‹ Origines du ChristianismeChapitre 33 sur 69 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

rislie qu'après avoir prêté ce serment. INovalianus chercha aussi à se faire reconnaître au-dehors. Il envoya . à cet effet, soit des lettres, soit des députés aux èvêques des principales églises. Mais ses envoyés furent refusés à Carthage par le synode alors assemblé sous la présidence de Cvpiien. Là se trouvaient quatre èvêques africains nouvellement arrivés, lesquels ayant assisté, avec quatorze autres, à l'ordination de Cornelius, rendirent témoignage de la légitimité de son élection ainsi que de la pureté de son caractère. Denis d'Alexandrie repoussa pareillement JNovatianus en lui répondant : « que s'il avait, en effet, été poussé là contre » son gré, il devait le prouver par une retraite volontaire; » qu'il aurait du supporter toutes sortes de malheurs plutùi » que de laisser déchirer l'Église de Dieu , car mourir pour » la conservation de l'unité n'est pas moins méritoire que » de mourir pour la Foi. » Mais dans d'autres parties la scission trouva un accès plus facile , et quelques évèqucs même embrassèrent la cause de JNovatianus.

Celui-ci avait pris le pardon accordé par Cornelius à quelques chrétiens tombés, pour principal prétexte de sa désunion. Ce fut, en conséquence, la doctrine distinctive de son parti que ceux qui avaient sacrifié aux idoles, ou, eu général , avaient commis un péché grave, ne devaient plus jamais être admis à la communion de l'Église ni à la Sainte-Table. Les JNovaliens n'étaient pas cependant à ces pécheurs tout espoir de la félicité, comme quelques-uns l'ont prétendu; ils niaient seulement que l'Église eût le droit de leur remettre leurs fautes et de les réintégrer daus sa corn munion. On devait sans doute, disaient-ils, les exhorter au repentir, mais il ne fallait leur laisser d'espérance que dans la miséricorde divine. Le pouvoir de lier et de délier, conféré par Jésus-Christ aux Apôtres et à leurs successeurs, était limité par les INovaliens à la rémission des péchés dans le baptême, la puissance de l'Église, selon eux, ne s'étendanl pas aux péchés mortels commis après la réception de ce sacrement, lussi les Pères de L'Église accusèrent-ils uver

raison le fondateur de la nouvelle secte d'avoir supprimé la pénitence canonique. Mais comme toute fausse doctrine est un germe fécond d'où sortent d'autres erreurs, les ]Novatiens, après avoir contesté à l'Église le pouvoir de remettre les péchés , furent conduits jusqu'à prétendre que chaque chrétien qui eutre en communion avec un pécheur, participe à son état et se souille; par conséquent l'Église, ayant reçu dans son sein des hommes coupables de grandes fautes, était devenue impure et profane et avait cessé d'être l'épouse de Jésus-Christ. Eux seulement, lès Purs ( **8=epo» ) , comme ils se nommaient eux-mêmes , formaient la véritable église apostolique. En conséquence ils rejetaient aussi le baptême reçu dans l'église catholique, et baptisaient de nouveau ceux qui passaient dans leurs rangs. Celte prétention à une pureté exclusive et l'apparence d'une sainte rigueur, dont ils couvraient leur scission séduisirent un graud nombre de personnes. Dans presque toutes les parties de l'empire romain, il se forma des églises novatiennes avec leurs évêques particuliers (I). La durée de celte secte, plus vivace que la plupart des autres du même temps, s'étendit selon toute apparence jusque dans le VIIe siècle, puisque, à la fin du VIe, Euloge, patriarche d'Alexandrie, écrivit un livre contr'eux.

Afin de ramener à la reconnaisssance du pape légitime et dans le sein de l'église catholique les adhérents de Novatianus, spécialement les confesseurs qui s'étaient attachés à celui-ci, Cyprien écrivit, l'an 251 , son livre de Y unité de l'Eglise. « L'Église, comme il le démontre dans son ouvrage, forme

(1) Les Novaliens se répandirent surtout en Phrygie, le principal siégé du Montanisme, avec lequel leur doctrine avait beaucoup d'affinité. Il paraît même qu'une partie des Montanistes se joignit à eux. En conséquence, le rejet des secondes noces, attribué par Epiphane, Tbéodoret et Augustin aux Novatiens en général , aurait été particulier aux Novatiens de la Phrygie, comme on peut le conclure des renseignements plus exacts de. Socrate V, 22.

» un tout indivisible; son unité est supportée et représentée » par la chaire de Pierre; celui qui se sépare de celle » chaire, sur laquelle l'Église est fondée, cesse dès-lors d'en » faire partie. Il ne peut y avoir plusieurs Églises, mais » simplement plusieurs membres d'une seule et même » Église, ainsi que du même soleil sortent plusieurs rayons, » du même tronc d'arbre plusieurs branches et de la même » source plusieurs ruisseaux. Mais de même que les rayons » séparés du soleil s'éteignent, de même que la branche » arrachée de l'arbre dépérit, et le ruisseau à qui l'on a » coupé la communication avec sa source se dessèche, de » même chaque membre qui se sépare du corps de l'Église » perd sa vie, la vie dans la foi et dans l'amour. Celui donc » qui se révolte contre l'Église, dans le sein de laquelle il » a été engendré, dont le lait l'a nourri, de l'esprit de la- » quelle il est animé, celui-là se révolte contre sa mère, et » quiconque ne reconnaît pas pour mère l'Église, épouse » pure et sans tache de Jésus-Christ, ne peut avoir Dieu » pour père. »

Cyprien produit déjà dans ce livre l'assertion que : « de » même qu'il n'y a qu'une Église, il ne peut y avoir qu'un » baptême qui ne se reçoit véritablement qu'au sein de » l'Église véritable ; qu'en conséquence tous ceux qui » étaient baptisés hors de l'Eglise, devaient être regardés » comme ne l'ayant pas été. » Cette opinion] n'était point nouvelle. Un prédécesseur de Cyprien sur le siège de Carthage, l'évèque Agrippin, conjointement avec un synode de soixante et dix évoques d'Afrique, avait ordonné, dés l'année 197. que ceux qui voudraient passer des rangs de l'hérésie à la communion de la véritable Eglise, devaient être rebaptisés, le baptême administré par les hérétiques étant invalide. Bientôt après, Terlullien, dans un ouvrage expressément écrit sur celle matière, soutint la même opinion : « les hérétiques, dit-il, n'ayant de commun avec les » Catholiques ni le même Dieu, ni le même Christ, ni le » même baptême véritable. » Que le baptême de tous les

hérétiques fût nul, c'était alors le sentiment commun des églisesdans laCappadoce, la Phrygie, la Galatie et la Cilicie. Deux synodes tenus en Phrygie, l'un à Iconium, l'an 230, l'autre bientôt après à Synadde , ordonnèrent en conséquence que ceux qui avaient été baptisés par les Monlanistes devaient l'être de nouveau à leur entrée dans l'Église, et pourtant les Monlanistes étaient complètement d'accord avec les Catholiques sur la foi à la Trinité. Au moment de la séparation des Novatiens, on agita, en Afrique, la question de savoir si n'étant que schismatiques et non hérétiques proprement dits, leur baptême devait être considéré comme invalide. Gyprien se prononça pour l'affirmative. Eu ceci il était tout-à-fait conséquent à son principe : « qu'il ne » peut y avoir de véritable baptême hors de l'Église véri- » table, et que la raison pour laquelle on doit rejeter celui » des hérétiques ne gît pas précisément dans leur foi erro- » née , mais avant tout dans leur séparation de l'Église.» Cependant comme l'affaire était d'une haute importance , et que plusieurs évêques delXumidie conservaient encore des doutes, elle fut traitée dans deux synodes tenus sous la présidence de Cyprien à Carthage, en 255 et 256. Il fut décidé dans l'une et dans l'autre assemblée : que le véritable baptême ne pouvant être reçu que daus l'Église et donné que par l'Église, le baptême conféré hors de son sein est nul. Les raisons sur lesquelles cette décision était appuyée, et que Cyprien développa ensuite dans ses lettres, se réduisent aux points suivants : les hérétiques sont dans l'impuissance de purifier et de sanctifier l'eau destinée au baptême. La rémission des péchés ayant lieu dans l'Église par le baptême, il faut, si le baptême des sectes est valide , ou changer la question que l'on adresse au catéchumène : « crois-tu à la » vie éternelle et à la rémission des péchés? » ou bien regarder comme véritables églises de Jésus-Christ les sectes hérétiques et schismatiques. Mais les hérétiques n'ont ni église ni autel, par conséquent on ne trouve chez eux rien

de ce qui accompagne le baptême catholique. Ils ne peuvent administrer au néophyte l'onction que l'on fait avec l'huile solennellement consacrée sur l'autel , et qui est le symbole de l'onction spirituelle; ils ne peuvent non plus lui donner le corps du Seigneur, le sacrement de l'ordre et la consécration étant chez eux aussi inefficaces que leur baptême. Celui qui, par sa séparation de l'Église , a perdu l'Esprit- Saint, ne peut être, pour les âmes, l'instrument d'une sanctification qui a le Saint-Esprit pour auteur. Car de ces deux choses, donner le baptême et communiquer l'Esprit- Saint, Tune ne peut se faire sans l'autre, et si les hérétiques ne peuvent communiquer le Saint-Esprit, ils ne peuvent non plus baptiser. Chez eux tout est vide, vain et profane; comment Dieu approuverait-il ce que font ses ennemis? Comment les adversaires du Christ pourraient-ils être les dispensateurs de sa grâce? Ainsi tous ceux qui se détachent d'une secte quelconque pour passer a l'unité de l'Église doivent d'abord être incorporés à cette unité par le baptême et faits véritables croyants.

Cyprien écrivit, au nom du deuxième synode, au pape Etienne, afin qu'il confirmât les résolutions qui venaient d'être prises. Cependant les évêques d'Afrique pouvaient bien savoir que la coutume opposée dominait dans beaucoup d'églises, nommément dans l'Église romaine. Aussi, dans sa lettre'synodale, Cyprien disait-il, comme pour prévenir cette objection , que chaque évêque étant libre dans le gouvernement de son église, ils n'avaient nullement l'idée de faire violence à qui que ce fût, ou de lui tracer une ligne de conduite. Etienne rejeta la décision du synode, puis, faisant valoir son autorité comme successeur du prince des Apôtres, il déclara qu'on devait s'en tenir à la coutume de l'Église romaine et de tant d'autres églises, d'accord avec elle sur ce point : « de ne pas rebaptiser ceux qui aban- » donnaient une secte pour embrasser la foi catholique, » mais de leur imposer seulemeut les mains en signe de

» pénitence et de réconciliation. » Nous ne connaissons la lettre du pape que par les fragments que Cyprien et Firmilienen ont cités, le premier dans sa lettre à Pompejus, où il blâme violemment la conduite d'Etienne, le second dans une réponse pleine de passion et d'amertume , qu'il écrivit sur le même sujet à Cyprien. L'un et l'autre présentent les raisons du pape sous le jour le plus défavorable ; mais la justesse de la décision de celui-ci est frappante. Il parlait de ce principe que la validité ou sainteté du baptême dépendant non de l'orthodoxie ou de la sainteté du dispensateur, mais de la sainteté et de la présence de Jésus-Christ , de l'invocation de son nom et de celui des trois personnes divines, on ne devait pas en conséquence demander où ni par qui un homme avait été baptisé; qu'à proprement parler, c'était Jésus-Christ qui conférait le baptême et qu'il pouvait, dans cette occasion, se servir aussi d'un hérétique pour instrument. Etienne faisait très-bien ressortir, comme saint Augustin le remarque, la différence méconnue par Cyprien entre le sacrement de baptême et l'effet de ce sacrement, lequel effet , c'est-à-dire la justification et la rémission des péchés, dépend de la foi et de la bonne disposition, non pas de celui qui baptise, mais de celui qui est baptisé. Ainsi, quelqu'un reçoit-il le baptême dans une secte hérétique ou schismalique, il est, à la vérité, baptisé, mais sa disposition hérétique ou schismalique empêche le plein effet du sacrement et la communication de la grâce qui, d'ailleurs, y est attachée. Que cet homme vienne à tourner ensuite son intelligence et sa foi vers la vérité de l'Église catholique, il n'a point besoin d'être baptisé de nouveau, mais l'effet, jusqu'alors arrêté , du sacrement précédemment reçu, commence aussitôt à agir, parce que sa foi devenue bonne et ses dispositions pénitentes l'ont rendu susceptible de la grâce divine et de la justitication. Mais si c'est, par exemple, un croyant en danger de mort, qui, à défaut d'un prêtre catholique, se fait baptiser par un héré-

— 3,'i.l — tique, il reçoit à la fois le sacrement et la grâce et l'action sanctifiantes qui y sont attachées (l).

La lettre du pape reçue, Cyprien convoqua à Carthage un troisième synode auquel assistèrent quatre-vingt-cinq évêques. Etienne ayant menacé les évèques d'Afrique, s'ils ne supprimaient leur résolution au sujet du baptême, deles retrancher de sa communion, Cyprien, en les invitant à donner leurs voix, se permit une accusation couverte mais cependant amère de la conduite du chef suprême de l'Église. « Lorsque nous exprimons notre opinion, dit-il, nous » ne prétendons juger personne, ni exclure de notre com- » munion ceux qui sont d'un autre sentiment. Aucun de » nous ne veut être évèque des évêques, ou forcer par des » menaces tyranniques ses collègues à la soumission; car » chaque évêque, en vertu de sa puissance, possède une » autorité absolue et ne peut pas plus être jugé par un » autre que le juger lui-même ; nous ne reconnaissons qu'un » juge au-dessus de nous, Jésus-Christ. » L'évêque de Carthage oubliait, au milieu de la chaleur de son irritation, que lui-même avait, peu de temps auparavant, établi de tout autres principes dans l'affaire de l'évêque Marcicn d'Arles, et des évêques espagnols Basilides et Martial. Lui qui avait précédemment plaidé d'une manière si éloquente la cause de l'unité de l'Église, réclamait désormais, pour chaque évêque, une autorité arbitraire dont les conséquences n'auraient bientôt plus laissé une ombre de celle même unité catholique. Tous les évêques du synode se déclarèrent de nouveau pour leur décision antérieure, à savoir : que ceux qui auraient été baptisés par des hérétiques, devaient être rebaptisés eu passant dans le sein de l'Église. Mais plusieurs d'enlr'eux ajoutèrent, à l'exemple de Cyprien : qu'ils

(1) L'ancienne doctrine de l'Eglise , exprimée brièvement niais avec précision par Etienne, fat développée, dans la suite, par sain I Augustin dans ses écrits contre les Donatistcs, qui avaient coutume d'invoquer l'autorité de Cyprien.

ne voulaient pas se séparer de la communion de ceux qui avaient adopté l'opinion contraire.

Des députés furent envoyés une seconde fois à Rome pour présenter au pape la décision du synode. Il paraît qu'Etienne accomplit alors sa menace, et sépara réellement de la communion de l'Église tous ceux qui avaient pris part à cette conclusion; c'est du moins la seule manière d'expliquer sa conduite à l'égard des envoyés, auxquels il ne se contenta pas de refuser toule audience, mais qu'il défendit encore aux chrétiens de Rome de recevoir chez eux. Ce ne fut pas, du reste, aux seuls évoques d'Afrique, mais encore à ceux d'Orient qu'il opposa cette rigueur inflexible, car il déclara exclus de la communion de l'Église les évêques de Cilicie, de Cappadoce, de Galatie et des provinces voisines, nommément Helenus de Tarse et Firmilieu de Césarée , parce qu'ils rebaptisaient. Cela ne les empêcha pas de rester aussi attachés à leur opinion que les évêques d'Afrique, et la réponse de Firmilien à Cyprien (l), qui l'encourageait à défendre la cause commune, surpasse eu violence tout ce que Cyprien lui même avait jusqu'alors écrit contre le pape. « Tandis qu'Etienne (ce sont les paroles de Firmilien) » sépare les autres de sa communion , il se sépare lui-même » de tous les autres et de la communauté de l'Église. » Cependant Firmilien , tout en rejetant comme erronée la pratique de l'Église romaine, était d'avis avec Cyprien que, malgré la diversité à cet égard, l'unité de l'Église pouvait

(1) La longue lettre de Firmilien n'existe que dans la traduction latine, et comme le style ressemble beaucoup à celui des lettres de Cyprien , il n'est pas invraisemblable que celui-ci soit , en effet, l'auteur de cette traduction. Au reste, l'authenticité de la lettre même a été' attaquée , d'abord par Christian Lupus, et ensuite, presque en même temps, par le jésuite Tournemine et le franciscain Raymond Missori. Ce dernier, dans un ouvrage intitulé : « In duas celeberrhnas epistolas SS.' Firmi- » liani etCypriani adv. deer. S. Stephaui P. disputationes critic», Venet, » 1733 , » rejeté, comme n'étant pas authentiques, non-seulement l'écrit <'ii question de Firmilien . mais encore toutes les lettres de Cyprien lui-

et devait être conservée , de même que, sur d'autres points, par exemple au sujet delà fêle de Pâques, quelques églises avaient une coutume différente de celle des autres. Mais en s'appliquant de toutes ses forces à faire considérer comme invalide le baptême des hérétiques, il s'engageait dans une grave contradiction. En effet, d'un côté il prouvait la nécessité d'un accord de toutes les églises sur une question si importante, et d'autre part, non sans ignorer vraisemblablement que la majorité des églises était d'un sentiment opposé au sien , il réclamait pour chaque évêque et pour chaque église la liberté de suivre l'usage en vigueur parmi eux.

Denis d'Alexandrie, dont les idées sur le point en discussion ne sont pas claires, s'efforçait de conserver la paix de l'Église. Il pria le pape de ne pas retrancher de sa communion tant dévêques pour une opinion approuvée par de nombreux synodes (ceux d'Iconium et de Synnade). Sur ces entrefaites, Etienne mourut (257) pendant la persécution de Valérien. Son successeur Xiste envoya aussitôt des lettres de réconciliation à l'église d'Afrique, probablement aussi aux évêques de Cappadoce, de Galalie et de Cilicie, de sorte que, à partir de ce moment, on ne voit plus aucune trace de cette suppression passagère de la communion de l'Église, supposé qu'elle ait réellement eu lieu et qu'Etienne ne se soit pas borné à une simple menace.

Quand Etienne prétendait que le baptême conféré hors

même relatives au baptême des hérétiques, elles actes du IIIe synode de Carthage. Tout cela , dit-il , a été supposé par les Donatistes pour appuyer leur doctrine. Il regarde aussi connue interpolée la relation

d'Eusèbe sur cette matière. Mais les raisons alléguées par Missori sont tellement faibles, que ses adversaires , eutre autres Sbaraglia, en Italie, G. l'reu et Cotta, en Allemagne, n'ont pas eu grande peine à les réfuter.

Toutefois, récen ml encore, un écrivain, d'ailleurs éclairé, Ant.

Moreelli , dans son l/rica christiana II, p. 138 , a soutenu l'opinion de Missori touchant l'écrit de Firmilien et la lettre de Cyprien à Pompejus.

de l'Église n'est pas, pour cela, invalide, il n'avait contre lui que les Africains et les provinces de l'Asie mineure qui s'en tenaient aux décisions d'Iconium et de Synnade. La grande majorité des églises était décidément de son côté, etEusèbe, au témoignage duquel on peut s'en rapporter, au moins pour les églises de Syrie et de Palestine, dit expressément (VII, 2) : « que c'était l'ancienne coutume de se » borner à imposer les mains , en priant , à ceux qui ve- » naient d'une secte hérétique. » Cyprien lui-même avoue que l'usage qu'il défend n'a été introduit en Afrique qu'au temps d'Agrippin. Firmilien, au contraire, prétend que, dans sa province , on ignore à quelle époque a commencé la coutume de baptiser de nouveau ceux qui avaient reçu le baptême hors de l'Église. Mais ici se présente la question de savoir si ce que, dans les commencements, on n'observait que par rapport aux hérétiques qui avaient changé l'essence du sacrement, ne fut pas étendu, plus tard, sans distinction, à toutes les sectes. Quoiqu'il en soit, Etienne alla plus loin, comme nous l'avons déjà remarqué. JNon-seulement il prétendit qu'un baptême n'est pas invalide pour avoir été conféré hors de l'Église, mais il insista encore sur ce que : « tout baptême reçu, dans une secte hérétique » quelconque, est valide pourvu qu'il ait été administré » conformément au précepte de Jésus-Christ. » C'est sur ce point que les églises d'Orient semblent n'avoir pas été d'accord avec lui. La plupart de ces églises agissaient en conséquence de l'idée : que l'on doit rejeter le baptême des hérétiques qui ne partagent pas la foi de l'Église à la Trinité. C'était , en effet, la pratique suivie par rapport à presque toutes les sectes de l'Orient au troisième et au quatrième siècle, ce qui faisait dire expressément à Cyrille de Jérusalem dans ses catéchèses : « que le baptême reçu par » les hérétiques n'est point un vrai baptême. » Basile dit d'une manière plus précise que l'on reconnaissait le baptême des sectes qui avaient gardé la foi à la Trinité, telles

que les Novatiens et les Hydroparastates (1). Athanase s'exprima dans le même sens. Pour cette raison , le synode de INicée ordonna aussi de rebaptiser les Paidianisants qui passeraient dans le sein de l'Église, et sous ce nom étaient compris non-seulement les disciples proprement dits de Paul de Samosate, mais encore tous les Antitrinitaires (2). Ainsi il paraît que l'opinion dominante dans les églises d'Orient , au quatrième siècle , était de rejeter comme invalide le baptême des hérétiques qui, tout en conservant l'invocation des trois personnes divines, donnaient, par un effet de leur doctrine erronés , un autre sens à ces paroles. Le synode de Constantinople (381) partant de ce principe, divisa, dans son VIIe canon, les sectes hérétiques en deux classes. Dans l'une il plaça les Ariens, les Macédoniens, les Novatiens, les Quartodécimans et les Apollinaristes; celui qui passait des rangs de ces divers partis à l'Église, n'avait pas besoin d'être rebaptisé. L'autre classe, dont le baptême devait être rejeté, comprenait les Eunomiens, les Montanistes, les Sabellienset d'autres sectes encore plus éloignées de la doctrine chrétienne (3). Bans l'Occident, le synode

(1) Cyril 1. Procatceh. n. 7; Basil, ep. nd Amphiloch. n. I ; Athanas. Or. II contra Arianos, n. 42 , 43. Il suit de l'explication de Basile, qui était un successeur de Firmilien , que, de sou temps, les décisions des conciles d'iconium et de Synnade n'étaient plus observées, même en Cappadoee. Les sectes dont le baptême ne pouvait pas être reconnu d'après Basile , étaient les Manichéens , les Valentiniens , les Marciouiles et les Pépuzéniens (branche de Montanistes dégénérés), « parce qu'ils - erraient dans la foi en Dieu. »

(2) Cependant le concile de Laodicée ( 372) reconnut le baptême des Photiniens, donl la doctrine différait essentiellement du dogme catholique sur la Trinité'. Une incertitude et une diversité que l'on explique facilement avaient lieu, comme on voit, dans l'application du principe.

(3) Les derniers Montanistes doivent s'être bien éloignés, sons |(> rapport de la doctrine , des ancêtres de leur secte. En effet, ce n'était pas seulement en Orient qu'on les baptisait à leur entrée dans l'Église, d'après le VIII' canon du concile de Laodicée; la même chose se pra-

d'Arles avait décidé , dés Tau 3Î4, par rapport à l'église d'Afrique qui conservait toujours sa coutume de rebaptiser les hérétiques convertis : « que le baptême des sectes devait » être considéré comme valide si elles l'administraient au » nom des trois personnes divines, et qu'en conséquence, » a ceux qui avaient été baptisés de cette manière, on » devait simplement imposer les mains pour leur commu- » niquer le Saint-Esprit, lorsqu'ils étaient reçus daus l'Église. »

tiquait ci» Occident , Selon le témoignage du pape Grégoire (I lib. TV, ep. 61) » parce qu'ils n'avaient point reçu le baptême ou nom de la • Trinité. »

Page 1