas et Denis, furent les premiers qui instituèrent plusieurs évêques. Toutefois nous voyons à l'époque d'Atlianase une portion de pays considérable, tout le Mareotis, administré seulement par des prêtres.
Saint Marc n'étant pas resté à Alexandrie, mais ayant parcouru les provinces voisines en leur annonçant l'Evangile, doit avoir, deux années avant sa mort, choisi pour son successeur et sacré comme tel , Anianus appelé Hanauias par les écrivains coptes et arabes, et, de retour de la Pentapole, avoir été tué par les païens à la fête deSérapis. A Anianus succédèrent Abilius, Cerdo, Primus, Justus, Euménes, Marc II , Celadion , Agrippinus, Julianus, jusqu'en 189. Ensuite l'église d'Egypte eut pour administrateur, durant 43 ans , Demetrius connu par ses débats avec Origène (1). A sa place brilla, en 230, le savant Héraclée, compagnon d'études d'Origène, et son aide dans l'école catéchétique. Denis, successeur d'Héraclêe dans l'école, et seize années plus tard (246 ) dans l'épiscopat, est un des hommes les plus illustres de l'Église primitive. Aucun évêque ne contribua plus que lui, non-seulement à étendre l'Église, mais encore à maintenir son unité menacée par des schismes, et à la défendre contre les erreurs qui germaient de toutes parts. Obligé de fuir dans la persécution de Decius, il fut pris par les païens acharnés à sa poursuite; bientôt après une troupe de chrétiens le délivra. Banni sous Valérien,et relégué dans un village lointain de la Libye, il revint dans son église après la fin de la persécution, et employa tous ses soins à diminuer la misère de son
(1) Voici les expressions d'Eusèbe : T*v <r« *vtAi { niyumrov ) irutemm
tmv im i v torn n v vsaor; tgts jaïtx. IovXwvov àx/ut.n'Tïioç vnn>,»^ii ; nouvelle preuve
que, jusqu'à son temps, il n'y avait pas en Egypte , d'autre éveque que celui (l'Alexandrie; l'expression est trop forte pour signifier les rapports du patriarchal , tel qu'il existait à cette époque.
— 1)1 — troupeau affligé par la peste, la famine et la guerre civile, jusqu'en 265, époque de la convocation du synode d'Anlio che et de sa mort. Il eut pour successeurs Maxime, ïheonas et Pierre; ce dernier fut décapité Tan 3 H , dans la persécution deMaximin. Achillas qui fut président de l'école catéchétique sous Pierre, mourut quelques mois après, et ce fut sous son successeur Alexandre qu'éclata l'Arianisme.
Quant aux autres églises d'Egypte et à leurs évêques, c'est à peine si l'on en trouve un nom jusqu'au commencement du quatrième siècle; Eusèbe ne cite que Chœrémon, évêque de ISicopolis, au temps de la persécution de Decius. Plus tard, sous Maximin , fut décapité Phileas, évêque de Thmuis, célèbre comme philosophe, et dont Eusèbe nous a conservé une lettre remarquable par la description des cruautés exercées à cette époque contre les chrétiens d'Alexandrie. Au concile de INicée parurent les évêques de Naucralis, de Phthénothe, de Pelusium, de Panephyse, de Memphis et particulièrement le confesseur Potamon, évêque de la haute Iléraclée , qui avait été mutilé dans la persécution et envoyé aux mines. L'existence d'un grand nombre d'autres églises, à cette époque, nous est révélée par l'histoire du schisme de Meletius durant lequel celui-ci institua, de sa propre autorité , beaucoup d'évêques. Dans la Thébaïde,nous trouvons les églises d'Antinoë, d'Hermopolis et de Lycopolis. Dans la Pentapole , se montre Plolémaïs, comme église métropolitaine, dès le troisième siècle. Basilide, évêque des églises de la Pentapole, dont parle Denis, était sans aucun doute évêque de Plolémaïs.