II
ce furent les flammes qui , sortant des entrailles de la terre, tuèrent un grand nombre de travailleurs , en blessèrent d'autres, et, par leurs éruptions multipliées, forcèrent enfin les Juifs et les païens à abandonner malgré eux la partie.
Ainsi les jets de flammes étaient la suite naturelle du tremblement de terre, et on en a un exemple dans celui qui détruisit la ville de Nicomédie, tel qu'Ammien Marcellin lui-même l'a raconté. La croix avec le cercle brillant au ciel pouvait bien être aussi une aréole à la lime, occasionnée par l'orage précédent, comme cela s'est souvent vu. Mais si l'on considère dans leur ensemble ces phénomènes et leurs effets , si l'on observe que les jets de flammes, qui n'avaient jamais apparu auparavant en Palestine et qu'on n'y revit pas dans la suite , se renouvelèrent jusqu'à ce que les travailleurs eussent abandonné l'œuvre commencée ; que tout le théâtre de l'événement était renfermé dans le petit espace des collines qui entouraient le temple ; que l'histoire n'offre pas un autre exemple d'une grande entreprise échouant de cette manière , alors on demeurera convaincu qu'il y a là un miracle et des plus remarquables. Deux témoignages dignes d'attention méritent encore d'être reproduits, à savoir, l'un de saint Jean Chrysostôme, l'autre de l'empereur Julien lui-même. Le premier, dans son Ve Discours contre les Juifs, eu appelle à la fois au spectacle que présentait , de son temps, la place du temple avec ses fondements mis à nu, et aux ouvriers encore vivants qui avaient été , en grand nombre, blessés par le feu. Julien passe très-légèrement sur le fait même, tout en voulant en faire une arme à sa manière contre les Juifs. Voici ce qu'il dit dans le fragment d'un discours ou d'une lettre qui nous a été conservé : « Lorsqu'ils nous reprochent que les » dieux laissent impunie la destruction de. leurs temples et de leurs sta- » tues , que veulent donc dire les prophètes des Juifs de leur propre » temple, lequel , trois fois renversé , n'a pas encore été relevé jusqu'à » cette heure. Je ne dis pas ceci pour en faire un reproche , moi qui , si » long-temps après sa ruine, me proposais de rebâtir le temple de Jéru- » salem en l'honneur du Dieu qu'on y invoquait; je cite cet exemple pour » montrer que rien d'humain n'est impérissable , et que les prophètes » qui écrivirent de pareilles choses ont dit des absurdités , comme s'ils » avaient été dans la société de vieilles femmes. » Voir aussi un passage du rabbin Gedaliah Ben Joseph Zcchaia , du XVe siècle , dans l'ouvrage de Wagenseil intitulé : Tela ignea Satatuc, p. 251.