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CHAPITRE X

LES VANDALES EN AFRIQUE ET LEURS PERSÉCUTIONS CONTRE LE CATHOLICISME (1).

En 429, le gouverneur romain d'Afrique, Boniface, ayant appelé lui-même les Vandales , ils quittèrent l'Espagne sous leur roi Genseric, s'emparèrent d'abord de quelques provinces, puis de tout le nord de l'Afrique, qu'ils enlevèrent aux Romains, après la mort de Valenlinien III, en 455. Mais ils signalèrent leur prise de possession par des cruautés sur les laïques et les prêtres, dans le but de leur arracher leur or et leurs richesses. Le roi même, sitôt que sa domination fut solide, se mit à persécuter l'Église catholique et à introduire violemment l'arianisme. Il commença par dépouiller de leurs sièges et bannir plusieurs évêques, entre autres Possidius, le biographe de saint Augustin. Arcadius

(1) Livres consultes : Victoris Vitensis hist, persec. vandal. (487), edit. de Tbéod. Ruinart, Paris, 1694; S. Fulgentii vita, probablement par son élève Ferrandus, dans la bibl. max. PP., t. IX; et les commentaires de Ruinart sur la persécution vandale.

et trois autres grands personnages que Genseric avait amenés d'Espagne, refusant de devenir ariens, furent d'abord chassés de la cour, puis rappelés et livrés à une mort cruelle. Carthage ayant été surprise et emportée d'assaut, en 439, l'évêque de cette ville, nommé Quodvultdeus, et une grande partie de son clergé, furent mis nus dans des barques prenant eau et abandonnés à la mer, qui devait les engloutir; mais elle les porta sains et saufs jusqu'à Naples. Les catholiques restés dans la ville furent privés de leurs églises, que les Ariens s'approprièrent. Ces événements firent émigrer beaucoup d'Africains en Italie et en Orient, où Théodoret en recommande plusieurs à la bienveillance de ses amis. Au vide produit dans la population de son nouvel empire par ces évasions, Genseric remédia en traînant après lui, de Rome et d'Italie, d'innombrables troupes de captifs.

Quodvultdeus étant mort en exil, les Carthaginois obtinrent enfin, par l'intercession de l'empereur Valentinien , en 454, la permission de se choisir un évêque, qui fut Deogratias,et ils rentrèrent même dans la possession de plusieurs églises. Mais, dès 457, le clergé arien fit bannir de nouveau cinq évêques catholiques, et bientôt il fut ordonné dans la province proconsulaire de ne plus élire d'évèques à la place de ceux qui mourraient. Aussi, de cent soixante-quatre évêques que comptait alors cette province, il n'en restait plus que trois en 487, lorsque Victor écrivait son histoire ; et encore ces trois derniers étaient-ils chassés de leurs églises. Néanmoins celle persécution eut, comme toujours, pour résultat une plus grande propagation de la foi. Une tribu maure de l'intérieur de l'Afrique fut convertie par quatre exilés catholiques que Genseric fit en récompense écraser sous les roues d'un char. Dans la province Zeugilane, il fit piller les temples, enlever les livres sacrés et permit aux Ariens toute espèce d'excès contre les catholiques. Plusieurs furent diversement torturés, maison s'abstint de les exécuter pour que les Romains, c'est-à-dire les catholiques, ne pussent les vénérer comme des martyrs, ainsi que l'affirme

même le prêtre arien Jucundus. Toutefois i! en mourut un grand nombre durant cette persécution, surtout en JNumidie et dans les provinces Zeugilane et Byzacène, où étaient les plus puissants évêques ariens; en Mauritanie et dans la province de Tripolis, il y eut moins de victimes.

Enfin, l'ambassadeur de Zenon, empereur romain d'Orient, obtint , en 475, un adoucissement au sort des catholiques, le rappel des prêtres de Carthage dans leur patrie, et la réouverture de leurs églises. Le fils de Genseric, qui succéda à son père, en 477, Huneric, sembla d'abord vouloir continuer cette voie de modération. A la prière de Zenon, il permit que les Carthaginois élevassent un pasteur sur leur siège episcopal , vacant depuis vingt-quatre années; mais en retour il exigeait que les évêques ariens eussent dans l'empire d'Orient pleine liberté de culte, et sinon, il menaçait d'envoyer tous les prélats catholiques de ses états chez les Maures de l'intérieur de l'Afrique. Prévoyant les prétextes qu'on alléguerait contre eux, s'ils acceptaient ces conditions, les évêques répondirent que, dans ce cas, Carthage continuerait d'être sans autre pasteur que Jésus-Christ; mais le peuple, qui ne songe pas à l'avenir, exigea avec tant de clameurs un évêque , qu'il fallut procéder à une élection, en 479. Le choix tomba sur Eugène, et l'Église d'Afrique eut en lui un aussi digne chef que l'exigeait la crise présente.

Cependant Huneric , bien plus cruel encore que son père, commença à sévir contre les membres de sa propre famille et leurs serviteurs, fit brûler vivant, sur de simples soupçons, l'archevêque arien Jucundus, que ces hérétiques nommaient leur patriarche, et débuta contre les catholiques en défendant à Eugène de laisser entrer dans son église aucune personne vêtue à la vandale, car il y avait parmi ce peuple barbare un assez grand nombre de catholiques, et beaucoup de Carthaginois au service de la comportaient le costume des conquérants. L'inlrépide évoque répondit que la maison de Dieu était ouverte à tous, el qu'il

n'en devait repousser personne : là-dessus, le roi lit placer des gardes aux portes de l'église, lesquels, avec des crocs de fer, saisissaient les Vandales entrant par leur chevelure, ramassée au sommet de la léte, et la leur arrachaient avec la peau. Malgré ce cruel traitement, dont plusieurs mouraient, les églises ne cessaient pas d'être fréquentées. Enfin, le persécuteur se laissa aller à toute sa colère : un édit royal défendit à quiconque n'était pas ou ne voulait pas devenir arien de rester à la cour et dans les emplois publics; ceux qui donnèrent en conséquence démission de leurs charges furent bannis en Sicile et en Sardaigne, sans pouvoir rien emporter avec eux. Pour motiver sa persécution contre le clergé, il voulut arracher, par la torture, de vierges consacrées l'aveu qu'elles avaient été déshonorées par des évêques et des prêtres; mais cet infâme moyen échoua. En 483, ne dissimulant plus, il fit saisir quatre mille neuf cent soixanteseize prêtres et laïques orthodoxes, qu'il livra aux Maures, et fit traîner dans un des plus affreux déserts de sable. On les avait réunis d'abord dans les deux villes de Sikka et Colonia Larium, et entassés comme des sauterelles les uns sur les autres dans des cachotsétroits, étouffants, sans air, ni lumière; tirés de là, ceux qui se trouvaient trop faibles pour marcher étaient liés à des cordes et traînés le long des chemins * qu'ils semaient de leurs cadavres.

Influencé par les évêques ariens, et entr'autres par Cyrila. le roi adressa, en 482, à tous les évoques omooussiens une circulaire pour les réunir à Carthage les premiers jours de février, et y soutenir, au moyen de l'Écriture sainte, une polémique contre les évêques de l'arianismc. Eugène demanda qu'on y admît, en outre, les évêques étrangers, et notamment des députés de l'église suprême de Home, puisqu'il s'agissait de questions de foi intéressant toute la chrétienté. Il espérait aussi que les évêques non africains défendraient avec plus de liberté et de sécurité l'orthodoxie contre les ariens, et qu'au pis aller ils serviraient au moin*

à rendre témoignage que les évêques africains avaient suc combé, non aux raisons, mais à la force. Huneric s'y refusa; et pour affaiblir les catholiques , fit saisir et battre leurs plus savants et leurs plus zélés prélats, puis les envoya en exil . pendant que les autres se rassemblaient à Carthage au temps fixé. Des emprisonnements, même la mort parle bûcher de Lœtus, évêque de Keptis, précédèrent la conférence, où parurent néanmoins quatre cent soixante-quatre évoques catholiques, au commencement de l'année 484. Ils avaient élu dix d'entre eux comme orateurs : mais c'était peine superflue. Assis sur un trône élevé, le patriarche arien Cyrila débuta en faisant chasser par les soldats, à coups de bâtons, la multitude catholique; et, sous prétexte qu'il ne parlait pas latin , il éluda toute discussion avec le clergé catholique, qui n'eut plus d'autre ressource que de remettre à l'assemblée et au monarque sa profession de foi. Huneric y répondit par une ordonnance, qui appliquait aux catholiques tous les châtiments infligés par les empereurs aux hérétiques, qui fermait les églises, en remettait les biens, ainsi que ceux des évêchés, aux Ariens, condamnait au feu tous les livres de théologie catholique, interdisait toute ordination de prêtre ou d'évêque et déclarait les catholiques, sans distinction de rang, incapables de tester et d'hériter. Des évêques venus à Carthage, trois cent deux furent aussitôt envoyés dans l'intérieur de l'Afrique, quarante-six furent déportés en Corse, vingt-huit prirent la fuite et quatre-vingthuit moururent la plupart des suites des mauvais traite ments. L'épiscopat étant ainsi dispersé , la persécution se jeta avec toulesa rage sur le clergé inférieur et surleslaïques. Hommes et femmes périssaient sous les coups, étaient étranglés, jetés aux flammes.

Les Ariens intronisèrent un secrétaire de Cyrila comme évêque de Tipasa, dans la Mauritanie césarienne; mais à cette vue la majorité des habitants émigra en Espagne ; il ne resta que ceux qui ne purent se procurer des barques :

à ces derniers, qui, rassemblés dans une maison, avaient publiquement célébré la sainte messe, un ordre du roi fit couper la main droite et la langue. Alors eut lieu un miracle, si bien attesté, qu'à peine y a-t-il dans toute l'histoire un autre fait plus authentique : tous ces martyrs gardèrent l'usage de la parole comme auparavant; même un d'entre eux , jusque-là sourd et muet, cessa d'être muet dés le moment qu'on lui eut coupé la langue et se mit à chanter les louanges du Seigneur. Plusieurs de ces hommes allèrent à Constantinople, où l'empereur Juslinien lui-même, le philosophe platonicien OEneas de Gaza , Procope et beaucoup d'autres se convainqirent de la vérité du fait (I). Longtemps après on voyait encore à Carthage les monuments vivants de cette cruelle persécution, les uns sans mains, les autres sans yeux ou sans pieds ou avec les oreilles ou le nez coupés, quelques-uns ne pouvant plus se servir d'aucun membre. Un ambassadeur de l'empereur Zenon, nommé Uranius, étant venu pour intercéder en faveur des catholiques, le roi fit placer tout le long du chemin qu'il devait parcourir pour arriver jusqu'à lui, des bourreaux qui torturaient publiquement les catholiques sur le passage même de l'envoyé, afin de le convaincre de l'inutilité de sa mission. Bientôt le clergé entier de Carthage fut banni; sept moines d'un couvent près de Kapsa, en Byzacène, furent jetés sur un vaisseau rempli de broussailles et de bois sec, auquel on voulut mettre le feu, pour les brûler avec le navire; mais il fut impossible de faire prendre la flamme, et Huneric

(l) Voyez-en le récit dans Victor de Vita, Evagrins, Marccllin , Œneas de Gaza et Procope. Celui-ci ajoute que deux de ces infortunés s'étant livres à la fornication perdirent aussitôt la parole, jusque-là conservée. Victor de Tununum élève leur nombre à soixante, mais semble ne dési gner que ceux qui allèrent à Constantinople.

lit briser à coups de rames les têtes des martyrs. L'évêque arien Antonius fit lier les pieds et les mains à lévêque de Tamallunca, Habetdeus, et ensuite l'aspergea d'eau, croyant lui donner par là le baptême de l'arianisme; mais Habetdeus se rendit droit à Carthage et reprocha hardiment au roi même ses cruautés. Ceci n'empêcha pas qu'on ne saisît sur les routes les voyageurs pour les faire baptiser de force par les prélats ariens, qu'on ne forçât les maisons où se trouvaient des malades pour leur administrer le baptême, ainsi qu'aux enfants arrachés des bras de leurs parents, lesquels, s'ils résistaient, étaient livrés aux cachots ou à l'exil. Une foule de catholiques se cachaient , d'autres abjuraient. La rage d'une part, et de l'autre la misère, jointe à la famine et à la peste, étaient montées au comble, lorsque Huneric mourut subitement. Son neveu Guntamond, qui lui succéda, rappela, en 485, tous les catholiques d'exil, excepté les évêques, et leur garantit la sécurité. Deux ans après, l'évêque Eugène étant revenu obtint même une église àCarthage , et plusieurs apostats demandèrent à être reçus à la pénitence. Les évêques africains envoyèrent consulter le pape Félix sur la conduite à tenir à l'égard de ces coupables; et le pape, dans une réponse en six canons, fixa la durée de l'expiation ou à toute la vie, ou à plusieurs années, suivant le degré du délit, tant pour les laïques que pour les prêtres.

Eugène, en 493, présenta au roi une supplique, demandant pour les catholiques la restitution de leurs églises et le retour de leurs évêques. Guntamond exauça celte prière, puis mourut en 496. Son frère et successeur Thrasamond se montra au contraire fanatique arien et reprit le plan de Huneric, de rendre tous ses sujets ariens, non toutefois par des moyens atroces, mais par des appâts et des récompenses. Parmi les évêques orthodoxes, plusieurs étaient doués du don des miracles, et les Ariens, qui voyaient l'influence de ce don sur le peuple et le mal qui en résultait pour eux ,

cherchaieni à s'attribuer aussi la puissance thaumaturgique. Cyrila avait obtenu d'un Arien qu'il contrefit l'aveugle, et cet homme se tenant un jour sur le passage du patriarche, le conjura de lui rendre la vue: Cyrila approchant, lui posa la main sur les paupières et dit: En vertu de notre vraie religion, que les yeux s'ouvrent. Mais à l'instant l'homme devint réellement aveugle et dit à Cyrila d'un ton de reproche : Reprends ton argent et rends-moi la vue; puis s'étant converti à la foi catholique, il fut guéri par trois évoques, Eugène. Vindemialis et Longinus. En récompense, ces deux derniers furent cruellement exécutés par le roi, revenu à l'ancienne barbarie; et Eugène, banni dans les Gaules en 498 , y mourut en 505. Un nouvel edit ordonna de ne plus consacrer aucun évèque catholique ; mais, en 506, le corps episcopal décida, en dépit de la défense, que de nouveaux pasteurs seraient nommés aux sièges vacants : Victor, primat de la Byzacène, emmené captif à Carthage, ordonna même, chemin faisant, saint Fulgenlius comme évèque de lluspe. L'île de Sardaigne reçut centvingt évèques bannis d'Afrique, et, en 508, les catholiques virent de nouveau toutes leurs églises confisquées. Thrasamond cherchait par insinuation à les attirer à l'hérésie et entrait souvent avec eux en discussion théologique ; mais les évèques bannis, surtout Fulgenlius, restaient avec leurs ouailles en rapports de lettres, et par leurs écrits réfutaient les Ariens. Le roi, en 515, rappela Fulgentius et lui présenta, avec une défense de l'arianisme, une série de questions auxquelles il répondit aussitôt en détail et victorieusement, de sorle que deux ans après les Ariens le firent de nouveau exiler en Sardaigne.

Se sentant prés de la mort et sachant son successeur, llilderic, enclin au catholicisme, Thrasamond lui lit jurer (522) que, devenu roi, il ne rendrait pas aux catholiques leurs églises et leurs anciens droits. Apparemment pour tenir sa promesse, Hilderic , avant de revèlir formellement

la dignité royale, rappela, en 523, tous les évêques, rouvrit leurs églises et laissa installer Boniface comme évêque de Carthage. Le catholicisme refleurit en Afrique. Cependant la faveur que lui accordait le souverain attira sur Hilderic la haine des ariens, qui fut bientôt aidée par le mépris du peuple pour un prince faible, malgré sa bonté; en 530, il fut incarcéré avec ses fils, et son cousin Gilimer s'empara du trône. Les catholiques craignaient déjà le retour des vexations de Huneric et de Thrasamond , pourtant le nouveau roi les laissa en paix. Au bout de trois ans, Bélisaire, envoyé par Justinien , conquérait l'état vandale d'Afrique et en emmenait le dernier roi prisonnier à Constantinople.

Depuis lors, devenus sujets de l'empire grec, les chrétiens du nord de l'Afrique jouirent de la sécurité qui ne fut plus troublée que par les ravages et les invasions des Maures, à la vérité souvent répétées. Ces bandes de pillards désolaient surtout les monastères , au point que les moines se décidèrent à émigrer. Ainsi , l'an 569 , l'abbé Donatus passa en Espagne avec soixante-dix moines et introduisit la vie monacale dans celte péninsule. Les continuelles attaques des Maures affaiblirent peu à peu et découragèrent les provinces africaines à un tel point qu'elles n'opposèrent presque pas de résistance aux Arabes lorsque plus tard ils arrivèrent de l'Orient. On avait essayé de convertir ces tribus sauvages de Mauritanie, et, en 548, deux d'entr'elles établies à la frontière de Tripoli , ainsi que les Gadebites , avaient reçu l'Évangile; mais il n'avait pas pris racine dans leurs mœurs et avait bientôt été étouffé. Vers 667, quand les Arabes, devenus maîtres de l'Egypte et du pays de Cyrène , commencèrent à s'approcher de l'Afrique occidentale, prêtres et laïques se mirent à passer en foule en Europe. En 669 et 670, la ruine de l'Église africaine devint générale. Les Arabes de Sicile ayant opéré sur la côte un premier débarquement emmenèrent en esclavage quatre-vingt mille chrétiens. Par ces enlèvements , joints au ravages du glaive et à l'émigra-

— If. J — tion , le clergé fut bientôt réduit à un très-petit nombre, et , avant la fin du siècle , presque toutes les villes africaines étaient déjà au pouvoir des Musulmans. Quelques réunions de fidèles prolongèrent néanmoins leur existence précaire. En 893 , le pape Formose mentionne une ambassade d'Afrique envoyée auprès de lui pour lerminerdesdissensionssurvenues entre lesévèquesdece pays. Même au temps de Grégoire VII, on cite encore des évèques africains, principalement de Cartilage.

N. B. Les paroles de l'évèque tic Carthage, Eugène, demandant qu'il lui fut permis défaire entendre la voix de l'église romaine dans l'assemblée convoque'e par Huneric, sont trop importantes pour ne pas être citées textuellement : « Si nostra m tidem , quae una et vera fides est , » potestas regis agnoscere desiderat, mittat ad amicos suos; scribam et » ego fratribus meis , ut reniant co-episcopi mei , qui vobis nobiscum » commuuem lidem nostram valeant demonstrarc, et preecipuè ecclesia » Romana, quœ caput est omnium ecclesiarum. » (Vict. Vit. II. 13.)

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