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partisans de ses fils étaient encore nombreux et déterminés; le thëkifîte Mokhtar marcha à leur tête pour venger le massacre de Hossein et des siens , vainquit successivement les armées des kalifes ommiades Yezid, Mervan , Abdelmalek, et , sans compter les morts des batailles, immola à sa fureur, en divers lieux , cinquante mille victimes. Cependant les Arabes du Hedjaz , notamment les Koréïchiles de la Mecque et les Ansars de Medine, refusèrent obéissance au despotique Yezid et lui opposèrent dans Abdallah , fils de Zobeir, un kalife rival. Après un siège meurtrier, où furent tués les derniers Ansars, la ville sainte de Medine fut conquise par l'armée d'Yezid, qui la pilla durant trois jours et passa au fil de l'épée toute la population mâle. En 693 , la Mecque succomba également et le kalife ommiade Abdelmalek devint enfin maître absolu du monde musulman (1). Une horrible tyrannie, fondée sur le sabre, avait remplacé l'antique liberté des mœurs patriarcales arabes, respectée par les premiers kalifes. La longue durée et l'atrocité des guerres civiles avaient donné à la nation une nouvelle nature. Tous les disciples et premiers croyants de Mahomet, tous ses fils et ses neveux , ayant péri par le glaive, le peuple, sans guides spirituels , se livrait aveuglément au premier fanatique ou imposteur qui savait exploiter le zèle religieux. Il s'élevait ainsi chaque année de nouvelles sectes et de nouvelles révoltes qui ne pouvaient être étouffées que dans des flots de sang. De plus les partisans toujours nombreux delà famille d'Ali se maintinrent et fondèrent le grand schisme, encore existant , des Chiites et des Sunnites.
Les renseignements exacts manquent sur la situation des
(1) Aboulfcda raconte que quand on annonça à ce prince la mort de son |ière Mervan et par consequent son élévation au kalifat , il ferma le Koran qui était ouvert devant lui en disant: » Adieu, livre, c'est ici le » dernier entretien que nous aurons eu ensemble. » Ce trait peint les sentiments religieux du nouveau représentant du prophète.
chrétiens soumis à la puissance musulmane ; les historiens de l'islamisme n'en disent rien , par suite de leur orgueilleux mépris pour tous les non-croyanls, et les sources chrétiennes de l'histoire d'Orient, pour le VIIe siècle, sont tout à fait insufGsantes. D'après Àlmakyn , Mahomet luimême avait déjà accordé des garanties , scellées de son sceau, aux chrétiens d'Arabie ; mais ces chrétiens ne pouvaient guère être que les Nesloriens de Negran, Le patriarche de la secte, Iesuiab II, avait obtenu, moyennant le don de deux mille vêtements, un diplôme où leur étaient assurés le libre exercice du culte , l'exemption du service militaire, le droit de rebâtir leurs églises, même avec l'aide d'ouvriers musulmans, et où les chrétiens en retour s'engageaient à payer une taxe, les pauvres de quatre et les riches de douze drachmes , de laquelle les prêtres et les moines étaient exempts. D'autres chrétiens . en Arabie , obtinrent encore de Mahomet assurance de protection à la condition d'un tribut annuel (1); mais en mourant il recommanda à ses disciples de ne plus tolérer deux religions dans leur pays. Le kalife Omar chassa donc les chrétiens de Doumeh, probablement aussi de Negran, et les derniers d'entr'eux paraissent avoir émigré en Perse. La disparition du christianisme du sein de l'Arabie, quoiqu'on n'en puisse préciser l'époque, fut complète. Dans les pays conquis, les destinées des chré-
(1) Le soi-disant Testament de Mahomet , apporte de Palestine par un missionnaire capucin , Pacifique Scaliger, et imprimé à Paris dès 1030 , ainsi qu'un autre diplôme censé octroyé par le prophète aux moines du mont Sinaï, portent tous les caractères de la fiction. Outre des droits pareils à ceux octroyés aux chrétiens de Negran, l'un et l'autre contiennent encore de nombreux privilèges qui auraient mis les dire" tiens dans une position plus avantageuse que les Mahometans euxmêmes, comme le remarque Tychsen dans sa dissertation : De Muhammœdealiarum religionum sectatores tolérante. (T. XV des Mémoires de la société de Gœttingue.)
tiens furent très-diverses; sur certains points, on les dépouilla même de leurs églises; on n'en laissa subsister que sept à Damas, et la défense d'en bâtir de nouvelles, ainsi que de nouveaux monastères, faisait espérer aux vainqueurs qu'avec le temps l'extinction de l'Évangile suivrait la chute de ses temples. De tous les chrétiens, les moins opprimés étaient les JNestoriens en Perse et les Jacobites en Egypte.